2012 : pour un printemps des quartiers populaires !

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« Nous rendons public cet
« appel à un printemps des quartiers populaires » ce 27 octobre, date de commémoration de la mort de Zyad et Bouna à Clichy-sous-Bois qui a marqué le début des révoltes de 2005. Notre préoccupation est d’amplifier et mutualiser ce qui, du local au national, exprime la légitimité de ces révoltes tout en s’attaquant à leurs causes profondes: les politiques d’un système en crise, qui cherchent à briser tout cadre de résistance collective et solidaire, notamment à diviser sur des bases islamophobes et xénophobes, pour se maintenir.
C’est avec l’objectif de réunir des forces éparpillées pour préparer ensemble un Printemps de la Dignité des Quartiers Populaires en 2012, que nous soutenons le Forum social des quartiers populaires (FSQP) et les Assises des luttes de l’immigration, qui se tiendront de façon coordonnées, respectivement à St Denis les 11-12 et à Créteil les 25-26 et 27 novembre, ainsi que toutes les initiatives ancrées dans la réalité des quartiers et qui aspirent à la convergence des luttes. »

Chacun le sait… ceux qui vivent dans les quartiers populaires, les femmes et les hommes, issus de l’immigration ou pas, souvent musulmans, noirs ou roms sont soumis à la ségrégation, au chômage, au racisme, et au contrôle policier au faciès – et ne trouvent dans les institutions et la vie politique aucun moyen d’exprimer leurs attentes et aspirations. Les oppressions et les résistances qui se tissent dans les banlieues, sont traitées en termes de problème sécuritaire ou de réactivation de l’« identité nationale » – les musulmans d’aujourd’hui étant de plus en plus stigmatisés comme les juifs d’hier. Quel journaliste, quel discours politique voudra prendre à bras le corps ces questions et dénoncer l’islamophobie sur les plateaux de télévision, faire le bilan de toutes les lois répressives contre l’immigration ? Qui confrontera les lectures sectaires de la laïcité et leurs projets liberticides à l’expérience quotidienne de leurs victimes et aux fondements juridiques des droits? Si la nécessité de combattre le racisme est évoquée, pour faire pièce à Marine Le Pen ou à Nicolas Sarkozy, rien n’est fait pour que la lutte contre la ségrégation urbaine, les discriminations raciales et la précarité, soit un axe fondamental de réponse aux exigences portées par les révoltes de 2005 dans les quartiers populaires.

La misère et les inégalités s’élargissent avec les crises financières et les pseudo plans de « sauvetage » détruisant sur leur passage emplois et acquis sociaux; les Etats renflouent les banques mais veulent supprimer les services publics et rendre les populations coupables et comptables de la crise ; le fossé se creuse entre les minorités privilégiées et la grande masse des populations de plus en plus précarisées, pendant que les puissances impériales poursuivent leur déploiement militaire, semant partout la désolation et la guerre.

Pour notre part, puisant notre énergie et notre inspiration dans la révolte des quartiers en 2005, dans les luttes pour l’égalité réelle, dans l’élan révolutionnaire des peuples du monde arabe et la lutte du peuple palestinien pour ses droits, dans les mobilisations exemplaires en Afrique, à Mayotte et celles des « Indignés » de la Grèce aux Etats-Unis, de l’Espagne au Chili, nous refusons de n’imaginer le futur que sous la forme d’une droite libérale, sécuritaire et raciste ou sous celle d’une gauche gestionnaire d’un ordre admis. Nous sommes convaincus qu’existent des alternatives au désastre. Tout un monde d’oppression n’en finit pas de s’écrouler sous nos yeux qui appelle des solutions radicales qui doivent s’imposer dans les débats et accompagner les prochaines présidentielles.

Nous sommes un regroupement de militants et de personnalités de gauche, d’associations des quartiers, d’organisations politiques ou syndicales anti-racistes et décoloniales, déterminés à forcer le débat notamment durant la campagne présidentielle. Nous voulons aider à l’action et l’expression des populations exclues de tels débats, femmes et hommes, et porter quatre préoccupations :
- contre le racisme, en premier lieu le racisme d’Etat, l’islamophobie, la surexploitation, le harcèlement et l’expulsion des sans papiers ; contre les inégalités, la ségrégation urbaine – en nous revendiquant des droits égalitaires ;
- contre les violences institutionnelles de la police, de la justice, et, de l’école au Pôle Emploi, pour l’invention d’institutions démocratiques au service de toutes et tous ;
- contre les politiques libérales porteuses de la crise économique, en défense des droits sociaux fondamentaux ;
- contre les rapports de domination internationaux et néo-coloniaux en particulier en Palestine et en Afrique ou dans les DOM-TOM, en soutien aux exigences portées par les processus révolutionnaires en cours.

Cette dynamique « commence » le 27 octobre, jour anniversaire de la révolte de 2005.

pour signer l’appel :
2012 : pour un printemps des quartiers populaires !

