Manif du 16 Octobre 2010 (video)

http://www.dailymotion.com/video/xfc3vf

SARKO BESSON HORTEFEUX

SARKO BESSON HORTEFEUX   10 BONNES RAISONS DE DIRE NON !  1 – Non aux expulsions en raison de l’origine ethnique ! 

Nous refusons et dénonçons l’existence de fichiers ethniques. Les expulsions de Roms sont l’exemple inquiétant d’une discrimination ethnique. 

2 – Non à la stigmatisation  des pauvres et des gens du voyage ! 

Expulsions des étrangers, répression de la mendicité, habitants des logements insalubres et des squats jetés à la rue, stigmatisation des gens du voyage, pénalisation des parents en difficulté… 

3 – Non à l’instauration de deux catégories de  nationaux ! 

En prévoyant la déchéance de nationalité pour les français de « papier » et non ceux de « souche », ce projet de loi crée de fait deux catégories de français traités différemment. 

4 – Non à l’amalgame “immigration-délinquance”, repris de l’extrême-droite ! 

Cela se traduit notamment par le placement sous surveillance électronique des étrangers en instance d’éloignement. 

5 – Non à la banalisation de l’enfermement ! 

Le projet augmente la durée maximale de la rétention administrative des étrangers de 32 jours à 45 jours. 

6 – Non aux restrictions du contrôle du juge sur les mesures privatives de liberté ! 

La  rétention sera plus longue  avant d’être présenté à un juge des Libertés : 5 jours au lieu de 48 h. le Juge  voit son pouvoir de contrôle réduit. 

7 – Non à la justice à la chaîne et au rabais pour les étrangers ! 

Par la généralisation du juge unique au lieu de la formation collégiale dans les tribunaux administratifs sur les questions de droit au séjour. 

8 – Non à l’atteinte au droit d’asile ! 

Les zones d’attente (qui n’est pas tout à fait le territoire français) seront extensibles et pourront être déclarées partout où cela arrange l’administration. 

9 – Non à la remise en cause du droit à la santé ! 

En supprimant la possibilité de se faire soigner aux migrants sans papiers, ce projet de loi mettra en danger les étrangers malades et portera atteinte à la santé publique. 

10 – Non à la création d’une mesure  interdisant le retour ! 

Désormais, les décisions administratives pourront aussi prévoir une interdiction de revenir en France pendant une période de 2 à 5 ans. 

 

« C’est mon devoir de parlementaire et d’homme de voter contre. Quand le droit des étrangers devient un droit d’exception, c’est le Droit tout court qui régresse« . Etienne Pinte député UMP. 

 

Le projet BESSON réduit nos libertés, nous pouvons ensemble empêcher sa mise en œuvre. 

 

MANIFESTATION SAMEDI 16 OCTOBRE À 10 HEURES 

ROND POINT DE SAINTE MARTHE 14ème (bus 34 – Mac Do) 

 

PREMIERS SIGNATAIRES : CIMADE ; LDH ;  CRAP ; QNQF ; SAF ; RESF ; CCFD-Terre solidaire Mlle ; FSU ; Résister aujourd’hui ; PG ; PCF ; NPA ; ABP ; les VERTS 13 ; Rouges Vifs ; Mille Bâbords ; UDCSF 13 ; MRAP ;…/…

Manif: « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité » 4 Septembre 2010

 

Racisme, division, régression sociale les 4 et 7 septembre tous dans la rue !!

Du Racisme Ordinaire au Racisme d’Etat.

Depuis des décennies des individus, des associations, des syndicats et des organisations politiques se mobilisent contre le racisme dangereusement qualifié d’ordinaire. Depuis les années 70 et l’époque des ratonnades la xénophobie est une réalité difficilement quantifiable mais pourtant omniprésente dans le quotidien de millions de nos concitoyens. Les discriminations à l’emploi, au logement, l’inégal accès à l’éducation, à la santé, à la culture et aux services publics ont finit par inscrire dans l’inconscient collectif le Séparatisme social Français comme une norme acceptable. Cette évolution s’est faite au gré d’une instrumentalisation de l’actualité et d’une situation internationale de moins en moins propice au dialogue des peuples et aux valeurs positives du « vivre ensemble ».

Le Métro St Michel, le 11 Septembre, les sifflets du Stade de France, Le Pen au deuxième tour de la présidentielle ont finit par faire sauter les verrous et tous les gardes fous intellectuels qui nous protégeaient collectivement des discours populistes et ouvertement racialistes.

En difficulté pour justifier les attaques contre les droits sociaux,

le gouvernement utilise le paravent du racisme !

La mise au pas de l’économie planétaire à l’ordre ultra libéral et les conséquences des différentes crises sociétales (crise économique, sociale et environnementale) auxquelles nous faisons face, justifient aux yeux du gouvernement le durcissement de la politique d’immigration et la stigmatisation d’une partie importante de la population. La philosophie et la sociologie de comptoir étant désormais utilisées officiellement comme base de la réflexion gouvernementale, nous assistons à une dérive raciste dans les mots et dans les actes politiques. Les Arabes et les Noirs sont les cibles privilégiées de ces attaques et les récentes déclarations concernant la possible déchéance de la nationalité le confirment. La relation entre insécurité et immigration déjà établie par l’existence d’un odieux Ministère de l’Immigration et de l’identité Nationale va aussi dans ce sens. La porosité idéologique entre le FN et le gouvernement est évidente et elle tend progressivement à rétablir le Racisme comme une opinion, alors que jusqu’à preuve du contraire le Racisme reste un délit ! L’acharnement sécuritaire et l’entêtement de Mr Sarkozy et de ses exécutants à faire du « tout répressif » l’unique relation des autorités avec les Quartiers Populaires, entretiennent un climat de guerre civile dans le but d’obtenir sur le dos des Quartiers en difficultés, un semblant de concorde nationale. Nous ne sommes pas dupes de ces manœuvres ! Le traitement de l’immigration et la politique chiffrée des reconduites à la frontière sont une honte pour la France, et elle témoigne du grand délabrement moral d’une partie de nos responsables politiques.

