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Ce gouvernement ne connaît que le dialogue par la matraque!

Communiqué de Quartiers Nord/Quartiers Forts (QNQF)

Marseille, le 25 mars 2016

Ce gouvernement ne connait que le dialogue par la matraque.

Aujourd’hui vendredi 25 mars, nous apprenons que 3 nouvelles arrestations viennent d’avoir lieu lors de la manifestation lycéenne contre la loi El Khomri. Elles s’ajoutent à la dizaine d’arrestations d’hier, lors de la manifestation réunissant salarié.e.s, étudiant.e.s et lycéen.ne.s et qui a réuni près de 4000 personnes. Après qu’une lycéenne ait été arrêtée et mise en garde à vue pendant plus de 24h pour outrage, rébellion et violence sur agent, les enseignant.e.s et élèves de son lycée se sont rassemblés pour demander sa libération immédiate. Voilà une réaction de solidarité importante et qui a permis sa libération.

Drôle de dialogue que celui de ce gouvernement qui, depuis 3 semaines, lance des miettes aux syndicats et des coups de matraques sur les manifestant.e.s. Humiliant que ce « dialogue social » et révoltant que ce déchainement de violences. En suivant de près l’ensemble des violences policières et autres répressions perpétrées au niveau national, il apparait que loin d’être une somme de fait locaux, nous avons à faire à une stratégie du gouvernement : « tabassage » en règle de lycéen.nes, fermetures administratives d’universités, CRS dans les amphithéâtres, poursuites judiciaires dans le cadre de comparution immédiates, prison ferme comme à Nantes (6 mois)… la liste est longue et pas vraiment glorieuse. Les militant.e.s de QNQF, présent.e.s lors des manifestations de Marseille peuvent en témoigner : ces violences sont le fait avant tout de provocations policières, d’arrestations au hasard et d’une stratégie de la tension bien menée, sur fond d’état d’urgence et de chèque en blanc signé aux policiers.

L’Etat « socialiste » au pouvoir, celui qui promettait des mesures contre les contrôles au facies rapidement jetées aux oubliettes, fait donc bien pire, de mémoire de militant.e.s, que les gouvernements au pouvoirs ces dernières années. Jamais un mouvement naissant n’avait eu à affronter telle répression. Leur stratégie est claire : mater toute contestation populaire pour assurer un passage en force d’une loi impopulaire.

La loi (anti-) travail est une atrocité destinée à sceller un rapport de force dans le monde du travail qui soit totalement favorable au patronat, casser les protections collectives des salarié.e.s, leurs acquis sociaux et leurs moyens de se défendre. Loin de créer de l’emploi, cette loi facilitera les licenciements et la précarité. Les lycéen.ne.s, étudiant.e.s, salarié.e.s de nos quartiers populaires et d’ailleurs l’ont bien compris et leur révolte est légitime.

Quartiers Nord/Quartiers Forts tient par ce communiqué à soutenir les arrêté.e.s, réprimé.e.s et leurs proches, le mouvement lycéen et étudiant. Nous nous engageons avant tout à faire notre possible pour informer les habitant.e.s de nos quartiers sur le danger que représente cette loi, car seul un mouvement massif, une alliance entre tous les secteurs du monde du travail, des sans-emplois, des jeunesses, pourra faire reculer ce gouvernement. C’est également en étant nombreux.ses et solidaires dans la rue que nous pourrons faire retirer ce projet de loi et nous protéger face aux violences policières. C’est pourquoi QNQF demande la relaxe immédiate de tou.te.s les inculpé.e.s et appelle à participer massivement à la journée de grèves et de manifestations du 31 mars.

LOI EL KHOMRI, NON MERCI !

Le projet de loi Travail El Khomri est censé, selon la Ministre et le gouvernement, protéger les travailleurs…A la lecture des « réformes » proposées, il nous vient immédiatement à l’esprit la question de savoir qui nous protège de ce gouvernement ? 

Nous ne reviendrons pas sur l’ensemble des mesures qui transforment les salariés en serfs des temps modernes, les organisations syndicales et politiques ont déjà largement décortiqué cet ensemble d’inepties. Plus ce gouvernement proteste de son pragmatisme et de sa démarche indemne de toute idéologie et plus on s’aperçoit que les propositions qui sont faites ne peuvent surgir que du cerveau de fanatiques ultralibéraux.