Premiers signataires

Mohammad AKBAR, travailleur social, militant associatif, Mulhouse
Eve ALDRIDGE, Limousin
Zahra ALI, doctorante en sociologie, Al Houda,CEPT, Rennes
Sylvette AMESTOY, Maire adjointe Courdimanche 95, élue EELV
Omar ALSOUMI, ex Pt Génération Palestine GP
Houssen AMODE, retraité, St Denis, La Réunion
Mouloud AOUNIT, militant anti-raciste
Janie ARNEGUY, militante associative, Les Alternatifs, DNSI
Siham ANDAlOUCI, Militante associative, Lille
AXIOM, rappeur, Lille
Laziza BAKKALI AJC’REVé, Avignon
Alain BALTHAZARD, adhérent EELV 95
Stefan BEKIER, Interprète de conférence, NPA 95
Adda BEKKOUCHE,juriste, militant associatif, Colombes 92
Nora BENAMEUR, AJC’REVé, Avignon
Tarek BEN HIBA, militant associatif ancien conseiller régional Ile-de-France
Sarah BENICHOU, MTE, DNSI, NPA 75
Mohamed BENSAADA, Quartiers Nord/Quartiers Forts » QNQF- Marseille
Jean-Christophe BERCHE, Educateur en prévention, Nancy – NPA 54
Thierry BONHOMME, NPA 54 Sud
Martine BOUDET,enseignante, Attac, Toulouse
Alima BOUMEDIENE-THIERY, juriste, responsable associative, ex-parlementaire, Paris
Mahmoud BOURRASSI, Militant associatif Ile-de-France, CMF
Youssef BOUSSOUMAH, militant du PIR, Clichy la Garenne
Houria BOUTELDJA, PIR
Jean BRAFMAN, ancien conseiller régional, FASE
Youcef BRAKNI, militant associatif Bagnolet,PIR
François BRUN, DNSI, NPA75
Claude CALAME, historien, EHESS, ATTAC, LDH, NPA 75
Khadija CASSAM, professeur d’université, St Pierre, La Réunion
Fathia CHAARI, militante féministe
Malika-Sandrine CHARLEMAGNE, militante associative, Paris
Antoine CHAUVEL, Génération Palestine, NPA Le Mans
Nouh CHEBBAÏ, militant associatif, Paris
Mouhieddine CHERBIB (FTCR)
Mamode CHOTIA, Professeur de Lycée, Tampon, La Réunion
Ismahane CHOUDER (CFPE, MTE, PSM),
Marie-Pascale COUTTAUSSE (éducatrice spécialisée, militante associative, Toulouse)
Marie COSNAY (écrivain, enseignante)
Monique CRINON (CFPE, MTE, Cedetim),
Philippe CORCUFF (enseignant-chercheur en sciences politiques, Lyon, altermondialiste)
Thomas COUTROT (économiste, militant associatif)
Nadir DENDOUNE, journaliste et écrivain
Kamel DJELLAL (MJCiqp),
Bernard DREANO, Cedetim (centre d’études d’initiatives de
solidarité internationale)
Driss ELKERCHY (Pt ATMF),
Abdallah EL MARBATI (association parents d’élèves Argenteuil)
Abdelkhalek ELMODEN (responsable associatif, Bagneux)
Fadila EL MIRI, militante associative, Marseille
Nabil ENNASRI (Pt CMF),
Mireille FANON- MENDES-FRANCE (membre de la fondation Franz Fanon)
Sonia FAYMAN (UJFP)
Adil FAJRY (animateur territorial militant associatif et politique au NPA)
Patrick FARBIAZ, Sortir du Colonialisme
Gisèle FELHENDLER, Sortir du Colonialisme, NPA 75
Amaël FRANCOIS, Ehess/Sciences Po, ex porte-parole SUD Etudiant, NPA.
Véronique GALLAIS, socio-économiste, membre du CS d’Attac 75
Vanina GIUDICELLI, commission anti-raciste du NPA, DNSI, Montreuil, 93,
Serge GUICHARD, PCF, Association de solidarité en Essonne aux familles Roms
Hamé, du groupe LA RUMEUR
Fouzia HAMHAMI, ATMF, Argenteuil
Moustafa HASSANALY, directeur de société, St Denis, La réunion
Omar HATIA, retraité Education nationale, Tampon, La Réunion
Françoise HICKEL, éducatrice PJJ, Montreuil-sous-bois, 93
Iqbal INGAR, Gérant de société, St Denis, La Réunion
Amode ISMAE DAOUDJEE, Mèdecin, St Pierre, La Réunion
Sulliman ISSOP,journaliste, St Pierre, La Réunion
Aïcha JABRANE, Prte de l’observatoire de la diversité, membre du conseil fédéral d’EELV
Abdoul KASSOU, retraité, St Denis, La Réunion
Marie-Céline KASSOU, retraitée, St Denis, La Réunion
Sarah KASSOU, fonctionnaire, St Denis, La Réunion
Virginie LAGHRIB, Al Houda, Rennes
Jean-Marc LAMARRE, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation à Nantes, NPA 72
Chamous LARISSE, Al Houda, MTE, CFPE,
Catherine LEBRUN, syndicaliste
Olivier LE COUR GRANDMAISON, historien,DNSI
Laurent LEVY, essayiste, CEPT
Elisabeth LONGUENESSE, sociologue
Karim LOUCHENE, CMF, Lyon
Bernard MACKALAND, La Martinique
Yamin MAKRI, Editeur, militant associatif, Lyon
Abdoul Kader MAMOODJEE, Employé de commerce, Tampon, La Réunion
Chaïda MAMOODJEE, Adjointe administrative, Tampon, La Réunion
Réhane MAMOODJEE, technicien, Le Port, La Réunion
Mohamed MAOIHIBOU, Agent territorial, Le Port, La Réunion
Béatrice MARTIN, Al Houda, Rennes
Marwan MUHAMMAD, Foul Express
Gustave MASSIAH, économiste, CMIL -cercle migrations et libertés
Odile MAURIN, militante associative du champ du handicap, Toulouse
Lisette M’BAIREH, PIR
Sofiane MEZZIANI, Lille, Pt Citoyens de la réforme, CMF,
Younous MOGALIA, Employé de commerce, St Denis, La Réunion
Rosa Mollet, Lille
Bénédicte MONVILLE-De CECCO, anthropologue/enseignante
Salim MOTARA, Directeur de département, St Denis, Réunion
Sonia MOUSSAOUI, CFPE, étudiante, St Etienne,
Danièle OBONO, militante antiraciste et altermondialiste
Laurent OTT, philosophe, Association Intermèdes, Robinson
Abdoul Rahman PATEL, chef d’entreprise, St Louis, La Réunion
Anis PATEL, étudiant, Tampon, La Réunion
Anwar PATEL, fonctionnaire territorial, Tampon, La Réunion
Nazir PATEL, professeur de Lycée, Tampon, La Réunion
Nazemir PATEL, professeur de lycée, Tampon, La Réunion
Jan PAUWELS, infirmier, syndicaliste, MRAP, NPA, Lille
Ndella PAYE, CFPE, MTE, PSM
Denis POULAIN, enseignant,Réseau de vigilance citoyenne, NPA La Rochelle
Marc PRUNIER, syndicaliste, Conseiller Municipal 94, militant solidarité « Palestine », NPA
Yves QUINTAL, directeur d’école, association egalité toulouse mirail 31
Tariq RAMADAN, universaire
Sonia RABAHI, enseignante 93
Ali RAHNI, membre EELV, CMF
Julien RIVOIRE, Militant solidarité palestine
Marguerite ROLLINDE, militante associative 93,
André ROSEVEGUE,co- Prt de l’UJFP
Jean-Marc ROUILLAN, écrivain, NPA Marseille
Khaled ROUMO, auteur et poète, Paris
Farah SADAOUI, Génération Palestine, Saint-Denis (93)
SAÏDOU, rappeur, ZEP – MAP
Harbia SAIFI, Réflexion13, Marseille
Catherine SAMARY, économiste, CFPE, MTE, NPA, altermondialiste
Miguel SEGUI, Animateur de quartier NPA 92
Geneviève SELLIER, Professeure en études cinématographique – Bordeaux 3
Michèle SIBONY, co-pte de l’UJFP
Pablo SEBAN, collectif Générations Spontanées, Toulouse),
Omar SLAOUTI, Militant associatif 95, NPA
SKALPEL, rappeur, Collectif bboykonsiant, Paris
Djamila SONZONI, élue Europe Ecologie les Verts
Saléha SOVEL, ajointe administrative, St Denis, La Réunion
Pierre STAMBUL, UJFP, Marseille
Romain TELLIEZ, Universitaire, Aulnay-sous-Bois (93)
Martine TESSARD, enseignante retraitée, militante auprès des Sans Papiers, NPA Paris Centre
Emmanuel TERRAY, anthropologue
Pierre TEVANIAN, MTE, LMSI
Gerard Trainoir, enseignant et adhérent EELV, Argenteuil
Fayzal VALY, Imam, La Réunion
Georges VEYET, retraité, militant altermondialiste, Grenoble
Dominique VIDAL, historien et journaliste
Abdel ZAHIRI, AJC’REVé, Avignon
Saâd ZOUITEN, Comité La Courneuve-Palestine

Associations, collectifs, organisations politiques ou syndicales

Association Ensemble à Bagnolet, Al Houda (association des Femmes musulmanes de Rennes), Association REDA (Réflexion, Echanges et Débats en Alsace) ; AJC’REV (Agir pour la justice contre le racisme, l’exclusion et la violence), Avignon ; Collectif Générations Spontanées contre le racisme et l’islamophobie (Toulouse), Citoyens de la réforme, Lille ; D’ailleurs Nous Sommes d’Ici (DNSI), Melun ; Groupe Frantz Fanon Bagnolet ; Quartiers Nord-Quartiers Forts (QNQF) Marseille ; L’Art de la Paix – Bagnolet ;

Association des Marocains en France (AMF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Collectif des Musulmans de France (CMF), Fédérations des Associations de Solidarité avec les Travailleurs/leuses Immigré.e.s (FASTI) ; Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fondation Franz Fanon, Nouveau parti anti-capitaliste (NPA), Parti des Indigènes de la république (PIR), Union juive française pour la paix (UJFP)

Marseille comme on l’aime, Marseille comme elle est !