Aujourd’hui, ce sont nos camarades Roms, Gitans et Manouches qui se retrouvent dans le collimateur médiatico-politique. Nous tenons à leur témoigner la solidarité des Quartiers populaires. Nous nous sentons humiliés par le traitement indigne qui leur est fait et la manière dont certains tentent de faire croire que le problème des Roms est culturel et que leur mode de vie ne peut trouver sa place dans notre société, on fait déjà ce grief à d’autres populations, pourtant sédentaires, qui vivent dans ce pays ! Tous ces contrefeux et ces écrans de fumées ne nous détournerons pas des réelles préoccupations de nos concitoyens, parce qu’ils n’ont pour but que de masquer l’échec global de la politique de Sarkozy et ses responsabilités ! La faillite morale et politique de ce gouvernement est patente, la Racaille n’est pas forcément dans nos banlieues, les voleurs de poules ne sont pas forcément dans des caravanes. Ils portent parfois des costumes, des cravates, occupent des fonctions importantes, voyagent dans des jets sur le dos des contribuables et fument des quantités astronomiques de cigares, font parfois des erreurs dans leurs déclarations d’impôts et accessoirement dinent avec ostentation au Fouquet’s…

Habitants des Quartiers Populaires, le 4 septembre 2010, à l’appel d’un collectif d’associations « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité » nous vous invitons à vous mobiliser en nombre, et à rejoindre le cortège de protestation contre le Racisme d’Etat et à dire Non aux discriminations ! Non à la Stigmatisation ! Non aux Expulsions ! Habitants des Quartiers Populaires, il en va de notre dignité et de notre qualité de citoyen et d’être humain. Nous voulons que les choses changent pour nous et nos enfants, soyons solidaires de celles et ceux que l’on méprise et que l’on opprime ! Battons-nous pour l’égalité des droits, pour une société solidaire apportant à chacun la sécurité sociale dont il a besoin dans l’emploi, le logement, la santé, la protection. Restons mobilisés ! Rejoignez le Collectif de Réflexion et d’Action Populaire

C.R.A.P (Quartiers Nord/Quartiers Forts, Rouge Vif, Génération Palestine, NPA 13, PIR 13, PG 13, A Vote Service, Comores-Mag, AFMA, L’Écueil,

 Résistance Marseille, PCF 14ème, « Mieux Vivre à la Simiane », CSF – Les flamants …)

Communiqué QNQF, coupe du monde et EDF.

Par le truchement de la voix des hérauts habituels de la Réaction, des nostalgiques de  l’ordre de la famille et de la patrie que sont les Eric Zemmour et les Alain Finkielkraudt , la frange la plus radicale de l’opinion française se fait entendre et exprime avec jubilation le plaisir qu’elle éprouve à l’échec de l’équipe de France au Mondial. Pour cette clique d’intellectuels croyant souffrir du syndrome de Cassandre, l’équipe de France est la démonstration par les faits de toute leur fantasmagorie haineuse et ils y projettent pèle mêle leurs analyses outrancières, leurs préjugés et la somme des raccourcis idéologiques qui les définit.  L’EDF n’est pas plus représentative de la société française que ne le sont l’assemblée nationale ou le sénat !!! Par contre QNQF tient à dénoncer la dérive ouvertement raciste des autorités politiques, médiatiques et sportives de ce pays. Les événements de la coupe du monde ne sont qu’un épiphénomène volontairement grossi et grossier, nous dénonçons également l’instrumentalisation  qui en est faite et nous mettons en garde les irresponsables qui veulent se servir de cette actualité pour creuser encore plus le fossé entre les différentes composantes de la société, le « vivre ensemble » commence toujours par une distanciation des faits. Ce n’est que du Foot et décréter la tenue d’états généraux de ce sport relève de  la mauvaise foi la plus absolue et d’une hiérarchisation des choses pour le moins baroque ! Nous ne sommes pas dupes de ce qui se joue et des raisons de cette dramaturgie forcée,  rappelons simplement que pour nous les mésaventures de l’EDF passent bien après la « réforme » des retraites, les affaires politico-financières , la crise sociale et environnementale, la situation des classes  populaires que l’on tente d’ostraciser un peu plus par le biais des joueurs de l’EDF, la montée de l’Islamophobie et de la négrophobie . Nous sommes conscient que l’équilibre et le retour à un débat normalisé ne dépend que de la capacité de mobilisation de toutes celles et ceux qui se sentent blessés par la bassesse de ce débat, la méchanceté gratuite et la médiocrité crasse des argumentaires qui appellent à un redressement moral du pays, à une exemplarité sélective et à la stigmatisation continue de l’Autre, l’étranger, la classe populaire, la classe dangereuse…Pétain n’en pensait pas moins !

QNQF

Mon Camarade, Ma Sœur, Mon Frère.

 

Je t’écris parce que je suis celui que tu croises parfois au bas de ton immeuble, parce que je suis celui qui comme toi se réveille chaque matin dans l’attente d’un changement, je suis celle qui sait la dureté de ton quotidien et du mien. Je suis celui que tu vois se tordre sur son marteau piqueur et que tu salues quant il rentre chez lui ivre de douleur et de fatigue, je suis celle que tu regarde frotter le sol des grandes surfaces avec un balai ou une machine 10 fois trop grande pour mes bras…et pourtant.

Je suis celui qui serre les poings quant il rentre à Pôle emploi et qui serre la mâchoire quant il en ressort, Je suis celle qui cherche de l’aide pour nourrir et éduquer ses enfants, je suis celui ou celle qui compte chaque centime d’ Euro et qui n’a plus d’argent sur son compte à partir du 5 de chaque mois. Je suis ton voisin à qui on a coupé le gaz et l’électricité et qui ne sait plus ni comment faire ni comment dire. Je suis ta voisine qui ne reçoit plus comme courrier que des lettres de relance et des rappels d’huissier et qui sursaute à chaque bruit de pas dans la cage d’escalier.

Je suis ce vieil homme assis chaque fois au même endroit et qui semble avoir vécu des milliers d’années tant la lassitude et la désillusion peuvent se lire dans mon regard. Je suis ce jeune gars qui a fait des études et qui a envoyer des millions de CV sans réponse et qui tient le mur comme les autres pour éviter que tout ne s’écroule. Je suis cette jeune fille qui se bat et essaie de franchir les obstacles avec force et détermination et qui restera à jamais dans le regard du plus grand nombre la petite beurette ou la petite black. Je suis ce jeune à la casquette vissée sur la tête au regard sombre, à la mine farouche, celui que l’on contrôle 117 fois par mois qui sait mieux que personne ce que veut dire « force publique » dans l’intimité d’un commissariat, je suis ce cauchemar vivant de la France profonde et qui ne rêve que d’une vie banale, d’une famille et d’une normalité qu’on me refuse. Je suis ce travailleur sans papier qu’on exploite depuis des années et dont on peut briser le destin a chaque coin de rue, à chaque patrouille de police. Je suis cette militante inlassable de la cause Palestinienne qui vient te harceler et te dire que militer c’est exister! Je suis ce travailleur social dont l’enthousiasme et la patience n’en finit plus de t’étonner, je suis cet associatif qui monte des projets pour les jeunes et les moins jeunes du quartier et qui mobilise toute son énergie pour offrir des espaces de couleur dans le gris terne de nos tours, je suis celle qui travaille sur la mémoire de nos anciens et les fait parler, les fait sourire et nous fait pleurer. Je suis ce militant politique qui vient te voir et te parler de choses qui te semblent lointaines, celui qui te fait sourire doucement et qui souvent t’agace mais qui reviendra malgré tout.

