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Ce gouvernement ne connaît que le dialogue par la matraque!

Communiqué de Quartiers Nord/Quartiers Forts (QNQF)

Marseille, le 25 mars 2016

Ce gouvernement ne connait que le dialogue par la matraque.

Aujourd’hui vendredi 25 mars, nous apprenons que 3 nouvelles arrestations viennent d’avoir lieu lors de la manifestation lycéenne contre la loi El Khomri. Elles s’ajoutent à la dizaine d’arrestations d’hier, lors de la manifestation réunissant salarié.e.s, étudiant.e.s et lycéen.ne.s et qui a réuni près de 4000 personnes. Après qu’une lycéenne ait été arrêtée et mise en garde à vue pendant plus de 24h pour outrage, rébellion et violence sur agent, les enseignant.e.s et élèves de son lycée se sont rassemblés pour demander sa libération immédiate. Voilà une réaction de solidarité importante et qui a permis sa libération.

Drôle de dialogue que celui de ce gouvernement qui, depuis 3 semaines, lance des miettes aux syndicats et des coups de matraques sur les manifestant.e.s. Humiliant que ce « dialogue social » et révoltant que ce déchainement de violences. En suivant de près l’ensemble des violences policières et autres répressions perpétrées au niveau national, il apparait que loin d’être une somme de fait locaux, nous avons à faire à une stratégie du gouvernement : « tabassage » en règle de lycéen.nes, fermetures administratives d’universités, CRS dans les amphithéâtres, poursuites judiciaires dans le cadre de comparution immédiates, prison ferme comme à Nantes (6 mois)… la liste est longue et pas vraiment glorieuse. Les militant.e.s de QNQF, présent.e.s lors des manifestations de Marseille peuvent en témoigner : ces violences sont le fait avant tout de provocations policières, d’arrestations au hasard et d’une stratégie de la tension bien menée, sur fond d’état d’urgence et de chèque en blanc signé aux policiers.

L’Etat « socialiste » au pouvoir, celui qui promettait des mesures contre les contrôles au facies rapidement jetées aux oubliettes, fait donc bien pire, de mémoire de militant.e.s, que les gouvernements au pouvoirs ces dernières années. Jamais un mouvement naissant n’avait eu à affronter telle répression. Leur stratégie est claire : mater toute contestation populaire pour assurer un passage en force d’une loi impopulaire.

La loi (anti-) travail est une atrocité destinée à sceller un rapport de force dans le monde du travail qui soit totalement favorable au patronat, casser les protections collectives des salarié.e.s, leurs acquis sociaux et leurs moyens de se défendre. Loin de créer de l’emploi, cette loi facilitera les licenciements et la précarité. Les lycéen.ne.s, étudiant.e.s, salarié.e.s de nos quartiers populaires et d’ailleurs l’ont bien compris et leur révolte est légitime.

Quartiers Nord/Quartiers Forts tient par ce communiqué à soutenir les arrêté.e.s, réprimé.e.s et leurs proches, le mouvement lycéen et étudiant. Nous nous engageons avant tout à faire notre possible pour informer les habitant.e.s de nos quartiers sur le danger que représente cette loi, car seul un mouvement massif, une alliance entre tous les secteurs du monde du travail, des sans-emplois, des jeunesses, pourra faire reculer ce gouvernement. C’est également en étant nombreux.ses et solidaires dans la rue que nous pourrons faire retirer ce projet de loi et nous protéger face aux violences policières. C’est pourquoi QNQF demande la relaxe immédiate de tou.te.s les inculpé.e.s et appelle à participer massivement à la journée de grèves et de manifestations du 31 mars.

Chronique des jours de Sang

Il n’ya ni fatalité, ni malédiction, ni processus irrationnel en action dans les quartiers nord de Marseille qui explique les « flambées de violences »récurrentes que la cité phocéenne essuie à intervalles réguliers.

Il y’a au contraire une logique économique et politique implacable qui régit ce macabre théâtre des opérations :

La logique économique est semblable à celle qui régule le « Marché », il s’agit d’une compétition à mort (au sens propre du terme) qui a pour but de conquérir des parts de marché et le contrôle des points de vente. A l’image des traders, des fonds de pensions et autres  agences de notations, sinistres ambassadeurs de la dérégulation des échanges et de la subjugation des peuples, les cartels de la drogue des quartiers nord se sont, tout comme leurs modèles précédemment cités, affranchis des règles de la morale la plus élémentaire de vie en société. La fin (ou la faim) justifiant tous les moyens. Apparemment la cupidité sans limite, l’ambition et le goût obsessionnel du pouvoir de ces petits groupes revêt avec appétence les uniformes de la brutalité. Une brutalité bestiale, préhistorique ou post apocalyptique. Une brutalité qui réduit les relations sociales à la loi du plus fort, du plus inconscient…du plus fou.

Mais cette logique est aussi fondamentalement raffermie par l’inadéquation des réponses que les pouvoirs publics lui opposent. Nous avons déjà déroulé dans un autre texte₁ la mise en scène quasi pavlovienne de la réponse du gouvernement et des politiques locaux face à ce drame humain qui impacte le quotidien de nos concitoyens. La communication l’a emporté sur le volontarisme politique…depuis longtemps hélas ! Les renforts de police systématiquement envoyé sur Marseille à chaque nouveau « règlement de compte », ne changent rien et les postures de Matamore de nos ministres de l’intérieur successifs ont fait long feu. Cette impuissance, cette incurie, cette vaine obstination et ce manque de courage politique et d’imagination devient ridicule et dénué de sens ! Continuer à croire que quelques centaines de policiers de plus changeront la donne du problème Marseillais, c’est au dire même des policiers, un emplâtre sur une jambe de bois.

