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Ce gouvernement ne connaît que le dialogue par la matraque!

Communiqué de Quartiers Nord/Quartiers Forts (QNQF)

Marseille, le 25 mars 2016

Ce gouvernement ne connait que le dialogue par la matraque.

Aujourd’hui vendredi 25 mars, nous apprenons que 3 nouvelles arrestations viennent d’avoir lieu lors de la manifestation lycéenne contre la loi El Khomri. Elles s’ajoutent à la dizaine d’arrestations d’hier, lors de la manifestation réunissant salarié.e.s, étudiant.e.s et lycéen.ne.s et qui a réuni près de 4000 personnes. Après qu’une lycéenne ait été arrêtée et mise en garde à vue pendant plus de 24h pour outrage, rébellion et violence sur agent, les enseignant.e.s et élèves de son lycée se sont rassemblés pour demander sa libération immédiate. Voilà une réaction de solidarité importante et qui a permis sa libération.

Drôle de dialogue que celui de ce gouvernement qui, depuis 3 semaines, lance des miettes aux syndicats et des coups de matraques sur les manifestant.e.s. Humiliant que ce « dialogue social » et révoltant que ce déchainement de violences. En suivant de près l’ensemble des violences policières et autres répressions perpétrées au niveau national, il apparait que loin d’être une somme de fait locaux, nous avons à faire à une stratégie du gouvernement : « tabassage » en règle de lycéen.nes, fermetures administratives d’universités, CRS dans les amphithéâtres, poursuites judiciaires dans le cadre de comparution immédiates, prison ferme comme à Nantes (6 mois)… la liste est longue et pas vraiment glorieuse. Les militant.e.s de QNQF, présent.e.s lors des manifestations de Marseille peuvent en témoigner : ces violences sont le fait avant tout de provocations policières, d’arrestations au hasard et d’une stratégie de la tension bien menée, sur fond d’état d’urgence et de chèque en blanc signé aux policiers.

L’Etat « socialiste » au pouvoir, celui qui promettait des mesures contre les contrôles au facies rapidement jetées aux oubliettes, fait donc bien pire, de mémoire de militant.e.s, que les gouvernements au pouvoirs ces dernières années. Jamais un mouvement naissant n’avait eu à affronter telle répression. Leur stratégie est claire : mater toute contestation populaire pour assurer un passage en force d’une loi impopulaire.

La loi (anti-) travail est une atrocité destinée à sceller un rapport de force dans le monde du travail qui soit totalement favorable au patronat, casser les protections collectives des salarié.e.s, leurs acquis sociaux et leurs moyens de se défendre. Loin de créer de l’emploi, cette loi facilitera les licenciements et la précarité. Les lycéen.ne.s, étudiant.e.s, salarié.e.s de nos quartiers populaires et d’ailleurs l’ont bien compris et leur révolte est légitime.

Quartiers Nord/Quartiers Forts tient par ce communiqué à soutenir les arrêté.e.s, réprimé.e.s et leurs proches, le mouvement lycéen et étudiant. Nous nous engageons avant tout à faire notre possible pour informer les habitant.e.s de nos quartiers sur le danger que représente cette loi, car seul un mouvement massif, une alliance entre tous les secteurs du monde du travail, des sans-emplois, des jeunesses, pourra faire reculer ce gouvernement. C’est également en étant nombreux.ses et solidaires dans la rue que nous pourrons faire retirer ce projet de loi et nous protéger face aux violences policières. C’est pourquoi QNQF demande la relaxe immédiate de tou.te.s les inculpé.e.s et appelle à participer massivement à la journée de grèves et de manifestations du 31 mars.

L’éclat sublime de la médiocrité.

Une analyse politique peut se jauger à l’aune de la
profondeur de la réflexion dont elle est le résultat. Notre époque nous donne
le personnel politique que finalement nous méritons. L’affaire de Toulouse
doit, par sa gravité, nous poser question sur la forme et sur le fond.

Une fois la condamnation des actes abominables perpétrés par
Mohammed Merah unanimement établie, il faudrait que les responsables politiques
se gardent de toutes tentatives de récupération politique de ce drame…dans un
sens comme dans l’autre.

Merah n’est pas un martyr de l’Islam, et le dire c’est déjà
une tentative de justification collective que je regrette parce qu’elle répond
à une mise en cause plus ou moins assumée de toute une communauté.

Lorsque Anders Brejvik à massacré des dizaines d’innocents
personne n’est allé mettre en cause le pape ou les autorités religieuses
protestantes. Pourtant son discours et ses actes étaient aussi décousus
intellectuellement que ceux de Merah…Mais Merah s’appelle Mohamed et de fait,
dans l’esprit de beaucoup, chaque fois qu’un « musulman d’apparence »
(puisque c’est la nouvelle terminologie pour désigner notre altérité) commet
une atrocité il ne fait aucun doute que c’est l’idéologie mortifère de notre religion
qui en est la source, ou notre atavisme violent puisque dès notre plus jeune
âge nous sommes habitués à voir des agneaux égorgés…rappelons aussi que nous
sommes  intrinsèquement des violeurs et
des voleurs, des phallocrates militants et que nous sommes à la pointe de tout
ce que le coté obscur de notre humanité (ou inhumanité ?) peut produire
d’abject, de terrifiant, de monstrueux.

