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Quartiers populaires : le changement, c’est pour quand ?

Il se peut qu’on n’entende probablement jamais parler de cette interpellation, il se peut aussi qu’il y est d’autres incendies politiques ou médiatiques à circonscrire d’ici là. Il se peut aussi que vous n’ayez cure de l’appel d’un simple militant associatif  qui se pose des questions sur le monde dans lequel il vit et sur la façon dont les affaires en sont gérées.

Marseille et « ses quartiers » sont revenus à la une des médias par le biais de son visage le plus hideux, le plus spectaculaire et hélas le plus fascinant. Le fait est que j’ai un mal fou à ne pas tremper ma plume dans la bile et le poison pour exprimer mon sentiment sur la façon dont ce gigantesque capharnaüm médiatico-politique s’articule autour des scènes de crimes successives.

A chaque meurtres, les mêmes unes, les mêmes indignations, les mêmes figures blêmes de menaces qui promettent l’enfer aux voyous et la paix aux populations.

A chaque rafale de Kalachnikov on nous ressort les mêmes tissus d’inanités usés jusqu’à la trame.

À défaut de courage et d’imagination.

Le courage serait de poser le problème dans sa globalité, ne pas déconnecter cette reconfiguration de la criminalité de ce qui en fait son lit, à savoir le contexte socio-économique des quartiers populaires de Marseille et des autres villes de France.

L’imagination serait, une bonne fois pour toute, de ne plus recourir exclusivement au réflexe sécuritaire pavlovien, qui ne peut à lui seul prendre la mesure du défi à relever.

Le courage serait de faire de la politique dans le sens de l’intérêt commun en  excluant de la réflexion tous les calculs bassement électoraux, toutes les projections de l’actualité sur les échéances politiques.

Vœux pieux au regard du comportement habituel de certains « responsables », qui ne se rendent pas compte que l’action politique ne doit pas se résumer à la dénonciation, à l’indignation et à l’incantation !

Bien sûr, en disant cela j’endosse le costume mal seyant  « du donneur de leçon », mais peut être le faut il, parce que, comme beaucoup, je suis révulsé par l’instrumentalisation politique de la sécurité à Marseille. Instrumentalisation à facettes dont chaque bord essaie de « tirer les marrons du feu ».

Mais à bien y réfléchir cette frénésie sécuritaire répond à deux attentes, légitimes au départ, dévoyées à l’arrivée.

La première attente est celle de l’Egalité des hommes et du statut des populations qui vivent dans ces territoires abandonnés par la république.

La deuxième attente est celle du monopole de la violence par l’état…et toutes ces affaires mettent à mal ce concept et prouve que la loi ne s’applique pas partout de la même manière sur le territoire français !

 

Pour ce qui est de l’Egalité, il faut comprendre que la violence est « protéiforme » et qu’elle n’impacte pas les habitants des quartiers populaires qu’a l’occasion de son expression la plus spectaculaire, lors des règlements de comptes, des faits divers et des descentes de police qui font les beaux jours de la presse. Non la violence est là quotidienne, sournoise, permanente elle inflige à nos cœurs, à nos corps et à nos âmes des blessures continuelles. Elle nous charge de frustration et de rancœurs.

A ceux qui parlent de violence, je pose la question : Savez-vous la violence de l’insalubrité de nos logements ? Savez-vous la violence des listes d’attentes à Pôle emploi et dans les tiroirs des bailleurs sociaux ? Savez-vous la violence de notre inquiétude quant à l’avenir de nos enfants ? Savez-vous la douleur dans les yeux de nos anciens ? Savez-vous l’étrange blessure de la somme de toutes ces discriminations ? Savez-vous le désespoir et le stress du compte en débit dès le 10 du mois ? Savez-vous la violence du mépris institutionnel et du manque de concertation ? Savez-vous la violence que nous ressentons lorsqu’on parle de nos problèmes sans nous demander ce que nous en pensons ?

Au final quelle somme d’efforts nous est demandée pour que tout cela soit pris en compte ? Quel monstrueux hurlement faut-il pousser pour qu’enfin on finisse par nous entendre ?

A chaque fois c’est la même pièce en 4 actes qui nous est resservie :

  • Acte I, le chant des Kalachs, le sang, les larmes et la douleur.
  • Acte II, le chant des sirènes médiatiques, les flashs, les caméras, les micros…
  • Acte III, le chant des politiques, de l’indignation et des décisions court-termistes.
  • Acte IV, le calme et l’oubli jusqu’à la prochaine tempête…

Dans cette pièce, la population de nos quartiers, acteur principal de cette tragédie sociale, reste sans voix, sans visage, anonyme et désincarnée pour ne surtout pas susciter l’empathie au mieux, la commisération au pire.

Les « Grands » de notre pays se succèdent au chevet de la cité phocéenne et visitent successivement les responsables de notre ville, la préfecture et les syndicats de police pour les assurer de leur soutien et les rassurer sur la fermeté et les affres de l’enfer qu’ils promettent aux voyous…Dans ce concert de postures belliqueuses personne ne prend le temps de venir au contact direct des familles et des gens qui vivent ces situations tragiques. Personne ne juge nécessaire d’entamer un travail de fond sur le marasme sociétal dans lequel sont plongés les quartiers populaires de France et de Navarre.

Le train de mesure pris par le dernier comité interministériel satisfait à droite comme à gauche les édiles marseillais, parce qu’il s’inscrit dans une lecture simpliste, manichéenne et étroitement liée au calendrier électoral. Un train de mesure qui une fois de plus prétend éradiquer la peste en pulvérisant de l’eau de rose et en fronçant les sourcils.

Une bonne fois pour toute : si l’on ne se pose pas les bonnes questions on n’apportera que des mauvaises solutions ou des solutions partielles !

La première de ces questions doit faire débat dans la société parce qu’elle se pose dans la réalité de millions de personnes :

Quel est le statut de ces territoires et des populations qui y vivent ?

Si la République est un talisman, de quelle République parle t’on ? De celle que l’on fantasme ? De celle que l’on instrumentalise ? De celle qui laisse les inégalités se creuser et l’injustice sociale primer ?

L’égalité dans notre société, doit on faire semblant d’y croire et d’y adhérer dans nos discours tout en la bafouant dans nos pratiques ?

Si l’on prône la fermeté de la justice, celle-ci doit elle s’appliquer à tous les types de délinquances, y compris la délinquance financière et politique, et si oui celles et ceux qui se rachètent à bon compte une virginité politique ont-ils/elles droit au chapitre ?

Enfin de quelle sécurité parle-t-on ? Les quartiers populaires (par le biais de la violence) seraient devenus une cause nationale, eh bien chiche Mesdames et Messieurs, montrez nous votre capacité à circonvenir l’ensemble du défi de société que vous prétendez relever. Mais n’oubliez pas que la violence n’en est qu’un aspect, derrière la fascination morbide que nous entretenons tous avec cette fresque à l’hémoglobine, il y’a des centaines de milliers de familles qui attendent des réponses sur le logement, l’emploi, la jeunesse et l’avenir qu’on lui propose, la santé, l’école, le collège, le lycée et la fac, la place de nos personnes âgées et le respect de leur dignité…

En bref, tout un monde à repenser, à définir et à proposer. Personne n’est dupe des déclarations fracassantes et des prises de positions cacochymes. La responsabilité n’est pas que politique et elle appelle à une réflexion et à un débat large qui transcende la vision étriquée que nous en donne  la lorgnette sécuritaire. La société française a des choses à se dire sur son aspiration à l’égalité, sur les droits de l’homme, sur la place des uns et des autres, sur la nature même de ce fameux « vivre ensemble », qui ne veut plus dire grand-chose, tant notre séparatisme social est devenu structurel.

Des questions et des réponses faîtes les yeux dans les yeux, sans fard et sans calculs !

Le changement dans les quartiers populaires de Marseille et d’ailleurs, voilà trente ans que nous l’attendons…Alors c’est pour quand ?

 

 

BENSAADA Mohamed

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 14 septembre 2012

L’éclat sublime de la médiocrité.

Une analyse politique peut se jauger à l’aune de la
profondeur de la réflexion dont elle est le résultat. Notre époque nous donne
le personnel politique que finalement nous méritons. L’affaire de Toulouse
doit, par sa gravité, nous poser question sur la forme et sur le fond.