Il y’a des solutions, et elles sont connues de tous. Mais elles sont politiquement ou plutôt électoralement très couteuses. Dans cette effroyable série de crimes, il n’y a qu’un seul et unique vainqueur politique : le FN ! A tel point qu’il n’a même plus besoin de polluer les quartiers d’affiches de candidats à la posture baroque et au sourire carnassier. A droite comme à gauche (la gauche de gouvernement) cette donnée électorale est au centre de toutes les réflexions. Elle fige toutes les velléités d’audace, d’autocritique et tue dans l’œuf les propositions alternatives. Pourtant c’est le pseudo « bon sens » et la « raison »dont se réclament la quasi-totalité des responsables institutionnels. Où est donc passé ce « bon sens »proverbial ? Lorsqu’il s’agit de reconnaitre que certaines solutions sont erronées, qu’elles conduisent à une impasse. Parce que c’est ce dont nous parlons ! Quel est le bilan de ces années de politique répressive ? Quel impact à t’elle eue sur la diminution de la violence ? Nous entendons aussi la demande légitime de sécurité de nos concitoyens des quartiers populaires. Dans nos quartiers cette « insécurité » n’est pas vécue par procuration, elle conditionne les relations sociales et s’ajoute à toutes les autres oppressions. La sécurité dans nos quartiers passe par les points que nous développons ci-dessous :

1) Attractivité Lucrative et Prohibition.

On ne combat le crime organisé que d’une seule manière. D’une part en tarissant à la source l’approvisionnement du produit autour duquel s’organise le trafic. Mais pour cela il faut passer des gesticulations pseudo-sécuritaires aux résolutions internationales. Et pour se faire il faudrait réorienter les politiques Nord/Sud en basant les relations sur des principes de « vraie » coopération et non plus sur des échanges économiques largement au bénéfice de l’Europe et au détriment des peuples du sud.

D’autre part il faut se poser les vraies questions au sujet des substances arbitrairement classées comme illicites. C’est une législation pragmatique et dénuée de préjugés culturels qui permettra en légalisant le Cannabis de mettre fin à l’attractivité lucrative mortifère inhérente à ce « buisness de la terreur».Comme l’on déjà compris de nombreux pays d’Amérique du sud, mais aussi les états de Washington et du Colorado aux USA. Oui le mot de légalisation est lâché et nous l’assumons, surement pas pour promouvoir la culture et la consommation du Cannabis. Nous savons que ce produit est toxique, au même titre que d’autres drogues en vente libre (Alcool, Tabac, Junk food…). Nous savons aussi qu’il est « l’eau de feu » de nos quartiers populaires, cette fumée qui anesthésie une partie de notre jeunesse, l’entrave dans sa conscientisation, détruit ses rêves et compromet son avenir. Nous ne le savons que trop ! Nous le vivons dans nos familles, nous le subissons dans notre entourage et dans le regard vitreux de gens que nous aimons. Et c’est donc en conscience que, devant le fléau de cette compétition meurtrière qui fauche les vies de nos enfants, de nos petits frères, nos neveux, nos cousins, nos amis que nous en sommes arrivés à la ferme conviction que rien n’arrêtera ce déchainement de violence. En tout cas rien de ce que l’état propose actuellement ! Nous le répétons, si la formidable pompe à finance que représente le commerce illicite du Cannabis n’est pas désamorcée, si l’état ne prend pas ses responsabilités en l’encadrant et en y adjoignant les moyens de prévention pédagogiques et sanitaires suffisant, demain les mêmes drames se répéteront, les mêmes larmes couleront et les mêmes gros titres nous donneront à nouveau la nausée ! Nous reprenons à notre compte la déclaration d’Otto Perez président du Guatemala : « 50 ans d’échec du combat contre le narcotrafic, Les pays doivent chercher de nouvelles voies pour combattre le narcotrafic d’une façon plus efficace et réduire la violence que provoquent les organisations criminelles. » Les temps changent et l’idéologie ne doit pas entrer dans la réflexion qui s’impose, nous devons nous poser la question de l’intérêt commun. Dans cette histoire le seuil de violence tolérable est depuis longtemps dépassé, nous ne pouvons plus nous satisfaire des solutions (qui n’en sont pas) en vigueur ! Il faut bien comprendre que rien ne peut empêcher, en l’état actuel des choses, des « équipes » de se remonter spontanément après chaque vague de meurtres ! Le commerce est trop juteux, pour que des jeunes insuffisamment structurés puissent lui résister ou plutôt lui échapper. Le risque est énorme, il est coûteux en vies humaines, il détruit des familles, des quartiers, il mine le moral des populations. Mais il est là où aucune autre économie ne perdure, là où l’état à abandonné, là où les gens se sont résignés ! Ce qui anime notre collectif c’est la défense des quartiers populaires et de ses habitants et nous nous devons de dénoncer un traitement de l’urgence asymétrique : au risque de choquer, faut il attendre que les fusillades aient lieue dans des quartiers plus cossus de Marseille ? Faut-il attendre que les victimes changent de profil sociologique ? Nous accusons l’état et les collectivités de non assistance à peuple en danger !

2) Rétablissement de l’Autorité.

a) Autorité de l’état:

Aucune société viable ne peut se concevoir sans sécurité. Mais il y’a plusieurs manières d’appréhender cette thématique. Celle que nos responsables politiques utilisent pour nos quartiers est celle qui est la plus spectaculaire, la plus inégalitaire et la moins efficace de ces approches. Spectaculaire dans le sens péjoratif du terme, parce qu’elle ne répond qu’a l’urgence médiatique, sans avoir d’effet direct ou indirect sur le fond du problème. Inégalitaire parce qu’elle donne une indication fiable sur le statut octroyé par l’état aux populations des quartiers populaires. Les camions de CRS qui bouclent des quartiers, peuvent donner une sensation étrange de sécurité. Sensation ambiguë oscillant entre la « satisfaction » qu’engendre momentanément la disparition du trafic et le sentiment oppressant de « couvre feu » permanent. Ce que demandent nos concitoyens c’est l’égalité de traitement y compris en terme de sécurité. Et nous pensons que la mise en place de commissariats de proximité dans certains quartiers serait une réponse plus appropriée à ce marasme. Ces commissariats devront rester ouverts 24/24 et devront fonctionner avec des effectifs formés, expérimentés et intégrés dans le quartier. La sécurisation de nos quartiers populaires doit se faire dans la normalisation des relations entre l’état et les habitants. Elle ne doit plus se faire dans le spectacle, la punition collective et les rodomontades hypocrites.