Je suis tout ça à la fois et plus encore, et je viens te dire que c’est ensemble que nous réussirons à dépasser construire des solutions et que c’est ensemble que nous les imposerons. Je suis celui et celle qui sait quelle est notre force, notre fierté et notre détermination au-delà de toute considération d’origine, de condition ou de religion. Je suis celui qui sait que c’est unis que nous résisterons et que c’est dans la division que nous faillirons! Je suis celle qui t’invite à nous rejoindre et à militer avec nous au sein du Collectif de Réflexion et d’Action Populaire, parce que c’est le cadre unitaire qui a pour ambition de coller au plus près des aspirations des habitants de nos quartiers. Si tu ne t’occupes pas de politique, la Politique s’occupe de Toi! Alors occupons nous en ENSEMBLE!

Je suis celui et celle qui te dit que tu n’est pas seul et que tu es mon Frère, ma Sœur, mon Camarade.

Quartiers Nord/QuartiersForts

Pour des Assises Politiques des Quartiers Populaires.

Cette idée n’est pas neuve et nous la reprenons à notre compte parce que le temps passe et que la situation de nos quartiers continue à se détériorer inexorablement.
Au-delà des polémiques stériles sur l’efficience des différents plans Banlieues de l’histoire récente et de la pertinence des politiques de la ville successive, le constat est alarmant tant sur le plan social, économique que politique.
Nous partons du principe que les Assises Politiques sont l’outil approprié pour une remise à plat de cette question sociétale des quartiers populaires. Nous ne pouvons plus nous satisfaire des actions palliatives habituelles. Il faut un débat, une réflexion et un train de mesures suffisamment ambitieux en terme d’objectifs et de moyens pour combler le gouffre qui se creuse entre les classes des quartiers populaires et le reste de la société.
Pour ce faire nous ne comptons évidemment pas sur la bonne ou la mauvaise volonté de nos gouvernants qu’ils soient nationaux ou locaux ; Nous en appelons à toutes les organisations politiques de Gauche et aux syndicats, aux associations dont l’activité est en rapport avec la vie de nos quartiers, aux travailleurs sociaux et à toutes les personnes engagées dans le combat quotidien qu’est devenue la vie dans ces territoires.
Nous en appelons aux organisations politiques de la Gauche de la Gauche parce que la pérennisation du mouvement social passe par une structuration idéologique et politique que seuls les partis politiques peuvent assurer, mais aussi parce que les projets de société des uns et des autres ne peuvent plus faire l’impasse sur la question des quartiers populaires et doivent l’inclure dans leurs programmes respectifs comme étant une thématique centrale et un préalable de discussion non négociable. En outre comme toute relation n’est viable dans un partenariat que dans le cadre de la réciprocité des échanges, les partis de Gauche auront à effectuer un travail introspectif de réflexion quant à la perception qu’ils se font des quartiers populaires et remettre en cause certaines approches dogmatiques telle que l’uniformité de la classe populaire. Il ne s’agit pas d’opposer ceux qui souffrent mais de prendre en compte les revendications globales des classes populaires issues du milieu ouvrier sans rejeter celles plus spécifiques des classes populaires issues de l’immigration post coloniale. Ne pas faire ce constat consisterait à rompre de façon irrémédiable avec une frange importante du « prolétariat » tel qu’il est aujourd’hui et non pas tel qu’on le fantasme.
Nous en appelons aux syndicats parce que la lutte pour le progrès social ne peut se concevoir sans leur renfort, leur encadrement et la transmission de tout l’héritage culturel des luttes du passé et du présent dont ils sont les dépositaires ; Néanmoins cette collaboration n’est pas univoque et bien que s’inscrivant fondamentalement dans la tradition de l’éducation populaire, nous pensons que c’est le contact entre la tradition syndicale d’entreprise et le mouvement social des quartiers populaires qui donnera naissance au syndicalisme du futur et le revitalisera. Nous sommes convaincus que le monde de l’entreprise n’est plus le seul terrain d’affrontement social et que les problématiques du logement, de l’emploi et du maintien des services publics dans nos quartiers sont autant de théâtres d’opération à investir collectivement.
Nous exhortons nos camarades du milieu associatif à assumer pleinement leur part de responsabilité dans la construction d’une alternative politique émancipatrice pour la population de nos quartiers. Nous refusons d’être systématiquement condamnés à reproduire les mêmes schémas, les mêmes erreurs et à être fatalement au même point de réflexion que les générations de militants qui nous ont précédées ! L’immigration post coloniale est porteuse d’une Histoire, souvent ignorée, méprisée ou déformée, pourtant cette Histoire fait aussi partie du patrimoine culturel de la France et nous sommes aujourd’hui capables de réécrire l’Histoire de ce pays et de TOUS ces habitants de manière objective, en sortant du canevas étriqué du roman national et des dérives racistes du débat sur l’identité nationale. Le travail autour de cette mémoire est crucial et il fait le lien avec l’histoire de l’immigration, les espoirs, les échecs et les luttes pour accéder au respect, à la dignité et cette soif inextinguible de justice et d’égalité comme leitmotiv de plus d’un siècle de lutte ! De l’Etoile Nord Africaine (ENA) dans le Front Populaire au combat du Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA), du regroupement familial à la chasse aux « sans papiers » et de la marche pour l’Egalité de 83 a la révolte de 2005. Toute cette expérience est riche d’enseignements et nous ne progresserons que si nous sommes capables de nous servir de la somme des savoirs accumulés par des générations de militants.
Enfin nous en appelons à toutes celles et ceux qui chaque jour luttent pied à pied contre un système qui broie l’individu et l’isole en lui faisant croire que le salut est dans la compétition et la prédation des autres. Que l’accaparement des richesses produites par les travailleurs s’inscrit dans la normalité. Que l’on peut s’accommoder d’un droit international à géométrie variable. Nous en appelons à celles et ceux qui refusent la précarité comme mode de vie imposé et qui militent pour que la dignité humaine soit inaliénable et qu’elle outrepasse toutes les considérations mercantilistes ! Nous en appelons aux jeunes, aux vieux, aux femmes et aux hommes de bonne volonté qui ont encore l’espoir que les choses peuvent encore changer, et nous leur disons que les choses ne changeront qu’a partir du moment où le sens collectif l’emportera sur l’égoïsme et l’individualisme. Nous leur disons que la cause des Quartiers Populaires est une cause universelle et que c’est un enjeu majeur de notre société, parce que c’est dans ces quartiers que s’accumule l’intégralité des injustices du système actuel.
En Septembre prochain, à Marseille se tiendra le 1er Forum de Réflexion et d’Action Populaire, cet événement initié par le Collectif de Réflexion et d’Action Populaire aura pour but de dresser un constat (le plus exhaustif possible) de la situation de nos quartiers. Il aura aussi pour ambition d’impulser une nouvelle dynamique politique dans nos quartiers et de fédérer autour d’objectifs commun à court, moyen et long terme, l’ensemble des forces vives politiques, syndicales et associatives qui ont pour volonté commune, l’envie de participer à la repolitisation de nos quartiers et à leur installation effective dans le jeu politique comme thématique centrale et non plus comme accessoire instrumentalisé en fonction d’intérêts bassement électoralistes. Nous essaierons de confronter nos points de vues sur des sujets aussi divers que la Culture, la Santé, l’Education, l’Emploi, le Logement, la situation politique locale, Nationale et internationale et nous élaborerons les premières pistes de réflexion sur la façon d’organiser un mouvement social des quartiers populaires, autonome et suffisamment crédible pour que nos quartiers ne soient plus une simple variable d’ajustement politique. Le Forum constituera ainsi la première marche vers les Assises Politiques des Quartiers Populaires.
Quartiers Nord/Quartiers Forts
16 Mai 2010
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Foulard, Lutte des classes et Mouvement social des Quartiers populaires.