Une fois la condamnation des actes abominables perpétrés par
Mohammed Merah unanimement établie, il faudrait que les responsables politiques
se gardent de toutes tentatives de récupération politique de ce drame…dans un
sens comme dans l’autre.

Merah n’est pas un martyr de l’Islam, et le dire c’est déjà
une tentative de justification collective que je regrette parce qu’elle répond
à une mise en cause plus ou moins assumée de toute une communauté.

Lorsque Anders Brejvik à massacré des dizaines d’innocents
personne n’est allé mettre en cause le pape ou les autorités religieuses
protestantes. Pourtant son discours et ses actes étaient aussi décousus
intellectuellement que ceux de Merah…Mais Merah s’appelle Mohamed et de fait,
dans l’esprit de beaucoup, chaque fois qu’un « musulman d’apparence »
(puisque c’est la nouvelle terminologie pour désigner notre altérité) commet
une atrocité il ne fait aucun doute que c’est l’idéologie mortifère de notre religion
qui en est la source, ou notre atavisme violent puisque dès notre plus jeune
âge nous sommes habitués à voir des agneaux égorgés…rappelons aussi que nous
sommes  intrinsèquement des violeurs et
des voleurs, des phallocrates militants et que nous sommes à la pointe de tout
ce que le coté obscur de notre humanité (ou inhumanité ?) peut produire
d’abject, de terrifiant, de monstrueux.

Voilà les bases du débat tel qu’il est posé actuellement.
Comment faire alors pours discuter de ce qui doit l’être, d’homme à homme,
d’égal à égal, dans ces circonstances et dans ce contexte idéologique qui nous
place NOUS les « musulmans d’apparence » dans une situation de
justification permanente et de complicité relative à l’égard de tous les
événements de l’actualité nationale ou internationale, les deux étant
systématiquement liées.

Compliqué, en effet, de répondre à la médiocrité d’un
Longuet qui estimait que les enquêteurs avaient perdu du temps en explorant la
piste de l’extrême droite, parce que pour ce Monsieur comme pour William
Goldnadel il ne faisait aucun doute qu’il ne pouvait s’agir que d’un Musulman.

Difficile aussi de répondre à notre président et  à son gouvernement quant à leur empathie à
géométrie variable dès lors qu’il s’agit d’honorer la mémoire des victimes. Ainsi
Juppé était présent aux obsèques des victimes juives en Israël, et c’est bien
qu’il y soit, mais personne n’a accompagné le militaire « d’apparence
musulmane » au Maroc sur le lieu de son inhumation…étrange émotion que
celle d’une république qui apparemment ne pleure pas ses enfants de la même
manière et le fait ostensiblement savoir !

La victoire idéologique du FN est totale, parce que le
constat amer que j’énonçais plus haut est l’exact ressenti d’un grand nombre de
personnes dans ce pays. Et que les idées du FN ont percolé insidieusement les
autres formations prétendument républicaine. L’UMP,  mais ce n’est plus à discuter ou à démontrer.
Les faits, les décrets, les lois discriminantes et les discours chauvins et
xénophobes  des responsables de cette formation
sont là pour justifier cette assertion.

Mais la contamination est plus large, le mal plus profond
puisque même à « Gauche » le venin s’est propagé, amalgamé et
progressivement installé dans le cœur et dans les têtes des animateurs de ces
formations en général, et plus particulièrement au PS.

Ainsi, dernièrement Monsieur Valls responsable de la
campagne de François Hollande et (l’espère t’il) probable futur ministre de
l’intérieur, s’est fendu d’une déclaration tonitruante et
« abracadabrantesque » sur les dangers de l’islamisation rampante des
quartiers populaires qui seraient investis par un groupuscule
islamo-salafisto-takfiro-gauchiste du nom de « Printemps des
Quartiers ». Et c’est bien entendu là que la médiocrité politique devient
inversement proportionnelle à la profondeur de la réflexion, à la pertinence de
l’analyse et à la « candeur » de l’objectif.

De quoi s’agit-il ? Le PS ne tient plus
(électoralement) les quartiers populaires, et l’équation reposant sur le dogme
de l’électorat captif semble de plus en plus caduque. La campagne de François
Hollande patinant depuis les attentats de Toulouse et la montée en puissance du
Front de Gauche alarme le staff Hollande qui comprend à nouveau que son salut
viendra (peut être) de ces quartiers populaires que le PS comme l’UMP à relégué
socialement, économiquement et politiquement. Mais le « Printemps des
Quartiers » est une épine dans le pied de cette stratégie opportuniste…Un
communiqué de  Monsieur Valls nous
apprend que : « Depuis plusieurs semaines, des
figures controversées de l’islamisme et du communautarisme sillonnent nos
banlieues sous la bannière du ‘Printemps des Quartiers’ », des meetings et
conférences au cours desquelles « la République est sans cesse attaquée».
L’agressivité
et la gravité de l’accusation peuvent étonner voir ébranler certaines
convictions. Mais ne nous y trompons pas cette réaction ne s’explique que par
la lâcheté intellectuelle et le recours systématique au discours anxiogène sur
l’islamisme et le communautarisme et que l’opinion relie invariablement, par
réflexe pavlovien, au terrorisme, à Al Qaïda, aux talibans etc. Mr Valls sait
pertinemment que si sa mise en accusation malhonnête de ce mouvement rencontre
un écho médiatique et que si elle est reprise par d’autres, cela équivaut à une
mise à mort politique sans autre forme de procès. Le procédé est odieux et les
ficelles sont grosses, bien trop grosses pour que nous nous laissions intimider
par des propos sans fondements.

« Printemps des Quartiers » est une tentative de re-politisation
de nos quartiers populaires, qui ne se fait ni par le biais de l’Islam, ni par
le biais communautaire, la diversité des acteurs et des participants est là
pour en témoigner. Elle se fait de manière farouchement autonome et ne s’est
pas, jusqu’à présent, fait récupérer par qui que ce soit…et c’est ce qui gêne
Mr Valls, parce que la lucidité, la fermeté de ce mouvement et l’écho qu’il
rencontre dans les quartiers affole le PS qui n’a pu réitérer son hold up
politique de 83, en récupérant la « marche pour l’égalité et les droits »
et l’a transformé en « marche des beurs » apolitisée et vidée   de son essence politique  en escamotant le potentiel hautement
subversif des revendications légitimes de cette génération, en les substituant
par toute une cacophonie folklorique paternaliste et infantilisante…remplaçant
les rêves de justice et d’égalité par une petite main jaune et un slogan
tragicomique.

Ce qui gêne Mr Valls et ses amis c’est que, ce n’est pas la
république qui est attaquée  comme il le
prétend, mais bien  les partis politiques
au pouvoir depuis 30 ans, parce que c’est leur  interprétation inégalitaire et discriminante
de la République qui est mise en cause. En outre Mr Valls se réapproprie la
stratégie rhétorique des Le Pen père et fille, lorsqu’il parle de lui il parle
de République, tout comme les Le Pen parle de la France en parlant d’eux même.
Les Le Pen ne sont pas la France ! Leur histoire, leur culture politique
et leur vision de la société en font les héritiers de la collaboration, de
Vichy, de Maurras et de Brashillac…ils ne sont que cette France là !

Tout comme Mr Valls n’est pas l’oracle de la République, et
il est temps que lui comme d’autres arrêtent de se prendre pour les
gardiens  du temple, parce qu’avant de
parler de république il faudra avoir un débat sur ce que lui et ses amis entendent
par ce mot qui dans leurs bouches sonne creux, ils ne sont pas les dépositaires
des vertus de la république, au mieux ils en incarnent quelques vices.

Ce qui incommode Mr Valls c’est qu’il n’y a aucune
mansuétude à l’égard du PS et que la décadence de ce parti est régulièrement rappelée
par les participants du Printemps des Quartiers qui subissent au quotidien le
racisme de l’UMP et  le paternalisme
étouffant du PS. Auquel il faut ajouter  l’affairisme, le clientélisme, le népotisme et
l’instrumentalisation politique de la « diversité ». Dois- je
rappeler à Mr Valls les affaires en cours dans les bouches du Rhône et dans le
Nord ? Dois-je rappeler à Mr Valls l’emprise tutélaire de Guérini, de
Frêche et d’autres barons de la Rose sur leurs fédérations respectives ?
Dois-je lui rappeler les subventions du conseil régional PACA ? Dois-je
lui rappeler de nettoyer devant sa porte avant de jeter des anathèmes et des
sorts au gens que sa formation ne subjugue plus ? Dois-je lui rappeler que
ces quartiers, comme le marché de sa bonne ville d’Evry, sont pleins de non « Blancos
– Whites – Blancs
 »,
comme il aime à s’en émouvoir ? Dois-je
enfin lui rappeler que pour grimper à l’échelle, il vaut mieux avoir son séant
propre ?

