Communiqué Palestine

QNQF se joint à l’immense majorité des habitants des
quartiers populaires du nord de Marseille pour exprimer sa tristesse et faire
part de ses condoléances aux familles des victimes de ce conflit.

A notre niveau, il est évident que nous ne pouvons qu’être
révulsés par la brutalité du gouvernement israélien et nous ne pouvons que nous
joindre au concert de protestations internationales…qui hélas ne suffisent pas à
tempérer le cynisme criminel des dirigeants israéliens qui pensent construire
leur réélection sur  des monceaux de
cadavres palestiniens !

Les mots sont importants, presqu’autant que les faits, et
les faits sont les suivants à l’heure ou nous parlons : 138 Palestiniens,
dont 34 enfants, et cinq Israéliens sont morts depuis le début des
affrontements, la disproportion des pertes prouve a elle seule qu’il ne s’agit
pas d’une guerre mais d’un massacre tant l’asymétrie des forces en présence est
évidente ! De plus il ne s’agit pas d’une guerre entre Israël et  les « islamistes » du Hamas, mais
bien de la continuation d’un conflit colonial entre un état,  Israël, et un peuple, les palestiniens.
Peuple, a qui apparemment personne ne reconnait le droit à la sécurité et à la
souveraineté.

De là où nous parlons nous ne pouvons que dire HALTE AU
MASSACRE !

De là où nous parlons nous ne pouvons qu’interpeller les
responsables politiques locaux pour qu’ils prennent conscience de la part de
responsabilité qui est la leur dans ces atrocités ! Nous ne pouvons que
leur dire a quel point chaque fois qu’ils se taisent et détournent les yeux,
ils perdent en crédibilité, en honneur et en humanité. L’honneur est une
futilité nous répondras t’on, nous ne le pensons pas et nos concitoyens leur
tendrons le miroir pour s’y regarder…en temps et en heure.

 

Marseille, le 21 Novembre 2012

Mohamed BENSAADA

Pour Quartiers Nord/Quartiers Forts

« Ma ville accélère…droit dans le mur! »

Ma ville accélère affiche

4èmes rencontres des Luttes de l’Immigration.

4èmes rencontres des Luttes de l'Immigration. 4-emes-rencontres

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Soutien à Houria Bouteldja et aux deux Said

Le Front Uni des
Immigrations et des Quartiers populaires (FUIQP) condamne  vigoureusement l’agression dont a été victime
Houria Bouteldja militante du PIR et du FUIQP (agression revendiquée par la
milice fasciste LDJ). Cette agression confirme une nouvelle fois la nécessité
d’une mobilisation et d’une solidarité sans faille face aux développements des
pratiques racistes et fascistes de la LDJ mais aussi de toute la galaxie
d’extrême-droite. De la même façon le FUIQP se tient au côté de Said Bouamama
qui est membre actif de notre Front et de Saïdou du groupe ZEP qui sont
poursuivis en justice par l’AGRIF. Il n’y a qu’une seule réponse à ces
tentatives d’intimidation : soutenir plus que jamais la lutte du peuple palestinien
et transformer les poursuites en justice des militants en contre-offensive
politique et en tribune pour dénoncer les nouvelles guerres coloniales,
l’islamophobie, les crimes racistes et sécuritaires, les discriminations
systémiques et institutionnelles, la chasse aux Roms et aux Sans-papiers, la
situation de non droit que constitue l’absence de droit de vote pour nos
concitoyens résidents étrangers, etc. Le FUIQP prendra toute sa place dans les
mobilisations concernant tant Houria que les deux Said. Il appelle à faire
converger les deux combats et les deux mobilisations. Dans l’immédiat, il appelle
à participer au rassemblement du jeudi 8 novembre de 17 h 30 à 19 h à l’angle
du ministère de la justice (croisement de la rue de la paix et de la rue
Danielle Casanova, métro Opéra).

 

Paris le 29 octobre 2012

Bienvenue à Gotham City

l’ histoire n’est pas une longue succession d’évènements
linéaires. Elle poursuit une trajectoire sinusoïdale qui lui est propre, faite
de ralentissements et d’accélérations positives ou négatives.