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Mme Manelli, dans un article paru dans la Provence en date du 26/09/11, s’en prenait violement au rapport intitulé « Les Marseillais Musulmans » publié par Françoise Lorcerie et Vincent Geisser.
Passons sur le titre et la « mise en scène » cousue de fils blanc de l’article dont le but est une évidente disqualification des auteurs de l’étude, un réquisitoire destiné à éloigner les curieux et à les dissuader de lire le travail de ces deux sociologues reconnus. Sans parler de la conclusion méprisante au possible de la journaliste : «une étude de cours élémentaire réalisée par deux chercheurs égarés. ».
Nous ne reviendrons pas sur l’attaque en « scientificité » de l’étude, la Provence ne sort pas grandie en publiant des articles dont l’argumentation est si pauvre et le manichéisme si caricatural !
De plus cet article est tourné comme une critique de film à la façon « j’aime/j’aime pas », nous rappelons juste qu’il s’agit d’une étude sociologique et que le fait d’aimer ou de ne pas aimer ce que l’on lit ou ce que l’on entend ne change en rien le contenu, la substance, l’essence de cette étude.
Le problème de cette étude est éminemment politique et sociétal, elle tend un miroir à la face de tous les marseillais, en disant voila ce qu’une partie non négligeable de vos concitoyens vit dans notre bonne ville de Marseille.
Cette étude est cruelle pour les tenants de la Marseille cosmopolite, creuset du multiculturalisme, porte de l’Orient, parce qu’elle donne la parole à celles et ceux dont personne ne se préoccupe (en dehors des campagnes électorales).
Pour notre part cette étude est un pas en avant utile pour la prise en compte de nombreuses problématiques longtemps remisées au placard des priorités sociales et politiques de cette ville, ce que nous y lisons c’est l’extraordinaire soif de justice sociale et d’égalité de traitement de nos concitoyens musulmans qui se vivent, pour la plupart, comme des citoyens de seconde zone.
Faut-il hurler pour se faire entendre ? Et dire que le roman municipal du « plus belle la vie » est une imposture sur papier glacé. Non Marseille pour beaucoup ce n’est pas ça !
Marseille vue des quartiers populaires, c’est un hyper-centre de moins en moins accessible, des quartiers minés par le chômage, dans certains « grands ensembles » le taux de chômage des moins de 25 ans atteint les 50%.
Marseille vue de nos quartiers c’est un développement économique vampirisé par le périmètre Euro méditerranée, au détriment des quartiers populaires du nord et du centre qui n’en finissent plus de sombrer dans la précarité et la relégation sociale.
La jeunesse de nos quartiers est parquée au pied des immeubles sans perspectives et sans espoirs discriminée, disqualifiée et stigmatisée. Comme le furent les indiens dans les réserves, elle se meurt à petit feu détruite par le Cannabis (notre eau de feu), les trafics et la violence.
Les musulmans de Marseille ne seraient pas heureux de leur sort ? La belle affaire ! Dans une ville où cette immense minorité ne dispose toujours pas d’une Grande mosquée, ce vieux serpent de mer qu’aucun dirigeant politique n’a le courage de mener à terme, pour des raisons bassement électoraliste, parce que dans notre ville si fraternelle 30% de nos voisins, de nos concitoyens, de nos collègues de travail votent FN !
Les musulmans de Marseille ne sont pas satisfaits parce que la pratique de leur foi est entravée pour mille et une raisons ! Pas de site d’abattage suffisant pour l’Aïd, pas de « carrés musulmans » susceptible de faire face à la demande croissante des ensevelissements…
Mais évidemment on peut passer à coté de ces problèmes là, les minorer voire les nier, ils n’en demeurent pas moins pour autant ! A ne s’occuper que du Marseille qui brille on oublie le Marseille qui souffre, qui trime, travaille et se débrouille, ce Marseille populaire qui est au cœur même de l’identité marseillaise.
A la table du festin cette étude à le mérite de tendre le micro vers celles et ceux qui picorent les miettes tombées par terre, n’en déplaise à Mme Manelli et à la Provence.
Et pourtant nous l’aimons cette ville, presque malgré elle ! Dans les séries B américaines il y’a toujours un bal de fin d’année et une reine du bal. Marseille est cette reine du bal et nous sommes dans ce bal cet amoureux transi qui ne danse jamais avec elle.
Mohamed Bensaada
Quartiers Nord/Quartiers Forts

De Rage et d’Amertume.

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L’immigration post coloniale n’est pas « cérebrolésée » ! En guise d’introduction cette affirmation peut être perçue comme incongrue et si ce n’était ce qui suit j’en conviendrais volontiers. Le terme n’est pas très usité et il sort tout droit du jargon des psychologues qui parlent aussi de mémoire cognitive et de courbe de l’oubli. Ces concepts définissent la façon dont nous encodons, nous stockons et nous récupérons les souvenirs et la représentation mentale que nous nous faisons de nous-mêmes individuellement ou collectivement.
Cette immigration post coloniale hérite d’une mémoire des luttes, faîtes de drames et de souffrances, de spoliation et de regrets, de trahisons et de lâchetés…de rage et d’amertume.
Mais elle est aussi faite de grandeurs et de victoires, de courage et d’abnégation, de sublimes sacrifices et d’héroïsmes insensés, d’honneur et d’espoir (ce mal incurable).
Personne n’est propriétaire de cette mémoire là et personne ne peut s’en déclarer unique dépositaire. Cette mémoire appartient en fait à toute l’humanité, elle est une partie de son histoire, elle nourrit le souffle de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté. Elle forge la conviction et la détermination de toutes celles et ceux qui n’abdiquent pas, ne se résignent pas et ne troquent pas la dignité qu’elle leur confère contre les enjeux de l’immédiateté, contre le quotidien, le court terme qui oblitère le recul et la mise en perspective.
La mémoire de l’immigration post coloniale est donc de fait une histoire universelle mais subjective ! Elle est un parti pris, les 3ème rencontre des luttes de l’immigration qui se tiendront fin Novembre à Paris le rappelleront par ailleurs.
Mais la mémoire, en terme de militantisme, ne peut être réduite à sa simple expression commémorative, elle n’a d’efficience qu’a partir du moment ou elle devient (ou redevient) un outil de connaissance et d’émancipation ! Saïd Bouamama a mis le doigt sur un des obstacles majeurs de la conscientisation politique des quartiers populaires : « le militantisme des générations spontanées.» Cette véritable damnation qui fait que la transmission du savoir politique et culturel ne se fait que de manière sporadique, discontinue, au gré des individus et de leurs motivations et histoires personnelles. Peut être parce que nombre d’enfants et petits enfants d’immigrés ne se projette socialement que par le biais de l’histoire officielle et le roman national que l’école républicaine lui enseigne, quitte à vivre cela comme une dénégation ou une ablation d’une partie de leur identité.
Ainsi, peu nombreux sont celles et ceux qui s’impliquent dans la conservation, la réhabilitation et la diffusion de cette mémoire…mais ils/elles existent. L’enjeu n’est pas de rentrer dans une quelconque logique de « mémoire concurrentielle », ni même d’ériger la victimisation en posture à défaut d’autres arguments. Non la mémoire doit se transmettre de façon linéaire d’une génération à l’autre de manière à assurer une continuité de l’action politique émancipatrice. Le colonialisme est présent dans notre société, il n’est pas éradiqué, même si en surface le racialisme colonial n’est plus assumé, il perdure par le biais des projections que la majorité se fait des « minorités visibles ». Il continue d’inspirer tous les processus discriminatoires et maintient les inégalités en dépit de la loi et de la constitution.
C’est pourquoi cette mémoire ne doit pas être bradée ou instrumentalisée, elle ne doit pas devenir une longue suite de commémorations à bas coût politique ! Cette mémoire n’est pas un folklore, elle doit servir d’exemple pour les luttes d’aujourd’hui et de demain. Le 8 Mai 45, le 17 Octobre 61, la Guerre d’Algérie, la Guerre du Rif, les guerres de libérations des anciennes colonies, l’Etoile Nord Africaine, le Mouvement des Travailleurs Arabes, les figures emblématiques de Kwamé N’Kruhma, Ahmed Ben Bella, Amilcar Cabral, Thomas Sankara, l’émir Abdel Kader, Toussaint Louverture, Abdelkrim Khattabi, Ben Barka, Menelik II et tant d’autres encore doivent servir à l’édification intellectuelle de notre jeunesse, pour que celle-ci ne grandisse pas dans le ressentiment et la schizophrénie. Cette mémoire est un bien précieux et elle doit nous aider à faire tomber les murs qui nous séparent encore de la justice sociale vraie et absolue, de l’égalité inconditionnelle et de la dignité inaliénable !
La séquence politique à venir ne manquera pas de nous fournir dans nos luttes de vrais et de faux amis, à nous de savoir faire le tri. A nous de soutenir des gens qui mettent en danger leur nom, leur intégrité morale et physique. Des gens qui comme, Houria Bouteldja, sont les fervents défenseurs de cette mémoire et des populations de nos quartiers populaires, et qui sont harcelés et trainés devant la justice par des gens qui rêvent encore du temps béni des colonies, des gens qui, comble de l’ironie l’attaquent pour « incitation à la haine raciale » !!! Le 12 octobre prochain devant le TGI ces grotesques accusations voleront en éclat, nous lui témoignons au passage tout notre soutien et notre fraternité ; c’est un fait la parole libre ne doit pas être criminalisée !
Pour résumer notre pensée je n’ai rien trouvé de mieux que cette citation de Léon Trotsky :
« Celui qui ne sait défendre les vieilles conquêtes n’en fera jamais de nouvelles. »
Une citation à méditer si nous ne voulons pas que notre avenir ne soit fait que de Rage et d’Amertume.
Mohamed Bensaada
QNQF

