Paroles de lecteurs…Paroles d’électeurs!

Interview de Zohra G. 48 ans mère de 3 enfants habitante de st joseph par GRABSI Salim

GS : au lendemain des municipales que ressentez vous ?

ZG : nous avons eu beaucoup de promesses pour améliorer notre qualité de vie et surtout pour répondre a la crise du logement.

rendez vous compte aujourd’hui au 21ème siècle on loue des caves a 500 €/mois a usage d’habitation, mais où va-t-on ? Je m’inquiète pour l’avenir de mes enfants !

GS : qu’attendez vous de la nouvelle équipe municipale ?

ZG : qu’elle soit à nos cotés pour une meilleure école pour nos enfants avec des moyens plus spécifiques et mieux adaptés aux écoles primaires de nos quartiers et surtout qu’elle ne fasse pas la même erreur que l’équipe précédente !

GS : C’est-à-dire ?

ZG : qu’une fois les élections gagnées elle s’enferme dans sa tour d’ivoire, nous voulons des élus de terrains qui soient a nos côtés et qui répondent a nos demandes et ce quel que soit l’importance de l’élu (conseiller municipal, communautaire ou adjoint de mairie, Maire de secteur ou

conseiller général). Je peux vous affirmer que si les promesses ne sont pas tenues alors je rejoindrais le camp des abstentionnistes déjà très nombreux dans nos quartiers !

GS : merci pour votre franchise.

ZG : merci pour votre écoute.

GRABSI Salim

Je vote donc je suis!

Citoyen, un terme galvaudé par son utilisation permanente et souvent erronée.

Le mot signifiait Dans l’antiquité : personne qui jouissait du droit de cité ;

De nos jours cemot est souvent utilisé pour désigner un type de comportement, plus qu’un quelconque privilège.

La citoyenneté est un privilège, même si cette assertion est malheureusement démentie par l’abstentionnisme endémique de ses dernières années :

On parle fréquemment de crise de la citoyenneté sans mesurer à quelle point le consumérisme a pris le pas sur le civisme, il s’agit d’une véritable crise identitaire globale qui frappe tous les pans de la société , mais le mal atteint son paroxysme dans les quartiers dits « défavorisés ».

La question qui nous vient tout de suite à l’esprit est pourquoi ?

Qu’est ce qui pousse les gens à se désintéresser à ce point de la politique, ou plutôt pourquoi la politique n’intéresse plus une grande partie de nos concitoyens ?

C’est la même question posée de deux façons différentes : la première cependant met en cause le citoyen, qui ne l’est plus tout à fait puisque même si le vote n’est pas obligatoire, il n’en demeure pas moins un droit inaliénable dudit citoyen, or ne pas voter c’est une manière de renoncer a ce droit ; par conséquent la dimension citoyenne de l’individu se trouve ipso facto enfouie profondément sous la réalité quotidienne du contribuable et du consommateur.

De la même façon l’argument selon lequel l’abstention traduirait un mécontentement est contredite par le bon sens, car tout le monde connaît le vieil adage « Qui ne dit mot, consent ».Oui le mutisme ne peut en aucun cas être constructif, au contraire il donne libre champ aux opinions minoritaires et aux démagogues les plus dangereux, le 21 Avril est là pour en témoigner, le désintérêt et l’indifférence face à la chose publique ne peuvent que nuire à l’ensemble de la population et donc détériorer les conditions d’existence de tous les concitoyens.

Malgré cela, il faut aussi se poser la question comme énoncé plus haut, quelles sont les pratiques, les habitudes et les attitudes de nos élus qui décrédibilisent la politique et amenuisent son impact sur le peuple ?

Les raisons sont nombreuses, mais on peut en citer quelques unes :

La politique a été dévoyée de sa fonction naturelle, qui est de prendre les décisions qui s’imposent au moment ou elles s’imposent, avec comme unique objectif l’intérêt général et sans que des motivations électoralistes en arrière plan ne viennent entacher le processus décisionnel. L’exercice est très difficile, et les outils modernes de mesures statistiques de l’opinion, en un mot les sondages, paralysent toutes les velléités de réforme, car ces pseudos réformes visent toujours les mêmes catégories socio professionnelles, en l’occurrence les couches les plus fragiles, comme si le « progrès social » ne pouvait être obtenu qu’au détriment de celles et ceux qui possèdent le moins et qui se défendent le plus mal, en cela le concept de « lutte des classes » n’est pas caduque dans l’esprit des fanatiques ultra libéraux.

L’homme politique moderne est perçu, souvent à raison, comme une espèce d’équilibriste dont la motivation essentielle serait de ne pas déplaire à son électorat et de réfléchir constamment au moyen qu’il lui faudra mettre en œuvre pour assurer sa réélection.

La distance qui s’est installée entre la classe politique (ou médiatico-politique) et le peuple constitue une autre donnée importante du problème, pour citer l’inénarrable Raffarin, la « France d’en bas » ne se sent plus en adéquation avec « ses élites » :

La fameuse fracture sociale est loin d’être consolidée, au contraire elle se transforme en ligne de clivage politique dans le sens de l’appréhension du monde dans lequel nous vivons, depuis des années on répète aux électeurs qu’on veut faire leur bien et même malgré eux, et là on touche a un stade supérieur du mépris qui consiste a expliquer que l’individu lambda n’est pas capable de savoir ce qui est important et bénéfique pour son propre avenir et qu’i faut être pédagogue et patient pour expliquer telle ou telle mesure ; cette posture infantilisante qu’adopte les politiciens vis-à-vis de l’électeur est devenu un fait établi et récurrent , l’exemple le plus significatif en est le scrutin référendaire du 29 mai 2005, mais les municipales 2008 peuvent elles aussi faire figure d’exemple: le résultat global est un désaveu cinglant du sarko-populisme et pourtant la stratégie de communication multi facettes du président et de son gouvernement nous explique que le mécontentement provient du fait que les « réformes » ne vont pas assez vite!

Diantre , en quelques mois seulement les dégâts occasionnés et ceux annoncés Font frémir, où est donc passer le président du pouvoir d’achat et du parler vrai,

celui qui se voulait proche du peuple et qui une fois a l’Elysée remercie son électorat populaire en faisant un cadeau fiscal de près de 15 Milliards d’€ aux plus aisés.

Il voulait donner une image moderne et dynamique de la fonction présidentielle et il est devenu sa propre caricature, il a promis que Gandrange ne fermerait pas…et Gandrange va fermer!

Mais laissons là notre cher président, nous y reviendrons prochainement.

Pour en revenir a l’échelon local on peut aussi mettre en avant les méthodes clientélistes et communautaristes de nombreux élus qui épousent les convictions des uns et des autres en fonction de leurs auditoires et qui oublient bien souvent que les mots on le sens qu’on entend leur donner, d’où le sentiment de duplicité que ressentent beaucoup de nos concitoyens. Il faut repenser le pacte républicain qui lie l’élu a ses électeurs, faute de quoi, c’est la démocratie représentative qui en pâtira, car personne ne peut honnêtement arguer de sa légitimité s’il n’est élu que par une petite partie du corps électoral.

A suivre…

BENSAADA Mohamed

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