Euro 2012, chronique d’une France qui ne s’aime pas…

Aussi déplacé que cette comparaison puisse paraitre, l’inconscient collectif français a intégré des événements de l’histoire contemporaine immédiate comme des traumatismes constitutifs de son état d’esprit : entre autres le 21 avril 2002 sur lequel je ne reviendrais pas mais aussi, plus surprenant, l’affaire footballistique de Knysna.  Juxtaposer ces deux entités politique, sportive et médiatique peut relever de l’extrême manque de sérieux de mon approche…et pourtant !

Il faut se rappeler le  naufrage sportif de l’expédition sud africaine et de ses conséquences directes sur leur instrumentalisation politique hystérique, de la part du FN et de la droite populaire. Trop heureuse d’enfouir six pieds sous terre Feu « La France Black, Blanc, Beur de 98 » et le désaveu par la pratique des aspirations identitaires et xénophobes de cette idéologie qui nie tout apport positif à la France de cette immigration post coloniale dont les générations se succèdent les unes aux autres et restent éternellement étrangère au « corps de la nation » .

Le football moderne n’est plus seulement un sport, au sens de ces répercussions politiques et sociales, la France a un problème d’identité que le Sarkozysme a exacerbé. Si l’influence nauséabonde d’un Eric Zemmour sur la pensée française n’est plus à démontrer, il faut aussi dire un mot de ses pendants sportifs que sont les Jean Michel Larqué, Daniel Riolo et autres Pascal Praud :

Lorsqu’on les entend commenter en direct ou en after les prestations de l’équipe nationale, le malaise est immédiat.  L’objectivité n’est pas de ce monde, mais on s’attend de la part de ces journalistes sportifs à un minimum d’enthousiasme, ou au moins à une certaine bienveillance. Hélas, à l’amertume des échecs sportifs, s’ajoute cette bile des reproches, des comparaisons nostalgiques, d’un âge d’or du foot français qui réussissait ( ?) sans Ben Arfa, Nasri, Benzema, Rami et consorts.

Les exploits de ces joueurs sont salués du bout des lèvres, parce qu’après tout ils ne font que leurs boulot et qu’au taux horaire qui est le leurs c’est bien le moins qu’ils puissent faire pour « mériter » de porter ce prestigieux maillot tricolore !!! D’ailleurs la réussite de Zidane et son érection au statut de modèle d’intégration procède de cette idée pervertie que l’immigration post coloniale ne peut se targuer d’être vraiment française qu’a partir du moment où cette dernière réalise des exploits inconcevables…tant pis pour les autres  comme moi qui ne seront à tout jamais que des français de papier !

A contrario, le moindre faux pas est scruté, analysé, décortiqué, espéré, relayé, augmenté, dramatisé. Lorsque les espagnols marquent il faut se boucher les oreilles pour ne pas entendre les éructations quasi orgasmiques de nos propres commentateurs. Un joueur cristallise autour de lui toute la malveillance médiatique qui accompagne l’équipe de France depuis des années, depuis que le visage de la France change et depuis que l’on commence à s’en rendre compte : Il s’agit bien sur de Samir Nasri. Les tords de ce jeune homme sont nombreux, il exerce un métier  extraordinaire et ne donne pas l’impression de s’en apercevoir, il gagne des fortunes et des championnats d’Angleterre, vit avec une femme à la plastique parfaite et semble soutenu par sa famille et ses amis…Si ces performances sont moyennes sur cet Euro, peut on pour autant remettre en cause son talent ? Certains ne s’en privent pas et déversent toute leur rage sur le dos de ce jeune homme à la vie de rêve. C’est de la psychologie de bazar mais qu’importe, Nasri concentre toutes les frustrations car son rôle est éminent dans le fonctionnement tactique et technique de l’équipe de France et que nous sommes 30 millions en France à l’envier quoi qu’on en dise ! Personne n’a pu taper aussi violement sur Zidane parce qu’il avait une relation aux médias moins tendue que celle de Nasri et apparemment une gestion de son image beaucoup plus intelligente. Même si après son coup de boule en finale de la coupe du monde 2006 beaucoup l’avait envoyé bruler au bucher de leurs rancœurs et de leurs ressentiments inavoués…mais c’est une autre histoire.

Pour revenir à Nasri et à ses camarades, c’est surtout le contenu « extra sportif » qui lui est reproché : une désinvolture agaçante, une morgue apparente, l’insolence de cette jeunesse qui ne doute de rien et le fait pour lui et certains de ces camarades de pouvoir s’affranchir du ségrégationnisme social français. Sa relation avec les médias français est étrange, mais malgré lui elle peut s’expliquer par la manne économique que ses dérapages et ses accrochages avec la presse peut occasionner ! En 2010 Anelka et « les mutins de Knysna » ont servit de dérivatif a une France sportivement déboussolée, orpheline d’une génération dorée et incommensurablement douée ! Aujourd’hui Nasri, qui n’est pas une victime sans défense aurait du être jugé sur ses performances sportives et pas sur son conflit avec tel ou tel journaliste, tel ou tel journal sportif. Ceux là même qui reproche le manque d’attachement de Nasri et d’autres au maillot tricolore, devraient se rappeler qu’ils n’ont pas hésité une seconde à faire fuiter le fameux NTM d’Anelka à Domenech. Par souci d’information diront ils, mais au risque de provoquer sciemment un divorce consommé entre l’opinion publique française et cette équipe d’arabes et de noirs ingrats tortionnaires du gentil Gourcuff dont le calvaire a fait pleurer dans toutes les chaumières de France et de Navarre !

Mon billet n’est pas une exégèse sportive de la performance de cette équipe, même si lorsque j’entends les analyses des pseudos footballogue je m’interroge sur mon degré de compétence. Non j’écris ce texte pour mettre en garde celles et ceux qui y mettent plus que du commentaire sportif, pour leur dire à quel point ils/elles sont influents , et à quel point leurs analyses servent les intérêts politiques de la droite extrême de ce pays, à quel point le chauvinisme écœurant de certaines prises de positions journalistiques est une entrave au « vivre ensemble » de ce pays qui se construit dans la douleur. Qu’ils/elles se rappellent que lorsque l’équipe de France joue se sont NOS gosses qui jouent, et que nous devons les encourager en tant que tels sans différenciation et sans malveillance !