Ces derniers jours, Marseille, a monopoliser les unes
des JT, des radios et des premières pages de la presse écrite. En mal, cela va
presque sans dire (hélas!).

on pourrait croire qu’il s’agit là d’une succession de
nouvelles qui font coïncidence, mais se serait faire preuve d’un détachement
entaché de mauvaise foi. On pourrait aussi se dire que le Marseillais “mangent
leur pain noir” et qu’après l’orage vient le beau temps et ce serait, pour le
coup, être déraisonnablement optimiste, pour ne pas dire aveugle!

 

en peu de temps, nous avons eu la suite du feuilleton
sanglant des Kalachnikovs, la polémique sur le recours à l’armée, l’arrivée
providentielle (?) des investisseurs Qataris, les affaires touchant des élus
qui offrent des “croisières” à leurs “chers” (au propre comme au figuré) administrés,
l’affaire des subventions du conseil régional, celle du conseil général qui
rebondit aujourd’hui avec le volet des appels d’offres et les soupçons de
favoritismes, la chasse au Rroms et la duplicité coupable des pouvoirs publics
locaux… et pour finir la chute de la BAC Nord.

 

Tout ça dans une ambiance générale de décadence, de
passe droit, de résignation et d’abandon. Les déclarations tonitruantes n’y
changent rien, les vue de l’esprit non plus. On vend à l’extérieur, l’image
d’une ville multiculturelle, ambitieuse et résolument tournée vers l’avenir.
Vue de l’intérieur Marseille est une ville où la gentrysation à marche forcée
voulue par une grande partie de la classe politique locale, fait des ravages en
rejetant progressivement hors du sacrosaint périmètre Euro-méditerranée tous ce
que Marseille ne doit pas montrer pour paraitre belle, attractive, compétitive.
Dans cette obsession municipale hédoniste, il y’a le déni de réalité sur les
pratiques discriminatoires, le séparatisme social et la ghettoïsation
inéluctable des quartiers populaires de Marseille.

 

Cette guerre à la misère se répercute par ricochets
successifs : aussi les habitants des quartiers sud s’organisent et font
pression pour que le logement social ne soit concentré que dans les quartiers
nord, les élus qui les représentent, obnubilés par leur survie électorale (la
Politique n’existe pas à Marseille !) font en sorte depuis des décennies
d’organiser le séparatisme social, relayés en cela par le zèle de certains
bailleurs sociaux qui vont jusqu’à mettre en place un découpage ethnique de
leur parc immobilier. Par voie de conséquence, le dernier arrivé se retrouve
systématiquement au centre de toutes les formes de stigmatisations. Chassés du
centre et du sud de Marseille, les plus pauvres parmi les plus pauvres se
retrouvent rejetés dans les quartiers nord (hier les maghrébins, les africains,
aujourd’hui les Rroms…). Les quartiers nord, lieu de tous les fantasmes, de
toutes les précarités, de toutes les oppressions sociales et économiques, lieu
de désespoir, échec patent des politiques de la ville successives, résultat de
la lâcheté institutionnelle, des postures sans lendemain, des déclarations
enflammées qui génèrent un fol espoir aussitôt déçu ! Lieu de la
ségrégation sociale à la française et du désengagement de l’état. Les quartiers
nord, bastion politique du PS local médiocre et affairiste, dormant sur les
cendres fumantes des concepts éculés de l’électorat captif et de la clientèle
politique. Les quartiers nord, théâtre opérationnel du mépris de la démocratie,
ou plutôt de la pseudo démocratie, vérolée par la féodalité de fait que
provoque l’abus de pratique détestable érigée en institution, Babylon du
clientélisme, Sodome du népotisme, Gomorrhe du post colonialisme…

Sur ce terreau favorable à la rage et à l’amertume, le
court-termisme politique fait le lit de l’extrême droite qui prospère sans même
faire campagne. Les tabous et les verrous sautant les uns après les autres, la
voix de la haine raciale se fait entendre, elle se fait légitime, elle se
prétend de bons sens, elle réécrit la norme.