L’autorité ne s’acquiert que par l’exemple. Alors, comment ne pas s’émouvoir du message calamiteux qu’une partie de notre représentation nationale et locale propage de par son manque d’intégrité ou d’honnêteté. Que dire aux délinquants sur le vice et la vertu lors même que Marseille est (re)devenue une citadelle de l’affairisme, du clientélisme, du népotisme et des combinazzione entre amis? La logique voudrait que les appareils politiques se penchent sur cette calamité et sanctionne courageusement toutes les « brebis galleuses ». Mais ce n’est, hélas, pas le cas, au moment même ou il faudrait plus encore que ces mesures urgentes de salubrité politique. Oui, c’est  un changement de logiciel comportemental qu’il faut installer dans toutes les sphères décisionnelles. Redisons des « gros mots », reparlons d’éthique et de morale. Cette vérité vaut également pour la police, parce qu’il faut aussi déterminer le « type » de police que nous voulons, l’actualité récente nous met en garde contre les dérives.

b) Autorité des familles:

Le constat est quasi unanimement partagé, c’est sur l’interprétation de l’analyse dudit constat que les divergences apparaissent. Pour notre part  nous sommes attentifs à la dérive individualiste de notre société. Le libéralisme est un postulat que nous soutenons lorsqu’il s’agit de défendre les libertés individuelles. Mais la variante péjorative et dévoyée de ce concept nous interpelle à plusieurs titres. L’ultra libéralisme s’appuie sur la promotion dogmatique du consumérisme et de l’individualisme.

Le consumérisme nous fait croire que l’unique but de nos existences se résume à la consommation frénétique des biens et des services dont notre modernité nous donne la « jouissance ». Cette propension de notre société à tout dévorer, produit sur les populations une névrose globale qui tend à confiner le bien ou le bonheur à la seule vacuité de nos achats compulsifs. Nous existons donc parce que nous consommons, et pour consommer il nous faut de l’argent. De fait, nous n’existons que si nous avons de l’argent!

L’individualisme, autre mamelle de l’ultra libéralisme, réduit la perception de notre environnement à la simple expression de notre égo. Cette vision étriquée du monde dans lequel nous vivons entrave notre capacité à l’empathie, elle brise les chaînes de solidarités naturelles et atomise la société jusqu’au sein des familles. Elle permet à l’individu de ne plus se comporter comme un animal grégaire (ce que nous restons intrinsèquement). Elle permet à ce même individu de faire sauter les verrous psychologiques qui limitent le recours à la violence. L’individualisme participe de cette déshumanisation de nos relations, ne plus voir en l’autre un autre soi permet de se dédouaner à bon compte de nos responsabilités réciproques.

Il y’a donc un travail de fond à organiser en terme d’éducation, de redéfinition de projet commun. Un travail de longue haleine que les mesures populistes de sanctions des familles ne peuvent en aucun cas résoudre.  Mais puisqu’il faut émettre un avis sur l’autorité des familles, il faut re-contextualiser celui ci dans le cadre des crises multiples qui ravagent notre société. Si la reconquête de l’autorité de l’état ne se fera que par le biais simultané de l’exemplarité et de son investissement dans les quartiers. L’autorité des familles ne se fera, pour sa part, que de par le rétablissement de la souveraineté économique d’une multitude de familles. On ne peut continuer à dénoncer « l’économie parallèle », si d’un autre coté « l’économie légale » continue à fonctionner sur des piliers comme la discrimination de masse, l’apolitisation des classes populaires, le démantèlement des services publics, la déréglementation du travail (flexi-sécurisation), la précarisation des salariés et des sans emplois, et l’inégal accès au logement, à la santé et à l’éducation! Pour que l’éducation puisse s’appuyer sur un modèle social efficient il faut rétablir, par la lutte contre toutes ces inégalités et aussi contre le chômage et la précarité, l’harmonie au sein de la cellule sociale de base qu’est la famille. Et cela on ne peut y parvenir que par des mesures énergiques de relance de l’emploi et d’éducation dans les quartiers populaires.

3) La Justice pour tous !

Quitte à radoter, nous répéterons inlassablement que l’égalité est le ciment de la démocratie. Sans elle rien de solide ne peut être construit. Une société qui produit autant de contradictions dans la façon dont elle juge les faits et les personnes ne peut être vouée qu’à la faillite et à l’anarchie. Rien, nous disons bien rien, n’est plus révoltant que l’injustice sociale ! Cette injustice est le ferment de toutes les colères, de tous les renoncements. Sans entrer dans le débat sur le déterminisme, le contexte violent favorise la violence. L’injustice et les inégalités favorisent les comportements déviants. Une société qui tolère l’injustice creuse sa propre tombe ! Une victime est une victime, sans distinction de race, d’âge, de sexe, d’appartenance religieuse ou de classe sociale ! De la même manière nous rappelons qu’un assassin est un assassin…fût il policier dans l’exercice de ces fonctions ou en dehors de son service ! Et il doit être jugé en tant que tel ! Si l’on transige avec cette loi inaliénable, c’est l’ensemble de l’édifice qui s’écroule ! Nous faisons ainsi notre cette antienne de la lutte pour les droits civiques : « Pas de Justice, Pas de Paix ! ». Nous ne sommes pas juristes mais cette vérité est fondamentale, rien ne saurait être discuté sans la ratification de ce préalable !