 

 

BENSAADA Mohamed

Communiqué de soutien à Jean Marc Rouillan

La Justice est elle vraiment la Justice quant elle
s’acharne à ce point sur un homme et sur son passé ?

Nous ne connaissons de Jean Marc que l’homme
paisible qui travaille et milite jusque dans nos quartiers dans la discrétion
et l’humilité. Jamais nous ne l’avons entendu prononcer de paroles haineuses ou
belliqueuses.

 

Cet homme a déjà passé un tiers de sa vie en
prison, dont sept années en isolement, dans des conditions de vie inhumaines
qui font la spécificité de ce régime carcéral et la honte de ce pays.

Depuis 2007 il s’en tient strictement aux
obligations qui lui sont faîtes et malgré ce le parquet de Paris ne cesse de le
poursuivre de son implacable malveillance.

 

Nous comprenons cet acharnement comme la traduction
littérale du climat anxiogène qui se nourrit
de sa propre matrice. Cette instrumentalisation malhabile ne nous
surprend pas, elle est un des nombreux signes crépusculaires d’un régime qui
convulse, mais qui ne doit pas nous empêcher de maintenir notre dignité et
notre lucidité.  La solidarité avec Jean
Marc Rouillan est un devoir qui s’impose à toutes celles et ceux qui n’acceptent
pas les règles de l’arbitraire.

 

Pour que Justice ne rime pas avec sadisme et pour
que Loi ne soit pas synonyme de torture, nous tenons à assurer notre camarade
Jean Marc, de notre soutien sincère et de notre vigilance à l’égard des suites
de cette persécution politico-judiciaire.

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

18 avril 2012

L’éclat sublime de la médiocrité.

Une analyse politique peut se jauger à l’aune de la
profondeur de la réflexion dont elle est le résultat. Notre époque nous donne
le personnel politique que finalement nous méritons. L’affaire de Toulouse
doit, par sa gravité, nous poser question sur la forme et sur le fond.

Une fois la condamnation des actes abominables perpétrés par
Mohammed Merah unanimement établie, il faudrait que les responsables politiques
se gardent de toutes tentatives de récupération politique de ce drame…dans un
sens comme dans l’autre.

Merah n’est pas un martyr de l’Islam, et le dire c’est déjà
une tentative de justification collective que je regrette parce qu’elle répond
à une mise en cause plus ou moins assumée de toute une communauté.

Lorsque Anders Brejvik à massacré des dizaines d’innocents
personne n’est allé mettre en cause le pape ou les autorités religieuses
protestantes. Pourtant son discours et ses actes étaient aussi décousus
intellectuellement que ceux de Merah…Mais Merah s’appelle Mohamed et de fait,
dans l’esprit de beaucoup, chaque fois qu’un « musulman d’apparence »
(puisque c’est la nouvelle terminologie pour désigner notre altérité) commet
une atrocité il ne fait aucun doute que c’est l’idéologie mortifère de notre religion
qui en est la source, ou notre atavisme violent puisque dès notre plus jeune
âge nous sommes habitués à voir des agneaux égorgés…rappelons aussi que nous
sommes  intrinsèquement des violeurs et
des voleurs, des phallocrates militants et que nous sommes à la pointe de tout
ce que le coté obscur de notre humanité (ou inhumanité ?) peut produire
d’abject, de terrifiant, de monstrueux.

Voilà les bases du débat tel qu’il est posé actuellement.
Comment faire alors pours discuter de ce qui doit l’être, d’homme à homme,
d’égal à égal, dans ces circonstances et dans ce contexte idéologique qui nous
place NOUS les « musulmans d’apparence » dans une situation de
justification permanente et de complicité relative à l’égard de tous les
événements de l’actualité nationale ou internationale, les deux étant
systématiquement liées.

Compliqué, en effet, de répondre à la médiocrité d’un
Longuet qui estimait que les enquêteurs avaient perdu du temps en explorant la
piste de l’extrême droite, parce que pour ce Monsieur comme pour William
Goldnadel il ne faisait aucun doute qu’il ne pouvait s’agir que d’un Musulman.

Difficile aussi de répondre à notre président et  à son gouvernement quant à leur empathie à
géométrie variable dès lors qu’il s’agit d’honorer la mémoire des victimes. Ainsi
Juppé était présent aux obsèques des victimes juives en Israël, et c’est bien
qu’il y soit, mais personne n’a accompagné le militaire « d’apparence
musulmane » au Maroc sur le lieu de son inhumation…étrange émotion que
celle d’une république qui apparemment ne pleure pas ses enfants de la même
manière et le fait ostensiblement savoir !

La victoire idéologique du FN est totale, parce que le
constat amer que j’énonçais plus haut est l’exact ressenti d’un grand nombre de
personnes dans ce pays. Et que les idées du FN ont percolé insidieusement les
autres formations prétendument républicaine. L’UMP,  mais ce n’est plus à discuter ou à démontrer.
Les faits, les décrets, les lois discriminantes et les discours chauvins et
xénophobes  des responsables de cette formation
sont là pour justifier cette assertion.

Mais la contamination est plus large, le mal plus profond
puisque même à « Gauche » le venin s’est propagé, amalgamé et
progressivement installé dans le cœur et dans les têtes des animateurs de ces
formations en général, et plus particulièrement au PS.

Ainsi, dernièrement Monsieur Valls responsable de la
campagne de François Hollande et (l’espère t’il) probable futur ministre de
l’intérieur, s’est fendu d’une déclaration tonitruante et
« abracadabrantesque » sur les dangers de l’islamisation rampante des
quartiers populaires qui seraient investis par un groupuscule
islamo-salafisto-takfiro-gauchiste du nom de « Printemps des
Quartiers ». Et c’est bien entendu là que la médiocrité politique devient
inversement proportionnelle à la profondeur de la réflexion, à la pertinence de
l’analyse et à la « candeur » de l’objectif.