Voilà les bases du débat tel qu’il est posé actuellement.
Comment faire alors pours discuter de ce qui doit l’être, d’homme à homme,
d’égal à égal, dans ces circonstances et dans ce contexte idéologique qui nous
place NOUS les « musulmans d’apparence » dans une situation de
justification permanente et de complicité relative à l’égard de tous les
événements de l’actualité nationale ou internationale, les deux étant
systématiquement liées.

Compliqué, en effet, de répondre à la médiocrité d’un
Longuet qui estimait que les enquêteurs avaient perdu du temps en explorant la
piste de l’extrême droite, parce que pour ce Monsieur comme pour William
Goldnadel il ne faisait aucun doute qu’il ne pouvait s’agir que d’un Musulman.

Difficile aussi de répondre à notre président et  à son gouvernement quant à leur empathie à
géométrie variable dès lors qu’il s’agit d’honorer la mémoire des victimes. Ainsi
Juppé était présent aux obsèques des victimes juives en Israël, et c’est bien
qu’il y soit, mais personne n’a accompagné le militaire « d’apparence
musulmane » au Maroc sur le lieu de son inhumation…étrange émotion que
celle d’une république qui apparemment ne pleure pas ses enfants de la même
manière et le fait ostensiblement savoir !

La victoire idéologique du FN est totale, parce que le
constat amer que j’énonçais plus haut est l’exact ressenti d’un grand nombre de
personnes dans ce pays. Et que les idées du FN ont percolé insidieusement les
autres formations prétendument républicaine. L’UMP,  mais ce n’est plus à discuter ou à démontrer.
Les faits, les décrets, les lois discriminantes et les discours chauvins et
xénophobes  des responsables de cette formation
sont là pour justifier cette assertion.

Mais la contamination est plus large, le mal plus profond
puisque même à « Gauche » le venin s’est propagé, amalgamé et
progressivement installé dans le cœur et dans les têtes des animateurs de ces
formations en général, et plus particulièrement au PS.

Ainsi, dernièrement Monsieur Valls responsable de la
campagne de François Hollande et (l’espère t’il) probable futur ministre de
l’intérieur, s’est fendu d’une déclaration tonitruante et
« abracadabrantesque » sur les dangers de l’islamisation rampante des
quartiers populaires qui seraient investis par un groupuscule
islamo-salafisto-takfiro-gauchiste du nom de « Printemps des
Quartiers ». Et c’est bien entendu là que la médiocrité politique devient
inversement proportionnelle à la profondeur de la réflexion, à la pertinence de
l’analyse et à la « candeur » de l’objectif.

De quoi s’agit-il ? Le PS ne tient plus
(électoralement) les quartiers populaires, et l’équation reposant sur le dogme
de l’électorat captif semble de plus en plus caduque. La campagne de François
Hollande patinant depuis les attentats de Toulouse et la montée en puissance du
Front de Gauche alarme le staff Hollande qui comprend à nouveau que son salut
viendra (peut être) de ces quartiers populaires que le PS comme l’UMP à relégué
socialement, économiquement et politiquement. Mais le « Printemps des
Quartiers » est une épine dans le pied de cette stratégie opportuniste…Un
communiqué de  Monsieur Valls nous
apprend que : « Depuis plusieurs semaines, des
figures controversées de l’islamisme et du communautarisme sillonnent nos
banlieues sous la bannière du ‘Printemps des Quartiers’ », des meetings et
conférences au cours desquelles « la République est sans cesse attaquée».
L’agressivité
et la gravité de l’accusation peuvent étonner voir ébranler certaines
convictions. Mais ne nous y trompons pas cette réaction ne s’explique que par
la lâcheté intellectuelle et le recours systématique au discours anxiogène sur
l’islamisme et le communautarisme et que l’opinion relie invariablement, par
réflexe pavlovien, au terrorisme, à Al Qaïda, aux talibans etc. Mr Valls sait
pertinemment que si sa mise en accusation malhonnête de ce mouvement rencontre
un écho médiatique et que si elle est reprise par d’autres, cela équivaut à une
mise à mort politique sans autre forme de procès. Le procédé est odieux et les
ficelles sont grosses, bien trop grosses pour que nous nous laissions intimider
par des propos sans fondements.

« Printemps des Quartiers » est une tentative de re-politisation
de nos quartiers populaires, qui ne se fait ni par le biais de l’Islam, ni par
le biais communautaire, la diversité des acteurs et des participants est là
pour en témoigner. Elle se fait de manière farouchement autonome et ne s’est
pas, jusqu’à présent, fait récupérer par qui que ce soit…et c’est ce qui gêne
Mr Valls, parce que la lucidité, la fermeté de ce mouvement et l’écho qu’il
rencontre dans les quartiers affole le PS qui n’a pu réitérer son hold up
politique de 83, en récupérant la « marche pour l’égalité et les droits »
et l’a transformé en « marche des beurs » apolitisée et vidée   de son essence politique  en escamotant le potentiel hautement
subversif des revendications légitimes de cette génération, en les substituant
par toute une cacophonie folklorique paternaliste et infantilisante…remplaçant
les rêves de justice et d’égalité par une petite main jaune et un slogan
tragicomique.