Pour finir, cette « guerre » qui ne dit pas son nom est avant toutes choses un immense gâchis humains. Nos pensées vont aux familles et aux amis de ceux qui sont tombés. Qu’ils reposent en paix ! Nous souhaitons par nos paroles et par nos actes témoigner de notre accablement et nous assurons les proches que nous ne laisserons pas leurs disparus êtres salis, désincarnés, déshumanisés ! Nous sommes accablés et nous nous demandons : « combien de fois encore allons nous accompagner nos proches jusqu’à leurs tombes ? Combien de temps encore allons-nous accepter que les nôtres tombent ? »₂.

A ces questions nous demandons des réponses aux pouvoirs publics, mais nous nous tournons aussi vers nos quartiers pour leur dire qu’il est temps de faire quelque chose pour nous même, pour nos familles, nos amis, nos voisins. Seule la solidarité, la conscience et la confiance dans notre communauté de destin rendra nos vies plus sûres et donnera un avenir à nos enfants !

 

 

BENSAADA Mohamed Pour

 Quartiers nord/Quartiers Forts

 

Marseille, le 21/03/13

 

 

« Bienvenue à Gotham City » – 10/10/2012- QNQF

 « Ministère Amer » -  Prélude au Réveil – 95200 – 1994

« Ma ville accélère…droit dans le mur! »

Ma ville accélère affiche

4èmes rencontres des Luttes de l’Immigration.

4èmes rencontres des Luttes de l'Immigration. 4-emes-rencontres

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Non à l’austérité permanente!

Non à l’austérité permanente! CCA

Quartiers populaires : le changement, c’est pour quand ?

Il se peut qu’on n’entende probablement jamais parler de cette interpellation, il se peut aussi qu’il y est d’autres incendies politiques ou médiatiques à circonscrire d’ici là. Il se peut aussi que vous n’ayez cure de l’appel d’un simple militant associatif  qui se pose des questions sur le monde dans lequel il vit et sur la façon dont les affaires en sont gérées.

Marseille et « ses quartiers » sont revenus à la une des médias par le biais de son visage le plus hideux, le plus spectaculaire et hélas le plus fascinant. Le fait est que j’ai un mal fou à ne pas tremper ma plume dans la bile et le poison pour exprimer mon sentiment sur la façon dont ce gigantesque capharnaüm médiatico-politique s’articule autour des scènes de crimes successives.

A chaque meurtres, les mêmes unes, les mêmes indignations, les mêmes figures blêmes de menaces qui promettent l’enfer aux voyous et la paix aux populations.

A chaque rafale de Kalachnikov on nous ressort les mêmes tissus d’inanités usés jusqu’à la trame.

À défaut de courage et d’imagination.

Le courage serait de poser le problème dans sa globalité, ne pas déconnecter cette reconfiguration de la criminalité de ce qui en fait son lit, à savoir le contexte socio-économique des quartiers populaires de Marseille et des autres villes de France.

L’imagination serait, une bonne fois pour toute, de ne plus recourir exclusivement au réflexe sécuritaire pavlovien, qui ne peut à lui seul prendre la mesure du défi à relever.

Le courage serait de faire de la politique dans le sens de l’intérêt commun en  excluant de la réflexion tous les calculs bassement électoraux, toutes les projections de l’actualité sur les échéances politiques.

Vœux pieux au regard du comportement habituel de certains « responsables », qui ne se rendent pas compte que l’action politique ne doit pas se résumer à la dénonciation, à l’indignation et à l’incantation !

Bien sûr, en disant cela j’endosse le costume mal seyant  « du donneur de leçon », mais peut être le faut il, parce que, comme beaucoup, je suis révulsé par l’instrumentalisation politique de la sécurité à Marseille. Instrumentalisation à facettes dont chaque bord essaie de « tirer les marrons du feu ».

Mais à bien y réfléchir cette frénésie sécuritaire répond à deux attentes, légitimes au départ, dévoyées à l’arrivée.

La première attente est celle de l’Egalité des hommes et du statut des populations qui vivent dans ces territoires abandonnés par la république.

La deuxième attente est celle du monopole de la violence par l’état…et toutes ces affaires mettent à mal ce concept et prouve que la loi ne s’applique pas partout de la même manière sur le territoire français !

 

Pour ce qui est de l’Egalité, il faut comprendre que la violence est « protéiforme » et qu’elle n’impacte pas les habitants des quartiers populaires qu’a l’occasion de son expression la plus spectaculaire, lors des règlements de comptes, des faits divers et des descentes de police qui font les beaux jours de la presse. Non la violence est là quotidienne, sournoise, permanente elle inflige à nos cœurs, à nos corps et à nos âmes des blessures continuelles. Elle nous charge de frustration et de rancœurs.

A ceux qui parlent de violence, je pose la question : Savez-vous la violence de l’insalubrité de nos logements ? Savez-vous la violence des listes d’attentes à Pôle emploi et dans les tiroirs des bailleurs sociaux ? Savez-vous la violence de notre inquiétude quant à l’avenir de nos enfants ? Savez-vous la douleur dans les yeux de nos anciens ? Savez-vous l’étrange blessure de la somme de toutes ces discriminations ? Savez-vous le désespoir et le stress du compte en débit dès le 10 du mois ? Savez-vous la violence du mépris institutionnel et du manque de concertation ? Savez-vous la violence que nous ressentons lorsqu’on parle de nos problèmes sans nous demander ce que nous en pensons ?

Au final quelle somme d’efforts nous est demandée pour que tout cela soit pris en compte ? Quel monstrueux hurlement faut-il pousser pour qu’enfin on finisse par nous entendre ?

A chaque fois c’est la même pièce en 4 actes qui nous est resservie :

  • Acte I, le chant des Kalachs, le sang, les larmes et la douleur.
  • Acte II, le chant des sirènes médiatiques, les flashs, les caméras, les micros…
  • Acte III, le chant des politiques, de l’indignation et des décisions court-termistes.
  • Acte IV, le calme et l’oubli jusqu’à la prochaine tempête…

Dans cette pièce, la population de nos quartiers, acteur principal de cette tragédie sociale, reste sans voix, sans visage, anonyme et désincarnée pour ne surtout pas susciter l’empathie au mieux, la commisération au pire.