De quoi s’agit-il ? Le PS ne tient plus
(électoralement) les quartiers populaires, et l’équation reposant sur le dogme
de l’électorat captif semble de plus en plus caduque. La campagne de François
Hollande patinant depuis les attentats de Toulouse et la montée en puissance du
Front de Gauche alarme le staff Hollande qui comprend à nouveau que son salut
viendra (peut être) de ces quartiers populaires que le PS comme l’UMP à relégué
socialement, économiquement et politiquement. Mais le « Printemps des
Quartiers » est une épine dans le pied de cette stratégie opportuniste…Un
communiqué de  Monsieur Valls nous
apprend que : « Depuis plusieurs semaines, des
figures controversées de l’islamisme et du communautarisme sillonnent nos
banlieues sous la bannière du ‘Printemps des Quartiers’ », des meetings et
conférences au cours desquelles « la République est sans cesse attaquée».
L’agressivité
et la gravité de l’accusation peuvent étonner voir ébranler certaines
convictions. Mais ne nous y trompons pas cette réaction ne s’explique que par
la lâcheté intellectuelle et le recours systématique au discours anxiogène sur
l’islamisme et le communautarisme et que l’opinion relie invariablement, par
réflexe pavlovien, au terrorisme, à Al Qaïda, aux talibans etc. Mr Valls sait
pertinemment que si sa mise en accusation malhonnête de ce mouvement rencontre
un écho médiatique et que si elle est reprise par d’autres, cela équivaut à une
mise à mort politique sans autre forme de procès. Le procédé est odieux et les
ficelles sont grosses, bien trop grosses pour que nous nous laissions intimider
par des propos sans fondements.

« Printemps des Quartiers » est une tentative de re-politisation
de nos quartiers populaires, qui ne se fait ni par le biais de l’Islam, ni par
le biais communautaire, la diversité des acteurs et des participants est là
pour en témoigner. Elle se fait de manière farouchement autonome et ne s’est
pas, jusqu’à présent, fait récupérer par qui que ce soit…et c’est ce qui gêne
Mr Valls, parce que la lucidité, la fermeté de ce mouvement et l’écho qu’il
rencontre dans les quartiers affole le PS qui n’a pu réitérer son hold up
politique de 83, en récupérant la « marche pour l’égalité et les droits »
et l’a transformé en « marche des beurs » apolitisée et vidée   de son essence politique  en escamotant le potentiel hautement
subversif des revendications légitimes de cette génération, en les substituant
par toute une cacophonie folklorique paternaliste et infantilisante…remplaçant
les rêves de justice et d’égalité par une petite main jaune et un slogan
tragicomique.

Ce qui gêne Mr Valls et ses amis c’est que, ce n’est pas la
république qui est attaquée  comme il le
prétend, mais bien  les partis politiques
au pouvoir depuis 30 ans, parce que c’est leur  interprétation inégalitaire et discriminante
de la République qui est mise en cause. En outre Mr Valls se réapproprie la
stratégie rhétorique des Le Pen père et fille, lorsqu’il parle de lui il parle
de République, tout comme les Le Pen parle de la France en parlant d’eux même.
Les Le Pen ne sont pas la France ! Leur histoire, leur culture politique
et leur vision de la société en font les héritiers de la collaboration, de
Vichy, de Maurras et de Brashillac…ils ne sont que cette France là !

Tout comme Mr Valls n’est pas l’oracle de la République, et
il est temps que lui comme d’autres arrêtent de se prendre pour les
gardiens  du temple, parce qu’avant de
parler de république il faudra avoir un débat sur ce que lui et ses amis entendent
par ce mot qui dans leurs bouches sonne creux, ils ne sont pas les dépositaires
des vertus de la république, au mieux ils en incarnent quelques vices.

Ce qui incommode Mr Valls c’est qu’il n’y a aucune
mansuétude à l’égard du PS et que la décadence de ce parti est régulièrement rappelée
par les participants du Printemps des Quartiers qui subissent au quotidien le
racisme de l’UMP et  le paternalisme
étouffant du PS. Auquel il faut ajouter  l’affairisme, le clientélisme, le népotisme et
l’instrumentalisation politique de la « diversité ». Dois- je
rappeler à Mr Valls les affaires en cours dans les bouches du Rhône et dans le
Nord ? Dois-je rappeler à Mr Valls l’emprise tutélaire de Guérini, de
Frêche et d’autres barons de la Rose sur leurs fédérations respectives ?
Dois-je lui rappeler les subventions du conseil régional PACA ? Dois-je
lui rappeler de nettoyer devant sa porte avant de jeter des anathèmes et des
sorts au gens que sa formation ne subjugue plus ? Dois-je lui rappeler que
ces quartiers, comme le marché de sa bonne ville d’Evry, sont pleins de non « Blancos
– Whites – Blancs
 »,
comme il aime à s’en émouvoir ? Dois-je
enfin lui rappeler que pour grimper à l’échelle, il vaut mieux avoir son séant
propre ?

Voilà en un mot comme en cent ce que m’inspire la triste
réalité du débat politique français…la nausée devant l’éclat sublime de la
médiocrité.

 

BENSAADA
Mohamed

Acteur
associatif participant au Printemps des Quartiers à Marseille

 

A quoi sert Claude Guéant ?

Claude
Guéant, au jour de sa nomination au ministère qu’il occupe, a dû faire un pari
avec son équipe, avec sa hiérarchie et avec lui-même. Le pari reste mystérieux,
mais on peut aisément en tracer les contours : en gros le défi à relever
était de dépasser ou de faire oublier son prédécesseur et néanmoins ami, Brice
Hortefeux.

Bien que
circonspect sur la promotion de Monsieur Guéant, nous ne pouvions que nous
réjouir de l’éviction du sinistre Hortefeux, nous avions juste oublié que si
l’homme était écarté, la méthode et le rôle de sa charge étaient elles bien
maintenues !

Ce qui nous
amène à la question suivante : A quoi sert Claude Guéant ?

On peut
laconiquement répondre à cette question en disant que Mr Guéant est le ministre
de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de
l’Immigration depuis février 2011.

Mais son vrai rôle, quel est il ?