Ce qui gêne Mr Valls et ses amis c’est que, ce n’est pas la
république qui est attaquée  comme il le
prétend, mais bien  les partis politiques
au pouvoir depuis 30 ans, parce que c’est leur  interprétation inégalitaire et discriminante
de la République qui est mise en cause. En outre Mr Valls se réapproprie la
stratégie rhétorique des Le Pen père et fille, lorsqu’il parle de lui il parle
de République, tout comme les Le Pen parle de la France en parlant d’eux même.
Les Le Pen ne sont pas la France ! Leur histoire, leur culture politique
et leur vision de la société en font les héritiers de la collaboration, de
Vichy, de Maurras et de Brashillac…ils ne sont que cette France là !

Tout comme Mr Valls n’est pas l’oracle de la République, et
il est temps que lui comme d’autres arrêtent de se prendre pour les
gardiens  du temple, parce qu’avant de
parler de république il faudra avoir un débat sur ce que lui et ses amis entendent
par ce mot qui dans leurs bouches sonne creux, ils ne sont pas les dépositaires
des vertus de la république, au mieux ils en incarnent quelques vices.

Ce qui incommode Mr Valls c’est qu’il n’y a aucune
mansuétude à l’égard du PS et que la décadence de ce parti est régulièrement rappelée
par les participants du Printemps des Quartiers qui subissent au quotidien le
racisme de l’UMP et  le paternalisme
étouffant du PS. Auquel il faut ajouter  l’affairisme, le clientélisme, le népotisme et
l’instrumentalisation politique de la « diversité ». Dois- je
rappeler à Mr Valls les affaires en cours dans les bouches du Rhône et dans le
Nord ? Dois-je rappeler à Mr Valls l’emprise tutélaire de Guérini, de
Frêche et d’autres barons de la Rose sur leurs fédérations respectives ?
Dois-je lui rappeler les subventions du conseil régional PACA ? Dois-je
lui rappeler de nettoyer devant sa porte avant de jeter des anathèmes et des
sorts au gens que sa formation ne subjugue plus ? Dois-je lui rappeler que
ces quartiers, comme le marché de sa bonne ville d’Evry, sont pleins de non « Blancos
– Whites – Blancs
 »,
comme il aime à s’en émouvoir ? Dois-je
enfin lui rappeler que pour grimper à l’échelle, il vaut mieux avoir son séant
propre ?

Voilà en un mot comme en cent ce que m’inspire la triste
réalité du débat politique français…la nausée devant l’éclat sublime de la
médiocrité.

 

BENSAADA
Mohamed

Acteur
associatif participant au Printemps des Quartiers à Marseille

 

2012 : pour un printemps des quartiers populaires !

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« Nous rendons public cet
« appel à un printemps des quartiers populaires » ce 27 octobre, date de commémoration de la mort de Zyad et Bouna à Clichy-sous-Bois qui a marqué le début des révoltes de 2005. Notre préoccupation est d’amplifier et mutualiser ce qui, du local au national, exprime la légitimité de ces révoltes tout en s’attaquant à leurs causes profondes: les politiques d’un système en crise, qui cherchent à briser tout cadre de résistance collective et solidaire, notamment à diviser sur des bases islamophobes et xénophobes, pour se maintenir.
C’est avec l’objectif de réunir des forces éparpillées pour préparer ensemble un Printemps de la Dignité des Quartiers Populaires en 2012, que nous soutenons le Forum social des quartiers populaires (FSQP) et les Assises des luttes de l’immigration, qui se tiendront de façon coordonnées, respectivement à St Denis les 11-12 et à Créteil les 25-26 et 27 novembre, ainsi que toutes les initiatives ancrées dans la réalité des quartiers et qui aspirent à la convergence des luttes. »

Chacun le sait… ceux qui vivent dans les quartiers populaires, les femmes et les hommes, issus de l’immigration ou pas, souvent musulmans, noirs ou roms sont soumis à la ségrégation, au chômage, au racisme, et au contrôle policier au faciès – et ne trouvent dans les institutions et la vie politique aucun moyen d’exprimer leurs attentes et aspirations. Les oppressions et les résistances qui se tissent dans les banlieues, sont traitées en termes de problème sécuritaire ou de réactivation de l’« identité nationale » – les musulmans d’aujourd’hui étant de plus en plus stigmatisés comme les juifs d’hier. Quel journaliste, quel discours politique voudra prendre à bras le corps ces questions et dénoncer l’islamophobie sur les plateaux de télévision, faire le bilan de toutes les lois répressives contre l’immigration ? Qui confrontera les lectures sectaires de la laïcité et leurs projets liberticides à l’expérience quotidienne de leurs victimes et aux fondements juridiques des droits? Si la nécessité de combattre le racisme est évoquée, pour faire pièce à Marine Le Pen ou à Nicolas Sarkozy, rien n’est fait pour que la lutte contre la ségrégation urbaine, les discriminations raciales et la précarité, soit un axe fondamental de réponse aux exigences portées par les révoltes de 2005 dans les quartiers populaires.