Les « Grands » de notre pays se succèdent au chevet de la cité phocéenne et visitent successivement les responsables de notre ville, la préfecture et les syndicats de police pour les assurer de leur soutien et les rassurer sur la fermeté et les affres de l’enfer qu’ils promettent aux voyous…Dans ce concert de postures belliqueuses personne ne prend le temps de venir au contact direct des familles et des gens qui vivent ces situations tragiques. Personne ne juge nécessaire d’entamer un travail de fond sur le marasme sociétal dans lequel sont plongés les quartiers populaires de France et de Navarre.

Le train de mesure pris par le dernier comité interministériel satisfait à droite comme à gauche les édiles marseillais, parce qu’il s’inscrit dans une lecture simpliste, manichéenne et étroitement liée au calendrier électoral. Un train de mesure qui une fois de plus prétend éradiquer la peste en pulvérisant de l’eau de rose et en fronçant les sourcils.

Une bonne fois pour toute : si l’on ne se pose pas les bonnes questions on n’apportera que des mauvaises solutions ou des solutions partielles !

La première de ces questions doit faire débat dans la société parce qu’elle se pose dans la réalité de millions de personnes :

Quel est le statut de ces territoires et des populations qui y vivent ?

Si la République est un talisman, de quelle République parle t’on ? De celle que l’on fantasme ? De celle que l’on instrumentalise ? De celle qui laisse les inégalités se creuser et l’injustice sociale primer ?

L’égalité dans notre société, doit on faire semblant d’y croire et d’y adhérer dans nos discours tout en la bafouant dans nos pratiques ?

Si l’on prône la fermeté de la justice, celle-ci doit elle s’appliquer à tous les types de délinquances, y compris la délinquance financière et politique, et si oui celles et ceux qui se rachètent à bon compte une virginité politique ont-ils/elles droit au chapitre ?

Enfin de quelle sécurité parle-t-on ? Les quartiers populaires (par le biais de la violence) seraient devenus une cause nationale, eh bien chiche Mesdames et Messieurs, montrez nous votre capacité à circonvenir l’ensemble du défi de société que vous prétendez relever. Mais n’oubliez pas que la violence n’en est qu’un aspect, derrière la fascination morbide que nous entretenons tous avec cette fresque à l’hémoglobine, il y’a des centaines de milliers de familles qui attendent des réponses sur le logement, l’emploi, la jeunesse et l’avenir qu’on lui propose, la santé, l’école, le collège, le lycée et la fac, la place de nos personnes âgées et le respect de leur dignité…

En bref, tout un monde à repenser, à définir et à proposer. Personne n’est dupe des déclarations fracassantes et des prises de positions cacochymes. La responsabilité n’est pas que politique et elle appelle à une réflexion et à un débat large qui transcende la vision étriquée que nous en donne  la lorgnette sécuritaire. La société française a des choses à se dire sur son aspiration à l’égalité, sur les droits de l’homme, sur la place des uns et des autres, sur la nature même de ce fameux « vivre ensemble », qui ne veut plus dire grand-chose, tant notre séparatisme social est devenu structurel.

Des questions et des réponses faîtes les yeux dans les yeux, sans fard et sans calculs !

Le changement dans les quartiers populaires de Marseille et d’ailleurs, voilà trente ans que nous l’attendons…Alors c’est pour quand ?

 

 

BENSAADA Mohamed

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 14 septembre 2012

Euro 2012, chronique d’une France qui ne s’aime pas…

Aussi déplacé que cette comparaison puisse paraitre, l’inconscient collectif français a intégré des événements de l’histoire contemporaine immédiate comme des traumatismes constitutifs de son état d’esprit : entre autres le 21 avril 2002 sur lequel je ne reviendrais pas mais aussi, plus surprenant, l’affaire footballistique de Knysna.  Juxtaposer ces deux entités politique, sportive et médiatique peut relever de l’extrême manque de sérieux de mon approche…et pourtant !

Il faut se rappeler le  naufrage sportif de l’expédition sud africaine et de ses conséquences directes sur leur instrumentalisation politique hystérique, de la part du FN et de la droite populaire. Trop heureuse d’enfouir six pieds sous terre Feu « La France Black, Blanc, Beur de 98 » et le désaveu par la pratique des aspirations identitaires et xénophobes de cette idéologie qui nie tout apport positif à la France de cette immigration post coloniale dont les générations se succèdent les unes aux autres et restent éternellement étrangère au « corps de la nation » .

Le football moderne n’est plus seulement un sport, au sens de ces répercussions politiques et sociales, la France a un problème d’identité que le Sarkozysme a exacerbé. Si l’influence nauséabonde d’un Eric Zemmour sur la pensée française n’est plus à démontrer, il faut aussi dire un mot de ses pendants sportifs que sont les Jean Michel Larqué, Daniel Riolo et autres Pascal Praud :

Lorsqu’on les entend commenter en direct ou en after les prestations de l’équipe nationale, le malaise est immédiat.  L’objectivité n’est pas de ce monde, mais on s’attend de la part de ces journalistes sportifs à un minimum d’enthousiasme, ou au moins à une certaine bienveillance. Hélas, à l’amertume des échecs sportifs, s’ajoute cette bile des reproches, des comparaisons nostalgiques, d’un âge d’or du foot français qui réussissait ( ?) sans Ben Arfa, Nasri, Benzema, Rami et consorts.

Les exploits de ces joueurs sont salués du bout des lèvres, parce qu’après tout ils ne font que leurs boulot et qu’au taux horaire qui est le leurs c’est bien le moins qu’ils puissent faire pour « mériter » de porter ce prestigieux maillot tricolore !!! D’ailleurs la réussite de Zidane et son érection au statut de modèle d’intégration procède de cette idée pervertie que l’immigration post coloniale ne peut se targuer d’être vraiment française qu’a partir du moment où cette dernière réalise des exploits inconcevables…tant pis pour les autres  comme moi qui ne seront à tout jamais que des français de papier !