Dans un
communiqué il serait trop long d’expliquer point par point le détail de sa
« fiche de poste ». au dela de sa fonction régalienne de ministre de
l’intérieur, Guéant (tout comme Morano, Lefebvre, Douillet) sert à créer des
points de fixations polémiques de l’opinion. Ainsi Guaino théorise, pense et
met en place l’idéologie profonde du Sarkozysme, mais reste « prudemment »
dans l’ombre lui l’auteur des discours de Dakar et de Toulon (pour ne citer que
ceux là). Notre président se doit d’incarner cette pensée néo réactionnaire
basée sur une mise en pratique quasi littérale du « choc des  civilisations » de Huttington. Il
incarne aussi l’arrogance ultralibérale décomplexée et la défense des
privilèges de classe de sa caste.

Cet édifice
stratégique ne peut subsister que si en son sein il contient des personnalités
suffisamment convaincues et redevables capables, en des termes triviaux,
« d’aller au feu » !

Claude
Guéant est le chef de cette infanterie légère corvéable et sacrifiable à
souhait. Ce corps d’armée de la Sarkozie, chargé d’allumer des contrefeux
médiatiques chaque fois que le besoin s’en fait ressentir. L’arme de
prédilection de cette « troupe d’élite »est l’agitation du spectre
islamiste qui plane sur l’hexagone.

Guéant
existe par le biais de ses déclarations, intellectuellement indéfendable, mais
qui au café du commerce font souvent consensus. Nous n’oublions pas ses sorties
sur l’immigration, le voile, les prières de rue, mais nous allons nous
concentrer sur la mise en relation qu’il a faîte hier entre le vote des
résidents étrangers et la viande Halal.

Mr Guéant
prétend que le vote des étrangers enverrait de facto une multitudes de nouveaux
élus dont le mandat impératif communautaire les obligeraient à revendiquer
l’utilisation de viande Halal dans tous les lieux de restauration collectives.

Première
ineptie, nous avons parlé à dessein de mandat impératif, pour rappeler à tous
le monde que celui-ci n’existe pas en Vème république !

Deuxième
idiotie, les français musulmans existent ! ne lui en déplaise, Mr Guéant
feint d’ignorer que l’Islam est une religion et pas une nationalité, ce qui
fait que dans sa tête et dans son discours il nie l’existence de cette
population, et la présence (symbolique) de certains élus musulmans dans de
nombreux conseils d’arrondissements, conseils municipaux etc. On pourrait
s’amuser de cette gaucherie argumentaire, mais la vase que remue Mr Guéant est
dangereuse, elle peut faire remonter à la surface toutes les scories que des
décennies de coexistence pacifique, de recherches sociologiques, de démocratie
et de paix avaient fini par enfouir profondément. Que nous ressort Mr Guéant dans
cette assertion ?  Si ce n’est le
bon vieux projet d’islamisation de la France qu’entretiendrais dans leurs cœurs
tous nos concitoyens musulmans, qui comme chacun sait, sont sournois et n’ont
pour but que de nous empoisonner avec leur viande Halal, voiler nos femmes et
instaurer la Charia. Il aurait pu terminer ainsi, mais les « non
dits » parlent souvent plus que les mots que nous prononçons…

Troisième
stupidité, Guéant agite cette « menace » de la consommation de viande
Halal, en reprenant à son compte l’idée que s’en fait Brigitte Bardot ou Marine
Le Pen. Conférant implicitement une crédibilité voir même une honorabilité à la
logorrhée raciste de ces deux dames et de leurs alliées. Ce qui est proprement
stupéfiant, c’est la méconnaissance crasse de la réalité et l’apposition de
fantasmes sur des réalités économiques et des contraintes industrielles qui
sont à mille lieues des considérations religieuses ou civilisationelles, si
chères au cœur  de notre ministre de
l’intérieur.

La vraie
interrogation que pose cette stratégie de communication réside dans le fait
que, bien sur, ni Sarkozy, ni Guaino ni même Guéant ne sont des idiots et que
s’ils ré utilisent cette méthode c’est qu’elle correspond à l’ère du temps.
Cette mentalité qui se croit patriote alors qu’elle n’est que bassement
chauvine. Cette idée qu’il existe « un corps traditionnel de la
nation » et que celle-ci serait menacée par la nature allogène de l’islam
et des musulmans de France. Marine Le Pen s’est lancée dans cette brèche sans
vérifier que dans son équipe de campagne certains vivaient grassement de cette
réalité ! Guéant provoque le débat autour de l’islam, des musulmans, des
étrangers et de l’immigration pour faire oublier le bilan économique, politique
et social calamiteux des années Sarkozy, dont acte ! Il brandit la menace
du communautarisme comme un épouvantail, mais il sait pertinemment que le
« vote musulman » n’existe pas ! Il le sait comme il sait que
l’islamophobie est un racisme acceptable et que beaucoup se feront piéger par
la peur, la crise et la crispation sociale qui étouffe ce pays !

D’ailleurs,
s’il peut agir ainsi c’est que les médias sont avides de ces
« dérapages », et que cette connivence interroge. Sans donner de
leçons, beaucoup de journalistes, d’éditorialistes  et de citoyens devraient lire ou relire le
livre de Chomsky et Herman « La Fabrique du Consentement ».
Dans cet ouvrage les auteurs analysent les processus qui transforment
l’information en propagande, ce livre permet de comprendre  la manière dont fonctionnent les médias
dominants qui finissent par participer consciemment ou pas  à la mise en place d’une propagande
idéologique destinée à servir les intérêts des élites politiques et
économiques.

Ainsi le
fond de la polémique passe inaperçu, le vote des résidents est une question de
justice sociale essentielle, et aujourd’hui purement symbolique. Lorsque
Mitterand la promettait en 81 elle avait toute son efficience, en 2012 la
première génération d’immigrés maghrébins s’éteint progressivement et pour
nombre d’entre elles/eux ils auront passé leurs vies en étant que des hommes et
des femmes outils…jamais des citoyens !
Le PS doit répondre sur le fond, les postures et les commentaires de la
phrase de Guéant ne nous intéressent pas, des actes Mesdames et Messieurs !
Nous sommes repus des promesses non tenues, et nous n’oublions pas le sort qui
est fait aux Chibanis en particuliers et à nos anciens en général.