La misère et les inégalités s’élargissent avec les crises financières et les pseudo plans de « sauvetage » détruisant sur leur passage emplois et acquis sociaux; les Etats renflouent les banques mais veulent supprimer les services publics et rendre les populations coupables et comptables de la crise ; le fossé se creuse entre les minorités privilégiées et la grande masse des populations de plus en plus précarisées, pendant que les puissances impériales poursuivent leur déploiement militaire, semant partout la désolation et la guerre.

Pour notre part, puisant notre énergie et notre inspiration dans la révolte des quartiers en 2005, dans les luttes pour l’égalité réelle, dans l’élan révolutionnaire des peuples du monde arabe et la lutte du peuple palestinien pour ses droits, dans les mobilisations exemplaires en Afrique, à Mayotte et celles des « Indignés » de la Grèce aux Etats-Unis, de l’Espagne au Chili, nous refusons de n’imaginer le futur que sous la forme d’une droite libérale, sécuritaire et raciste ou sous celle d’une gauche gestionnaire d’un ordre admis. Nous sommes convaincus qu’existent des alternatives au désastre. Tout un monde d’oppression n’en finit pas de s’écrouler sous nos yeux qui appelle des solutions radicales qui doivent s’imposer dans les débats et accompagner les prochaines présidentielles.

Nous sommes un regroupement de militants et de personnalités de gauche, d’associations des quartiers, d’organisations politiques ou syndicales anti-racistes et décoloniales, déterminés à forcer le débat notamment durant la campagne présidentielle. Nous voulons aider à l’action et l’expression des populations exclues de tels débats, femmes et hommes, et porter quatre préoccupations :
- contre le racisme, en premier lieu le racisme d’Etat, l’islamophobie, la surexploitation, le harcèlement et l’expulsion des sans papiers ; contre les inégalités, la ségrégation urbaine – en nous revendiquant des droits égalitaires ;
- contre les violences institutionnelles de la police, de la justice, et, de l’école au Pôle Emploi, pour l’invention d’institutions démocratiques au service de toutes et tous ;
- contre les politiques libérales porteuses de la crise économique, en défense des droits sociaux fondamentaux ;
- contre les rapports de domination internationaux et néo-coloniaux en particulier en Palestine et en Afrique ou dans les DOM-TOM, en soutien aux exigences portées par les processus révolutionnaires en cours.

Cette dynamique « commence » le 27 octobre, jour anniversaire de la révolte de 2005.

pour signer l’appel :
2012 : pour un printemps des quartiers populaires !