Pendant ce temps
l’état brandit la « République » comme talisman (dixit Mr
Valls), sans même la définir, sans même se pencher sur l’inégalité de
traitement : pour les cols blancs, l’impunité et la rédemption ! Pour les
voleurs de poules la fermeté et la damnation éternelle ! Pour les nantis
la Corniche, les petits fours et les tapis moelleux ; Pour les démunis, la
mal bouffe, le tabac contrefait et les psychotropes en traitement de
fond !

La touche finale de ce tableau apocalyptique vient
d’être posée avec cette affaire de la BAC Nord. Une leçon pour celles et ceux
qui ne jurent que par le gonflement des effectifs de police sans se poser la
question fondamentale du TYPE de police qu’il faut dans ces quartiers ! Et
surtout du TYPE de relation que l’état veut entretenir avec la population de
ces quartiers !!!

Ces quartiers où les gens ne reçoivent plus leurs
courrier normalement, où la voirie est moins bien maintenue qu’ailleurs, où se
soigner devient de plus en plus difficile (menace sur l’hôpital Laveran, le
centre Paul Paret…), où s’instruire relève de l’exploit, se nourrir et se vêtir
est une gageure pour une multitude de familles, où la culture est une chimère
et les loisirs un espoir lointain…

Malgré tout ce gâchis, Marseille a des atouts, mais
l’heure est grave et il ne sert à rien de les énumérer pour se rassurer.
Marseille a besoin d’un aggiornamento global du sommet jusqu’à la base parce
qu’elle ressemble de plus en plus à une ville en perdition.

Bob Kane et Bill Finger ont imaginé une ville improbable
qu’il situait en Amérique du nord, Gotham City capitale du crime et de la
corruption, la solution aux problèmes de Gotham ils l’avaient trouvé en
inventant Batman.

Nous faut-il attendre l’arrivée d’un Batman ou d’un
Eliott Ness ? Je ne le crois pas, mais l’heure des faux semblant et
derrière nous ! Encore une fois TOUT est à refaire, TOUT est à
réinventer !

 

BENSAADA Mohamed

Pour Quartiers
Nord/ Quartiers Forts

 

Marseille, le 9
Octobre 2012

Réponse à l’intervention de Stéphane Ravier au conseil d’arrondissement du 13/14, en date du 3 Octobre 2012.

Monsieur,

 

De deux choses l’une, soit votre interpellation concernant le projet de la mosquée de la Miséricorde, relève de la manipulation électoraliste
la plus cynique et la plus éhontément fallacieuse ; Soit il s’agit d’une méconnaissance crasse du sujet, qui vous porte à proférer des allégations mensongères, partiales et  partielles.

Dans les deux cas nous ne vous trouvons aucune excuse !

Nous avons notre idée sur la question mais nous la conservons par devers nous pour ne pas être taxés de procès d’intentions.

Dans un souci de transparence, nous allons d’abord vous répondre sur le fond :

Vous prétendez dans, un extraordinaire amalgame de mauvaise foi, qui n’a apparemment d’égal que l’aversion dans laquelle vous tenez vos
voisins et concitoyens de confession musulmane, que les pouvoirs publics financent le culte musulman.

Nous vous mettons au défi de prouver ce que vous avancez ! Chacun sait, que dans votre bouche le mot de laïcité rime
étrangement avec celui d’islamophobie, et que si vous voulez être rassuré sur les relations qu’entretiennent l’état et les collectivités territoriales avec
les musulmans de Marseille il n’y a qu’à voir l’état d’indigence dans lequel se trouvent les « fameuses » 69 mosquées de la cité phocéenne.