Voilà en un mot comme en cent ce que m’inspire la triste
réalité du débat politique français…la nausée devant l’éclat sublime de la
médiocrité.

 

BENSAADA
Mohamed

Acteur
associatif participant au Printemps des Quartiers à Marseille

 

Le monopole de la violence ou la violence du monopole ?

Le monopole de la violence ou la violence du monopole ? balance-justice1-285x300Amnesty, dans un rapport récent, dénonçait les méthodes d’immobilisation et l’impunité des forces de l’ordre, dans les affaires ayant entraînées la mort de personnes au cours ou à la suite d’interpellations. L’ONG s’appuyait en partie sur le cas de Hakim Ajimi, mort à l’age de 22 ans le 9 mai 2008 à Grasse.

Cette tragédie, parce que ç’en est une, rassemble à elle seule l’ensemble des absurdités et des impasses de notre société. On peut continuer à feindre et à ignorer le problème moral (nous osons le mot) que cette affaire pose à la Démocratie française, au pacte social, au peuple et aux élites, on peut en effet laisser macérer cette injustice et ce déni d’humanité que l’on a fait subir à ce jeune homme, à sa famille et à ses proches…

On peut aussi considérer que c’est un « dommage collatéral »  d’une montée en puissance de la politique sécuritariste que la majorité des français à voulue ardemment en élisant Mr Sarkozy en 2007. On peut euphémiser cette histoire en usant de poncifs écœurant du style « on ne fait pas d’omelette, sans casser d’œufs… » et autres saloperies du genre. Tout ça on peut le faire et d’ailleurs beaucoup le font.

Mais la question que nous pose d’outre-tombe Hakim, continue et continuera de hanter notre inconscient collectif : « Qu’ai je donc fait pour mériter ce traitement ? Quelle est donc cette société qui s’accommode aussi aisément  d’une pareille injustice ? ».

Le mot est lâché, JUSTICE, en gras et en majuscule ! C’est la pierre d’angle sur laquelle on construit l’égalité. Sans la Justice il n’y a pas d’égalité, sans l’égalité il n’y a pas de démocratie. Tout le reste est superflu, billevesées, sophisme et discussion absconses. Tout le reste est douleur absurde, sadisme insoutenable et reniement de ce qui doit faire de nous des êtres humains capables de se regarder encore en face sans cette amertume de la culpabilité qui nous hante, sans cette impardonnable  soumission à l’arbitraire !

La facilité voudrait que nous dénoncions le racisme d’état, nous pourrions le faire, mais il y’a longtemps que nous avons renoncé à la facilité et a la démagogie. Dénoncer l’état comme seul responsable, c’est nous dédouaner de nos responsabilités individuelles et collectives !

L’état français, au final, surtout dans cette démocratie des sondages, légifère au gré  de l’actualité, des phobies et des préjugés de nos concitoyens. Il met progressivement en place un arsenal juridique de plus en plus menaçant et restrictif pour les minorités. Mais il est hélas à l’image de ce qu’est la France aujourd’hui ! Un pays effrayé par lui même, bercé par le chant lancinant de la xénophobie et de l’islamophobie ambiante, recroquevillé sur un héritage fantasmé, refusant de thésauriser sur le potentiel de toute une jeunesse trop basanée, trop noire, trop musulmane, trop…différente.

Incriminer l’état et seulement l’état est  un raccourci puérile, il peut satisfaire un discours ou la construction d’une thématique politique, mais il fait l’économie de la vraie réflexion sur le racisme et la nature raciste d’une société, comme le disait Fanon, il ne peut y avoir de degré dans le racisme.

De plus il permet à nos détracteurs de nous faire passer pour de joyeux débiles avec qui aucune discussion sérieuse n’est soutenable. Il ouvre la porte aux comparaisons foireuses, aux extrapolations improbables et enferme le débat hors de l’essentiel.

Quel est cet essentiel ? : Hakim est mort ! Pourquoi est il mort ? et de quoi est il mort ? Si la justice française répond à ces questions, personne ne pourra soustraire les coupables à leurs peines, parce que le dossier est lourd, les témoignages accablants, la défense confuse et la perte de ce jeune homme irréparable pour sa famille, mais aussi pour toutes celle et ceux qui croient en la justice et qui sentent un frisson dans le dos à chaque fois que l’on évoque ce nom et ce prénom, HAKIM  AJIMI, parce que l’arbitraire aurait pu frapper n’importe qui, n’importe où, surtout dans nos quartiers populaires, Hakim aurait pu être notre voisin, notre frère, notre fils…et de fait il l’est !

C’est pourquoi nous rappelons cette mobilisation incontournable autour du procès à Grasse qui se tiendra du 16 au 20 Janvier 2012, avec en point d’orgue une manifestation de soutien a la famille et au comité Hakim Ajimi le 7 Janvier 2012*.

Soyons nombreux à demander que Justice soit faite !

Quartiers nord/Quartiers Forts.                                                                                                 Marseille, le 21 décembre 2011

* :  Rassemblement samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard
      Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle            .

      Un car au départ de Marseille est prévu, Contacts : Adil    : 06 13 20 51 51

                                                                                               Sonia : 06 26 38 38 01

 

 

Construction politique : Acte II

Construction politique : Acte II dans National no-n2-150x125Le journalisme actuel* est ainsi fait que même lorsqu’il est exercé avec intégrité, il ne peut s’empêcher d’abdiquer devant la dictature du format, la priorisation subjective des événements et l’étiquetage frénétique des démarches. En gros l’analyse politique de fond est souvent sacrifiée au bénéfice de l’immédiateté.

L’article de Politis tente en quelques lignes de faire la synthèse de dizaines d’heures de débats, de 9 mois de préparation, d’échanges sur la forme et sur le fond, de prises de paroles, d’affrontements et de convergences.

L’état d’esprit du journaliste mais aussi de toutes celles et ceux qui pensaient que tout s’articulerait de façon naturelle, sans pierres d’achoppement, sans discussion sur le fond et la forme, dans une sorte d’œcuménisme politique béat infantile, ne manque pas de nous inquiéter.

Évidemment non, rien de tout cela ne pouvait se produire ainsi. Les participants de ces 3ème rencontres sont tous des citoyens engagés, des militants de longue date pour la plupart qui, nourris de leurs réflexions et de leurs expériences individuelles et collectives savent à quel point un processus de construction politique est une démarche complexe, longue et périlleuse.

Évidemment oui, ces militants sont aussi complexes et déterminés que les autres acteurs politiques et associatifs de France et de Navarre, et oui ils discutent et se disputent parce que le débat contradictoire est l’âme de la démocratie, n’en déplaise aux laudateurs du « y’a qu’a, faut qu’on ! ».

Parler d’un demi échec, sous entend aussi que l’on parle d’un demi succès, même si la vision extrêmement réductrice de l’affrontement entre le PIR et le FSQP est une offense faîtes aux nombreux militants présents lors de cette rencontre qui n’appartiennent à aucune de ces deux structures. Cette assertion piétine aussi le dévouement et l’intégrité des organisateurs qui ont dépensés une année entière de leurs vies à la réalisation de cette rencontre. Mais qu’importe le fond du problème est ailleurs.

Les FSQP successifs et les 3 rencontres, celles d’Aniche, de Marseille et de Créteil, font système, elles contribuent à déterminer un ADN politique commun qui synthétise l’ensemble des luttes de l’immigration et des quartiers populaires. C’est un long processus de compilation, d’analyses et de maturation qui progressivement définit notre patrimoine politique commun. On ne peut pas encore parler de Corpus Idéologique, ni de plateforme programmatique. Les débats sur nos orientations sociales, économiques et politiques n’ont pas encore eus lieu de façon formelle. Et si tout le monde s’accorde à dire qu’il y’a nécessité de créer un mouvement politique de l’immigration et des QP, les deux options de la déclaration commune (Acte II) en sont les émanations stratégiques divergentes sur le court terme mais indubitablement convergentes à moyen terme.