La polémique en cours  est révélatrice du malaise et de l’incompréhension qui tourne autour de la présence d’Ilham sur la liste NPA du Vaucluse. Les  commentaires et les réactions qui répondent à ce texte enfonce le clou et me conforte dans l’idée que c’est bien la posture ethno centrée de cette réflexion qui est à l’origine de ce  « malentendu ».

M’est avis que si nous voulons discuter de cette question il va falloir faire un énorme travail introspectif sur les valeurs d’universalisme auxquelles beaucoup se référent.

L’argument qui consiste à assimiler le port du foulard par Ilham comme un signe irréfutable de sa soumission à l’ordre phallocratique musulman est utilisé, souvent inconsciemment, pour exonérer  l’oppression que notre système sociétal exerce lui-même sur les femmes. Il n’est qu’à voir l’inégalité du traitement salarial entre les sexes en France et dans le reste du monde non musulman pour comprendre que l’égalité homme/femme que prônent les détracteurs de cette candidature   n’est encore qu’une tournure de style  et un biais psychologique réconfortant .Il n’est qu’a voir aussi le nombre des violences faîtes aux femmes dans ce pays où une femme meurt tous les trois jours  rouée de coups ! Il n’est qu’à  voir le totalitarisme et la banalisation des violences et des pratiques humiliantes que distille l’industrie pornographique dans les mentalités et les comportements. Pour l’heure cet argument ne sert que de postulat de départ  à la construction du discours islamophobe. Bien entendu toutes celles et ceux qui utilisent cet argument ne sont pas forcément  islamophobes, parfois ils sont mêmes sincèrement convaincus qu’ils œuvrent, en bons féministes,  à l’émancipation   des femmes dans le monde. Pour autant il faut revenir en arrière et mettre en perspective tout le « relief » historique de cette question et se rappeler que la colonisation et son cortège de malheurs fût longtemps justifié par l’apport de la civilisation aux peuples indigènes et par la libération des femmes, il faut prendre en compte  ce passif post colonial qui provoque chez les français de confession musulmane, et ce quelle  que soit l’intensité de leur pratique ou de leur adhésion religieuse, une réaction épidermique de protestation. On peut continuer à ignorer les blessures de l’histoire et feindre de croire que le questionnement que suscite un épiphénomène comme la présence d’Ilham sur cette liste est surgit du néant. On peut mais c’est nier la réalité et ne pas raisonner avec le minimum d’empathie nécessaire. Parler de ce bout de tissu  et contester à cette jeune femme le droit d’apparaitre sur une liste électorale, c’est se camper dans le déni et la négation même de son être, la condamner pour son apparence sans se soucier de ce qu’elle fait, de ce qu’elle est ou de ce qu’elle dit. Cette histoire de foulard, de voile entre autres accessoires « ostentatoires », résonne comme une cérémonie du dévoilement qui n’en finit pas…

On peut gloser à l’infini sur le « timing » et sur l’instrumentalisation que pourrait en faire le Nouveau Parti anticapitaliste ; J’ai directement posé la question à des camarades encartés au NPA et j’ai même discuté avec Ilham, pour savoir si elle aurait été présente sur cette liste sans son foulard, question anodine mais essentielle ; Et la réponse est indubitablement oui, parce que cette militante est avant tout anticapitaliste, féministe, écologiste et internationaliste et que c’est en tant que telle qu’elle se présente ! Partant de là, et si l’on évite la sempiternelle suspicion et  l’accusation éculée du « double discours », rien ne s’oppose à sa candidature. La Laïcité n’est pas au cœur du problème parce que le foulard que porte certaines femmes de ménages n’irrite personne et que ce qui est en jeu dans cette histoire c’est encore une fois l’acceptation ou la visibilité de l’Islam dans l’espace public en général et dans le champ politique en particulier. Que les chose soient bien claires, Ilham dans son discours n’est aucunement prosélyte et ne mets pas en avant sa singularité ou une quelconque revendication d’ordre religieux, elle est donc de fait qualifiée pour porter un discours, qui par ailleurs est très cohérent, discours directement lié à son activité de militante sociale et politique de la cause des quartiers populaires. De plus, contrairement à celles et ceux qui prennent trop souvent la parole en lieu et place des habitants de ces quartiers, et s’autoproclament de facto comme portes paroles des quartiers populaires, Ilham veut juste faire entendre sa voix de citoyenne et de militante, lui refuser ce droit c’est à nouveau demander  qu’elle soit traitée comme un corps d’exception.

Si cette candidature présente un  intérêt, c’est surtout qu’elle déconstruit le schéma classique des relations entre le politique et  les classes populaires. Lorsque je parle de classes populaires, je dis surtout les arabes et les noirs de ces quartiers ou pour être politiquement  correct les minorités visibles. Il faut bien comprendre que la cinquième République dans sa lente agonie démocratique ne s’émeut pas du traitement post  colonial infligé a cette partie de la population :

L’abstention étant devenu un sport de compétition dans ce pays, le mépris institutionnel et l’application de politique inadaptées aux problèmes de cette catégorie d’électeurs (ou de non électeurs) conduisent à un désespoir et à un désintérêt  que le capitalisme entretient avec assiduité.

Pour faire bonne figure les exécutifs et les agences de communication ont mis au point un stratagème électoraliste de diversion massive qu’ils ont appelé Diversité. Cette diversité est un double levier politique, il permet d’une part de se lover confortablement dans la certitude que la France est un pays tolérant et qu’il s’applique les principes moraux d’Egalité et de Justice sociale dont il est le garant. D’autre part il promeut de façon paradoxale une Diversité homogénéisée ;  Il y’a aujourd’hui des candidats et des candidates de la Diversité qui répondent point par point aux valeurs normatives d’un « standard type »  de l’élu des minorités visibles. La qualité ou les compétences n’entrent que pour très peu dans cette grille de lecture basée sur les méthodes du casting, il faut à ce futur élu devenir la projection fantasmée du « bon prototype » comme dirait l’inénarrable Brice Hortefeux. Il doit bien présenter, dire ce que l’on veut l’entendre dire et faire ce que l’on veut qu’il fasse, il ne doit pas prendre d’initiative politique sans en référer au préalable à son Pygmalion politique et surtout il doit en période électorale être celui ou celle qui organisera des rencontres « sur le terrain » avec cette France qu’on renie le reste du temps mais avec laquelle il est de bon ton de partager quelques gâteaux au miel, un thé à la menthe ou pourquoi pas carrément un couscous républicain, c’est toujours très bon en terme d’image d’avoir accès à ces coins reculés de la France, cela démontre la proximité du politique et ça rajoute une note exotique toujours très « savoureuse ».