A contrario, le moindre faux pas est scruté, analysé, décortiqué, espéré, relayé, augmenté, dramatisé. Lorsque les espagnols marquent il faut se boucher les oreilles pour ne pas entendre les éructations quasi orgasmiques de nos propres commentateurs. Un joueur cristallise autour de lui toute la malveillance médiatique qui accompagne l’équipe de France depuis des années, depuis que le visage de la France change et depuis que l’on commence à s’en rendre compte : Il s’agit bien sur de Samir Nasri. Les tords de ce jeune homme sont nombreux, il exerce un métier  extraordinaire et ne donne pas l’impression de s’en apercevoir, il gagne des fortunes et des championnats d’Angleterre, vit avec une femme à la plastique parfaite et semble soutenu par sa famille et ses amis…Si ces performances sont moyennes sur cet Euro, peut on pour autant remettre en cause son talent ? Certains ne s’en privent pas et déversent toute leur rage sur le dos de ce jeune homme à la vie de rêve. C’est de la psychologie de bazar mais qu’importe, Nasri concentre toutes les frustrations car son rôle est éminent dans le fonctionnement tactique et technique de l’équipe de France et que nous sommes 30 millions en France à l’envier quoi qu’on en dise ! Personne n’a pu taper aussi violement sur Zidane parce qu’il avait une relation aux médias moins tendue que celle de Nasri et apparemment une gestion de son image beaucoup plus intelligente. Même si après son coup de boule en finale de la coupe du monde 2006 beaucoup l’avait envoyé bruler au bucher de leurs rancœurs et de leurs ressentiments inavoués…mais c’est une autre histoire.

Pour revenir à Nasri et à ses camarades, c’est surtout le contenu « extra sportif » qui lui est reproché : une désinvolture agaçante, une morgue apparente, l’insolence de cette jeunesse qui ne doute de rien et le fait pour lui et certains de ces camarades de pouvoir s’affranchir du ségrégationnisme social français. Sa relation avec les médias français est étrange, mais malgré lui elle peut s’expliquer par la manne économique que ses dérapages et ses accrochages avec la presse peut occasionner ! En 2010 Anelka et « les mutins de Knysna » ont servit de dérivatif a une France sportivement déboussolée, orpheline d’une génération dorée et incommensurablement douée ! Aujourd’hui Nasri, qui n’est pas une victime sans défense aurait du être jugé sur ses performances sportives et pas sur son conflit avec tel ou tel journaliste, tel ou tel journal sportif. Ceux là même qui reproche le manque d’attachement de Nasri et d’autres au maillot tricolore, devraient se rappeler qu’ils n’ont pas hésité une seconde à faire fuiter le fameux NTM d’Anelka à Domenech. Par souci d’information diront ils, mais au risque de provoquer sciemment un divorce consommé entre l’opinion publique française et cette équipe d’arabes et de noirs ingrats tortionnaires du gentil Gourcuff dont le calvaire a fait pleurer dans toutes les chaumières de France et de Navarre !

Mon billet n’est pas une exégèse sportive de la performance de cette équipe, même si lorsque j’entends les analyses des pseudos footballogue je m’interroge sur mon degré de compétence. Non j’écris ce texte pour mettre en garde celles et ceux qui y mettent plus que du commentaire sportif, pour leur dire à quel point ils/elles sont influents , et à quel point leurs analyses servent les intérêts politiques de la droite extrême de ce pays, à quel point le chauvinisme écœurant de certaines prises de positions journalistiques est une entrave au « vivre ensemble » de ce pays qui se construit dans la douleur. Qu’ils/elles se rappellent que lorsque l’équipe de France joue se sont NOS gosses qui jouent, et que nous devons les encourager en tant que tels sans différenciation et sans malveillance !

 

 

BENSAADA Mohamed

A quoi sert Claude Guéant ?

Claude
Guéant, au jour de sa nomination au ministère qu’il occupe, a dû faire un pari
avec son équipe, avec sa hiérarchie et avec lui-même. Le pari reste mystérieux,
mais on peut aisément en tracer les contours : en gros le défi à relever
était de dépasser ou de faire oublier son prédécesseur et néanmoins ami, Brice
Hortefeux.

Bien que
circonspect sur la promotion de Monsieur Guéant, nous ne pouvions que nous
réjouir de l’éviction du sinistre Hortefeux, nous avions juste oublié que si
l’homme était écarté, la méthode et le rôle de sa charge étaient elles bien
maintenues !

Ce qui nous
amène à la question suivante : A quoi sert Claude Guéant ?

On peut
laconiquement répondre à cette question en disant que Mr Guéant est le ministre
de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de
l’Immigration depuis février 2011.

Mais son vrai rôle, quel est il ?

Dans un
communiqué il serait trop long d’expliquer point par point le détail de sa
« fiche de poste ». au dela de sa fonction régalienne de ministre de
l’intérieur, Guéant (tout comme Morano, Lefebvre, Douillet) sert à créer des
points de fixations polémiques de l’opinion. Ainsi Guaino théorise, pense et
met en place l’idéologie profonde du Sarkozysme, mais reste « prudemment »
dans l’ombre lui l’auteur des discours de Dakar et de Toulon (pour ne citer que
ceux là). Notre président se doit d’incarner cette pensée néo réactionnaire
basée sur une mise en pratique quasi littérale du « choc des  civilisations » de Huttington. Il
incarne aussi l’arrogance ultralibérale décomplexée et la défense des
privilèges de classe de sa caste.

Cet édifice
stratégique ne peut subsister que si en son sein il contient des personnalités
suffisamment convaincues et redevables capables, en des termes triviaux,
« d’aller au feu » !