Nous devions, au sortir de la séquence politique FSQP (Acte I) et Rencontres (Acte II), valider la création d’un Front Uni, dont le but était de donner une cohérence globale dans l’unité d’action aux mouvements issus de l’immigration et des QP. Cette première pierre posée nous aurait permis de coordonner nos actions locales, de les mutualiser et de court-circuiter toutes les tentatives de préemption des thématiques et des luttes que nous menons. C’était, au dire d’un camarade, « le minimum syndical militant » que tout le monde pouvait signer.  Cela nous permettait d’éviter la focalisation sur les échéances électorales à court terme et la mise en place rapide de 2 ou 3 manifestations d’ampleur nationale qui matérialiseraient la création d’un mouvement politique autonome de l’immigration et des QP. Cela nous permettait aussi de structurer sereinement le futur parti au sein duquel nous souhaitons tous nous retrouver.

Parce que simplicité ne signifie pas simplisme, il faut bien prendre en compte ce que veut dire créer un parti. La démocratie est une discipline très exigeante, et nous ne pouvons pas nous payer le luxe de nous en passer. Pour créer un parti il faut tenir compte des différents niveaux de réflexions, d’implications et de structuration des différentes organisations et individus qui y adhéreront.

Aussi il faut, pour éviter l’enlisement dans les contestations et les frustrations, cadrer au maximum le processus démocratique pour garantir une juste représentation de toutes les sensibilités. Si le rapport de force est une donnée essentielle de la vie politique dans les relations entre exécutifs locaux, régionaux et nationaux, c’est la conviction et la solidarité, le respect et la fraternité qui doivent régir en interne les relations que nous entretiendrons entre nous.

Il faudra donc penser à un congrès fondateur, à des assemblées générales décentralisées pour que les débats aient lieu aussi en région, à des motions d’orientations et des motions ponctuelles qui seront débattues et votées, à l’élection d’exécutifs à tous les échelons, ainsi que l’élection de délégués au futur congrès. Ce congrès au sein duquel sera votée notre ligne politique et nos orientations stratégiques, il faudra nommer des commissions thématiques et des commissions techniques chargées de mettre en application les décisions prises et gérer les investitures pour éviter les usurpations et les conflits, il faudra organiser le secrétariat national et le porte-parolat pour assurer notre lisibilité et notre visibilité…il faudra encore beaucoup de café, de sueur, de cris, de larmes, de rires et d’embrassades pour que nous y arrivions…mais nous y arriverons !

Quartiers Nord/Quartiers Forts, décide d’opter pour la construction du Front Uni de l’Immigration et des QP, nous respectons la décision des structures et des camarades qui souhaitent s’engager dans la création immédiate du mouvement politique de l’immigration et des QP, nous les saluons fraternellement et leur souhaitons avec sincérité le succès dans leur entreprise. Nous leur donnons rendez vous dans les luttes qui nous sont communes et dans lesquelles nous ne manquerons pas de nous retrouver.

« Politiser les masses, ce n’est pas, ce ne peut pas être faire un discours politique. C’est s’acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d’elles, que si nous stagnons c’est de leur faute et que si nous avançons c’est aussi de leur faute, qu’il n’y a pas de démiurge, qu’il n’y a pas d’homme illustre responsable de tout, mais que le démiurge c’est le peuple et que les mains magiciennes ne sont en définitive que celles du peuple. ». Frantz FANON

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 2 Décembre 2011

 

 

* Lire article Politis « La création d’un « front uni » des quartiers est reportée » – 28/11/2011

 

Printemps 2012 : Pour Exister politiquement !

La séquence politique à venir est déjà là toute proche, nous lisons les déclarations, les positionnements, les postures et parfois les impostures. Nous savons que les communicants n’en finissent plus de faire des rapports et de scruter avec fébrilité les quartiers populaires et l’agitation politique qui pourrait en surgir. Nous savons aussi que l’heure des grandes manœuvres à sonnée et que les exécutifs politiques qui ont longtemps méprisée cette vitalité populaire et démocratique ne peuvent plus se payer le luxe de la dédaigner…c’est déjà une victoire en soi !

Mais elle ne suffit pas, pire elle est synonyme de danger pour un mouvement autonome encore en gestation. Le recul de l’histoire nous permet d’être péremptoire et d’affirmer avec force et détermination que nous savons comment et qui a sabordé l’espoir des marcheurs pour l’égalité de 83. Nous savons qui a instrumentalisé cette cause à des fins bassement électoralistes et qui a sciemment saboté toute la dynamique éminemment politique de ce mouvement en l’enfonçant dans un apolitisme infantilisant et facilement manipulable.

Nous avons aussi vu la traîtrise et la lâcheté, le lynchage de toute une génération à qui l’on ne cesse de répéter dans les discours officiels qu’ils/elles sont les fils et les filles de la République, et autres sornettes illusoires qui sont mille fois démenties dans leurs quotidien par les discriminations de masses, les raccourcis médiatiques ravageurs et le populisme crasseux de la Droite et du FN. En 2005 l’insurrection n’a pas été politiquement relayée, parce que ce pays ne se reconnaissait pas dans cette jeunesse et qu’il préfère s’identifier plus volontiers à celle qui défilait contre le CPE. Pourtant les deux méritaient d’être, si ce n’est soutenue, au moins comprise et rassurée ! Pour notre part, épris d’égalité et de justice sociale nous ne les avons jamais opposées ! La fracture sociale est aussi une fracture trans-générationnelle, une fracture de classe que le discours islamophobe souhaite transformer en fracture ethno-religieuse.

Aussi l’Histoire est un éternel bégaiement…pour les amnésiques, les signataires de l’Appel Printemps 2012 ne le sont assurément pas !

SOS Racisme nous à transformé en gentils beurs (terme exécrable) et en gentils blacks sympas et désinvoltes qui veulent juste que les méchants racistes arrêtent des les tirer comme des lapins. Des jeunes gens éternellement jeunes et insouciants qui ne peuvent briguer aucune charge, ni aucune responsabilité s’ils ne se départissent pas de leurs singularités. En d’autres mots pour la jeunesse des quartiers il fallait soit passer sous le bulldozer assimilationniste, soit se voir condamné à vivre en survêt et casquette jusqu’à la retraite, à danser sur du Hip hop ou à jouer au foot. Plus tard NPNS a cité à comparaitre toute la jeunesse masculine de nos quartiers devant les tribunaux de la République, au motif que nos jeunes gens étaient tous potentiellement des violeurs décérébrés et des intégristes phallocrates aux mœurs arriérés et aux comportements archaïques. Mais le plus grand tord que cette officine ait pu faire dans le débat contradictoire qui oppose les forces politiques issues de l’immigration post coloniale aux institutionnels, est l’installation d’un piège idéologique simpliste (mais ô combien efficace) qui consiste à répondre à toutes les aspirations égalitaires légitimes des classes populaires par un rappel à l’ordre Laïciste. Un dialogue de sourd, puisque nous hurlons au droit et à l’égalité et que l’on nous répond Laïcité ! Comme si les deux s’opposaient ! Ce sophisme permet surtout de gagner du temps et de maintenir le mécanisme ségrégationniste en l’état, en gros on discutera avec vous lorsque vous ne battrez plus vos femmes, vous arrêterez d’égorger vos moutons et quand vous finirez tout de même par admettre l’ordre établi et la diversité cosmétique que nous consentons de façon magnanime a vous accorder !

Ces grosses associations soutenues par le PS et d’autres jusqu’a la Droite ont finit par institutionnaliser l’antiracisme. Aujourd’hui d’autres tentent de « cadrer » le mouvement issu des quartiers populaires. Tout le danger est là, parce qu’il représente en soi une menace réelle de dévitalisation de la dynamique politique enclenchée.

Entre la xénophobie de Droite, le paternalisme débilitant de Gauche et l’Islamophobie générale, l’espace politique est restreint et nous voguons de Charybde en Scylla. Mais cet espace existe et nous pensons que la démarche de Printemps 2012 arrive au bon moment, au bon endroit et avec les bons acteurs. Cette initiative fait le pari que c’est la solidité de son ancrage populaire et la conséquence de sa base qui lui assureront la réussite. Ainsi le débat ne sera pas confisqué et confiné à des échanges convenus entre « gens de bonne composition ».