Allez Mr
Guéant, vous reprendrez bien du tajine au poulet ?  Ah mince ! Il est Halal !

BENSAADA
Mohamed

Quartiers
Nord/Quartiers Forts

 

Le monopole de la violence ou la violence du monopole ?

Le monopole de la violence ou la violence du monopole ? balance-justice1-285x300Amnesty, dans un rapport récent, dénonçait les méthodes d’immobilisation et l’impunité des forces de l’ordre, dans les affaires ayant entraînées la mort de personnes au cours ou à la suite d’interpellations. L’ONG s’appuyait en partie sur le cas de Hakim Ajimi, mort à l’age de 22 ans le 9 mai 2008 à Grasse.

Cette tragédie, parce que ç’en est une, rassemble à elle seule l’ensemble des absurdités et des impasses de notre société. On peut continuer à feindre et à ignorer le problème moral (nous osons le mot) que cette affaire pose à la Démocratie française, au pacte social, au peuple et aux élites, on peut en effet laisser macérer cette injustice et ce déni d’humanité que l’on a fait subir à ce jeune homme, à sa famille et à ses proches…

On peut aussi considérer que c’est un « dommage collatéral »  d’une montée en puissance de la politique sécuritariste que la majorité des français à voulue ardemment en élisant Mr Sarkozy en 2007. On peut euphémiser cette histoire en usant de poncifs écœurant du style « on ne fait pas d’omelette, sans casser d’œufs… » et autres saloperies du genre. Tout ça on peut le faire et d’ailleurs beaucoup le font.

Mais la question que nous pose d’outre-tombe Hakim, continue et continuera de hanter notre inconscient collectif : « Qu’ai je donc fait pour mériter ce traitement ? Quelle est donc cette société qui s’accommode aussi aisément  d’une pareille injustice ? ».

Le mot est lâché, JUSTICE, en gras et en majuscule ! C’est la pierre d’angle sur laquelle on construit l’égalité. Sans la Justice il n’y a pas d’égalité, sans l’égalité il n’y a pas de démocratie. Tout le reste est superflu, billevesées, sophisme et discussion absconses. Tout le reste est douleur absurde, sadisme insoutenable et reniement de ce qui doit faire de nous des êtres humains capables de se regarder encore en face sans cette amertume de la culpabilité qui nous hante, sans cette impardonnable  soumission à l’arbitraire !

La facilité voudrait que nous dénoncions le racisme d’état, nous pourrions le faire, mais il y’a longtemps que nous avons renoncé à la facilité et a la démagogie. Dénoncer l’état comme seul responsable, c’est nous dédouaner de nos responsabilités individuelles et collectives !

L’état français, au final, surtout dans cette démocratie des sondages, légifère au gré  de l’actualité, des phobies et des préjugés de nos concitoyens. Il met progressivement en place un arsenal juridique de plus en plus menaçant et restrictif pour les minorités. Mais il est hélas à l’image de ce qu’est la France aujourd’hui ! Un pays effrayé par lui même, bercé par le chant lancinant de la xénophobie et de l’islamophobie ambiante, recroquevillé sur un héritage fantasmé, refusant de thésauriser sur le potentiel de toute une jeunesse trop basanée, trop noire, trop musulmane, trop…différente.

Incriminer l’état et seulement l’état est  un raccourci puérile, il peut satisfaire un discours ou la construction d’une thématique politique, mais il fait l’économie de la vraie réflexion sur le racisme et la nature raciste d’une société, comme le disait Fanon, il ne peut y avoir de degré dans le racisme.

De plus il permet à nos détracteurs de nous faire passer pour de joyeux débiles avec qui aucune discussion sérieuse n’est soutenable. Il ouvre la porte aux comparaisons foireuses, aux extrapolations improbables et enferme le débat hors de l’essentiel.

Quel est cet essentiel ? : Hakim est mort ! Pourquoi est il mort ? et de quoi est il mort ? Si la justice française répond à ces questions, personne ne pourra soustraire les coupables à leurs peines, parce que le dossier est lourd, les témoignages accablants, la défense confuse et la perte de ce jeune homme irréparable pour sa famille, mais aussi pour toutes celle et ceux qui croient en la justice et qui sentent un frisson dans le dos à chaque fois que l’on évoque ce nom et ce prénom, HAKIM  AJIMI, parce que l’arbitraire aurait pu frapper n’importe qui, n’importe où, surtout dans nos quartiers populaires, Hakim aurait pu être notre voisin, notre frère, notre fils…et de fait il l’est !

C’est pourquoi nous rappelons cette mobilisation incontournable autour du procès à Grasse qui se tiendra du 16 au 20 Janvier 2012, avec en point d’orgue une manifestation de soutien a la famille et au comité Hakim Ajimi le 7 Janvier 2012*.

Soyons nombreux à demander que Justice soit faite !

Quartiers nord/Quartiers Forts.                                                                                                 Marseille, le 21 décembre 2011

* :  Rassemblement samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard
      Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle            .

      Un car au départ de Marseille est prévu, Contacts : Adil    : 06 13 20 51 51

                                                                                               Sonia : 06 26 38 38 01

 

 

Soutien au COMITE JUSTICE ET VERITE POUR HAKIM AJIMI

Soutien au COMITE JUSTICE ET VERITE  POUR HAKIM AJIMI dans National HAKIM-AJIMIJUSTICE POUR HAKIM !
PROCES DES RESPONSABLES DE LA MORT D’HAKIM AJIMI
MOBILISATION GENERALE
Nous avons besoin de votre soutien actif!

ENFIN !!!

Après 4 ans de recours visant à passer entre les mailles du filet, les 7
policiers responsables de la mort de Hakim Ajimi, survenue à Grasse le 9
mai 2008, devront comparaître au Tribunal de Grasse du 16 au 20 janvier
2012 :

• 2 policiers de la BAC (brigade anti criminalité) pour « homicide
involontaire »
• 1 policier municipal et 4 agents de Police Secours pour «non-assistance
à personne en danger»

LA JUSTICE SERA-T-ELLE IMPARTIALE ?