Vous comprendrez alors, si vous avez des yeux pour voir, desoreilles pour écouter et un cœur capable, à défaut de sympathie, d’éprouver une
once d’empathie, que vos impôts ne financent pas ces « lieux de cultes ». Lieux de culte, dont la dignité ne repose que sur l’abnégation
admirable des fidèles qui les entretiennent ! Lieux de culte qui dans la quasi-totalité des cas ne sont que des appartements reconfigurés et financés par
les associations cultuelles locales, lieux de culte qui  sont souvent des box de garages exigus et mal isolés, dans lesquels celles et ceux qui y viennent prier et s’y recueillir
sont soumis aux rigueurs du froid et à la moiteur de nos été. Ce chiffre de « 69 mosquées » vous le brandissez à dessein pour faire croire à nos
concitoyens que « l’islamisation de la France » est là, que c’est une réalité menaçante et que l’identité française et provençale n’est plus qu’une
vieille idée. Nostalgie  fantasmée de cette France blanche aux yeux bleus, sans arabes, sans noirs et sans musulmans.

La vérité est toute autre : les musulmans sont effectivement grâce à vous, votre parti et a vos amis du Bloc Identitaire et
autres sinistres groupuscules racistes, la communauté (si l’on essentialise comme vous le faîte systématiquement) la plus dénigrée, la plus discriminée, la
plus stigmatisée !

Vous hurlez votre concept de « préférence nationale » alors qu’il existe de fait : de façon officielle dans l’accès à la
fonction publique et de façon officieuse dans l’inégal accès à l’emploi, au logement, à l’éducation et à la santé !

Vous prétendez que la mise à disposition du terrain impacte directement la crise du logement à Marseille et retire des toits de la tête des
« bon Français », de la même manière que les immigrés retirent le pain de la bouche des Français. En cela vous êtes égal à vous-même, la peur de
l’autre et son rejet, l’exacerbation des différences culturelles comme préalable à la tension des relations et la construction dans l’imaginaire
politique et social français de l’ennemi intérieur. Cet ennemi qui va islamiser la France, violer puis voiler nos chères filles, exterminer nos fils et
transformer nos clochers en minarets ! Interdire la consommation d’alcool et prohiber celle du porc !

Voilà ce que vous vendez Monsieur, du mensonge en container, de la peur en pack et de la haine bouteille.

Dans votre souci de désinformation vous poussez l’amalgame jusqu’à l’absurde relation que vous établissez entre la mosquée de la
Miséricorde et l’émirat du Qatar. Nous tenons à préciser à l’intention de nos concitoyens que vos propos auraient inquiétés, que ce rapport là n’existe que dans votre
tête : c’est le collectif des musulmans du 13/14 qui se chargera du financement, de la conception et de la construction de cet édifice. Sur la base
d’une souscription populaire ouverte aux musulmans et aux non musulmans du quartier, qui ont compris que cette mosquée est un projet qui va au delà de
l’aspect cultuel. Dans l’esprit et le respect des lois de la république, les concepteurs envisagent cet endroit comme un lieu d’échanges cultuels et
culturels, un lieu de dialogue intergénérationnel et intercommunautaire.

Un lieu de paix, de sérénité et de spiritualité comme le sont les autres édifices religieux du quartier.

Votre aveuglement vous pousse à tirer des conclusions hâtives, non vérifiées et pleines d’a priori : vous citez Mme Hadj Chick,
parce que son patronyme la place de facto dans l’ambigüité, la duplicité et la double allégeance…et c’est une de vos habitudes, puisque pour vous la
préférence nationale va jusqu’à suspecter les « français de papiers », surtout s’ils/elles siègent, tout comme vous,  dans des instances représentatives du peuple
et que bien entendu ils/elles conspirent indubitablement (de l’intérieur) à la création du futur Califat de France !

Si vous aviez pris le temps de faire votre travail d’élu sérieusement, vous vous seriez très vite rendu compte que ni le Qatar, ni
aucune autre puissance étrangère, ni aucun élu de votre mairie du 13/14, ni même l’état français ne participe au soutien de ce projet. Projet porté à bout
de bras par la volonté des habitants du quartier en lutte pour leur dignité, parce que ces gens que vous stigmatisez sont en France depuis des décennies,
qu’ils y ont travaillés, fondés des familles, contribués à la richesse nationale. Parce que leur passé est là , de même que leur avenir. Parce qu’ils
entendent jouir des mêmes droits que tous les autres, et qu’ils n’ont pas besoin de vous pour leur rappeler leurs devoirs. Parce que dans ces quartiers
les gens croient encore en l’égalité et en la bienveillance de l’état, pendant que vous ne rêvez qu’a un nouvel apartheid !