Ilham,  et d’autres ne répondent  pas à ces critères et le NPA vient tout bonnement  (sans le savoir ?) de changer les règles du jeu. Pour faire de la politique dans nos quartiers il faudra dorénavant être soi même, que l’on porte un foulard, un boubou, un col Mao, un T-shirt, un costume gris ou un bleu de chine, l’essentiel n’est plus dans l’apparence et la communication mais dans l’épaisseur du discours politique, la fermeté de l’engagement, les convictions et le courage. Ces élus issus de l’immigration post coloniale existent déjà et certains font honneur à leur mandat, non pas qu’ils/elles soient les élus de telle ou telle communauté, mais simplement parce que leur promotion démocratique ne s’est pas accompagnée d’un reniement, ou d’un abandon des causes qu’ils/elles ont défendues !

A l’intérieur et à l’extérieur des partis  une nouvelle offre politique voit progressivement le jour, à Marseille, Paris, Lyon, Lille et partout ailleurs, des collectifs d’associations se montent dans les quartiers  et commencent à élaborer les prémices d’un socle commun de revendications ; L’unité viendra si les analyses et les objectifs sont les mêmes, il faudra alors parler de programme et d’organisation…Chaque choses en son temps.

Ce qui est clair c’est qu’aujourd’hui au-delà de la polémique stérile le NPA vient de signifier qu’il en était conscient et que la soumission n’est pas forcément là ou on la croit. Le mouvement social des quartiers populaires est en marche, il aura des alliés et des adversaires…A chacun d’assumer, mais l’histoire à un sens quoi qu’on en dise et la lutte des classes continue !

 

Mohamed BENSAADA

Pour Quartiers Nord/Quartiers forts

Lettre Ouverte à Jean Claude GAUDIN

Marseille, le 17 janvier 2010

Monsieur le Maire,

Tout le monde ne parle plus que de votre dernier « dérapage », celui où vous parlez de « musulmans qui ont déferlé dans les rues de Marseille… ». Je dis dernier parce que ce n’est pas le premier dans le genre et que vous avez indubitablement un mal fou à nommer une certaine catégorie de la population que vous administrez. Pour votre défense vous n’êtes pas le seul à avoir du mal à le faire et cette difficulté en dit long sur les dégâts de ce passif post colonial non soldé, qui ressurgit avec brutalité comme un non dit trop longtemps refoulé.
Depuis que Mr Besson, en bonne intelligence avec Mr Sarkozy a décidé d’instrumentaliser politiquement le débat sur l’identité nationale il ne se passe pas un jour sans que l’on entende une déclaration outrancière et stigmatisante à l’égard de la population de confession musulmane en France.
Je ne souhaite pas participer à ce débat qui ressemble de plus en plus à une mise en accusation publique des musulmans de France. D’ailleurs puisque nous en sommes aux calculs nous verrons bien si cette tactique sera payante pour vous…nous verrons bien à qui profite la manœuvre et qui se délectera de la tessiture poisseuse de tout ce débat, nous verrons bien assez vite ressurgir les remugles fétides de ces années (pas si lointaines) où le FN prospérait, nous verrons bien que les mots en politique ne sont pas sans conséquences et que des déclarations comme celle que vous avez faîte(s) sont autant d’électrochocs salutaires appliqués au corps léthargique de l’extrême droite française.
Loin de revenir sur vos propos vous répondez au jeune homme, militant de votre parti, avec une condescendance et un paternalisme consternant, parce que évidemment il ne peut pas comprendre les subtilités de la langue française que vous maitrisez au-delà de la moyenne et qui font que lorsque vous dites une énormité, celle-ci n’en est une que dans l’oreille et dans le cœur de celles et ceux que vous blessez !
Vous dîtes, Monsieur le Maire, que Marseille a vu déferler 15000 musulmans dans ces rues, avez-vous idée de l’imagerie d’épouvante que vous projetez dans l’inconscient collectif de vos concitoyens ? Ce sont les vagues (d’un Tsunami) qui déferlent, les hordes de barbares ou les rats qui déferlent, ce ne sont pas les « braves gens » qui déferlent !!!
Vous dites dans votre réponse que Marseille subit l’immigration et que vous vous efforcer « d’assimiler » les couches successives de population qui y débarquent et là encore vous persistez et vous signez votre résolution sans équivoque à utiliser un raisonnement et une sémantique propre à la tradition réactionnaire.
Vous dites, à mots couverts, que lorsqu’on est Français depuis pas très longtemps il y a des us et des coutumes à respecter et que pour « bien s’intégrer » il faut brosser l’autochtone dans le sens du poil et user de force symboles pour « amadouer » l’hôte, et on atteint là un degré de surréalisme rarement égalé depuis les Marx Brothers ou les Monty python, parce que au-delà de la mauvaise foi qui ne vous a fait voir que des drapeaux algériens ce soir là, cet argument frôle l’indécence, que nous demandez vous au juste ? De réaffirmer notre Francité quel que soit le contexte et de façon permanente, faut il pour vous complaire se draper dans un drapeau tricolore en toute circonstance ?
J’ajoute que nous étions partie prenante de ce « déferlement » et que je m’inscris en faux contre l’affirmation que vous avez maintenue et réitérée qu’il n’y avait que des drapeaux algériens, c’était un soir de fête à la Marseillaise, plein de joie, de gouaille populaire et cosmopolite, il y avait des drapeaux algériens , français, marocains, tunisiens, des drapeaux berbères et des drapeaux turcs et des drapeaux connus et inconnus…toutes et tous étaient là dans un esprit festif avec cette folle envie de communier dans la joie. Ce que vous interprétez comme une offense à la terre d’accueil n’est pas l’expression d’un nationalisme algérien exacerbé, ni même le signe d’une double allégeance ! Ce n’est que la volonté de faire la fête et de l’exprimer dans un cadre informel et permissif que seul le sport, et en particulier, le football est capable de produire.
Mr Besson regrette que les débordements marginaux qui ont eu lieu lors de ces manifestations spontanées de joie populaire, n’ait pas subit un traitement médiatique aussi conséquent que la fameuse « main de Thierry Henri », et venant de lui peu de choses m’étonnent encore, sachant que la juxtaposition de ces deux événements est totalement incongrue et que si il lui reste une parcelle d’honnêteté intellectuelle il sera d’accord pour analyser les exactions commises lors de cette soirée comme étant le fait d’une frange de « hooligans » qui sévissent à chaque soir de grands match à Marseille, qu’il s’agisse de l’équipe de l’OM, de la France ou de l’Algérie.
Pour en finir et vous laisser vaquer à vos occupations de 1er magistrat de notre bonne ville, je vous dirais que nous nous méfions de toutes les tentatives d’instrumentalisation du nationalisme quel qu’il soit et que la devise de la République reste encore « Liberté, Égalité, Fraternité » et qu’en conséquence nous vous demandons de continuer à débattre de l’identité nationale, si vous le souhaitez, dans le cadre que lui confère le triptyque républicain et en gardant à l’esprit que l’unité ne se fait jamais dans la polémique, la stigmatisation et l’exclusion.
Comme les interventions dans la salle vous l’ont déjà signifié il n’y a pas eu de « déferlement de musulmans sur Marseille » ce soir là, il n’y a eu que des Marseillaises et des Marseillais, Français, pour la plupart qui ont manifesté leur joie et leur attachement a leur pays d’origine sans aucune volonté de signifier leur désamour de la France, parce qu’en Amour l’exclusive est parfois une entrave ; Oui on peut sans problème aimer l’Algérie et la France, L’Italie et la France, l’Arménie et la France, le reste du monde et la France, comme on aime son père et sa mère…
Recevez, Monsieur le Maire, l’expression de notre indignation courroucée.