Claude
Guéant est le chef de cette infanterie légère corvéable et sacrifiable à
souhait. Ce corps d’armée de la Sarkozie, chargé d’allumer des contrefeux
médiatiques chaque fois que le besoin s’en fait ressentir. L’arme de
prédilection de cette « troupe d’élite »est l’agitation du spectre
islamiste qui plane sur l’hexagone.

Guéant
existe par le biais de ses déclarations, intellectuellement indéfendable, mais
qui au café du commerce font souvent consensus. Nous n’oublions pas ses sorties
sur l’immigration, le voile, les prières de rue, mais nous allons nous
concentrer sur la mise en relation qu’il a faîte hier entre le vote des
résidents étrangers et la viande Halal.

Mr Guéant
prétend que le vote des étrangers enverrait de facto une multitudes de nouveaux
élus dont le mandat impératif communautaire les obligeraient à revendiquer
l’utilisation de viande Halal dans tous les lieux de restauration collectives.

Première
ineptie, nous avons parlé à dessein de mandat impératif, pour rappeler à tous
le monde que celui-ci n’existe pas en Vème république !

Deuxième
idiotie, les français musulmans existent ! ne lui en déplaise, Mr Guéant
feint d’ignorer que l’Islam est une religion et pas une nationalité, ce qui
fait que dans sa tête et dans son discours il nie l’existence de cette
population, et la présence (symbolique) de certains élus musulmans dans de
nombreux conseils d’arrondissements, conseils municipaux etc. On pourrait
s’amuser de cette gaucherie argumentaire, mais la vase que remue Mr Guéant est
dangereuse, elle peut faire remonter à la surface toutes les scories que des
décennies de coexistence pacifique, de recherches sociologiques, de démocratie
et de paix avaient fini par enfouir profondément. Que nous ressort Mr Guéant dans
cette assertion ?  Si ce n’est le
bon vieux projet d’islamisation de la France qu’entretiendrais dans leurs cœurs
tous nos concitoyens musulmans, qui comme chacun sait, sont sournois et n’ont
pour but que de nous empoisonner avec leur viande Halal, voiler nos femmes et
instaurer la Charia. Il aurait pu terminer ainsi, mais les « non
dits » parlent souvent plus que les mots que nous prononçons…

Troisième
stupidité, Guéant agite cette « menace » de la consommation de viande
Halal, en reprenant à son compte l’idée que s’en fait Brigitte Bardot ou Marine
Le Pen. Conférant implicitement une crédibilité voir même une honorabilité à la
logorrhée raciste de ces deux dames et de leurs alliées. Ce qui est proprement
stupéfiant, c’est la méconnaissance crasse de la réalité et l’apposition de
fantasmes sur des réalités économiques et des contraintes industrielles qui
sont à mille lieues des considérations religieuses ou civilisationelles, si
chères au cœur  de notre ministre de
l’intérieur.

La vraie
interrogation que pose cette stratégie de communication réside dans le fait
que, bien sur, ni Sarkozy, ni Guaino ni même Guéant ne sont des idiots et que
s’ils ré utilisent cette méthode c’est qu’elle correspond à l’ère du temps.
Cette mentalité qui se croit patriote alors qu’elle n’est que bassement
chauvine. Cette idée qu’il existe « un corps traditionnel de la
nation » et que celle-ci serait menacée par la nature allogène de l’islam
et des musulmans de France. Marine Le Pen s’est lancée dans cette brèche sans
vérifier que dans son équipe de campagne certains vivaient grassement de cette
réalité ! Guéant provoque le débat autour de l’islam, des musulmans, des
étrangers et de l’immigration pour faire oublier le bilan économique, politique
et social calamiteux des années Sarkozy, dont acte ! Il brandit la menace
du communautarisme comme un épouvantail, mais il sait pertinemment que le
« vote musulman » n’existe pas ! Il le sait comme il sait que
l’islamophobie est un racisme acceptable et que beaucoup se feront piéger par
la peur, la crise et la crispation sociale qui étouffe ce pays !

D’ailleurs,
s’il peut agir ainsi c’est que les médias sont avides de ces
« dérapages », et que cette connivence interroge. Sans donner de
leçons, beaucoup de journalistes, d’éditorialistes  et de citoyens devraient lire ou relire le
livre de Chomsky et Herman « La Fabrique du Consentement ».
Dans cet ouvrage les auteurs analysent les processus qui transforment
l’information en propagande, ce livre permet de comprendre  la manière dont fonctionnent les médias
dominants qui finissent par participer consciemment ou pas  à la mise en place d’une propagande
idéologique destinée à servir les intérêts des élites politiques et
économiques.

Ainsi le
fond de la polémique passe inaperçu, le vote des résidents est une question de
justice sociale essentielle, et aujourd’hui purement symbolique. Lorsque
Mitterand la promettait en 81 elle avait toute son efficience, en 2012 la
première génération d’immigrés maghrébins s’éteint progressivement et pour
nombre d’entre elles/eux ils auront passé leurs vies en étant que des hommes et
des femmes outils…jamais des citoyens !
Le PS doit répondre sur le fond, les postures et les commentaires de la
phrase de Guéant ne nous intéressent pas, des actes Mesdames et Messieurs !
Nous sommes repus des promesses non tenues, et nous n’oublions pas le sort qui
est fait aux Chibanis en particuliers et à nos anciens en général.

Allez Mr
Guéant, vous reprendrez bien du tajine au poulet ?  Ah mince ! Il est Halal !

BENSAADA
Mohamed

Quartiers
Nord/Quartiers Forts

 

Le monopole de la violence ou la violence du monopole ?

Le monopole de la violence ou la violence du monopole ? balance-justice1-285x300Amnesty, dans un rapport récent, dénonçait les méthodes d’immobilisation et l’impunité des forces de l’ordre, dans les affaires ayant entraînées la mort de personnes au cours ou à la suite d’interpellations. L’ONG s’appuyait en partie sur le cas de Hakim Ajimi, mort à l’age de 22 ans le 9 mai 2008 à Grasse.