Nous faisons partie du comité de soutien au projet de cette mosquée, et c’est en notre nom propre que nous vous répondons, Quartiers
Nord/Quartiers Forts. Parce que nous connaissons l’humilité des gens qui composent le collectif des musulmans du 13/14 et qu’ils seraient même prêts,
dans leur incommensurable générosité à discuter avec vous, pour vous prouver que vous avez tort !  Nous n’avons
pas (ou plus) leur bonté et nous répondons à votre mépris par un mépris équivalent!

Triste ironie, vous parlez de résistance et de collaboration dans votre prise de parole, sans vous souvenir ce qui caractérise votre
tradition politique. Vous ne « capitulez » pas, rassurez vous les habitants du quartier non plus…Et vous apprendrez pour votre gouverne qu’a
nos yeux vous êtes ni la France, ni la république, loin s’en faut!

 

Marseille, le 7 Octobre 2012

Quartiers Nord/ Quartiers Forts

L’Heure des ténèbres.

 

En tout premier lieu nous souhaitons du haut de notre insignifiance témoigner notre compassion aux Roms qui ont été si terriblement et si injustement brutalisés ces derniers jours dans un quartier du nord de Marseille.

Notre engagement militant n’est fait que de lutte contre l’injustice, de luttes contre TOUTES les injustices !

A nos yeux, rien n’excuse la violence, rien n’excuse le mépris, rien n’excuse l’indifférence et le déni de l’autre !

Si nous entendons l’exaspération des riverains, nous ne comprenons pas que celle-ci soit dirigée à l’encontre du plus faible, du plus démuni.

 Mille fois nous avons appelé à la convergence des luttes et mille fois nous avons rappelé qu’il n’y avait d’issue que dans notre humanité, dans notre capacité à nous comprendre. Mille fois encore nous avons dit que des solutions étaient envisageables et possibles !

 N’eut été le cynisme électoraliste et la chaîne de responsabilité, clairement identifiable, de toutes celles et ceux qui ont laissé monté la colère en se rejetant mutuellement la responsabilité des exactions à venir.

Ce qui s’est passé ce jour là restera gravé dans la mémoire des habitants de ce camp, et dans l’histoire de Marseille comme un jour d’infamie !

Nous savons, à quel point la vie est dure dans nos quartiers paupérisés, ghettoïsés, ethnicisés et nous savons combien, le manque de considération, la relégation sociale et l’indigence peuvent nous aliéner individuellement et collectivement ! Tout ça nous le savons parce que nous le vivons !

Mais nous savons aussi que ceux qui appellent au rejet de l’autre, à la division et à la création de « milices d’autodéfenses » sont des inconséquents qui finiront dans les poubelles de l’Histoire.

QN/QF* est une association de quartier, dont les membres sont majoritairement issus de l’immigration post coloniale, c’est un fait, pas une volonté ostentatoire ! Cette singularité fait que nous savons d’où nous venons, qui nous sommes et quel monde nous voulons. Nous savons que le partage est une discipline mais qu’il donne du sens à notre existence ! Nous avons, pour la plupart vu nos parents trimer jusqu’à un âge avancé, nous avons vu leurs échines se courber, leurs mains se fissurer, leurs joues se creuser…nous l’avons vu, nous l’avons intégré dans nos existences, cela aurait pu nous rendre amers, égoïstes et hargneux, mais nous les avons aussi vu partager le sel et le pain avec leurs voisins, inviter les nouveaux arrivants à s’assoir autour de la table de repas, déjà largement surpeuplée. Et cet héritage ils/elles nous l’ont légué dans notre souci de la famille, dans l’affection que nous portons à nos proches et dans l’empathie que nous mettons au centre de toutes nos réflexions.