Premiers signataires

Mohammad AKBAR, travailleur social, militant associatif, Mulhouse
Eve ALDRIDGE, Limousin
Zahra ALI, doctorante en sociologie, Al Houda,CEPT, Rennes
Sylvette AMESTOY, Maire adjointe Courdimanche 95, élue EELV
Omar ALSOUMI, ex Pt Génération Palestine GP
Houssen AMODE, retraité, St Denis, La Réunion
Mouloud AOUNIT, militant anti-raciste
Janie ARNEGUY, militante associative, Les Alternatifs, DNSI
Siham ANDAlOUCI, Militante associative, Lille
AXIOM, rappeur, Lille
Laziza BAKKALI AJC’REVé, Avignon
Alain BALTHAZARD, adhérent EELV 95
Stefan BEKIER, Interprète de conférence, NPA 95
Adda BEKKOUCHE,juriste, militant associatif, Colombes 92
Nora BENAMEUR, AJC’REVé, Avignon
Tarek BEN HIBA, militant associatif ancien conseiller régional Ile-de-France
Sarah BENICHOU, MTE, DNSI, NPA 75
Mohamed BENSAADA, Quartiers Nord/Quartiers Forts » QNQF- Marseille
Jean-Christophe BERCHE, Educateur en prévention, Nancy – NPA 54
Thierry BONHOMME, NPA 54 Sud
Martine BOUDET,enseignante, Attac, Toulouse
Alima BOUMEDIENE-THIERY, juriste, responsable associative, ex-parlementaire, Paris
Mahmoud BOURRASSI, Militant associatif Ile-de-France, CMF
Youssef BOUSSOUMAH, militant du PIR, Clichy la Garenne
Houria BOUTELDJA, PIR
Jean BRAFMAN, ancien conseiller régional, FASE
Youcef BRAKNI, militant associatif Bagnolet,PIR
François BRUN, DNSI, NPA75
Claude CALAME, historien, EHESS, ATTAC, LDH, NPA 75
Khadija CASSAM, professeur d’université, St Pierre, La Réunion
Fathia CHAARI, militante féministe
Malika-Sandrine CHARLEMAGNE, militante associative, Paris
Antoine CHAUVEL, Génération Palestine, NPA Le Mans
Nouh CHEBBAÏ, militant associatif, Paris
Mouhieddine CHERBIB (FTCR)
Mamode CHOTIA, Professeur de Lycée, Tampon, La Réunion
Ismahane CHOUDER (CFPE, MTE, PSM),
Marie-Pascale COUTTAUSSE (éducatrice spécialisée, militante associative, Toulouse)
Marie COSNAY (écrivain, enseignante)
Monique CRINON (CFPE, MTE, Cedetim),
Philippe CORCUFF (enseignant-chercheur en sciences politiques, Lyon, altermondialiste)
Thomas COUTROT (économiste, militant associatif)
Nadir DENDOUNE, journaliste et écrivain
Kamel DJELLAL (MJCiqp),
Bernard DREANO, Cedetim (centre d’études d’initiatives de
solidarité internationale)
Driss ELKERCHY (Pt ATMF),
Abdallah EL MARBATI (association parents d’élèves Argenteuil)
Abdelkhalek ELMODEN (responsable associatif, Bagneux)
Fadila EL MIRI, militante associative, Marseille
Nabil ENNASRI (Pt CMF),
Mireille FANON- MENDES-FRANCE (membre de la fondation Franz Fanon)
Sonia FAYMAN (UJFP)
Adil FAJRY (animateur territorial militant associatif et politique au NPA)
Patrick FARBIAZ, Sortir du Colonialisme
Gisèle FELHENDLER, Sortir du Colonialisme, NPA 75
Amaël FRANCOIS, Ehess/Sciences Po, ex porte-parole SUD Etudiant, NPA.
Véronique GALLAIS, socio-économiste, membre du CS d’Attac 75
Vanina GIUDICELLI, commission anti-raciste du NPA, DNSI, Montreuil, 93,
Serge GUICHARD, PCF, Association de solidarité en Essonne aux familles Roms
Hamé, du groupe LA RUMEUR
Fouzia HAMHAMI, ATMF, Argenteuil
Moustafa HASSANALY, directeur de société, St Denis, La réunion
Omar HATIA, retraité Education nationale, Tampon, La Réunion
Françoise HICKEL, éducatrice PJJ, Montreuil-sous-bois, 93
Iqbal INGAR, Gérant de société, St Denis, La Réunion
Amode ISMAE DAOUDJEE, Mèdecin, St Pierre, La Réunion
Sulliman ISSOP,journaliste, St Pierre, La Réunion
Aïcha JABRANE, Prte de l’observatoire de la diversité, membre du conseil fédéral d’EELV
Abdoul KASSOU, retraité, St Denis, La Réunion
Marie-Céline KASSOU, retraitée, St Denis, La Réunion
Sarah KASSOU, fonctionnaire, St Denis, La Réunion
Virginie LAGHRIB, Al Houda, Rennes
Jean-Marc LAMARRE, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation à Nantes, NPA 72
Chamous LARISSE, Al Houda, MTE, CFPE,
Catherine LEBRUN, syndicaliste
Olivier LE COUR GRANDMAISON, historien,DNSI
Laurent LEVY, essayiste, CEPT
Elisabeth LONGUENESSE, sociologue
Karim LOUCHENE, CMF, Lyon
Bernard MACKALAND, La Martinique
Yamin MAKRI, Editeur, militant associatif, Lyon
Abdoul Kader MAMOODJEE, Employé de commerce, Tampon, La Réunion
Chaïda MAMOODJEE, Adjointe administrative, Tampon, La Réunion
Réhane MAMOODJEE, technicien, Le Port, La Réunion
Mohamed MAOIHIBOU, Agent territorial, Le Port, La Réunion
Béatrice MARTIN, Al Houda, Rennes
Marwan MUHAMMAD, Foul Express
Gustave MASSIAH, économiste, CMIL -cercle migrations et libertés
Odile MAURIN, militante associative du champ du handicap, Toulouse
Lisette M’BAIREH, PIR
Sofiane MEZZIANI, Lille, Pt Citoyens de la réforme, CMF,
Younous MOGALIA, Employé de commerce, St Denis, La Réunion
Rosa Mollet, Lille
Bénédicte MONVILLE-De CECCO, anthropologue/enseignante
Salim MOTARA, Directeur de département, St Denis, Réunion
Sonia MOUSSAOUI, CFPE, étudiante, St Etienne,
Danièle OBONO, militante antiraciste et altermondialiste
Laurent OTT, philosophe, Association Intermèdes, Robinson
Abdoul Rahman PATEL, chef d’entreprise, St Louis, La Réunion
Anis PATEL, étudiant, Tampon, La Réunion
Anwar PATEL, fonctionnaire territorial, Tampon, La Réunion
Nazir PATEL, professeur de Lycée, Tampon, La Réunion
Nazemir PATEL, professeur de lycée, Tampon, La Réunion
Jan PAUWELS, infirmier, syndicaliste, MRAP, NPA, Lille
Ndella PAYE, CFPE, MTE, PSM
Denis POULAIN, enseignant,Réseau de vigilance citoyenne, NPA La Rochelle
Marc PRUNIER, syndicaliste, Conseiller Municipal 94, militant solidarité « Palestine », NPA
Yves QUINTAL, directeur d’école, association egalité toulouse mirail 31
Tariq RAMADAN, universaire
Sonia RABAHI, enseignante 93
Ali RAHNI, membre EELV, CMF
Julien RIVOIRE, Militant solidarité palestine
Marguerite ROLLINDE, militante associative 93,
André ROSEVEGUE,co- Prt de l’UJFP
Jean-Marc ROUILLAN, écrivain, NPA Marseille
Khaled ROUMO, auteur et poète, Paris
Farah SADAOUI, Génération Palestine, Saint-Denis (93)
SAÏDOU, rappeur, ZEP – MAP
Harbia SAIFI, Réflexion13, Marseille
Catherine SAMARY, économiste, CFPE, MTE, NPA, altermondialiste
Miguel SEGUI, Animateur de quartier NPA 92
Geneviève SELLIER, Professeure en études cinématographique – Bordeaux 3
Michèle SIBONY, co-pte de l’UJFP
Pablo SEBAN, collectif Générations Spontanées, Toulouse),
Omar SLAOUTI, Militant associatif 95, NPA
SKALPEL, rappeur, Collectif bboykonsiant, Paris
Djamila SONZONI, élue Europe Ecologie les Verts
Saléha SOVEL, ajointe administrative, St Denis, La Réunion
Pierre STAMBUL, UJFP, Marseille
Romain TELLIEZ, Universitaire, Aulnay-sous-Bois (93)
Martine TESSARD, enseignante retraitée, militante auprès des Sans Papiers, NPA Paris Centre
Emmanuel TERRAY, anthropologue
Pierre TEVANIAN, MTE, LMSI
Gerard Trainoir, enseignant et adhérent EELV, Argenteuil
Fayzal VALY, Imam, La Réunion
Georges VEYET, retraité, militant altermondialiste, Grenoble
Dominique VIDAL, historien et journaliste
Abdel ZAHIRI, AJC’REVé, Avignon
Saâd ZOUITEN, Comité La Courneuve-Palestine