Communiqué Remaniement Gouvernemental

Voilà que l’onde de choc des révolutions arabes provoque des remous jusque dans les couloirs de l’Elysée. Nous ne pouvons que nous satisfaire du départ de Mme Alliot-Marie, elle emporte avec elle son incompétence, son incurie et son incompréhension du monde dans lequel elle vit. Nous sommes aussi débarrassés de notre sinistre de l’intérieur et de ces condamnations pour racisme.
Hortefeux est rejeté dans l’ombre mais pas sa xénophobie puisqu’en ressuscitant le ministère de l’Intérieur et de l’Immigration notre Président renoue avec les pages et les dérapages les plus sombres du débat sur l’identité nationale. Preuve supplémentaire que celui-ci assume l’orientation dangereuse de sa politique, la nomination à la défense de Mr Longuet fondateur du groupuscule d’extrême droite « Occident », qui expliquait encore récemment à des journalistes la différence entre Français et Français en glosant sur « le corps traditionnel de la nation » .
Aux affaires étrangères nous avons désormais Mr « le meilleur d’entre nous »qui devra se départir de sa morgue naturelle s’il ne veut pas subir le même sort que Boris Boillon, le chippendale diplomate fraichement nommé ambassadeur à Tunis et déjà conspué.
Dans son allocution, Mr Sarkozy, nous a clairement indiqué les grandes lignes de la future présidentielle. Il ne fait aucun doute que l’Immigration et l’Islam seront les deux boucs émissaires de la prochaine campagne. En choisissant délibérément de chasser sur les terres arides de l’islamophobie, de la xénophobie et de la division, le président en exercice commet une double erreur morale et stratégique.
Dans ce discours sans surprises Mr Sarkozy, n’a aucun remord, pas même l’esquisse d’une tentative de réflexion introspective sur les échecs de la diplomatie française en particulier et de sa politique en général. Au contraire le cadre idéologique du Sarkozysme est défendu, réhabilité par le réajustement entrepris. Comme si le fond restait valide et que seule la forme avait failli ! Notre président prétend avoir compris l’aspiration des peuples arabes, il nous engage à ne pas en avoir peur et nous mets, dans la foulée, en garde contre le Tsunami migratoire qui va nous submerger maintenant que ses amis bien aimés Benali, Moubarak et Kadhafi ne sont plus là pour nous en protéger. Etranges digues, curieux remparts en vérité, mais très éloquents pour le coup. Dans l’esprit de notre chef de l’état la liberté des peuples du Maghreb, du Machrek et d’Afrique entraîne inéluctablement la liberté de venir chez nous sans être massacrés dans le désert libyen, noyés au large de Lampedusa ou dans le détroit de Gibraltar. Mr Sarkozy se réjouit que l’Islam politique ne soit pas le moteur de ces insurrections et s’étonne presque que les leitmotivs des révolutions en cours soient si proches des valeurs universelles qui nous sont si chères. Dans la tête de notre président il semble que cette « universalité » des valeurs est restrictive et qu’elle pourrait être résumée par la formule suivante : « les valeurs universelles occidentales ». Celui qui a écrit ce discours est surement le même que celui qui a rédigé le pathétique discours de Dakar…Incorrigible ! Mr Sarkozy n’a pas manqué de nous resservir son projet néocolonial d’Union Pour la Méditerranée, comme unique perspective de collaboration et de partenariat entre les deux rives. Il oublie simplement que ces interlocuteurs ont changés, que la docilité des dictateurs corrompus est révolue et que les dirigeants de ces pays se sentiront dans l’obligation de faire aux mieux des intérêts de leurs peuples ! Les Accords de Partenariat Economique contenus dans le projet de l’UPM sont univoques et ressemblent à ceux qui ont affamés les peuples de l’Afrique subsaharienne. Inacceptables !

Quartiers Nord/Quartiers Forts 27 Février 2011

LUNDI 31 JANVIER A 18H30 AUX MOBILES 

(haut de la canebiere) 

RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN

AU PEUPLE ÉGYPTIEN 

A BAS LA DICTATURE DE MOUBARAK

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE ÉGYPTIEN

Les manifestations des Egyptiens contre la dictature de Moubarak sont violemment réprimées. Cette répression contre les manifestants au Caire et dans de nombreuses villes de toute l’Egypte a déjà fait plus de 100 morts, des centaines de blessés et d’arrestations.

Comme en Tunisie où la dictature de Ben Ali a été ébranlée et le dictateur chassé par la formidable mobilisation du peuple tunisien et en particulier de sa jeunesse, le peuple égyptien et sa jeunesse sont partis à l’assaut du régime de Moubarak et crient leur refus de la dictature, du népotisme, de la corruption et de la mal-vie.

Ce lundi 31 janvier 2011, a été lancé un rassemblement de soutien à la lutte du peuple égyptien, avec comme objectif de rassembler dans l’urgence toutes les voix solidaires pour dire :

A BAS LA DICTATURE DE MOUBARAK

HALTE À LA REPRESSION, A LA TORTURE, AUX EMPRISONNEMENTS

HALTE A L’ETAT D’URGENCE ET À LA CENSURE

VIVE LA LUTTE DU PEUPLE EGYPTIEN CONTRE LA DICTATURE

Collectif Solidarité Maghreb

Révoluti on Tunisienne, ce que ça change.