Nous disons cela, non pas pour paraître meilleurs…nous ne le sommes pas !

Nous disons cela, non pas pour être aimables ou politiquement correct…nous ne le sommes pas !

Nous le disons parce que, nombreux sont ceux qui se trompent de cibles et de moyens. Nous le disons parce que nous avons une conscience aigüe de ce que le mot intraduisible de « Hoggra » veut dire.

Nous le disons parce que la Droite populaire et le FN ne tarderont pas à se délecter de cet accès de fureur, pour semer la confusion dans l’opinion publique et faire accroire que la xénophobie est la norme et que c’est une voie plausible pour gérer les affaires publiques ! Nous savons qu’ils/elles ne vont pas tarder à s’en faire des gorges chaudes pour faire sauter les derniers verrous de langages et de postures qui nous permettent encore de vivre dans un monde a peu près « civilisé ».

Nous disons le peu que nous savons avec le cœur et la raison pour que la sérénité revienne dans nos quartiers. Nous le disons parce que le temps des tables rondes est derrière nous, celui des drames et des responsabilités est déjà là. Nous le disons parce que l’heure est aux décisions.

Les tergiversations malsaines, les renvois de balles à répétition condamnent la pusillanimité, la couardise et l’incurie des responsables politiques qui en sont les auteurs !

Des actes, Du courage, Mesdames et Messieurs !

Trouvez des terrains pour les Roms qui leurs permettent de s’installer en toute dignité et en toute sécurité !

Trouvez des solutions innovantes pour nos quartiers : de l’emploi, des logements salubres, de l’éducation et de la culture accessible à tous, des soins de qualités et des perspectives d’avenir !!!

C’est énorme, mais c’est le prix à payer si nous voulons sortir des ténèbres dans lesquelles nous nous enfonçons.

 

BENSAADA Mohamed

Pour Quartiers Nord/Quartiers Forts

 

 

QN/QF* =  Quartiers Nord/Quartiers Forts

Non à l’austérité permanente!

Non à l’austérité permanente! CCA

Non à l’austérité permanente!

COLLECTIF LOCAL CONTRE LE TRAITE EUROPEEN DE L’AUSTERITE (TSCG)

Tous ensemble, manifestons à Paris le 30 septembre

En octobre, le parlement doit se prononcer sur le Traité pour la
Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG). Ce traité impose à toute
l’Europe l’austérité et la soumission à la finance. La politique budgétaire de
chaque Etat ne sera plus décidée par les gouvernements élus par les peuples
mais sera soumise au diktat de la Commission européenne.

Au nom de la rigueur, ce sont les services publics, les politiques
de solidarité, la protection sociale et les mesures en faveur de
l’environnement qui seront supprimés. Le traité impose que la dette de l’Etat
ne dépasse pas 0.5% du PIB. L’Etat n’aura plus aucune possibilité de mener une
quelconque politique !

Ce sont encore les plus précaires qui vont être victimes de cela.
Et la politique de l’emploi qui ne sera pas relancée.

En janvier
2012, le candidat François Hollande voulait combattre le monde de la finance
qu’il désignait comme une menace pour la démocratie. Au lieu de cela il a signé
ce traité qui donne raison à Nicolas Sarkozy !

Et si les Etats ne se soumettent pas, des sanctions financières
seront appliquées par la Cour européenne de Justice, ce qui aggravera encore
plus les difficultés des peuples !

Aujourd’hui
alors que l’activité s’affaiblit dans toute l’Europe, que les licenciements se
multiplient, il y a urgence à sortir de cette spirale infernale.

Urgence
d’ouvrir une autre issue politique à gauche pour sortir de la crise.

Urgence à se
confronter à la finance, à faire entendre la voix des peuples d’Europe et
donner la priorité aux besoins sociaux et environnementaux.

Pour cela la
France doit refuser de ratifier le traité !

REUNION
PUBLIQUE LE 25 SEPTEMBRE 2012

12 rue de la carriere St Gabriel 13014 Marseille

Quartiers populaires : le changement, c’est pour quand ?