Il faut pourtant insister sur deux idées étranges qui servent d’arguments aux défenseurs de ce texte :

  • Le premier tient presque de la poésie surréaliste puisque le Medef et le gouvernement prétendent que pour créer des emplois il faut simplifier et faciliter les licenciements! Cet argument absurde et obsolète n’est pas une nouveauté, le CNPF l’utilisait déjà. Mais la façon dont il est assumé par le gouvernement est inédite et démontre sans équivoque que le véritable rédacteur de ce projet n’est autre que Pierre Gattaz. Hollande, Valls, El Khomri et Macron sont les porteurs complices de ce projet de régression sociale sans précédent.
  • Le deuxième argument est plus malhonnête et pernicieux. Il montre que la stratégie employée par le gouvernement pour faire passer son texte dans l’opinion est celle de la division. Coachés par les communicants, les éditorialistes, les têtes d’affiche du gouvernement et les patrons du Medef nous jouent une petite musique désagréable. Cette loi, selon eux, est pleine de philanthropie et serait destinée à rétablir l’égalité réelle face au travail !  Cette loi profiterait, par le biais d’un mécanisme aussi obscur que le premier argument, à faciliter l’accès à l’emploi aux jeunes les moins diplômés! En réalité les mesures contenues dans le projet El Khomri nivellent les droits et la protection des salariés et accélèrent le processus de précarisation de l’ensemble du monde du travail. Ceux qui ont un emploi et celles et ceux qui cherchent un emploi !

Quartiers Nord/Quartiers Forts (QNQF) rappelle que si le gouvernement s’intéressait vraiment au devenir des jeunes les moins diplômés, dont un grand nombre vit ou plutôt survit dans nos quartiers populaires, il lutterait fermement contre l’ensemble des discriminations que rencontre toute une partie de notre jeunesse! Ne prenez pas nos jeunes en otage et n’en faites pas un alibi!

Pour ces raisons, et pour d’autres, QNQF demande le retrait immédiat de ce projet de loi et appelle à la mobilisation dans les rues contre ce texte dès le 9 Mars !

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 5 Mars 2016

Mister No one et Dr Hyde

Logo QNQF 2015

Depuis quelques temps notre sénateur maire s’est rendu plus visible dans nos quartiers. Là où, contrairement à lui, vivent ces administrés. Depuis quelques temps, nous reviennent aux oreilles des scènes que l’on croyait appartenir à l’histoire des pratiques politiques de ces prédécesseurs qu’il a tant décriées. De visites d’associations terrorisées à l’idée de lui refuser l’entrée, à la descente express et en catimini à l’école de la Busserine. De promesses en promesses et de sourires tout en canines en mains serrées, notre sénateur-maire toujours affublé d’une protection policière et de ses sympathiques gardes du corps, entretient avec assiduité cette image sympathique que certains médias lui ont complaisamment construite.

Evidemment Mr RAVIER porte beau, il a une allure sportive, une dentition à plusieurs milliers d’euros, des costumes sur mesures et la raie impeccable à droite (évidemment) de son crâne. L’ensemble dégage une mâle assurance et lui permet de séduire (ceux qui veulent être séduits) les gens au premier abord.

Pourtant Mr RAVIER est au FN par conviction, il admire plus que tout Jean Marie, mais est assez pragmatique pour mettre en œuvre les stratégies protéiformes de « dédiabolisation » de Marine, Louis et Florian…Et c’est là que nous en venons à l’essentiel du message que nous adressons en particulier à nos voisins, à nos familles qui vivent dans ces quartiers. Mr RAVIER ne se soucie pas de vous, de votre confort, de vos espoirs ou de l’amélioration de vos conditions d’existence ! Non Mr RAVIER et le FN nous considèrent comme l’alpha et l’oméga de tous les problèmes de Marseille et de la France. Nous avons beaucoup entendu cette ritournelle effrayante du « Tous pourris » et de son corolaire immédiat qui se matérialise par un relativisme politique éminemment dangereux !

Nous ne sommes pas là pour faire peur, puisqu’apparemment le FN ne fait plus peur, mais alors allons plus avant dans la réflexion et discutons tranquillement des contradictions habilement déguisées en « bon sens » par le parti d’extrême droite.

Lorsque vous le croiserez demandez-lui ce qu’il pensait du cumul des mandats avant et après les avoir cumulés ?

Demandez-lui de vous parler de ce qu’il appelle avec ses amis l’immigration de peuplement et l’islamisation de la France ? Lisez ses tracts et vous y verrez les grandes lignes de cette thèse raciste du « Grand Remplacement » que Renaud Camus a offert comme contribution idéologique à toute la facho-sphère. Demandez-lui s’il ne s’agit pas d’un appel à la haine raciale qui ne dit pas son nom ?