tunisierevolutionmondearabe1295531101.pngLorsque le 9 novembre 1989 le mur de Berlin s’effondrait inéluctablement, peu nombreux étaient ceux qui prédisaient la chute de l’empire soviétique dans la décennie suivante. Peu nombreux étaient ceux qui mesuraient la portée symbolique et les répercussions irréversibles de la destruction de ce mur de la honte. Rétrospectivement il est toujours évident de tirer des conclusions et de clamer sa préscience des événements,   tout comme au lendemain des libérations et des révolutions les opposants et résistants de la veille se retrouvent noyés au milieu d’un fleuve de combattants de la 25ème heure.
En vérité, seuls les militants d’une cause juste ont l’espoir fou que les choses peuvent changer…et ils/elles sont peu nombreux. Mohamed Bouazizi  en s’immolant par le feu ce 17 Décembre 2010 ne savait pas qu’il allait par son sacrifice déclencher un ouragan révolutionnaire qui emporterait le régime de Ben Ali. Il ne le savait pas et personne ne le savait, beaucoup  l’espérait !
Pendant plusieurs semaines, pendant que l’effervescence tunisienne mobilisait l’attention du monde arabe, de l’Afrique et des militants et sympathisants des causes populaires à travers le monde, la novlangue médiatico-politique récitait sont lamentable couplet sur « les émeutes en Tunisie ». Evidemment, dans l’esprit des tenants de ce discours il ne faisait aucun doute que des arabes ne pouvaient pas, ne devaient pas être capable de faire une révolution. Ce complexe de supériorité  néocolonial témoigne de la complaisance intellectuelle d’une partie de nos élites à l’égard des pouvoirs, de quelque nature qu’il soit. Il témoigne de cette docilité à l’égard « du pouvoir » en général, aussi odieux et caricatural fut il ! Et puis, parlons franchement, l’Histoire est là pour témoigner de la capacité de certains peuples à s’émanciper, et  sur l’inaptitude d’autres peuples à la liberté et à la Démocratie.
L’odeur enivrante de la Liberté.
J’ai la chance d’être arabophone, et lorsque ce 14 Janvier 2011 vers  18H, en zappant frénétiquement d’une chaîne à l’autre, je suis tombé sur l’allocution de Mohamed Ghanouchi qui annonçait en direct sur Al Jazeera que Ben Ali était dans l’incapacité de « présider » pour cause de fuite honteuse vers une destination inconnue, je me suis mis à pleurer de joie, cette joie rare dans la vie des hommes, cette joie qui submerge et soulage, une joie transcendantale et rédemptrice. Ce genre de sensation qui vous rend tout possible. Une joie emplie de fierté et d’admiration à l’égard de ce peuple Tunisien qui venait de mettre à bas, envers et contre tout, une des dictatures les plus implacables de la planète. J’ai pleuré comme un enfant, époustouflé par ce que les tunisiens, au prix d’une lutte héroïque et exemplaire, venait d’accomplir. Je me suis mis à appeler tout mon petit monde pour partager cet instant d’éternité avec eux et j’ai entendu le souffle court de mes interlocuteurs téléphoniques, j’ai senti la tension dans leurs paroles et cette douce incrédulité de la victoire, j’ai entendu leurs cœurs battre au diapason du mien et du peuple tunisien. La rue arabe venait de prouver à la face du monde que tout est encore possible même à celles et ceux qui dans le concert des nations tiennent lieu de parias, d’attardés, de relégués ! Une joie qui effaçait à elle seule des lustres de frustration, d’oppression, de sous développement, d’analphabétisme, de pauvreté, de tyrannie et d’injustice. Une joie qui prenait sa revanche sur des années de condescendance, de mépris et de paternalisme. Une revanche symbolique sans méchanceté, sans amertume contre l’histoire et ses outrages, contre les regards en biais, contre le racisme et cette faculté qu’il a de nous démontrer notre « infériorité » et celle qu’il a de conforter les autres dans leur  « supériorité ». Dans mon panthéon le peuple tunisien vient de s’arroger une place éminente et dans l’esprit de tous les militants de la liberté il doit s’y retrouver.
La rue Arabe? Vous avez dit Arabe?
Ce vieux père de la nation arabe, Hussein Ibn Ali, à laisser à la postérité la mémoire de sa lutte contre l’impérialisme ottoman et l’idée d’une communauté de destin des peuples arabes. De cet héritage de nombreux intellectuels et hommes politiques façonnèrent au gré de leurs combats et de leurs réflexions, le concept du panarabisme. Concept culturel et politique qui transcende la diversité religieuse pour ne retenir que l’appartenance ou le sentiment d’appartenance à la culture et à la civilisation arabe. De la chute de l’empire Ottoman à la colonisation et aux luttes pour l’émancipation des peuples du Maghreb jusqu’au Machrek les combattants de la libération y ont puisé une partie de leur inspiration et de leur légitimité. Sa traduction politique se retrouve dans le parti Baas en Syrie et en Irak, le Nassérisme en est aussi une déclinaison. Bien entendu, cette filiation n’a pas été à la hauteur de l’espoir de ces peuples et les dérives dictatoriales ont succédées au joug colonial. Le panarabisme subsiste pourtant encore dans le fait que (par exemple) tous les arabes se reconnaissent dans le calvaire du peuple palestinien, et si l’idée n’est plus de réorganiser la nation arabe à l’image de ce qu’elle fût au VIIème siècle, la langue arabe parlée de Nouakchott à Aman, de Damas à Tunis et du Caire à Rabat, donne un consistance à ce sentiment. Evidemment ce sentiment panarabe fait partie d’un état d’esprit atavique où la nostalgie désuète sert de bouée de sauvetage à des millions d’hommes et de femmes en prise directe avec une réalité bien moins reluisante que ce glorieux passé tant fantasmé. Cette réalité est faite de sous développement,  de restriction, de corruption, d’aliénation des libertés individuelles et collectives, de brimades. Elle est faite d’injustice et d’inégalité, d’une féodalité basée sur la force, la peur et l’argent. Dans tous les pays arabes, avant la révolution tunisienne et excepté la Palestine où la démocratie s’exprime malgré l’occupation Israélienne, les régimes en place sont des autocraties autoritaires au mieux, dictatoriales au pire. Dans tout le monde arabe les gouvernements sont accrochés à leurs pouvoirs respectifs comme d’indélogeables arapèdes. Chaque mouvement géopolitique majeur est pour eux le prétexte pour re-légitimer indéfiniment leurs longévités à la tête de leurs états. L’indépendance et le rôle qu’ils ont pour la plupart joué dans ces luttes constitue souvent le socle de leurs accession au pouvoir. Ensuite vinrent les alignements (ou les non alignements) respectifs au bloc Est et ouest, puis les conflits frontaliers qui mobilisent et canalisent la fureur du peuple sur le voisin. Le choc de la révolution iranienne et  le « danger islamiste » qui fut la marotte des années 80/ 90, aujourd’hui « La guerre contre le Terrorisme » sert de paravent à toutes les critiques et justifie à elle seule que les aspirations du peuple soient sacrifiées sur l’autel sécuritaire. Cet assujettissement de l’ensemble des peuples arabes par des oligarchies décadentes et corrompues, ne sachant répondre, aux populations dont ils ont la charge, que par la répression, la censure et la brutalité, a fini par faire accroire même aux plus déterminés que cette « Hoggra » (injustice-mépris) était une fatalité et que la Démocratie, la liberté et  l’égalité ne pouvait pas s’appliquer aux nations arabes ! Le choix politique se résumait à deux alternatives : l’Islam politique radical ou le régime autoritaire et liberticide. Les tunisiens viennent de réinventer un autre possible pour la rue arabe, et cette perspective doit hanter les jours et les nuits de tous les dirigeants arabes, parce que tout les peuples arabes se sont reconnus dans la lutte tunisienne et que tous les arabes se sont sentis tunisiens, comme nous nous sentons tous palestiniens ! De l’autre coté tous les chefs d’états arabes se sont reconnus en Ben Ali; Tous savent maintenant qu’ils font partie du passé et que le schéma politique actuel, en cours dans ces pays, est révolu! Tous savent que l’Histoire est enfin en marche de ce coté ci de la Méditerranée, et que la façon dont se produiront les changements ne tient finalement qu’a leur intelligence…parce que les changements se feront! Avec ou sans eux! Avec ou contre eux!