Le Comité Vérité et Justice pour Hakim Ajimi appelle à une mobilisation
active en mémoire de Hakim, en soutien à ses proches et pour unir nos
forces :

• rassemblement samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard
Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle

• forum public pendant la semaine du procès, devant le Tribunal de Grasse :
- lundi 16 janvier à 9h
- chaque jour de 16h à 18h (point-info)
- vendredi 20 janvier toute la journée

RESTONS UNIS!!!

 

Assemblée Publique Printemps des Quartiers

Assemblée Publique Printemps des Quartiers dans National AffichePrintemps2012-verte1

Construction politique : Acte II

Construction politique : Acte II dans National no-n2-150x125Le journalisme actuel* est ainsi fait que même lorsqu’il est exercé avec intégrité, il ne peut s’empêcher d’abdiquer devant la dictature du format, la priorisation subjective des événements et l’étiquetage frénétique des démarches. En gros l’analyse politique de fond est souvent sacrifiée au bénéfice de l’immédiateté.

L’article de Politis tente en quelques lignes de faire la synthèse de dizaines d’heures de débats, de 9 mois de préparation, d’échanges sur la forme et sur le fond, de prises de paroles, d’affrontements et de convergences.

L’état d’esprit du journaliste mais aussi de toutes celles et ceux qui pensaient que tout s’articulerait de façon naturelle, sans pierres d’achoppement, sans discussion sur le fond et la forme, dans une sorte d’œcuménisme politique béat infantile, ne manque pas de nous inquiéter.

Évidemment non, rien de tout cela ne pouvait se produire ainsi. Les participants de ces 3ème rencontres sont tous des citoyens engagés, des militants de longue date pour la plupart qui, nourris de leurs réflexions et de leurs expériences individuelles et collectives savent à quel point un processus de construction politique est une démarche complexe, longue et périlleuse.

Évidemment oui, ces militants sont aussi complexes et déterminés que les autres acteurs politiques et associatifs de France et de Navarre, et oui ils discutent et se disputent parce que le débat contradictoire est l’âme de la démocratie, n’en déplaise aux laudateurs du « y’a qu’a, faut qu’on ! ».

Parler d’un demi échec, sous entend aussi que l’on parle d’un demi succès, même si la vision extrêmement réductrice de l’affrontement entre le PIR et le FSQP est une offense faîtes aux nombreux militants présents lors de cette rencontre qui n’appartiennent à aucune de ces deux structures. Cette assertion piétine aussi le dévouement et l’intégrité des organisateurs qui ont dépensés une année entière de leurs vies à la réalisation de cette rencontre. Mais qu’importe le fond du problème est ailleurs.

Les FSQP successifs et les 3 rencontres, celles d’Aniche, de Marseille et de Créteil, font système, elles contribuent à déterminer un ADN politique commun qui synthétise l’ensemble des luttes de l’immigration et des quartiers populaires. C’est un long processus de compilation, d’analyses et de maturation qui progressivement définit notre patrimoine politique commun. On ne peut pas encore parler de Corpus Idéologique, ni de plateforme programmatique. Les débats sur nos orientations sociales, économiques et politiques n’ont pas encore eus lieu de façon formelle. Et si tout le monde s’accorde à dire qu’il y’a nécessité de créer un mouvement politique de l’immigration et des QP, les deux options de la déclaration commune (Acte II) en sont les émanations stratégiques divergentes sur le court terme mais indubitablement convergentes à moyen terme.

Nous devions, au sortir de la séquence politique FSQP (Acte I) et Rencontres (Acte II), valider la création d’un Front Uni, dont le but était de donner une cohérence globale dans l’unité d’action aux mouvements issus de l’immigration et des QP. Cette première pierre posée nous aurait permis de coordonner nos actions locales, de les mutualiser et de court-circuiter toutes les tentatives de préemption des thématiques et des luttes que nous menons. C’était, au dire d’un camarade, « le minimum syndical militant » que tout le monde pouvait signer.  Cela nous permettait d’éviter la focalisation sur les échéances électorales à court terme et la mise en place rapide de 2 ou 3 manifestations d’ampleur nationale qui matérialiseraient la création d’un mouvement politique autonome de l’immigration et des QP. Cela nous permettait aussi de structurer sereinement le futur parti au sein duquel nous souhaitons tous nous retrouver.

Parce que simplicité ne signifie pas simplisme, il faut bien prendre en compte ce que veut dire créer un parti. La démocratie est une discipline très exigeante, et nous ne pouvons pas nous payer le luxe de nous en passer. Pour créer un parti il faut tenir compte des différents niveaux de réflexions, d’implications et de structuration des différentes organisations et individus qui y adhéreront.

Aussi il faut, pour éviter l’enlisement dans les contestations et les frustrations, cadrer au maximum le processus démocratique pour garantir une juste représentation de toutes les sensibilités. Si le rapport de force est une donnée essentielle de la vie politique dans les relations entre exécutifs locaux, régionaux et nationaux, c’est la conviction et la solidarité, le respect et la fraternité qui doivent régir en interne les relations que nous entretiendrons entre nous.

Il faudra donc penser à un congrès fondateur, à des assemblées générales décentralisées pour que les débats aient lieu aussi en région, à des motions d’orientations et des motions ponctuelles qui seront débattues et votées, à l’élection d’exécutifs à tous les échelons, ainsi que l’élection de délégués au futur congrès. Ce congrès au sein duquel sera votée notre ligne politique et nos orientations stratégiques, il faudra nommer des commissions thématiques et des commissions techniques chargées de mettre en application les décisions prises et gérer les investitures pour éviter les usurpations et les conflits, il faudra organiser le secrétariat national et le porte-parolat pour assurer notre lisibilité et notre visibilité…il faudra encore beaucoup de café, de sueur, de cris, de larmes, de rires et d’embrassades pour que nous y arrivions…mais nous y arriverons !

Quartiers Nord/Quartiers Forts, décide d’opter pour la construction du Front Uni de l’Immigration et des QP, nous respectons la décision des structures et des camarades qui souhaitent s’engager dans la création immédiate du mouvement politique de l’immigration et des QP, nous les saluons fraternellement et leur souhaitons avec sincérité le succès dans leur entreprise. Nous leur donnons rendez vous dans les luttes qui nous sont communes et dans lesquelles nous ne manquerons pas de nous retrouver.