BENSAADA Mohamed
Pour Quartiers Nord/Quartiers Forts

Français…Envers et contre tout !

Le paradoxe du débat que le gouvernement, a des fins bassement électoraliste, veut imposer réside dans le fait qu’une identité se construit dans l’intime et que l’identité nationale est un très bel oxymore mais qu’il n’est en rien une réalité.
L’énoncé même de la question est une impasse intellectuelle : « Qu’est ce qu’être Français ? », par tous les bouts qu’on la prenne cette énigme ressemble a celle du sphinx, il s’agit peut être d’une immense catharsis collective dans laquelle nous (les Français) parviendrons a surmonter notre Œdipe sociétal…
Ayant l’esprit particulièrement torve, parce qu’habitué aux débats foireux, aux thèses bancales et aux postulats sans épaisseurs de discours, je m’inscris en faux contre cette redite éhontée de la campagne de 2007, personne n’est dupe de la manœuvre de notre petit timonier national empêtré dans une crise qui le dépasse et dans une dérive autocratique de plus en plus décriée jusque dans son camps ; Il nous ressort le chalut à électeurs du FN pour éviter à l’UMP de faire un séjour au service de réanimation politique après les prochaines élections régionales. Certains dirons que c’est de bonne guerre, mais le populisme et la xénophobie ne font pas partie des armes conventionnelles de l’arsenal politique, ils sont le napalm, les bombes au phosphore blanc et les munitions a l’uranium appauvri du politicien et les utiliser c’est ouvrir une boite de Pandore dont l’Histoire nous apprend l’immense dangerosité de sa manipulation.
Si débat il devait y avoir, c’est l’opinion qui aurait due en être l’instigatrice, mais la rue se préoccupe de ses fins de mois difficile et de son avenir précaire, angoisses auxquelles aucune réponse ne lui est donnée…
Si débat il devait y avoir, de quoi aurions nous discuté ? Existe-t-il une définition du Français ?
C’est en réalité un système de valeurs culturelles, politiques et religieuses qui s’impose a tous les Français, ou a l’image fantasmée du Français que ce débat contribue a ériger en maître étalon de la Francité. Un système qui au lieu de fédérer, tend à exclure une partie non négligeable du corps de la nation réelle. Cette campagne polémique est surtout l’expression criante du désarroi politique dans lequel se trouve la majorité présidentielle, incapable de renier son allégeance a la Nomenklatura financière qui l’a aidée a être élue et en même temps éminemment consciente de l’impopularité du train de mesures prises, en dépit du bon sens, depuis deux ans . Battus d’avance a la simple évocation de son bilan politique et économique la droite Française cède a nouveau a cette tentation irrésistible qui consiste a déplacer le débat de la campagne à venir sur le terrain de son triangle thématique de prédilection : L’Identité, l’Immigration et l’Insécurité, tiercé gagnant assuré dans l’ordre ou le désordre. Evidemment la donne a changée depuis 2007 et la posture prise par Sarkozy ressemble de plus en plus a une imposture, a jouer cet air de déjà vu la majorité réanime le cadavre en putréfaction de l’extrême droite Française. Le FN n’en demandait pas tant…Merci pour eux !