Il se peut qu’on n’entende probablement jamais parler de cette interpellation, il se peut aussi qu’il y est d’autres incendies politiques ou médiatiques à circonscrire d’ici là. Il se peut aussi que vous n’ayez cure de l’appel d’un simple militant associatif  qui se pose des questions sur le monde dans lequel il vit et sur la façon dont les affaires en sont gérées.

Marseille et « ses quartiers » sont revenus à la une des médias par le biais de son visage le plus hideux, le plus spectaculaire et hélas le plus fascinant. Le fait est que j’ai un mal fou à ne pas tremper ma plume dans la bile et le poison pour exprimer mon sentiment sur la façon dont ce gigantesque capharnaüm médiatico-politique s’articule autour des scènes de crimes successives.

A chaque meurtres, les mêmes unes, les mêmes indignations, les mêmes figures blêmes de menaces qui promettent l’enfer aux voyous et la paix aux populations.

A chaque rafale de Kalachnikov on nous ressort les mêmes tissus d’inanités usés jusqu’à la trame.

À défaut de courage et d’imagination.

Le courage serait de poser le problème dans sa globalité, ne pas déconnecter cette reconfiguration de la criminalité de ce qui en fait son lit, à savoir le contexte socio-économique des quartiers populaires de Marseille et des autres villes de France.

L’imagination serait, une bonne fois pour toute, de ne plus recourir exclusivement au réflexe sécuritaire pavlovien, qui ne peut à lui seul prendre la mesure du défi à relever.

Le courage serait de faire de la politique dans le sens de l’intérêt commun en  excluant de la réflexion tous les calculs bassement électoraux, toutes les projections de l’actualité sur les échéances politiques.

Vœux pieux au regard du comportement habituel de certains « responsables », qui ne se rendent pas compte que l’action politique ne doit pas se résumer à la dénonciation, à l’indignation et à l’incantation !

Bien sûr, en disant cela j’endosse le costume mal seyant  « du donneur de leçon », mais peut être le faut il, parce que, comme beaucoup, je suis révulsé par l’instrumentalisation politique de la sécurité à Marseille. Instrumentalisation à facettes dont chaque bord essaie de « tirer les marrons du feu ».

Mais à bien y réfléchir cette frénésie sécuritaire répond à deux attentes, légitimes au départ, dévoyées à l’arrivée.

La première attente est celle de l’Egalité des hommes et du statut des populations qui vivent dans ces territoires abandonnés par la république.

La deuxième attente est celle du monopole de la violence par l’état…et toutes ces affaires mettent à mal ce concept et prouve que la loi ne s’applique pas partout de la même manière sur le territoire français !

 

Pour ce qui est de l’Egalité, il faut comprendre que la violence est « protéiforme » et qu’elle n’impacte pas les habitants des quartiers populaires qu’a l’occasion de son expression la plus spectaculaire, lors des règlements de comptes, des faits divers et des descentes de police qui font les beaux jours de la presse. Non la violence est là quotidienne, sournoise, permanente elle inflige à nos cœurs, à nos corps et à nos âmes des blessures continuelles. Elle nous charge de frustration et de rancœurs.

A ceux qui parlent de violence, je pose la question : Savez-vous la violence de l’insalubrité de nos logements ? Savez-vous la violence des listes d’attentes à Pôle emploi et dans les tiroirs des bailleurs sociaux ? Savez-vous la violence de notre inquiétude quant à l’avenir de nos enfants ? Savez-vous la douleur dans les yeux de nos anciens ? Savez-vous l’étrange blessure de la somme de toutes ces discriminations ? Savez-vous le désespoir et le stress du compte en débit dès le 10 du mois ? Savez-vous la violence du mépris institutionnel et du manque de concertation ? Savez-vous la violence que nous ressentons lorsqu’on parle de nos problèmes sans nous demander ce que nous en pensons ?

Au final quelle somme d’efforts nous est demandée pour que tout cela soit pris en compte ? Quel monstrueux hurlement faut-il pousser pour qu’enfin on finisse par nous entendre ?