Cette tragédie, parce que ç’en est une, rassemble à elle seule l’ensemble des absurdités et des impasses de notre société. On peut continuer à feindre et à ignorer le problème moral (nous osons le mot) que cette affaire pose à la Démocratie française, au pacte social, au peuple et aux élites, on peut en effet laisser macérer cette injustice et ce déni d’humanité que l’on a fait subir à ce jeune homme, à sa famille et à ses proches…

On peut aussi considérer que c’est un « dommage collatéral »  d’une montée en puissance de la politique sécuritariste que la majorité des français à voulue ardemment en élisant Mr Sarkozy en 2007. On peut euphémiser cette histoire en usant de poncifs écœurant du style « on ne fait pas d’omelette, sans casser d’œufs… » et autres saloperies du genre. Tout ça on peut le faire et d’ailleurs beaucoup le font.

Mais la question que nous pose d’outre-tombe Hakim, continue et continuera de hanter notre inconscient collectif : « Qu’ai je donc fait pour mériter ce traitement ? Quelle est donc cette société qui s’accommode aussi aisément  d’une pareille injustice ? ».

Le mot est lâché, JUSTICE, en gras et en majuscule ! C’est la pierre d’angle sur laquelle on construit l’égalité. Sans la Justice il n’y a pas d’égalité, sans l’égalité il n’y a pas de démocratie. Tout le reste est superflu, billevesées, sophisme et discussion absconses. Tout le reste est douleur absurde, sadisme insoutenable et reniement de ce qui doit faire de nous des êtres humains capables de se regarder encore en face sans cette amertume de la culpabilité qui nous hante, sans cette impardonnable  soumission à l’arbitraire !

La facilité voudrait que nous dénoncions le racisme d’état, nous pourrions le faire, mais il y’a longtemps que nous avons renoncé à la facilité et a la démagogie. Dénoncer l’état comme seul responsable, c’est nous dédouaner de nos responsabilités individuelles et collectives !

L’état français, au final, surtout dans cette démocratie des sondages, légifère au gré  de l’actualité, des phobies et des préjugés de nos concitoyens. Il met progressivement en place un arsenal juridique de plus en plus menaçant et restrictif pour les minorités. Mais il est hélas à l’image de ce qu’est la France aujourd’hui ! Un pays effrayé par lui même, bercé par le chant lancinant de la xénophobie et de l’islamophobie ambiante, recroquevillé sur un héritage fantasmé, refusant de thésauriser sur le potentiel de toute une jeunesse trop basanée, trop noire, trop musulmane, trop…différente.

Incriminer l’état et seulement l’état est  un raccourci puérile, il peut satisfaire un discours ou la construction d’une thématique politique, mais il fait l’économie de la vraie réflexion sur le racisme et la nature raciste d’une société, comme le disait Fanon, il ne peut y avoir de degré dans le racisme.

De plus il permet à nos détracteurs de nous faire passer pour de joyeux débiles avec qui aucune discussion sérieuse n’est soutenable. Il ouvre la porte aux comparaisons foireuses, aux extrapolations improbables et enferme le débat hors de l’essentiel.

Quel est cet essentiel ? : Hakim est mort ! Pourquoi est il mort ? et de quoi est il mort ? Si la justice française répond à ces questions, personne ne pourra soustraire les coupables à leurs peines, parce que le dossier est lourd, les témoignages accablants, la défense confuse et la perte de ce jeune homme irréparable pour sa famille, mais aussi pour toutes celle et ceux qui croient en la justice et qui sentent un frisson dans le dos à chaque fois que l’on évoque ce nom et ce prénom, HAKIM  AJIMI, parce que l’arbitraire aurait pu frapper n’importe qui, n’importe où, surtout dans nos quartiers populaires, Hakim aurait pu être notre voisin, notre frère, notre fils…et de fait il l’est !

C’est pourquoi nous rappelons cette mobilisation incontournable autour du procès à Grasse qui se tiendra du 16 au 20 Janvier 2012, avec en point d’orgue une manifestation de soutien a la famille et au comité Hakim Ajimi le 7 Janvier 2012*.

Soyons nombreux à demander que Justice soit faite !

Quartiers nord/Quartiers Forts.                                                                                                 Marseille, le 21 décembre 2011

* :  Rassemblement samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard
      Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle            .

      Un car au départ de Marseille est prévu, Contacts : Adil    : 06 13 20 51 51

                                                                                               Sonia : 06 26 38 38 01

 

 

LUNDI 31 JANVIER A 18H30 AUX MOBILES 

(haut de la canebiere) 

RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN

AU PEUPLE ÉGYPTIEN 

A BAS LA DICTATURE DE MOUBARAK

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE ÉGYPTIEN

Les manifestations des Egyptiens contre la dictature de Moubarak sont violemment réprimées. Cette répression contre les manifestants au Caire et dans de nombreuses villes de toute l’Egypte a déjà fait plus de 100 morts, des centaines de blessés et d’arrestations.

Comme en Tunisie où la dictature de Ben Ali a été ébranlée et le dictateur chassé par la formidable mobilisation du peuple tunisien et en particulier de sa jeunesse, le peuple égyptien et sa jeunesse sont partis à l’assaut du régime de Moubarak et crient leur refus de la dictature, du népotisme, de la corruption et de la mal-vie.

Ce lundi 31 janvier 2011, a été lancé un rassemblement de soutien à la lutte du peuple égyptien, avec comme objectif de rassembler dans l’urgence toutes les voix solidaires pour dire :

A BAS LA DICTATURE DE MOUBARAK

HALTE À LA REPRESSION, A LA TORTURE, AUX EMPRISONNEMENTS

HALTE A L’ETAT D’URGENCE ET À LA CENSURE

VIVE LA LUTTE DU PEUPLE EGYPTIEN CONTRE LA DICTATURE

Collectif Solidarité Maghreb

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