Associations, collectifs, organisations politiques ou syndicales

Association Ensemble à Bagnolet, Al Houda (association des Femmes musulmanes de Rennes), Association REDA (Réflexion, Echanges et Débats en Alsace) ; AJC’REV (Agir pour la justice contre le racisme, l’exclusion et la violence), Avignon ; Collectif Générations Spontanées contre le racisme et l’islamophobie (Toulouse), Citoyens de la réforme, Lille ; D’ailleurs Nous Sommes d’Ici (DNSI), Melun ; Groupe Frantz Fanon Bagnolet ; Quartiers Nord-Quartiers Forts (QNQF) Marseille ; L’Art de la Paix – Bagnolet ;

Association des Marocains en France (AMF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Collectif des Musulmans de France (CMF), Fédérations des Associations de Solidarité avec les Travailleurs/leuses Immigré.e.s (FASTI) ; Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fondation Franz Fanon, Nouveau parti anti-capitaliste (NPA), Parti des Indigènes de la république (PIR), Union juive française pour la paix (UJFP)

Français…Envers et contre tout !

Le paradoxe du débat que le gouvernement, a des fins bassement électoraliste, veut imposer réside dans le fait qu’une identité se construit dans l’intime et que l’identité nationale est un très bel oxymore mais qu’il n’est en rien une réalité.
L’énoncé même de la question est une impasse intellectuelle : « Qu’est ce qu’être Français ? », par tous les bouts qu’on la prenne cette énigme ressemble a celle du sphinx, il s’agit peut être d’une immense catharsis collective dans laquelle nous (les Français) parviendrons a surmonter notre Œdipe sociétal…
Ayant l’esprit particulièrement torve, parce qu’habitué aux débats foireux, aux thèses bancales et aux postulats sans épaisseurs de discours, je m’inscris en faux contre cette redite éhontée de la campagne de 2007, personne n’est dupe de la manœuvre de notre petit timonier national empêtré dans une crise qui le dépasse et dans une dérive autocratique de plus en plus décriée jusque dans son camps ; Il nous ressort le chalut à électeurs du FN pour éviter à l’UMP de faire un séjour au service de réanimation politique après les prochaines élections régionales. Certains dirons que c’est de bonne guerre, mais le populisme et la xénophobie ne font pas partie des armes conventionnelles de l’arsenal politique, ils sont le napalm, les bombes au phosphore blanc et les munitions a l’uranium appauvri du politicien et les utiliser c’est ouvrir une boite de Pandore dont l’Histoire nous apprend l’immense dangerosité de sa manipulation.
Si débat il devait y avoir, c’est l’opinion qui aurait due en être l’instigatrice, mais la rue se préoccupe de ses fins de mois difficile et de son avenir précaire, angoisses auxquelles aucune réponse ne lui est donnée…
Si débat il devait y avoir, de quoi aurions nous discuté ? Existe-t-il une définition du Français ?
C’est en réalité un système de valeurs culturelles, politiques et religieuses qui s’impose a tous les Français, ou a l’image fantasmée du Français que ce débat contribue a ériger en maître étalon de la Francité. Un système qui au lieu de fédérer, tend à exclure une partie non négligeable du corps de la nation réelle. Cette campagne polémique est surtout l’expression criante du désarroi politique dans lequel se trouve la majorité présidentielle, incapable de renier son allégeance a la Nomenklatura financière qui l’a aidée a être élue et en même temps éminemment consciente de l’impopularité du train de mesures prises, en dépit du bon sens, depuis deux ans . Battus d’avance a la simple évocation de son bilan politique et économique la droite Française cède a nouveau a cette tentation irrésistible qui consiste a déplacer le débat de la campagne à venir sur le terrain de son triangle thématique de prédilection : L’Identité, l’Immigration et l’Insécurité, tiercé gagnant assuré dans l’ordre ou le désordre. Evidemment la donne a changée depuis 2007 et la posture prise par Sarkozy ressemble de plus en plus a une imposture, a jouer cet air de déjà vu la majorité réanime le cadavre en putréfaction de l’extrême droite Française. Le FN n’en demandait pas tant…Merci pour eux !