« Politiser les masses, ce n’est pas, ce ne peut pas être faire un discours politique. C’est s’acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d’elles, que si nous stagnons c’est de leur faute et que si nous avançons c’est aussi de leur faute, qu’il n’y a pas de démiurge, qu’il n’y a pas d’homme illustre responsable de tout, mais que le démiurge c’est le peuple et que les mains magiciennes ne sont en définitive que celles du peuple. ». Frantz FANON

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 2 Décembre 2011

 

 

* Lire article Politis « La création d’un « front uni » des quartiers est reportée » – 28/11/2011

 

DECLARATION COMMUNE DES PARTICIPANT-E-S LORS DE LA TROISIEME RENCONTRE DES LUTTES DE L’IMMIGRATION LE DIMANCHE 27 novembre 2011 A CRETEIL

arton677.jpgDepuis des décennies nos quartiers populaires sont paupérisés, précarisés, discriminés, surveillés, contrôlés.
Depuis des décennies les habitant-e-s des quartiers populaires et les populations issues des immigrations sont injuriées, humiliées, méprisées, institués comme ennemi de l’intérieur.
Mais qu’on ne se trompe pas, nous sommes exploités, mais non soumis-e-s, opprimé-e-s mais non résigné-e-s, dominé-e-s mais non dompté-e- s..
Des résistances existent, mais sont éparpillées, les mobilisations sont multiples mais invisibles, les combats ne sont pas nouveaux mais insuffisants à changer réellement le rapport de force.
Cette situation catastrophique de nos quartiers populaires est nous le savons liée à notre absence d’auto-organisation coordonnées pour nos quartiers populaire visible au niveau national, capable de produire les rapports de force sans lequel rien ne peux changer.
Elle est liée à la confiscation de notre parole par les organisations et partis politiques qui ne connaissent rien de notre situation, qui la travestissent, l’instrumentalisent, l’euphémisent.
Pour toutes ces raisons les présent-e-s à l’assemblée s’entendent sur la nécessité du passage au politique pour :

· peser sur le rapport de force, par des mobilisations militantes communes sur l’ensemble du territoire,

· dénoncer et démasquer de manière commune toutes les attaques et tentative de récupération de notre situation et de notre combat,

· Etre présent pendant les prochaines campagnes électorales,

· Préparer les prochaines étapes de notre construction politique.
Pour assurer cette nécessité du passage au politique les débats ont débouché sur 2 options :

· La création immédiate d’un mouvement politique susceptible de représenter les intérêts des QP et des Immigrations. Pour les partisan-ne-s de cette option la situation d’urgence justifie ce passage. Première réunion le 17/12/2011 à Créteil).

· La fondation d’un Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires qui n’a pas vocation à remplacer les organisations existantes mais d’être l’expression politique de notre expression commune. Première réunion le 18/12/2011 à Bagnolet.
Ces deux options ne sont pas contradictoires, mais reflètent l’état de notre situation et de nos débats.
Ces deux options continueront à être débattues entre nous, elles seront toutes les deux mises en œuvre par leurs partisan-ne-s respectifs.
Ensemble nous tirerons le bilan de ces deux expériences. C’est dans l’action que naîtra la forme d’organisation adéquate.

Présent-e-s : Bouamama Saïd, Benameur Nora, Badaoui Kamel, Kawtari Tarek, Ech-Chetouani Zouhair, Kokoreff Michel, Lounis Mohamed et Lounis Malika, Hadji Fatma-Zohra, Hessas Khadra, Kriens Samia, Mechta Besma, Sadaoui Nadia, Benatia Abdellah, Bouhalli Rajette, Bouhalli Henda, Slaouti Omar, Sofi Abdelkader, Malika-Sandrine Charlemagne, Khélifi Amara, Kutlu Evrim, Khélifi Fatiha, Goma Banthoud, Tahiri Moulay , Bouadma Hassen, Deneux G, Mangeot Odile, Zerkaoui Atman, Chik Michaël, Darceaux Christian, Benchourak Ouahiba, Coppin Noémie, Bensaada Mohamed, Klabi Tarek, Chaambi Abdelazziz, Youssef Girard, Achour Nadjib, Devigne Vincent, Chetty Janina Rani, Marie-Cécile Pla, Catherine Krcmar, Driss Nabi, Liedri Ahmed, Mouhajer Ahmed, Bousshour Issam-Eddine, Johsua Nico, Samira Belfaquih, Amara Khelifi, Berrahoui Safia, Milizi Fatiha, Ildefonse Niguèle, Fajry Adil, Djaafri Saïd, Atia Abdelkader, Mohammadi Mustapha, Yadel Zohra, Karim Messaoudi, Alima Boumediene, Hasna Abid, Karim Taharount, Samir Hadj Belgacem, Amghar Rachid, Meddour Zouina, Koskossi Nabil, Djoli Mokoka, Mostefaoui Fatima, Hadj-Chikh, Mostefaoui Nadjma, Ghares Mounir, Cherfi Cherif, Mechmache Mohamed, Dehli Abdel, Bennaï Farid , Ahcen Meharza, Hedi Akkari, Zarguit Ali, Dehbi Fadila, Traore Bila, Bouteldja Houria, Mezzine Hassan, Boussoumah Youssef, Aït Mohamed Abd-El-Kader.

Cette déclaration, dite Acte 2 fait suite à celle adoptée le 11 Novembre 2011 (l’Acte 1) lors du 4ème FSQP à Saint-Denis, disponible ici : http://fsqp.fr/Mouvement-politique-acte-1.html, elle est en ligne sur le site de la 3ème rencontre de l’Immigration là : http://luttesdelimmigration.org/?p=430

Printemps 2012 : Pour Exister politiquement !

La séquence politique à venir est déjà là toute proche, nous lisons les déclarations, les positionnements, les postures et parfois les impostures. Nous savons que les communicants n’en finissent plus de faire des rapports et de scruter avec fébrilité les quartiers populaires et l’agitation politique qui pourrait en surgir. Nous savons aussi que l’heure des grandes manœuvres à sonnée et que les exécutifs politiques qui ont longtemps méprisée cette vitalité populaire et démocratique ne peuvent plus se payer le luxe de la dédaigner…c’est déjà une victoire en soi !