La vraie question n’est pas « qu’est ce qu’être français ?», mais plutôt qui est considéré comme Français ? Ou encore qui est un bon ou un vrai français ?
Pour certains Il faudrait ainsi se sentir bouleversé par le sacre de Clovis, le martyr de Jeanne ou la mort de Roland à Roncevaux pour avoir droit au chapitre, il faudrait planter des drapeaux tricolores le 14 Juillet et hurler la Marseillaise a chaque match de l’équipe de France, il faudrait pour être un bon « prototype » (comme dirait Hortefeux) tremper sa baguette dans de la soupe au cochon et siffler ostentatoirement quelques bières, rire grassement aux blagues racistes, surtout celles sur les arabes, elles sont vraiment poilantes paraît il. Il faut bien sûr être nostalgique de la France d’avant, celle d’Amélie Poulain ou de la Guerre des boutons. Il faudrait être fier d’être Français, et cette vieille rengaine maintes fois répétée résonne comme un mot d’ordre impérieux, un appel au rassemblement et à la cohésion nationale. Il y’a la aussi une idée bizarre sous jacente a cette affirmation, la Révolution de 89 et plus tard la commune ont modelées l’imaginaire de la Nation et ont donné corps a l’idéal égalitaire de la République et à l’universalisme, or lorsque je (nous, tu, ils…) dis que je suis fier d’être Français, d’une part je remplis le vide acoustique, d’autre part cet auto satisfecit est un raccourci excluant toutes celles et ceux qui ne peuvent s’enorgueillir d’être comme moi né ici ou détenteur d’une carte d’identité Française, en somme ma fierté reposerait sur une supériorité et une singularité pré supposée à l’égard des « autres ». On pourrait se contenter de cette sentence et marquer par là notre adhésion implicite au nouveau roman national que Max gallo et d’autres essaient de nous imposer, mais hélas pour eux, une identité se construit dans la complexité et pas dans le simplisme, et l’histoire de France a le mérite d’être d’une grande richesse en vices et en vertus, en lâcheté et en courage, en exemples de résistances et en abdications, en actes d’héroïsme et en débâcles, en justice et en cruauté.
Faut t’il pour être un bon Français faire remonter son arbre généalogique jusqu’à se trouver une parentèle parmi les habitants de la grotte de Lascaux ? Faut-t’il vouer un culte public à la mémoire de Vercingétorix et commémorer chaque année la mort de nos frères tombés à Alesia ?
Le débat sur la lettre de Guy Mocquet fût riche en enseignements et il en dit long sur la relation entre la mémoire collective et cette fameuse identité nationale, parce que d’un coté on a essayé de modeler l’image idéale du jeune français résistant et de l’autre on a méticuleusement passé sous silence son identité communiste, cet exemple est révélateur des arrières pensées attenantes au débat actuel, il démontre que notre rapport a l’histoire est subjectif et que l’identité ne se construit pas sur le mode binaire et a vouloir mettre en exergue le courage de ce jeune homme comme une qualité intrinsèquement française on finit surtout par remettre en lumière le fait que les résistants n’étaient qu’une minorité et que les collabos eux aussi font partie de cette identité nationale !
L’identité se construit pour un individu comme pour une nation dans l’acceptation de tout l’héritage historique, politique et culturel. Le danger de ce débat c’est que son instrumentalisation peut conduire à la construction d’une mythologie nationale qui aurait pour finalité de déterminer l’archétype du Français, son phénotype, ses qualités et son mode vie et de pensée. Hors de ces critères imposés les autres ne seraient que des ersatz de français, des français de papier et rien de plus. Heureusement la République est là pour conférer a cette identité une dimension universelle, parce qu’elle détermine un cadre « légal » et permet l’adhésion a un système de valeurs morales que le triptyque républicain définit : Liberté, Egalité, Fraternité ! Telle est la devise nationale et elle transcende par son ambition humaniste toute la mesquinerie de ce néonationalisme rampant.
On ne peut pas aussi taire le fait que cette polémique tourne autour de la question de l’Islam en France, ou plutôt de la question des musulmans en France, la nuance est importante parce que la tectonique des plaques sociales fait que la société française est confrontée à l’émergence d’une nouvelle classe d’individus dont le niveau culturel, le degré d’instruction et les compétences professionnelles devraient de facto entrainer une élévation sociale, mais qui de par leur confession se retrouve invariablement discriminés, stigmatisés, empêchés. Le débat sur l’identité Nationale est un écran de fumée qui déchaine les passions et brouille le message social de cette catégorie sociale qui aspire avant tout a l’égalité de traitement et d’accès aux droits les plus élémentaires. On agite le spectre du communautarisme a chaque fois qu’une question de fond est posée et on préfère discuter a n’en plus finir des minarets et des Burquas et c’est bien là le courage des nouveaux démagogues qui se disent ouvertement Islamophobe. Pour étayer ces propos il faut se poser la question du statut social et a partir de quel moment la menace islamiste se fait sentir : les femmes de ménages qui portent le foulard ne dérangent personne et ne portent pas atteinte a l’identité nationale, de même les ouvriers maghrébins dans les chantiers ou a l’usine peuvent arborer une barbe insolente sans torturer notre imaginaire collectif. Par contre ces mêmes signes capillaires ou vestimentaires déclenchent une franche hostilité s’ils sont arborés par des jeunes gens qui aspirent et revendiquent une autre place dans la société. Le problème tient a l’essentialisation du débat, les musulmans en France ne se déterminent pas seulement en fonction de leur confession contrairement a ce que le discours islamophobe tend a faire croire, le communautarisme est une dramatisation rhétorique car dans la réalité l’appartenance a une communauté est tout au plus un sentiment et pas une pratique militante de masse. L’islamophobie étant, a mon sens, une réactualisation de l’arabo-phobie consécutive au passif post colonial non encore soldé. Dans l’esprit de beaucoup « l’ennemi intime » est dans la place !
L’identité étant du domaine du personnel je me trouve dans l’obligation d’utiliser la 1ère personne du singulier : ce qui définit un individu, outre l’aspect purement administratif de son identité, c’est sa relation avec les autres, ses attaches familiales, son parcours social, son expérience professionnelle et sa vie amoureuse, son rapport a la spiritualité, son engagement associatif, syndical ou politique, son rapport à la culture et a l’histoire, sa faculté a recevoir les informations, les trier et les analyser, tout un univers mental et ses projections représentatives que nous nous en faisons dans notre quotidien. Si je dis que ma personnalité (plus que mon identité) a pour référence politique Jaurès, Vallès, Louise Michel, Gracchus Babeuf, Saint Just, Proudhon et Blanqui, serais je au regard de ce débat considéré comme un « bon français » ? Le 11 Novembre je rends hommage à la mémoire de toutes les victimes de cet immense carnage que fût la « Grande Guerre » et j’ai une pensée ému à l’évocation de tous ces soldats venus des 4 coins de l’Empire colonial pour voler au secours de la Mère patrie, dans la glaise de la Marne, de la Somme où ils subirent la morsure du gel, furent mitraillés, bombardés, hachés menu par les Shrapnell et asphyxiés par les gaz et l’odeur fétide de la mort, je me demande quelle place ceux-ci occupent dans le chantier en construction de l’identité nationale. Si je dis que pour moi le 8 Mai 45 n’évoque pas seulement l’armistice et la capitulation sans condition du 3ème Reich, mais qu’il ravive en moi la blessure des massacres de Sétif et de Guelma, suis-je un « mauvais français » ?
Si je dis que je pense a l’ironie de l’histoire, quand certains de ceux qui survécurent à l’escalade meurtrière de Monte Cassino se retrouvèrent torturés dans la sinistre villa Mahieddine par les enfants qu’ils avaient défendus 20 ans auparavant…suis-je un « bon français » ?
Comment oublier celles et ceux qui furent jetés dans la Seine un certain 17 Octobre 61 à Paris et comment leur souvenir ne participerait ‘il pas de mon identité ?
Je dois aussi citer, plus près de nous, Malek Oussekine et Ibrahim Ali, la marche des Beurs et l’amer désillusion des années « touche pas à mon pote ! ». Mon identité se forge aussi dans le mépris que je porte a ces parlementaires qui eurent l’indécence de proposer et de voter la loi du 23 Février 2005 (sur les bienfaits de la colonisation). Mon identité va de pair avec la lutte que je mène contre les thèses du Front National et contre la Lepénisation des esprits à laquelle participe allégrement Eric Besson et son débat. D’ailleurs l’immigration choisie et la politique des quotas d’expulsion sont elles représentatives de notre identité nationale ? Plus légèrement ma Francité s’est construite un triste soir de 82 à Séville sur les larmes de Platini et la mâchoire fracassée de Battiston, elle s’est faite dans l’euphorie d’un 12 juillet de 1998 et grâce au double coup de boule de Zidane, mais aussi à Atlanta dans le titre olympique de Djamel Bouras, dans les textes d’IAM et de Kery James, dans la musique de Zebda et de Carte de Séjour…
Un mot sur celui et celle qui ont fait mon identité, sur leurs vies laborieuses d’ouvrier et de femme de ménage, ma seule identité est tributaire du respect que j’ai pour leur abnégation d’homme et de femme outil, ils m’ont transmis l’essentiel : ma dignité et ma conscience de classe, l’ouverture d’esprit et la tolérance, l’honnêteté par-dessus la cupidité, la soif de Justice et ils m’ont patiemment expliqué la chance que j’ai d’être français envers et contre tout !

Mohamed Bensaada
Pour Quartiers nord/Quartiers Forts

Ce que le Capitalisme doit au désespoir (et inversement).