Les comptes politiques ne sont pas soldés, loin s’en faut, nous signons cet appel parce que nous voulons reposer les bases du débat sur les quartiers populaires, en utilisant cette fois ci le prisme du ressentiment légitime des habitants de nos quartiers, dont la situation est connue et ne fait plus débat. Mais cette situation mérite des éclaircissements, soit nous habitants des quartiers populaires sommes des citoyens de seconde zone avec des devoirs similaires et des droits diminués de façon officielle, soit nous sommes toutes égaux et libres et jouissons pareillement des mêmes droits et devoirs que nos autres concitoyens. L’interpellation n’est pas anodine, elle rebat les cartes et fait tomber les masques.

Printemps 2012 est une chance unique de mettre en place cette convergence des luttes populaires, de les structurer, de mutualiser les expériences et les compétences de terrain. C’est une chance unique de transformer cette matière militante incandescente en matière politique, une chance d’enfin mettre en pratique les valeurs de solidarité, de partage, de fraternité dont nous nous réclamons. C’est une chance d’étancher enfin notre soif inextinguible de justice sociale, et d’assouvir notre faim d’égalité.

Tous les futurs sont possibles, mais ils dépendent aussi de la façon dont nous les construirons, nous avons la possibilité de nous unir dans le respect de nos divergences et de la plateforme politique que nous établirons collectivement. Mais nous sommes toutes et tous déterminés à exister, et comme disait Sayad « Exister, c’est Exister politiquement ». Nos identités ne sont pas négociables, nos revendications ne sont pas à minorer, et notre sincère dévouement à la cause de nos frères, de nos sœurs et de nos camarades des Quartiers populaires n’a d’égale que notre détermination. A nous maintenant de nous montrer digne de cet espoir !

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille le, 29 Octobre 2011

2012 : pour un printemps des quartiers populaires !

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« Nous rendons public cet
« appel à un printemps des quartiers populaires » ce 27 octobre, date de commémoration de la mort de Zyad et Bouna à Clichy-sous-Bois qui a marqué le début des révoltes de 2005. Notre préoccupation est d’amplifier et mutualiser ce qui, du local au national, exprime la légitimité de ces révoltes tout en s’attaquant à leurs causes profondes: les politiques d’un système en crise, qui cherchent à briser tout cadre de résistance collective et solidaire, notamment à diviser sur des bases islamophobes et xénophobes, pour se maintenir.
C’est avec l’objectif de réunir des forces éparpillées pour préparer ensemble un Printemps de la Dignité des Quartiers Populaires en 2012, que nous soutenons le Forum social des quartiers populaires (FSQP) et les Assises des luttes de l’immigration, qui se tiendront de façon coordonnées, respectivement à St Denis les 11-12 et à Créteil les 25-26 et 27 novembre, ainsi que toutes les initiatives ancrées dans la réalité des quartiers et qui aspirent à la convergence des luttes. »

Chacun le sait… ceux qui vivent dans les quartiers populaires, les femmes et les hommes, issus de l’immigration ou pas, souvent musulmans, noirs ou roms sont soumis à la ségrégation, au chômage, au racisme, et au contrôle policier au faciès – et ne trouvent dans les institutions et la vie politique aucun moyen d’exprimer leurs attentes et aspirations. Les oppressions et les résistances qui se tissent dans les banlieues, sont traitées en termes de problème sécuritaire ou de réactivation de l’« identité nationale » – les musulmans d’aujourd’hui étant de plus en plus stigmatisés comme les juifs d’hier. Quel journaliste, quel discours politique voudra prendre à bras le corps ces questions et dénoncer l’islamophobie sur les plateaux de télévision, faire le bilan de toutes les lois répressives contre l’immigration ? Qui confrontera les lectures sectaires de la laïcité et leurs projets liberticides à l’expérience quotidienne de leurs victimes et aux fondements juridiques des droits? Si la nécessité de combattre le racisme est évoquée, pour faire pièce à Marine Le Pen ou à Nicolas Sarkozy, rien n’est fait pour que la lutte contre la ségrégation urbaine, les discriminations raciales et la précarité, soit un axe fondamental de réponse aux exigences portées par les révoltes de 2005 dans les quartiers populaires.

La misère et les inégalités s’élargissent avec les crises financières et les pseudo plans de « sauvetage » détruisant sur leur passage emplois et acquis sociaux; les Etats renflouent les banques mais veulent supprimer les services publics et rendre les populations coupables et comptables de la crise ; le fossé se creuse entre les minorités privilégiées et la grande masse des populations de plus en plus précarisées, pendant que les puissances impériales poursuivent leur déploiement militaire, semant partout la désolation et la guerre.

Pour notre part, puisant notre énergie et notre inspiration dans la révolte des quartiers en 2005, dans les luttes pour l’égalité réelle, dans l’élan révolutionnaire des peuples du monde arabe et la lutte du peuple palestinien pour ses droits, dans les mobilisations exemplaires en Afrique, à Mayotte et celles des « Indignés » de la Grèce aux Etats-Unis, de l’Espagne au Chili, nous refusons de n’imaginer le futur que sous la forme d’une droite libérale, sécuritaire et raciste ou sous celle d’une gauche gestionnaire d’un ordre admis. Nous sommes convaincus qu’existent des alternatives au désastre. Tout un monde d’oppression n’en finit pas de s’écrouler sous nos yeux qui appelle des solutions radicales qui doivent s’imposer dans les débats et accompagner les prochaines présidentielles.

Nous sommes un regroupement de militants et de personnalités de gauche, d’associations des quartiers, d’organisations politiques ou syndicales anti-racistes et décoloniales, déterminés à forcer le débat notamment durant la campagne présidentielle. Nous voulons aider à l’action et l’expression des populations exclues de tels débats, femmes et hommes, et porter quatre préoccupations :
- contre le racisme, en premier lieu le racisme d’Etat, l’islamophobie, la surexploitation, le harcèlement et l’expulsion des sans papiers ; contre les inégalités, la ségrégation urbaine – en nous revendiquant des droits égalitaires ;
- contre les violences institutionnelles de la police, de la justice, et, de l’école au Pôle Emploi, pour l’invention d’institutions démocratiques au service de toutes et tous ;
- contre les politiques libérales porteuses de la crise économique, en défense des droits sociaux fondamentaux ;
- contre les rapports de domination internationaux et néo-coloniaux en particulier en Palestine et en Afrique ou dans les DOM-TOM, en soutien aux exigences portées par les processus révolutionnaires en cours.

Cette dynamique « commence » le 27 octobre, jour anniversaire de la révolte de 2005.

pour signer l’appel :
2012 : pour un printemps des quartiers populaires !