Mais elle ne suffit pas, pire elle est synonyme de danger pour un mouvement autonome encore en gestation. Le recul de l’histoire nous permet d’être péremptoire et d’affirmer avec force et détermination que nous savons comment et qui a sabordé l’espoir des marcheurs pour l’égalité de 83. Nous savons qui a instrumentalisé cette cause à des fins bassement électoralistes et qui a sciemment saboté toute la dynamique éminemment politique de ce mouvement en l’enfonçant dans un apolitisme infantilisant et facilement manipulable.

Nous avons aussi vu la traîtrise et la lâcheté, le lynchage de toute une génération à qui l’on ne cesse de répéter dans les discours officiels qu’ils/elles sont les fils et les filles de la République, et autres sornettes illusoires qui sont mille fois démenties dans leurs quotidien par les discriminations de masses, les raccourcis médiatiques ravageurs et le populisme crasseux de la Droite et du FN. En 2005 l’insurrection n’a pas été politiquement relayée, parce que ce pays ne se reconnaissait pas dans cette jeunesse et qu’il préfère s’identifier plus volontiers à celle qui défilait contre le CPE. Pourtant les deux méritaient d’être, si ce n’est soutenue, au moins comprise et rassurée ! Pour notre part, épris d’égalité et de justice sociale nous ne les avons jamais opposées ! La fracture sociale est aussi une fracture trans-générationnelle, une fracture de classe que le discours islamophobe souhaite transformer en fracture ethno-religieuse.

Aussi l’Histoire est un éternel bégaiement…pour les amnésiques, les signataires de l’Appel Printemps 2012 ne le sont assurément pas !

SOS Racisme nous à transformé en gentils beurs (terme exécrable) et en gentils blacks sympas et désinvoltes qui veulent juste que les méchants racistes arrêtent des les tirer comme des lapins. Des jeunes gens éternellement jeunes et insouciants qui ne peuvent briguer aucune charge, ni aucune responsabilité s’ils ne se départissent pas de leurs singularités. En d’autres mots pour la jeunesse des quartiers il fallait soit passer sous le bulldozer assimilationniste, soit se voir condamné à vivre en survêt et casquette jusqu’à la retraite, à danser sur du Hip hop ou à jouer au foot. Plus tard NPNS a cité à comparaitre toute la jeunesse masculine de nos quartiers devant les tribunaux de la République, au motif que nos jeunes gens étaient tous potentiellement des violeurs décérébrés et des intégristes phallocrates aux mœurs arriérés et aux comportements archaïques. Mais le plus grand tord que cette officine ait pu faire dans le débat contradictoire qui oppose les forces politiques issues de l’immigration post coloniale aux institutionnels, est l’installation d’un piège idéologique simpliste (mais ô combien efficace) qui consiste à répondre à toutes les aspirations égalitaires légitimes des classes populaires par un rappel à l’ordre Laïciste. Un dialogue de sourd, puisque nous hurlons au droit et à l’égalité et que l’on nous répond Laïcité ! Comme si les deux s’opposaient ! Ce sophisme permet surtout de gagner du temps et de maintenir le mécanisme ségrégationniste en l’état, en gros on discutera avec vous lorsque vous ne battrez plus vos femmes, vous arrêterez d’égorger vos moutons et quand vous finirez tout de même par admettre l’ordre établi et la diversité cosmétique que nous consentons de façon magnanime a vous accorder !

Ces grosses associations soutenues par le PS et d’autres jusqu’a la Droite ont finit par institutionnaliser l’antiracisme. Aujourd’hui d’autres tentent de « cadrer » le mouvement issu des quartiers populaires. Tout le danger est là, parce qu’il représente en soi une menace réelle de dévitalisation de la dynamique politique enclenchée.

Entre la xénophobie de Droite, le paternalisme débilitant de Gauche et l’Islamophobie générale, l’espace politique est restreint et nous voguons de Charybde en Scylla. Mais cet espace existe et nous pensons que la démarche de Printemps 2012 arrive au bon moment, au bon endroit et avec les bons acteurs. Cette initiative fait le pari que c’est la solidité de son ancrage populaire et la conséquence de sa base qui lui assureront la réussite. Ainsi le débat ne sera pas confisqué et confiné à des échanges convenus entre « gens de bonne composition ».

Les comptes politiques ne sont pas soldés, loin s’en faut, nous signons cet appel parce que nous voulons reposer les bases du débat sur les quartiers populaires, en utilisant cette fois ci le prisme du ressentiment légitime des habitants de nos quartiers, dont la situation est connue et ne fait plus débat. Mais cette situation mérite des éclaircissements, soit nous habitants des quartiers populaires sommes des citoyens de seconde zone avec des devoirs similaires et des droits diminués de façon officielle, soit nous sommes toutes égaux et libres et jouissons pareillement des mêmes droits et devoirs que nos autres concitoyens. L’interpellation n’est pas anodine, elle rebat les cartes et fait tomber les masques.

Printemps 2012 est une chance unique de mettre en place cette convergence des luttes populaires, de les structurer, de mutualiser les expériences et les compétences de terrain. C’est une chance unique de transformer cette matière militante incandescente en matière politique, une chance d’enfin mettre en pratique les valeurs de solidarité, de partage, de fraternité dont nous nous réclamons. C’est une chance d’étancher enfin notre soif inextinguible de justice sociale, et d’assouvir notre faim d’égalité.

Tous les futurs sont possibles, mais ils dépendent aussi de la façon dont nous les construirons, nous avons la possibilité de nous unir dans le respect de nos divergences et de la plateforme politique que nous établirons collectivement. Mais nous sommes toutes et tous déterminés à exister, et comme disait Sayad « Exister, c’est Exister politiquement ». Nos identités ne sont pas négociables, nos revendications ne sont pas à minorer, et notre sincère dévouement à la cause de nos frères, de nos sœurs et de nos camarades des Quartiers populaires n’a d’égale que notre détermination. A nous maintenant de nous montrer digne de cet espoir !

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille le, 29 Octobre 2011

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