La vraie question n’est pas « qu’est ce qu’être français ?», mais plutôt qui est considéré comme Français ? Ou encore qui est un bon ou un vrai français ?
Pour certains Il faudrait ainsi se sentir bouleversé par le sacre de Clovis, le martyr de Jeanne ou la mort de Roland à Roncevaux pour avoir droit au chapitre, il faudrait planter des drapeaux tricolores le 14 Juillet et hurler la Marseillaise a chaque match de l’équipe de France, il faudrait pour être un bon « prototype » (comme dirait Hortefeux) tremper sa baguette dans de la soupe au cochon et siffler ostentatoirement quelques bières, rire grassement aux blagues racistes, surtout celles sur les arabes, elles sont vraiment poilantes paraît il. Il faut bien sûr être nostalgique de la France d’avant, celle d’Amélie Poulain ou de la Guerre des boutons. Il faudrait être fier d’être Français, et cette vieille rengaine maintes fois répétée résonne comme un mot d’ordre impérieux, un appel au rassemblement et à la cohésion nationale. Il y’a la aussi une idée bizarre sous jacente a cette affirmation, la Révolution de 89 et plus tard la commune ont modelées l’imaginaire de la Nation et ont donné corps a l’idéal égalitaire de la République et à l’universalisme, or lorsque je (nous, tu, ils…) dis que je suis fier d’être Français, d’une part je remplis le vide acoustique, d’autre part cet auto satisfecit est un raccourci excluant toutes celles et ceux qui ne peuvent s’enorgueillir d’être comme moi né ici ou détenteur d’une carte d’identité Française, en somme ma fierté reposerait sur une supériorité et une singularité pré supposée à l’égard des « autres ». On pourrait se contenter de cette sentence et marquer par là notre adhésion implicite au nouveau roman national que Max gallo et d’autres essaient de nous imposer, mais hélas pour eux, une identité se construit dans la complexité et pas dans le simplisme, et l’histoire de France a le mérite d’être d’une grande richesse en vices et en vertus, en lâcheté et en courage, en exemples de résistances et en abdications, en actes d’héroïsme et en débâcles, en justice et en cruauté.
Faut t’il pour être un bon Français faire remonter son arbre généalogique jusqu’à se trouver une parentèle parmi les habitants de la grotte de Lascaux ? Faut-t’il vouer un culte public à la mémoire de Vercingétorix et commémorer chaque année la mort de nos frères tombés à Alesia ?
Le débat sur la lettre de Guy Mocquet fût riche en enseignements et il en dit long sur la relation entre la mémoire collective et cette fameuse identité nationale, parce que d’un coté on a essayé de modeler l’image idéale du jeune français résistant et de l’autre on a méticuleusement passé sous silence son identité communiste, cet exemple est révélateur des arrières pensées attenantes au débat actuel, il démontre que notre rapport a l’histoire est subjectif et que l’identité ne se construit pas sur le mode binaire et a vouloir mettre en exergue le courage de ce jeune homme comme une qualité intrinsèquement française on finit surtout par remettre en lumière le fait que les résistants n’étaient qu’une minorité et que les collabos eux aussi font partie de cette identité nationale !
L’identité se construit pour un individu comme pour une nation dans l’acceptation de tout l’héritage historique, politique et culturel. Le danger de ce débat c’est que son instrumentalisation peut conduire à la construction d’une mythologie nationale qui aurait pour finalité de déterminer l’archétype du Français, son phénotype, ses qualités et son mode vie et de pensée. Hors de ces critères imposés les autres ne seraient que des ersatz de français, des français de papier et rien de plus. Heureusement la République est là pour conférer a cette identité une dimension universelle, parce qu’elle détermine un cadre « légal » et permet l’adhésion a un système de valeurs morales que le triptyque républicain définit : Liberté, Egalité, Fraternité ! Telle est la devise nationale et elle transcende par son ambition humaniste toute la mesquinerie de ce néonationalisme rampant.
On ne peut pas aussi taire le fait que cette polémique tourne autour de la question de l’Islam en France, ou plutôt de la question des musulmans en France, la nuance est importante parce que la tectonique des plaques sociales fait que la société française est confrontée à l’émergence d’une nouvelle classe d’individus dont le niveau culturel, le degré d’instruction et les compétences professionnelles devraient de facto entrainer une élévation sociale, mais qui de par leur confession se retrouve invariablement discriminés, stigmatisés, empêchés. Le débat sur l’identité Nationale est un écran de fumée qui déchaine les passions et brouille le message social de cette catégorie sociale qui aspire avant tout a l’égalité de traitement et d’accès aux droits les plus élémentaires. On agite le spectre du communautarisme a chaque fois qu’une question de fond est posée et on préfère discuter a n’en plus finir des