Premiers signataires

Mohammad AKBAR, travailleur social, militant associatif, Mulhouse
Eve ALDRIDGE, Limousin
Zahra ALI, doctorante en sociologie, Al Houda,CEPT, Rennes
Sylvette AMESTOY, Maire adjointe Courdimanche 95, élue EELV
Omar ALSOUMI, ex Pt Génération Palestine GP
Houssen AMODE, retraité, St Denis, La Réunion
Mouloud AOUNIT, militant anti-raciste
Janie ARNEGUY, militante associative, Les Alternatifs, DNSI
Siham ANDAlOUCI, Militante associative, Lille
AXIOM, rappeur, Lille
Laziza BAKKALI AJC’REVé, Avignon
Alain BALTHAZARD, adhérent EELV 95
Stefan BEKIER, Interprète de conférence, NPA 95
Adda BEKKOUCHE,juriste, militant associatif, Colombes 92
Nora BENAMEUR, AJC’REVé, Avignon
Tarek BEN HIBA, militant associatif ancien conseiller régional Ile-de-France
Sarah BENICHOU, MTE, DNSI, NPA 75
Mohamed BENSAADA, Quartiers Nord/Quartiers Forts » QNQF- Marseille
Jean-Christophe BERCHE, Educateur en prévention, Nancy – NPA 54
Thierry BONHOMME, NPA 54 Sud
Martine BOUDET,enseignante, Attac, Toulouse
Alima BOUMEDIENE-THIERY, juriste, responsable associative, ex-parlementaire, Paris
Mahmoud BOURRASSI, Militant associatif Ile-de-France, CMF
Youssef BOUSSOUMAH, militant du PIR, Clichy la Garenne
Houria BOUTELDJA, PIR
Jean BRAFMAN, ancien conseiller régional, FASE
Youcef BRAKNI, militant associatif Bagnolet,PIR
François BRUN, DNSI, NPA75
Claude CALAME, historien, EHESS, ATTAC, LDH, NPA 75
Khadija CASSAM, professeur d’université, St Pierre, La Réunion
Fathia CHAARI, militante féministe
Malika-Sandrine CHARLEMAGNE, militante associative, Paris
Antoine CHAUVEL, Génération Palestine, NPA Le Mans
Nouh CHEBBAÏ, militant associatif, Paris
Mouhieddine CHERBIB (FTCR)
Mamode CHOTIA, Professeur de Lycée, Tampon, La Réunion
Ismahane CHOUDER (CFPE, MTE, PSM),
Marie-Pascale COUTTAUSSE (éducatrice spécialisée, militante associative, Toulouse)
Marie COSNAY (écrivain, enseignante)
Monique CRINON (CFPE, MTE, Cedetim),
Philippe CORCUFF (enseignant-chercheur en sciences politiques, Lyon, altermondialiste)
Thomas COUTROT (économiste, militant associatif)
Nadir DENDOUNE, journaliste et écrivain
Kamel DJELLAL (MJCiqp),
Bernard DREANO, Cedetim (centre d’études d’initiatives de
solidarité internationale)
Driss ELKERCHY (Pt ATMF),
Abdallah EL MARBATI (association parents d’élèves Argenteuil)
Abdelkhalek ELMODEN (responsable associatif, Bagneux)
Fadila EL MIRI, militante associative, Marseille
Nabil ENNASRI (Pt CMF),
Mireille FANON- MENDES-FRANCE (membre de la fondation Franz Fanon)
Sonia FAYMAN (UJFP)
Adil FAJRY (animateur territorial militant associatif et politique au NPA)
Patrick FARBIAZ, Sortir du Colonialisme
Gisèle FELHENDLER, Sortir du Colonialisme, NPA 75
Amaël FRANCOIS, Ehess/Sciences Po, ex porte-parole SUD Etudiant, NPA.
Véronique GALLAIS, socio-économiste, membre du CS d’Attac 75
Vanina GIUDICELLI, commission anti-raciste du NPA, DNSI, Montreuil, 93,
Serge GUICHARD, PCF, Association de solidarité en Essonne aux familles Roms
Hamé, du groupe LA RUMEUR
Fouzia HAMHAMI, ATMF, Argenteuil
Moustafa HASSANALY, directeur de société, St Denis, La réunion
Omar HATIA, retraité Education nationale, Tampon, La Réunion
Françoise HICKEL, éducatrice PJJ, Montreuil-sous-bois, 93
Iqbal INGAR, Gérant de société, St Denis, La Réunion
Amode ISMAE DAOUDJEE, Mèdecin, St Pierre, La Réunion
Sulliman ISSOP,journaliste, St Pierre, La Réunion
Aïcha JABRANE, Prte de l’observatoire de la diversité, membre du conseil fédéral d’EELV
Abdoul KASSOU, retraité, St Denis, La Réunion
Marie-Céline KASSOU, retraitée, St Denis, La Réunion
Sarah KASSOU, fonctionnaire, St Denis, La Réunion
Virginie LAGHRIB, Al Houda, Rennes
Jean-Marc LAMARRE, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation à Nantes, NPA 72
Chamous LARISSE, Al Houda, MTE, CFPE,
Catherine LEBRUN, syndicaliste
Olivier LE COUR GRANDMAISON, historien,DNSI
Laurent LEVY, essayiste, CEPT
Elisabeth LONGUENESSE, sociologue
Karim LOUCHENE, CMF, Lyon
Bernard MACKALAND, La Martinique
Yamin MAKRI, Editeur, militant associatif, Lyon
Abdoul Kader MAMOODJEE, Employé de commerce, Tampon, La Réunion
Chaïda MAMOODJEE, Adjointe administrative, Tampon, La Réunion
Réhane MAMOODJEE, technicien, Le Port, La Réunion
Mohamed MAOIHIBOU, Agent territorial, Le Port, La Réunion
Béatrice MARTIN, Al Houda, Rennes
Marwan MUHAMMAD, Foul Express
Gustave MASSIAH, économiste, CMIL -cercle migrations et libertés
Odile MAURIN, militante associative du champ du handicap, Toulouse
Lisette M’BAIREH, PIR
Sofiane MEZZIANI, Lille, Pt Citoyens de la réforme, CMF,
Younous MOGALIA, Employé de commerce, St Denis, La Réunion
Rosa Mollet, Lille
Bénédicte MONVILLE-De CECCO, anthropologue/enseignante
Salim MOTARA, Directeur de département, St Denis, Réunion
Sonia MOUSSAOUI, CFPE, étudiante, St Etienne,
Danièle OBONO, militante antiraciste et altermondialiste
Laurent OTT, philosophe, Association Intermèdes, Robinson
Abdoul Rahman PATEL, chef d’entreprise, St Louis, La Réunion
Anis PATEL, étudiant, Tampon, La Réunion
Anwar PATEL, fonctionnaire territorial, Tampon, La Réunion
Nazir PATEL, professeur de Lycée, Tampon, La Réunion
Nazemir PATEL, professeur de lycée, Tampon, La Réunion
Jan PAUWELS, infirmier, syndicaliste, MRAP, NPA, Lille
Ndella PAYE, CFPE, MTE, PSM
Denis POULAIN, enseignant,Réseau de vigilance citoyenne, NPA La Rochelle
Marc PRUNIER, syndicaliste, Conseiller Municipal 94, militant solidarité « Palestine », NPA
Yves QUINTAL, directeur d’école, association egalité toulouse mirail 31
Tariq RAMADAN, universaire
Sonia RABAHI, enseignante 93
Ali RAHNI, membre EELV, CMF
Julien RIVOIRE, Militant solidarité palestine
Marguerite ROLLINDE, militante associative 93,
André ROSEVEGUE,co- Prt de l’UJFP
Jean-Marc ROUILLAN, écrivain, NPA Marseille
Khaled ROUMO, auteur et poète, Paris
Farah SADAOUI, Génération Palestine, Saint-Denis (93)
SAÏDOU, rappeur, ZEP – MAP
Harbia SAIFI, Réflexion13, Marseille
Catherine SAMARY, économiste, CFPE, MTE, NPA, altermondialiste
Miguel SEGUI, Animateur de quartier NPA 92
Geneviève SELLIER, Professeure en études cinématographique – Bordeaux 3
Michèle SIBONY, co-pte de l’UJFP
Pablo SEBAN, collectif Générations Spontanées, Toulouse),
Omar SLAOUTI, Militant associatif 95, NPA
SKALPEL, rappeur, Collectif bboykonsiant, Paris
Djamila SONZONI, élue Europe Ecologie les Verts
Saléha SOVEL, ajointe administrative, St Denis, La Réunion
Pierre STAMBUL, UJFP, Marseille
Romain TELLIEZ, Universitaire, Aulnay-sous-Bois (93)
Martine TESSARD, enseignante retraitée, militante auprès des Sans Papiers, NPA Paris Centre
Emmanuel TERRAY, anthropologue
Pierre TEVANIAN, MTE, LMSI
Gerard Trainoir, enseignant et adhérent EELV, Argenteuil
Fayzal VALY, Imam, La Réunion
Georges VEYET, retraité, militant altermondialiste, Grenoble
Dominique VIDAL, historien et journaliste
Abdel ZAHIRI, AJC’REVé, Avignon
Saâd ZOUITEN, Comité La Courneuve-Palestine

Associations, collectifs, organisations politiques ou syndicales

Association Ensemble à Bagnolet, Al Houda (association des Femmes musulmanes de Rennes), Association REDA (Réflexion, Echanges et Débats en Alsace) ; AJC’REV (Agir pour la justice contre le racisme, l’exclusion et la violence), Avignon ; Collectif Générations Spontanées contre le racisme et l’islamophobie (Toulouse), Citoyens de la réforme, Lille ; D’ailleurs Nous Sommes d’Ici (DNSI), Melun ; Groupe Frantz Fanon Bagnolet ; Quartiers Nord-Quartiers Forts (QNQF) Marseille ; L’Art de la Paix – Bagnolet ;

Association des Marocains en France (AMF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Collectif des Musulmans de France (CMF), Fédérations des Associations de Solidarité avec les Travailleurs/leuses Immigré.e.s (FASTI) ; Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fondation Franz Fanon, Nouveau parti anti-capitaliste (NPA), Parti des Indigènes de la république (PIR), Union juive française pour la paix (UJFP)

Marseille comme on l’aime, Marseille comme elle est !