A chaque fois c’est la même pièce en 4 actes qui nous est resservie :

  • Acte I, le chant des Kalachs, le sang, les larmes et la douleur.
  • Acte II, le chant des sirènes médiatiques, les flashs, les caméras, les micros…
  • Acte III, le chant des politiques, de l’indignation et des décisions court-termistes.
  • Acte IV, le calme et l’oubli jusqu’à la prochaine tempête…

Dans cette pièce, la population de nos quartiers, acteur principal de cette tragédie sociale, reste sans voix, sans visage, anonyme et désincarnée pour ne surtout pas susciter l’empathie au mieux, la commisération au pire.

Les « Grands » de notre pays se succèdent au chevet de la cité phocéenne et visitent successivement les responsables de notre ville, la préfecture et les syndicats de police pour les assurer de leur soutien et les rassurer sur la fermeté et les affres de l’enfer qu’ils promettent aux voyous…Dans ce concert de postures belliqueuses personne ne prend le temps de venir au contact direct des familles et des gens qui vivent ces situations tragiques. Personne ne juge nécessaire d’entamer un travail de fond sur le marasme sociétal dans lequel sont plongés les quartiers populaires de France et de Navarre.

Le train de mesure pris par le dernier comité interministériel satisfait à droite comme à gauche les édiles marseillais, parce qu’il s’inscrit dans une lecture simpliste, manichéenne et étroitement liée au calendrier électoral. Un train de mesure qui une fois de plus prétend éradiquer la peste en pulvérisant de l’eau de rose et en fronçant les sourcils.

Une bonne fois pour toute : si l’on ne se pose pas les bonnes questions on n’apportera que des mauvaises solutions ou des solutions partielles !

La première de ces questions doit faire débat dans la société parce qu’elle se pose dans la réalité de millions de personnes :

Quel est le statut de ces territoires et des populations qui y vivent ?

Si la République est un talisman, de quelle République parle t’on ? De celle que l’on fantasme ? De celle que l’on instrumentalise ? De celle qui laisse les inégalités se creuser et l’injustice sociale primer ?

L’égalité dans notre société, doit on faire semblant d’y croire et d’y adhérer dans nos discours tout en la bafouant dans nos pratiques ?

Si l’on prône la fermeté de la justice, celle-ci doit elle s’appliquer à tous les types de délinquances, y compris la délinquance financière et politique, et si oui celles et ceux qui se rachètent à bon compte une virginité politique ont-ils/elles droit au chapitre ?

Enfin de quelle sécurité parle-t-on ? Les quartiers populaires (par le biais de la violence) seraient devenus une cause nationale, eh bien chiche Mesdames et Messieurs, montrez nous votre capacité à circonvenir l’ensemble du défi de société que vous prétendez relever. Mais n’oubliez pas que la violence n’en est qu’un aspect, derrière la fascination morbide que nous entretenons tous avec cette fresque à l’hémoglobine, il y’a des centaines de milliers de familles qui attendent des réponses sur le logement, l’emploi, la jeunesse et l’avenir qu’on lui propose, la santé, l’école, le collège, le lycée et la fac, la place de nos personnes âgées et le respect de leur dignité…

En bref, tout un monde à repenser, à définir et à proposer. Personne n’est dupe des déclarations fracassantes et des prises de positions cacochymes. La responsabilité n’est pas que politique et elle appelle à une réflexion et à un débat large qui transcende la vision étriquée que nous en donne  la lorgnette sécuritaire. La société française a des choses à se dire sur son aspiration à l’égalité, sur les droits de l’homme, sur la place des uns et des autres, sur la nature même de ce fameux « vivre ensemble », qui ne veut plus dire grand-chose, tant notre séparatisme social est devenu structurel.

Des questions et des réponses faîtes les yeux dans les yeux, sans fard et sans calculs !

Le changement dans les quartiers populaires de Marseille et d’ailleurs, voilà trente ans que nous l’attendons…Alors c’est pour quand ?

 

 

BENSAADA Mohamed

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 14 septembre 2012

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