minarets et des Burquas et c’est bien là le courage des nouveaux démagogues qui se disent ouvertement Islamophobe. Pour étayer ces propos il faut se poser la question du statut social et a partir de quel moment la menace islamiste se fait sentir : les femmes de ménages qui portent le foulard ne dérangent personne et ne portent pas atteinte a l’identité nationale, de même les ouvriers maghrébins dans les chantiers ou a l’usine peuvent arborer une barbe insolente sans torturer notre imaginaire collectif. Par contre ces mêmes signes capillaires ou vestimentaires déclenchent une franche hostilité s’ils sont arborés par des jeunes gens qui aspirent et revendiquent une autre place dans la société. Le problème tient a l’essentialisation du débat, les musulmans en France ne se déterminent pas seulement en fonction de leur confession contrairement a ce que le discours islamophobe tend a faire croire, le communautarisme est une dramatisation rhétorique car dans la réalité l’appartenance a une communauté est tout au plus un sentiment et pas une pratique militante de masse. L’islamophobie étant, a mon sens, une réactualisation de l’arabo-phobie consécutive au passif post colonial non encore soldé. Dans l’esprit de beaucoup « l’ennemi intime » est dans la place !
L’identité étant du domaine du personnel je me trouve dans l’obligation d’utiliser la 1ère personne du singulier : ce qui définit un individu, outre l’aspect purement administratif de son identité, c’est sa relation avec les autres, ses attaches familiales, son parcours social, son expérience professionnelle et sa vie amoureuse, son rapport a la spiritualité, son engagement associatif, syndical ou politique, son rapport à la culture et a l’histoire, sa faculté a recevoir les informations, les trier et les analyser, tout un univers mental et ses projections représentatives que nous nous en faisons dans notre quotidien. Si je dis que ma personnalité (plus que mon identité) a pour référence politique Jaurès, Vallès, Louise Michel, Gracchus Babeuf, Saint Just, Proudhon et Blanqui, serais je au regard de ce débat considéré comme un « bon français » ? Le 11 Novembre je rends hommage à la mémoire de toutes les victimes de cet immense carnage que fût la « Grande Guerre » et j’ai une pensée ému à l’évocation de tous ces soldats venus des 4 coins de l’Empire colonial pour voler au secours de la Mère patrie, dans la glaise de la Marne, de la Somme où ils subirent la morsure du gel, furent mitraillés, bombardés, hachés menu par les Shrapnell et asphyxiés par les gaz et l’odeur fétide de la mort, je me demande quelle place ceux-ci occupent dans le chantier en construction de l’identité nationale. Si je dis que pour moi le 8 Mai 45 n’évoque pas seulement l’armistice et la capitulation sans condition du 3ème Reich, mais qu’il ravive en moi la blessure des massacres de Sétif et de Guelma, suis-je un « mauvais français » ?
Si je dis que je pense a l’ironie de l’histoire, quand certains de ceux qui survécurent à l’escalade meurtrière de Monte Cassino se retrouvèrent torturés dans la sinistre villa Mahieddine par les enfants qu’ils avaient défendus 20 ans auparavant…suis-je un « bon français » ?
Comment oublier celles et ceux qui furent jetés dans la Seine un certain 17 Octobre 61 à Paris et comment leur souvenir ne participerait ‘il pas de mon identité ?
Je dois aussi citer, plus près de nous, Malek Oussekine et Ibrahim Ali, la marche des Beurs et l’amer désillusion des années « touche pas à mon pote ! ». Mon identité se forge aussi dans le mépris que je porte a ces parlementaires qui eurent l’indécence de proposer et de voter la loi du 23 Février 2005 (sur les bienfaits de la colonisation). Mon identité va de pair avec la lutte que je mène contre les thèses du Front National et contre la Lepénisation des esprits à laquelle participe allégrement Eric Besson et son débat. D’ailleurs l’immigration choisie et la politique des quotas d’expulsion sont elles représentatives de notre identité nationale ? Plus légèrement ma Francité s’est construite un triste soir de 82 à Séville sur les larmes de Platini et la mâchoire fracassée de Battiston, elle s’est faite dans l’euphorie d’un 12 juillet de 1998 et grâce au double coup de boule de Zidane, mais aussi à Atlanta dans le titre olympique de Djamel Bouras, dans les textes d’IAM et de Kery James, dans la musique de Zebda et de Carte de Séjour…
Un mot sur celui et celle qui ont fait mon identité, sur leurs vies laborieuses d’ouvrier et de femme de ménage, ma seule identité est tributaire du respect que j’ai pour leur abnégation d’homme et de femme outil, ils m’ont transmis l’essentiel : ma dignité et ma conscience de classe, l’ouverture d’esprit et la tolérance, l’honnêteté par-dessus la cupidité, la soif de Justice et ils m’ont patiemment expliqué la chance que j’ai d’être français envers et contre tout !

Mohamed Bensaada
Pour Quartiers nord/Quartiers Forts




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