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Mme Manelli, dans un article paru dans la Provence en date du 26/09/11, s’en prenait violement au rapport intitulé « Les Marseillais Musulmans » publié par Françoise Lorcerie et Vincent Geisser.
Passons sur le titre et la « mise en scène » cousue de fils blanc de l’article dont le but est une évidente disqualification des auteurs de l’étude, un réquisitoire destiné à éloigner les curieux et à les dissuader de lire le travail de ces deux sociologues reconnus. Sans parler de la conclusion méprisante au possible de la journaliste : «une étude de cours élémentaire réalisée par deux chercheurs égarés. ».
Nous ne reviendrons pas sur l’attaque en « scientificité » de l’étude, la Provence ne sort pas grandie en publiant des articles dont l’argumentation est si pauvre et le manichéisme si caricatural !
De plus cet article est tourné comme une critique de film à la façon « j’aime/j’aime pas », nous rappelons juste qu’il s’agit d’une étude sociologique et que le fait d’aimer ou de ne pas aimer ce que l’on lit ou ce que l’on entend ne change en rien le contenu, la substance, l’essence de cette étude.
Le problème de cette étude est éminemment politique et sociétal, elle tend un miroir à la face de tous les marseillais, en disant voila ce qu’une partie non négligeable de vos concitoyens vit dans notre bonne ville de Marseille.
Cette étude est cruelle pour les tenants de la Marseille cosmopolite, creuset du multiculturalisme, porte de l’Orient, parce qu’elle donne la parole à celles et ceux dont personne ne se préoccupe (en dehors des campagnes électorales).
Pour notre part cette étude est un pas en avant utile pour la prise en compte de nombreuses problématiques longtemps remisées au placard des priorités sociales et politiques de cette ville, ce que nous y lisons c’est l’extraordinaire soif de justice sociale et d’égalité de traitement de nos concitoyens musulmans qui se vivent, pour la plupart, comme des citoyens de seconde zone.
Faut-il hurler pour se faire entendre ? Et dire que le roman municipal du « plus belle la vie » est une imposture sur papier glacé. Non Marseille pour beaucoup ce n’est pas ça !
Marseille vue des quartiers populaires, c’est un hyper-centre de moins en moins accessible, des quartiers minés par le chômage, dans certains « grands ensembles » le taux de chômage des moins de 25 ans atteint les 50%.
Marseille vue de nos quartiers c’est un développement économique vampirisé par le périmètre Euro méditerranée, au détriment des quartiers populaires du nord et du centre qui n’en finissent plus de sombrer dans la précarité et la relégation sociale.
La jeunesse de nos quartiers est parquée au pied des immeubles sans perspectives et sans espoirs discriminée, disqualifiée et stigmatisée. Comme le furent les indiens dans les réserves, elle se meurt à petit feu détruite par le Cannabis (notre eau de feu), les trafics et la violence.
Les musulmans de Marseille ne seraient pas heureux de leur sort ? La belle affaire ! Dans une ville où cette immense minorité ne dispose toujours pas d’une Grande mosquée, ce vieux serpent de mer qu’aucun dirigeant politique n’a le courage de mener à terme, pour des raisons bassement électoraliste, parce que dans notre ville si fraternelle 30% de nos voisins, de nos concitoyens, de nos collègues de travail votent FN !
Les musulmans de Marseille ne sont pas satisfaits parce que la pratique de leur foi est entravée pour mille et une raisons ! Pas de site d’abattage suffisant pour l’Aïd, pas de « carrés musulmans » susceptible de faire face à la demande croissante des ensevelissements…
Mais évidemment on peut passer à coté de ces problèmes là, les minorer voire les nier, ils n’en demeurent pas moins pour autant ! A ne s’occuper que du Marseille qui brille on oublie le Marseille qui souffre, qui trime, travaille et se débrouille, ce Marseille populaire qui est au cœur même de l’identité marseillaise.
A la table du festin cette étude à le mérite de tendre le micro vers celles et ceux qui picorent les miettes tombées par terre, n’en déplaise à Mme Manelli et à la Provence.
Et pourtant nous l’aimons cette ville, presque malgré elle ! Dans les séries B américaines il y’a toujours un bal de fin d’année et une reine du bal. Marseille est cette reine du bal et nous sommes dans ce bal cet amoureux transi qui ne danse jamais avec elle.
Mohamed Bensaada
Quartiers Nord/Quartiers Forts

Manifestation samedi 15 janvier 2011 à 14h30

Manif Tunisie Janvier 2011
Album : Manif Tunisie Janvier 2011

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UNE JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LES MASSACRES EN TUNISIE 

Manifestation samedi 15 janvier 2011 à 14h30  Aux Mobiles en haut de la Canebière  Solidarité avec le mouvement social en Tunisie !
Halte à la répression ! A bas la dictature ! 
Pour le droit au Travail, à la Dignité, à la Liberté et à la Démocratie ! 

A l’appel du collectif  Solidarité Maghreb :     Nous affirmons notre solidarité sans faille avec le formidable mouvement de contestation que connait la Tunisie ainsi qu’avec les mots d’ordre de la révolte initiée à Sidi Bouzid.  Nous dénonçons l’attitude du pouvoir qui répond aux Tunisiennes et aux Tunisiens par les balles, les arrestations, l’intimidation et la répression.  Nous appelons à la libération immédiate et à l’arrêt des poursuites à l’encontre de tous les emprisonnés de ce mouvement comme de ceux qui l’ont précédé, notamment celui des révoltés du bassin minier de Gafsa, ainsi que les étudiants emprisonnés en raison de leur activité syndicale.  

Nous réclamons que les responsables de la répression, des violences à l’encontre de la population qui ont causé la mort et des blessures graves parmi les manifestants soient traduits en justice.  Nous appelons à une mobilisation nationale et internationale d’ampleur en soutien à la révolte du peuple tunisien initiée par les habitants de Sidi Bouzid.  Nous faisons nôtres les mots d’ordre scandés dans les manifestations à travers toute la Tunisie :   Pour le droit au travail et le droit de gagner sa vie dignement ; 

Pour une juste répartition des richesses ; Contre la corruption et le népotisme.  Nous maintiendrons une mobilisation vigilante pour soutenir toutes les victimes de la répression, pour faire échec à l’entreprise de criminalisation de la contestation, pour répondre aux agressions qui visent les syndicalistes, les avocats, les média indépendants du pouvoir, les associations et partis solidaires de la révolte tunisienne.  Solidarité totale avec les luttes du peuple tunisien   Premiers signataires : Alternative Libertaire-Marseille (AL) – Association des Travailleurs Maghrébins de France(ATMF) – Association des Tunisiens en France (ATF) – ATTAC Marseille – Cap Méditerranée – Collectif Solidarité Maghreb (CSM) – Confédération Nationale du Travail (CNT) – Europe Ecologie – Fédération pour une Alternative Ecologique et Sociale (FASE) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) – Femmes en noir – Gauche Unitaire – Ligue des Droits de l’Homme (L.D.H.13) – Mouvement ETTAJDID de Tunisie – Mouvement contre le Racisme pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP 13) – Nouveau Parti Anticapitaliste (N.P.A.13) – Parti Communiste Français (PCF13) – Parti de Gauche (PG) – Parti des Indigènes de la République (P.I.R Marseille) – Quartiers Nord/Quartiers Forts (QNQF) - Rassemblement pour une Algérie Progressiste (RAP Marseille) – Radio Kalima – Rouge Vif 13 – Solidaires 13 – Survie –  

 

Soutien Tunisie

Curieux tropisme que ce réflexe répressif que les chefs arabes s’obstinent  à utiliser chaque fois que le peuple réclame de quoi vivre, chaque fois que les droits les plus élémentaires sont revendiqués.