Elargissons la perspective.
Fraîchement libéré des griffes de sa gracieuse Majesté et de son Empire Britannique, Kwame Nkrumah eut une vision: celle d’une Afrique forte, libre, souveraine et solidaire. Lors de la 7ème Conférence panafricaine à Accra il entonna un retentissant “United States of Africa, NOW!!!”. En le disant il savait que le chemin serait long et tortueux, qu’il passerait par l’étape des fédérations régionales et qu’il faudrait dépasser les nationalismes ombrageux, les calculs personnels, les rivalités ethniques pour parvenir à l’élaboration d’une Politique africaine Commune. Il le savait tout comme d’autres, qui à la veille et au lendemain des indépendances des pays du Maghreb, se mirent à rêver d’un Maghreb uni à 3 ou à 5 entités. Les Ben Barka, Ben Bella et Bourguiba se le promirent au nom de cette fraternité maghrébine qui avait été le ciment du soutien indéfectible que les marocains et tunisiens, déjà libérés (de la puissance coloniale), avait offert aux frères algériens dans leur lutte tragique et sublime face à la métropole. Les lendemains qui chantent sont rares, et l’histoire du Maghreb post colonial est là pour nous le rappeler. Mais la révolution tunisienne, même s’il faut être prudent, ressuscite brusquement ce rêve enterré depuis 50 ans. Ce qui change c’est que si les peuples du Maghreb accèdent tous à la Démocratie réelle, ils seront à même de comprendre que leur avenir passe par l’unité du Maghreb et l’unité Africaine. Ce que les dirigeants ont été incapables de réaliser, par incompétence, lâcheté ou mesquinerie nationaliste, les peuples eux  le feront. Les peuples du Maghreb ont compris que leur intérêt n’est pas d’adhérer à l’Union Pour la Méditerranée, et que comme Ben Ali, les autres chefs d’états  ont bradé leur pays en participant à cette entreprise néocoloniale. Tout comme pour  l’Afrique subsaharienne les Accords de Partenariat Economique sont univoques et ne profitent qu’aux multinationales du nord et aux oligarchies du Sud au détriment des populations. Le Maghreb uni n’est pas une chimère irréalisable, c’est même l’échelon efficient pour commencer à rééquilibrer les pressions de la mondialisation, sachant que la mondialisation, n’est pas seulement un effet de la libéralisation du marché, mais aussi et surtout une nouvelle forme d’impérialisme qui a pour ultime objectif d’accaparer l’ensemble des richesses et des ressources du monde au profit d’une minorité possédante et qui tend à devenir omni-possédante. Un Maghreb uni c’est choisir de reprendre en main le destin du peuple, s’ouvrir des perspectives économiques en interne et assurer un essor économique suffisant pour subvenir aux besoins de la population en termes d’emploi, de logement, de santé, d’éducation et de culture. Rehausser l’indice de développement humain des peuples du Maghreb c’est parier sur l’immense réservoir de talent de la jeunesse nord africaine.  Ce pari doit être relevé, si l’on veut vraiment rentrer de plein pied dans une nouvelle ère de Démocratie et de prospérité.

 

Ce que ça change ici.

La mobilisation contre la réforme des retraites démontre à tous ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, que l’envie de résister est là intacte, formidablement puissante. Mais la fin du conflit nous montre aussi, que de ce coté ci de la grande mer intérieur, la résignation est aussi là pour marquer les limites de cette mobilisation. C’est comme si les manifs, les grèves, les actes de désobéissance civile et tout ce capital d’indignation se heurtait au mur infranchissable de la détermination ultralibérale du gouvernement. Cette résignation qui nous pousse à croire que les combats que nous menons sont perdus d’avance et que, après tout, nous avons fait ce que nous devions…et tant pis pour nous tous !

Cette détestable inéluctabilité des « Réformes » apparaît comme la seule issue du combat, parce qu’idéologiquement, les psycho-sociopathes capitaliste ont gagné la bataille depuis les années 80.Depuis Reagan et Thatcher (« There Is No Alternative »), le capitalisme triomphant a remodelé les esprits, dans le sens d’une éradication des valeurs de solidarité, d’équité et de justice sociale. Tout a été mis en œuvre pour annihiler l’instinct grégaire de l’Homme. Tout a été fait pour flatter l’hédonisme, le consumérisme et la compétition pour aboutir à une atomisation sociale dont l’hyper-individualisme est le symptôme le plus significatif. Le gout et l’intérêt pour les autres ne se retrouve que dans la virtualité des « réseaux sociaux » du Net. Cet isolement interdit toutes les prises de conscience collective et permet à l’arrogance des gouvernants de devenir insultante : « En France, quand on fait la grève, plus personne ne s’en aperçoit », phrase assassine de notre président. Mais  l’arrogance et le mépris ont des limites, la France a répondu cet outrage…pas assez ! Pourtant à bien y réfléchir la Tunisie est un espoir pour tous les peuples du monde, pour tous ceux qui refusent l’ordre établi, les marchés financiers, la bourse, les délocalisations, le FMI, les plans sociaux, les licenciements boursiers, la financiarisation tous azimuts, les plans de restructurations, les arrangements d’en haut et les condamnations d’en bas, l’injustice, l’obscénité des golden parachutes, les subventions octroyés aux entreprises qui licencient, les sans papiers que l’on chasse, les ministres condamnés et sans honneurs qui s’accrochent à leurs maroquins comme la misère s’accroche au monde, les ministres qui propose l’aide de la police française aux dictateurs en perdition, les Bettencourt et les Bannier, les Woerth et les Sarkozy, les MAM et les Hortefeux, ceux qui donnent des leçons de démocratie à la Cote d’Ivoire et feignent d’ignorer leurs amis d’Afrique du Nord, du Gabon, du Congo, du Burkina ou d’Egypte. Pour celles et ceux là, la Tunisie marque un tournant, donne une réponse, une gifle magistrale : rien n’est acquis !!! Et si Warren Buffet triomphait en renversant le concept de lutte des classes et affirmait avec ostentation l’écrasement des classes populaires, les tunisiens viennent de tout remettre à plat ! Rien n’est définitif et oui c’est la rue, le peuple qui gouverne quoiqu’en dise notre sinistre Fillon !!! Les esprits chagrins m’objecteront que rien n’est encore fait en Tunisie et que si le dictateur est chassé, la Démocratie n’est pas encore instaurée. Et après, combien de temps a-t-il fallut à la France pour se débarrasser définitivement de la Monarchie et de l’Empire ? La Tunisie vient de remettre au gout du jour une vérité fondamentale, on ne peut pas gouverner dans l’injustice sociale, aussi petite soit elle.

Je ne me permettrais pas de porter un jugement sur le cours des événements en Tunisie, sur la nature du gouvernement transitoire, la démission de certains  ministres, sur le rôle de l’UGTT, et le manque de place accordé à la jeunesse qui a porté cette révolution à bout de bras et l’a payé chèrement de son sang. J’ai confiance en la maturité des Tunisiennes et des Tunisiens et je suis convaincu qu’ils/elles sauront se débarrasser des remugles de la dictature, du RCD et de tous ceux qui ont du sang tunisien sur les mains. Je vois la colère dans les rues du Caire et je sais que Moubarak n’est pas seul à trembler ! Au « Indignez-vous ! » de Stephane Hessel, les tunisiens nous envoient un message autrement plus subversif : INSURGEZ VOUS !!!

Mohamed BENSAADA

Pour Quartiers Nord/ Quartiers Forts

27 Janvier 2011

Manifestation samedi 15 janvier 2011 à 14h30

Manif Tunisie Janvier 2011
Album : Manif Tunisie Janvier 2011

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UNE JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LES MASSACRES EN TUNISIE 

Manifestation samedi 15 janvier 2011 à 14h30  Aux Mobiles en haut de la Canebière  Solidarité avec le mouvement social en Tunisie !
Halte à la répression ! A bas la dictature ! 
Pour le droit au Travail, à la Dignité, à la Liberté et à la Démocratie ! 

A l’appel du collectif  Solidarité Maghreb :     Nous affirmons notre solidarité sans faille avec le formidable mouvement de contestation que connait la Tunisie ainsi qu’avec les mots d’ordre de la révolte initiée à Sidi Bouzid.  Nous dénonçons l’attitude du pouvoir qui répond aux Tunisiennes et aux Tunisiens par les balles, les arrestations, l’intimidation et la répression.  Nous appelons à la libération immédiate et à l’arrêt des poursuites à l’encontre de tous les emprisonnés de ce mouvement comme de ceux qui l’ont précédé, notamment celui des révoltés du bassin minier de Gafsa, ainsi que les étudiants emprisonnés en raison de leur activité syndicale.  