Depuis le Krach financier et depuis que les bourses et les banques se sont refait, en partie, une petite santé, c’est l’économie réelle qui subit désormais l’impact monstrueux de cette crise.

Mais soyons précis tout en revendiquant avec lucidité notre subjectivité, ce n’est pas l’ensemble de l’économie réelle qui amortit ce choc, on se rend compte qu’encore une fois, même s’il faut éviter les raccourcis et les slogans que la note la plus salée est payée par le salariat et plus largement le « précariat ».

Les délocalisations continuent et les licenciements « économiques » battent des records, en France près de 600000 personnes ont perdues leur emploi en 2009, pendant que des grands groupes voyaient le cours de leurs actions s’envoler vers les sommets de l’illusion spéculative.

Si on osait, et en définitive nous osons, nous dirions que le Capitalisme est un système qui prospère sur le malheur de la multitude et qu’il ne profite qu’a une infime minorité de possédants réels ou virtuels. Comme tout le monde nous avons écouté les discours des grands de ce monde et nous avons été très attentifs aux bonnes paroles de notre président Sarkozy, qui revêtant son armure de preux chevalier était parti faire la guerre au « Capitalisme financier » et s’était engagé devant un parterre impressionnant de personnalités du Gotha mondial à moraliser le Capitalisme.

Hélas, trois fois hélas, rien ne vint de son coté, ni d’ailleurs. Non pas que nous attendions grand choses de ces vœux pieux et de cette commisération présidentielle (allez en parler aux camarades de Gandrange), mais notre perplexité est immense devant la complaisance d’une partie de l’opinion et des médias, ainsi que devant l’apathie du plus grand nombre.

Lorsque Mr Sarkozy fait le distinguo entre Capitalisme Financier et Capitalisme tout court il continue à défendre ce système économique basé sur la domination des possédants et la soumission des autres, la vérité c’est que comme la République le Capitalisme est « un et indivisible !»

L’autre escroquerie consiste a nous faire croire que ce système peut être contrôlé, moralisé ou humanisé ; là encore nous rappellerons simplement que le Capitalisme est intrinsèquement barbare  parce que son organisation repose sur la compétition effrénée, l’accaparement des biens et des services, que le libre échangisme commercial exacerbe la concurrence internationale au détriment des productions locales et que le productivisme est un non sens écologique.

Aujourd’hui nous vivons sous le règne du « néo-libéralisme » qui est soit la forme aboutie du Capitalisme si l’on se place du coté de Wall Street, soit l’expression économique d’une phase terminale pour le quidam moyen. Ce néo-libéralisme a vu le jour au tournant des années 80 et il s’est accéléré et décomplexé avec la chute du mur de Berlin et les mandats de Reagan et Thatcher.

Sous ces deux ères politiques l’idée qu’il n’y avait pas d’autres alternatives  s’est imposée, elle est même devenue le crédo absolu du dogme Capitaliste mondial. Le grand prodige c’est qu’avec la chute du mur c’est l’utopie communiste et l’espoir qu’elle pouvait susciter qui a été englouti dans l’effondrement du bloc de l’Est : puisqu’il n’y a pas d’autres solutions ou d’autres systèmes viables tout les excès du Capitalisme sont permis, qu’importe si la planète produit des denrées alimentaires en quantités suffisantes pour nourrir 12 Milliards d’individus (rapport de la FAO 2007) et que dans le même temps 1 Milliard de personnes souffrent de la faim alors que nous ne sommes que 6 Milliards sur Terre !

Qu’importe si des multinationales engrangent des bénéfices colossaux et licencient à tour de bras dans la foulée !

Qu’importe si l’épidémie du SIDA continue de ravager l’Afrique, l’Asie et une partie de l’Amérique du Sud pendant que les grands Trusts pharmaceutiques freinent la production des médicaments génériques moins onéreux pour les populations autochtones !

Qu’importe si le Copyright et le brevetage compulsif et hystérique des semences, du végétal, de l’animal, de la culture et du savoir continue, qu’importe tout a un prix, tout doit être rentable, l’air, l’eau, la santé, la nourriture, les loisirs, la famille et les amis Facebookés ou Twitterisées dans une grande entreprise d’abrutissement collectif. Tout doit se vendre et s’acheter, nos vies doivent être intégralement monétarisées. Jusqu’à l’espoir et au rêve, l’aspiration a une vie meilleure a été remplacée par l’appât du gain, le Loto et l’Euromillion sont devenus les seules échappatoires  a nos vie précarisées par l’aliénation au travail ou a l’absence de travail !

Le désastre continue pourtant parce que l’individualisation extrême de notre société pousse la logique ultra libérale à l’audace alors que nous nous arque boutons chacun dans notre coin pour défendre le peu que nous avons, au détriment de notre dignité et de notre humanité.

Le Capitalisme n’est pas un humanisme et il tend à l’annihilation  totale du progrès social ! 

Le Capitalisme est anti démocratique car il peut sans problèmes se passer du citoyen, voir même du travailleur, il n’a besoin que du consommateur ! 

Ce que le Capitalisme doit au désespoir et inversement nous le voyons chaque jour autour de nous, ce monde d’une froideur sidérante, cette actualité qui nous révulse et nous révolte : comment peut on encore défendre un système qui pousse des hommes et des femmes à se suicider sur leur lieu de travail ou a cause de leur travail, ou encore parce qu’ils n’ont pas de travail ? Nous avons une pensée ému à l’égard des 25 travailleurs et travailleuses Telecom et nous témoignons de notre sincère sollicitude à l’égard de leurs familles. Quel était la profondeur de leurs détresses respectives pour en arriver là ?  Comment se dégager de cette étreinte asphyxiante ? Le travail est devenu un calvaire pour beaucoup…une souffrance invivable.

 L’autre arme du Capitalisme est l’aliénation à la surconsommation et la dépendance au crédit qui  avec le nombre grandissant des dossiers de surendettement fait lui aussi des victimes et des drames innombrables.

Ces questions nous les vivons dans nos entourages respectifs, ici dans les quartiers populaires de Marseille la misère n’est pas un effet de style ou une tournure littéraire elle est là, glauque et dévastatrice, mais des signes d’espoirs et de résistances commencent à pointer au loin et de manière encore homéopathique, des comités de chômeurs se forment, des marches contre la précarité s’organisent, des associations de locataires se dressent contre les institutions et les bailleurs sociaux, des comités de luttes contre l’expulsion des étrangers et contre les expulsions locatives se battent tous les jours et de collectifs d’associations comme le Collectif d’Action et de Réflexion Populaire (C.R.A.P) que nous avons rejoint tentent de monter des chaînes de solidarité active. Toutes ces initiatives sont comme de minuscules étincelles dans l’immense obscurité, mais elles sont porteuses de cette folie qu’est l’espoir d’un monde meilleur, plus juste, cet espoir qui fait que nous ne nous résoudrons pas à abdiquer.

 

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

 

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