Comment oser prétendre que cette Intifada tunisienne  est le fait de groupuscule terroriste ? Lors même que le sacrifice du jeune Mohamed Bouazizi ne peut souffrir aucune explication, ni aucune contestation, tant il s’inscrit dans un contexte de désespérance sociale et de macération des rancunes. Parce que les tunisiens se sont longtemps tus, les tunisiens ont longtemps remisés leurs espoirs et leur aspiration à une vie meilleure. Parce qu’a force d’être brimés, humiliés, relégués par un régime mafieux, qui pour s’établir n’a reculé devant aucune brutalité, aucune corruption, aucune injustice. Ce même régime qui en moins d’un mois a piloté la répression directement du  palais de Carthage, et a fait plusieurs dizaines de morts, des blessés par centaines, des arrestations arbitraires, des familles brutalisées jusque dans leurs domiciles et une police de Benali qui tire sur l’avenir de la Tunisie et qui tue sa propre jeunesse.

Nous adressons au peuple tunisien nos sincères condoléances et nous partageons son affliction et sa rage. Cette rage de vivre et cette volonté d’arracher cette dignité que ce gouvernement et une partie de la communauté internationale continue à lui refuser.

Nous condamnons ce gouvernement et ses affidés et nous les vouons aux gémonies, nous réclamons que les responsables des massacres soient prochainement traduits devant la justice internationale.

Nous espérons que, pour nos frères et nos sœurs tunisiens, ces jours sombres soient annonciateur de lendemain démocratique, égalitaire et solidaire, qu’enfin l’indépendance arrachée en 1956 devienne réalité.

Nous condamnons la complaisance médiatico-politique de l’Europe en général et de la France en particulier. Certains parlent de réaction mesurée et de neutralité et nous les convoquons à comparaitre devant le tribunal de leurs propres consciences. En leur posant la question suivante : si un gouvernement occidental ouvrait le feu à balle réelle contre des manifestants et provoquait la mort de plusieurs dizaines de personnes, cette « mesure »et cette  « neutralité »serait elle toujours de mise ? Ou bien cette indignation à géométrie variable trouverait elle des raisons plus insidieuses et beaucoup moins avouables. Pire,  notre Garde des Sceaux vient de proposer des renforts à  la police de Benali, en vantant le savoir faire de la police française en matière sécuritaire.

Benali est un tyran pour son peuple et rien ne doit justifier qu’il soit soutenu par les puissances étrangères. Les prétextes fallacieux qui le campent comme un rempart contre une menace intégriste en Tunisie ne cachent plus la vérité. Cette révolte est sociale et populaire, elle est l’expression d’un peuple harassé et exaspéré par plusieurs décennies de népotisme, de corruption, de clientélisme et d’inégalité ! Cette insurrection est légitime et exemplaire et elle s’inscrit dans le cadre de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1793 et de son article 35:   « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Par ce communiqué nous témoignons notre admiration à nos frères et nos sœurs de Tunisie et nous leur apportons notre soutien total dans cette lutte émancipatrice.

Vive La Tunisie Libre, Vive le Peuple Tunisien !

Quartiers nord/Quartiers Forts

Marseille le 12 Janvier 2011

Manif: « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité » 4 Septembre 2010

 

Racisme, division, régression sociale les 4 et 7 septembre tous dans la rue !!

Du Racisme Ordinaire au Racisme d’Etat.

Depuis des décennies des individus, des associations, des syndicats et des organisations politiques se mobilisent contre le racisme dangereusement qualifié d’ordinaire. Depuis les années 70 et l’époque des ratonnades la xénophobie est une réalité difficilement quantifiable mais pourtant omniprésente dans le quotidien de millions de nos concitoyens. Les discriminations à l’emploi, au logement, l’inégal accès à l’éducation, à la santé, à la culture et aux services publics ont finit par inscrire dans l’inconscient collectif le Séparatisme social Français comme une norme acceptable. Cette évolution s’est faite au gré d’une instrumentalisation de l’actualité et d’une situation internationale de moins en moins propice au dialogue des peuples et aux valeurs positives du « vivre ensemble ».

Le Métro St Michel, le 11 Septembre, les sifflets du Stade de France, Le Pen au deuxième tour de la présidentielle ont finit par faire sauter les verrous et tous les gardes fous intellectuels qui nous protégeaient collectivement des discours populistes et ouvertement racialistes.

En difficulté pour justifier les attaques contre les droits sociaux,

le gouvernement utilise le paravent du racisme !

La mise au pas de l’économie planétaire à l’ordre ultra libéral et les conséquences des différentes crises sociétales (crise économique, sociale et environnementale) auxquelles nous faisons face, justifient aux yeux du gouvernement le durcissement de la politique d’immigration et la stigmatisation d’une partie importante de la population. La philosophie et la sociologie de comptoir étant désormais utilisées officiellement comme base de la réflexion gouvernementale, nous assistons à une dérive raciste dans les mots et dans les actes politiques. Les Arabes et les Noirs sont les cibles privilégiées de ces attaques et les récentes déclarations concernant la possible déchéance de la nationalité le confirment. La relation entre insécurité et immigration déjà établie par l’existence d’un odieux Ministère de l’Immigration et de l’identité Nationale va aussi dans ce sens. La porosité idéologique entre le FN et le gouvernement est évidente et elle tend progressivement à rétablir le Racisme comme une opinion, alors que jusqu’à preuve du contraire le Racisme reste un délit ! L’acharnement sécuritaire et l’entêtement de Mr Sarkozy et de ses exécutants à faire du « tout répressif » l’unique relation des autorités avec les Quartiers Populaires, entretiennent un climat de guerre civile dans le but d’obtenir sur le dos des Quartiers en difficultés, un semblant de concorde nationale. Nous ne sommes pas dupes de ces manœuvres ! Le traitement de l’immigration et la politique chiffrée des reconduites à la frontière sont une honte pour la France, et elle témoigne du grand délabrement moral d’une partie de nos responsables politiques.

Aujourd’hui, ce sont nos camarades Roms, Gitans et Manouches qui se retrouvent dans le collimateur médiatico-politique. Nous tenons à leur témoigner la solidarité des Quartiers populaires. Nous nous sentons humiliés par le traitement indigne qui leur est fait et la manière dont certains tentent de faire croire que le problème des Roms est culturel et que leur mode de vie ne peut trouver sa place dans notre société, on fait déjà ce grief à d’autres populations, pourtant sédentaires, qui vivent dans ce pays ! Tous ces contrefeux et ces écrans de fumées ne nous détournerons pas des réelles préoccupations de nos concitoyens, parce qu’ils n’ont pour but que de masquer l’échec global de la politique de Sarkozy et ses responsabilités ! La faillite morale et politique de ce gouvernement est patente, la Racaille n’est pas forcément dans nos banlieues, les voleurs de poules ne sont pas forcément dans des caravanes. Ils portent parfois des costumes, des cravates, occupent des fonctions importantes, voyagent dans des jets sur le dos des contribuables et fument des quantités astronomiques de cigares, font parfois des erreurs dans leurs déclarations d’impôts et accessoirement dinent avec ostentation au Fouquet’s…

Habitants des Quartiers Populaires, le 4 septembre 2010, à l’appel d’un collectif d’associations « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité » nous vous invitons à vous mobiliser en nombre, et à rejoindre le cortège de protestation contre le Racisme d’Etat et à dire Non aux discriminations ! Non à la Stigmatisation ! Non aux Expulsions ! Habitants des Quartiers Populaires, il en va de notre dignité et de notre qualité de citoyen et d’être humain. Nous voulons que les choses changent pour nous et nos enfants, soyons solidaires de celles et ceux que l’on méprise et que l’on opprime ! Battons-nous pour l’égalité des droits, pour une société solidaire apportant à chacun la sécurité sociale dont il a besoin dans l’emploi, le logement, la santé, la protection. Restons mobilisés ! Rejoignez le Collectif de Réflexion et d’Action Populaire

C.R.A.P (Quartiers Nord/Quartiers Forts, Rouge Vif, Génération Palestine, NPA 13, PIR 13, PG 13, A Vote Service, Comores-Mag, AFMA, L’Écueil,

 Résistance Marseille, PCF 14ème, « Mieux Vivre à la Simiane », CSF – Les flamants …)

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