Nous réclamons que les responsables de la répression, des violences à l’encontre de la population qui ont causé la mort et des blessures graves parmi les manifestants soient traduits en justice.  Nous appelons à une mobilisation nationale et internationale d’ampleur en soutien à la révolte du peuple tunisien initiée par les habitants de Sidi Bouzid.  Nous faisons nôtres les mots d’ordre scandés dans les manifestations à travers toute la Tunisie :   Pour le droit au travail et le droit de gagner sa vie dignement ; 

Pour une juste répartition des richesses ; Contre la corruption et le népotisme.  Nous maintiendrons une mobilisation vigilante pour soutenir toutes les victimes de la répression, pour faire échec à l’entreprise de criminalisation de la contestation, pour répondre aux agressions qui visent les syndicalistes, les avocats, les média indépendants du pouvoir, les associations et partis solidaires de la révolte tunisienne.  Solidarité totale avec les luttes du peuple tunisien   Premiers signataires : Alternative Libertaire-Marseille (AL) – Association des Travailleurs Maghrébins de France(ATMF) – Association des Tunisiens en France (ATF) – ATTAC Marseille – Cap Méditerranée – Collectif Solidarité Maghreb (CSM) – Confédération Nationale du Travail (CNT) – Europe Ecologie – Fédération pour une Alternative Ecologique et Sociale (FASE) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) – Femmes en noir – Gauche Unitaire – Ligue des Droits de l’Homme (L.D.H.13) – Mouvement ETTAJDID de Tunisie – Mouvement contre le Racisme pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP 13) – Nouveau Parti Anticapitaliste (N.P.A.13) – Parti Communiste Français (PCF13) – Parti de Gauche (PG) – Parti des Indigènes de la République (P.I.R Marseille) – Quartiers Nord/Quartiers Forts (QNQF) - Rassemblement pour une Algérie Progressiste (RAP Marseille) – Radio Kalima – Rouge Vif 13 – Solidaires 13 – Survie –  

 

Soutien Tunisie

Curieux tropisme que ce réflexe répressif que les chefs arabes s’obstinent  à utiliser chaque fois que le peuple réclame de quoi vivre, chaque fois que les droits les plus élémentaires sont revendiqués.

Comment oser prétendre que cette Intifada tunisienne  est le fait de groupuscule terroriste ? Lors même que le sacrifice du jeune Mohamed Bouazizi ne peut souffrir aucune explication, ni aucune contestation, tant il s’inscrit dans un contexte de désespérance sociale et de macération des rancunes. Parce que les tunisiens se sont longtemps tus, les tunisiens ont longtemps remisés leurs espoirs et leur aspiration à une vie meilleure. Parce qu’a force d’être brimés, humiliés, relégués par un régime mafieux, qui pour s’établir n’a reculé devant aucune brutalité, aucune corruption, aucune injustice. Ce même régime qui en moins d’un mois a piloté la répression directement du  palais de Carthage, et a fait plusieurs dizaines de morts, des blessés par centaines, des arrestations arbitraires, des familles brutalisées jusque dans leurs domiciles et une police de Benali qui tire sur l’avenir de la Tunisie et qui tue sa propre jeunesse.

Nous adressons au peuple tunisien nos sincères condoléances et nous partageons son affliction et sa rage. Cette rage de vivre et cette volonté d’arracher cette dignité que ce gouvernement et une partie de la communauté internationale continue à lui refuser.

Nous condamnons ce gouvernement et ses affidés et nous les vouons aux gémonies, nous réclamons que les responsables des massacres soient prochainement traduits devant la justice internationale.

Nous espérons que, pour nos frères et nos sœurs tunisiens, ces jours sombres soient annonciateur de lendemain démocratique, égalitaire et solidaire, qu’enfin l’indépendance arrachée en 1956 devienne réalité.

Nous condamnons la complaisance médiatico-politique de l’Europe en général et de la France en particulier. Certains parlent de réaction mesurée et de neutralité et nous les convoquons à comparaitre devant le tribunal de leurs propres consciences. En leur posant la question suivante : si un gouvernement occidental ouvrait le feu à balle réelle contre des manifestants et provoquait la mort de plusieurs dizaines de personnes, cette « mesure »et cette  « neutralité »serait elle toujours de mise ? Ou bien cette indignation à géométrie variable trouverait elle des raisons plus insidieuses et beaucoup moins avouables. Pire,  notre Garde des Sceaux vient de proposer des renforts à  la police de Benali, en vantant le savoir faire de la police française en matière sécuritaire.

Benali est un tyran pour son peuple et rien ne doit justifier qu’il soit soutenu par les puissances étrangères. Les prétextes fallacieux qui le campent comme un rempart contre une menace intégriste en Tunisie ne cachent plus la vérité. Cette révolte est sociale et populaire, elle est l’expression d’un peuple harassé et exaspéré par plusieurs décennies de népotisme, de corruption, de clientélisme et d’inégalité ! Cette insurrection est légitime et exemplaire et elle s’inscrit dans le cadre de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1793 et de son article 35:   « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Par ce communiqué nous témoignons notre admiration à nos frères et nos sœurs de Tunisie et nous leur apportons notre soutien total dans cette lutte émancipatrice.

Vive La Tunisie Libre, Vive le Peuple Tunisien !

Quartiers nord/Quartiers Forts

Marseille le 12 Janvier 2011

Fusillade à la Rose: De Profundis…

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Nous écrivons ces quelques mots à l’adresse de toutes celles et ceux qui œuvrent pour une réhabilitation sociale réelle des quartiers populaires. Nous savons à quel point ce genre d’événement  peut devenir l’instrument de telle ou telle idéologie. Nous savons que les enjeux et les objectifs  de ceux qui s’expriment sur ces affaires sont éloignés de la réalité des habitants des quartiers populaires.

A l’unisson les responsables politiques veulent augmenter le système répressif et veulent repeindre en bleu CRS la totalité de nos quartiers. Soit, mais examinons la part de démagogie et l’économie de réflexion profonde sur le sujet qu’il y’a dans ce genre de réclamations.

L’état peut il assurer la sécurité de tous les habitants des quartiers populaires ? La réponse est non !

L’état a-t-il la volonté de mettre fin aux trafics en tous genres qui alimentent l’économie parallèle ? La réponse est encore non ! A la première question la réponse est non, parce qu’elle n’est ni souhaitée, ni souhaitable. Un policier derrière chaque  habitant cela relève du phantasme frontiste ou du cauchemar sécuritaire le plus abouti. De plus cela n’équivaudrait dans l’esprit des gens qu’à les stigmatiser et à les isoler un peu plus au lieu de desserrer l’étau sociétal que 30 années de politique de la ville inadaptées à mis en place ! A la deuxième question la réponse est encore non, car derrière les postures et les bravades ce système convient parfaitement à  l’élite politique et à une grande partie de la société française :

Lorsque les ténors surenchérissent sur le besoin d’effectifs supplémentaires et remettent en cause (sans en avoir l’air) la probité et l’honnêteté des habitants des quartiers populaires en leur demandant « plus de collaboration » avec les forces de l’ordre. Ces derniers se dédouanent  à bon compte de leurs propres responsabilités, en insinuant que les habitants des quartiers populaires ont fait le choix volontaire  de se soumettre à un ordre qui n’est pas celui du reste des territoires soumis à la législation française. Ils omettent, à dessein, que l’économie parallèle qu’ils/elles fustigent, est une soupape  économique colossale, qui permet de se décharger aisément  de la prise en charge de milliers de familles pauvres dans nos quartiers et plus cyniquement encore de confiner le malaise des quartiers à l’intérieur des quartiers ! Pour suivre notre raisonnement il faut un minimum de capacité d’empathie, et arrêter de prendre le problème par le mauvais bout de
la lorgnette. L’état et les collectivités territoriales se sont désengagés progressivement   de ces quartiers, laissant les habitants dans un sentiment d’abandon et de défiance à l’égard des institutions très avancé. Ce ressentiment est le résultat d’une somme de frustrations individuelles et collectives. Les programmes de réhabilitation qui ne s’occupent que du bâti, les plans banlieues qui ne servent qu’a promouvoir leur concepteur, le taux de chômage cataclysmique et la précarité comme mode de vie, la désertification sanitaire, culturelle et l’offre éducative qui prépare nos enfants à accepter leurs destins. Les fables sur l’égalitarisme et sur l’exemplarité républicaine…toutes ces choses de la vie qui vous font accepter votre statut social de sous citoyen, « d’assisté », de nuisible, cette dévalorisation permanente de nos voisins, de nos familles, de nos anciens et de nos jeunes qui nous maintiennent dans le déclassement social en nous faisant miroiter les chimères méritocrates ou la fortune « au tirage ou au grattage » !

Mme Le Pen s’est exprimée sur le sujet en réclamant la peine de mort pour les trafiquants de drogues ! Et à quand l’autorisation de la gégène lors des interrogatoires ? Cette prise de position assumée n’est pas anecdotique ou caricaturale, elle n’est que la traduction brutale, radicale de la pensée de l’ensemble du corps politique ! Elle réclame des sentences exemplaires (inconstitutionnelle, par ailleurs) parce qu’elle sait pertinemment que ses enfants et  que les enfants des classes sociales favorisées ne seront jamais concernés par  ces jugements. Ce sont effectivement et systématiquement, les fils de pauvres qui continuerons à braver le système et à verser dans l’illicite pour essayer de s’extraire socialement du marasme (nous n’excusons pas, mais nous comprenons) ! Pendant ce temps ils continueront de fournir de « l’évasion et du fun à fumer » aux bourgeois qui vient se fournir au Clos ou ailleurs, aux étudiants en pleine crise de rébellion, aux quadras et aux quinquas amateur de sensation fortes…

Ceux là ne seront jamais inquiétés, même si c’est eux qui rendent ce système si lucratif. Pour parler de ces sujets il faut appréhender l’ensemble des rouages du mécanisme mortifère de l’économie parallèle et arrêter de tirer des conclusions simplistes, même si la politique de comptoir est actuellement érigée en système de réflexion et de décision politique ! Pour cela nous réclamons une réflexion nationale d’envergure sur l’ensemble des problématiques sociales des quartiers populaires. Nous exigeons le recadrage du débat dans le sens de la construction de solutions collectives viables et durables pour les habitants de nos quartiers ! Nous réclamons un moratoire sur le logement et l’emploi dans nos quartiers ! Nous demandons un débat sur la formation de nos jeunes, la prise en charge de nos vieux et la réhabilitation sociale du cadre de vie des habitants des quartiers populaires ! Nous souhaitons que l’on entame une réflexion approfondie pour la réintroduction et la démocratisation de la culture dans nos quartiers. A l’heure des coupes budgétaires nous exhortons l’ensemble des partenaires institutionnels à faire un maximum d’effort dans le domaine de l’éducation et de l’accompagnement scolaire ! Nous demandons avec force un débat national sur la dépénalisation du Cannabis et un effort conséquent autour de la prise en charge de la toxicomanie !

Nous demandons tout cela et plus encore, parce que nous sommes accablés par ce qui vient de se passer le 19 Novembre à
la Rose. Il est inacceptable que sous nos fenêtres nos enfants s’entretuent à l’arme lourde et que rien ne soit fait réellement pour que tout cela s’arrête ! Nous avons une pensée émue pour les victimes et leurs familles, du fond du cœur nous souhaitons leur exprimer notre sollicitude et notre compassion. Nous avons une pensée fraternelle et solidaire à l’endroit de nos voisins, des familles du Clos, qui ne dorment plus de la même manière depuis qu’elles ont entendues le bruit sourd et inexorablement mortel des rafales de AK47 au bas de leurs immeubles ! Nous l’avons aussi entendu et nous n’en revenons toujours  pas ! Nous avons encore à l’esprit ce silence ahurissant qui a suivi cet acte innommable, un silence irréel, comme une faille dans l’espace et dans le temps. Un silence d’où doit émerger un cri de fureur et de dignité, des profondeurs de notre société, bien plus bas que la France d’en bas nous réclamons de l’aide, nous réclamons nos droits !

Quartiers Nord/Quartiers Forts 

Goncourt 2010 ou l’Islamophobie consacrée.

 

Les apparitions télévisuelles de Mr Houellebecq peuvent prêter à confusion, en le voyant disserter paisiblement face à ses interlocuteurs, très complaisants au demeurant, on garde l’image d’un drôle de Dandy des temps modernes, décalé, nonchalant, sociopathe sur les bords et puissamment soporifique . Rien de bien dangereux, ni de très subversif en soi. Pourtant, il faut lire et écouter ce que dit cet étrange bonhomme mal fagoté, derrière sa lipothymie de façade, le discours du lauréat 2010 du Goncourt est extrêmement brutal, plus que réactionnaire et fondamentalement raciste ! Dans une interview donnée au magazine Lire datant de septembre 2001, ce dernier déclarait sans ambages :  « La religion la plus con, c’est quand même l’Islam. Quand on lit le Coran, on est effondré…effondré. ». Nous ne lui ferons pas de procès d’intentions en disant que la narration fictionnelle qu’il utilise dans ses romans traduit le fond de sa pensée, non nous le dirons pas même s’il dit lui même que chacun de ses livres est une part de sa biographie. Dans plusieurs romans écrit par le chantre du Name- droping, celui ci (par le biais de ses personnages) se livre à des diatribes violemment raciste à l’encontre des arabes, ou plutôt des musulmans, parce que comme beaucoup d’autres Mr Houellebecq n’a rien contre les arabes, mais déteste les musulmans, pas pour ce qu’ils sont mais pour leur religion. Ce raisonnement astucieux permet de ne pas tomber sous le coup de la loi, de devenir la victime des intégristes et le défenseur des libertés, de conserver intacte sa respectabilité et par la même de se forger un succès à bon compte et sur le dos de celles et ceux qu’il injurie et qu’il méprise. Bien sûr cet écrivain, à l’instar d’un G.J.Dantec, distille le venin idéologique du choc des civilisations et affirme clairement l’incompatibilité de l’Islam et des musulmans avec les exigences de la modernité. Ces auteurs ont bien compris l’utilisation des médias et la manne providentielle que représentait le créneau de l’Islamophobie littéraire, parce qu’elle rapporte et elle ne nécessite aucun talent réel, ni même une dose de courage, car aujourd’hui en France et ailleurs rien n’est plus facile que de cracher sur les musulmans et de jouer sur la peur et les phantasmes haineux. Au delà de Houellebecq et de ses frasques auxquelles nous sommes relativement habitués, c’est la décision du Jury du Goncourt qui nous émeut parce qu’elle entérine le fait qu’être islamophobe n’est pas rédhibitoire et ne disqualifie pas les auteurs qui le sont ! C’est une grande avancée pour le Racisme dans ce pays et les inconscients et hypocrites membres de ce Jury ne savent pas à quel point il vont décomplexer (si besoin était) la nébuleuse xénophobe, qui jubile à chaque signe favorable que les autorités politiques, économiques ou intellectuelles peuvent lui envoyer. S’il n’était question que de littérature et que nous étions en 1938 ce même jury aurait a coup sur donné le prix à Céline, malgré son « Bagatelles pour un massacre » ou « L’école des cadavres ». Sachant que Céline était un immense écrivain, mais qu’il était aussi une ordure antisémite .Houellebecq lui, n’est que l’auteur de sa propre psychologie décalée, de sa pornographie onaniste et de ses obsessions racialistes. Cette décision est regrettable et elle vient se ranger dans la grande armoire de l’éternel dilemme littéraire entre la forme et le fond, un écrivain est t’il seulement un écrivain ? Son engagement, ses actes, ses opinions comptent t’elles ou pas. Le Jury du Goncourt 2010 a tranché, même les gros Rastos ont droit au Goncourt !!! Qu’a cela ne tienne nous n’achèterons pas ce minable navet et puisque la trivialité n’effarouche plus personne, les militants que nous sommes emmerdent le Jury et celui qu’ils ont récompensé de sa médiocrité ! Pardon, restons nous aussi littéraire, les militants que nous sommes vous conchient !
 
Mohamed Bensaada pour QNQF

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