Demandez-lui s’il pense que l’Islamophobie existe (juste pour rireJ) ?

Demandez à notre sympathique édile de vous expliquer ce qu’est la préférence nationale ? Où elle commence et où elle s’arrête ? Profitez-en pour en apprendre plus sur la différence qu’il fait entre les « Vrais Français » et les « Français de papier ». Il vous répondra, sans doute, qu’il est un authentique patriote. Et il fera là une erreur de vocabulaire parce qu’il n’est qu’un nationaliste (ultra) et que le nationalisme ombrageux n’est que le patriotisme sans l’honneur !

Il vous dira qu’il est républicain, et vous ne manquerez pas de lui faire remarquer sa relation fusionnelle avec ses amis de l’Action française. Il n’y verra peut-être aucune contradiction, même si ces camarades vomissent la République et qu’ils attendent le retour sur le trône de France de Louis 25 ou 26. Il répètera qu’il aime la République et vous aurez à l’esprit les mots de Zola : « La République est envahie par les réactionnaires de tous genres, ils l’adorent d’un brusque et terrible amour. Ils l’embrassent pour l’étouffer. »

Il vous parlera de sécurité et de racailles, ce terme restant assez vague dans sa bouche pour vous y ranger aussi le moment venu ! Il vous dira aussi qu’il est bien reçu partout où il va et qu’il n’a de problèmes qu’avec une poignée d’opposants gauchistes qu’il traite volontiers de « fils de Staline » ou de « Garde Rouge » ! Mais il nous trouvera là pour lui rappeler l’histoire de sa tradition politique et lui dire qu’il devrait se rappeler des dizaines de milliers de communistes et d’étrangers qui ont versé leur sang pour que la France survive au cataclysme nazi ! Il devrait se taire et repenser à ses aïeux politiques (dont il continue de se réclamer) qui ont collaborés avec l’occupant et concentraient leurs efforts sur l’élimination de l’ennemi intérieur. Idée qui est hélas redevenue d’actualité !

Avec ses amis du bloc identitaire, Vous lui direz EGALITE et il vous répondra IDENTITE !

Vous lui direz, enfin que vous n’avez pas oublié les victimes du racisme, et que vous continuez à penser à Rachid Bouaram et à Ibrahim Ali, qui n’avait d’autre tort que d’être arabe ou noir, d’être là au mauvais endroit et au mauvais moment !

Vous lui direz tout ça avec vos mots pour que nos quartiers ne soient plus jamais le mauvais endroit et le mauvais moment, dîtes lui que le FN n’est pas le bienvenu dans nos quartiers !

Bensaada Mohamed

Pour Quartiers Nord/Quartiers Forts!

Soutien à Houria Bouteldja et aux deux Said

Le Front Uni des
Immigrations et des Quartiers populaires (FUIQP) condamne  vigoureusement l’agression dont a été victime
Houria Bouteldja militante du PIR et du FUIQP (agression revendiquée par la
milice fasciste LDJ). Cette agression confirme une nouvelle fois la nécessité
d’une mobilisation et d’une solidarité sans faille face aux développements des
pratiques racistes et fascistes de la LDJ mais aussi de toute la galaxie
d’extrême-droite. De la même façon le FUIQP se tient au côté de Said Bouamama
qui est membre actif de notre Front et de Saïdou du groupe ZEP qui sont
poursuivis en justice par l’AGRIF. Il n’y a qu’une seule réponse à ces
tentatives d’intimidation : soutenir plus que jamais la lutte du peuple palestinien
et transformer les poursuites en justice des militants en contre-offensive
politique et en tribune pour dénoncer les nouvelles guerres coloniales,
l’islamophobie, les crimes racistes et sécuritaires, les discriminations
systémiques et institutionnelles, la chasse aux Roms et aux Sans-papiers, la
situation de non droit que constitue l’absence de droit de vote pour nos
concitoyens résidents étrangers, etc. Le FUIQP prendra toute sa place dans les
mobilisations concernant tant Houria que les deux Said. Il appelle à faire
converger les deux combats et les deux mobilisations. Dans l’immédiat, il appelle
à participer au rassemblement du jeudi 8 novembre de 17 h 30 à 19 h à l’angle
du ministère de la justice (croisement de la rue de la paix et de la rue
Danielle Casanova, métro Opéra).

 

Paris le 29 octobre 2012

Communiqué de soutien à Jean Marc Rouillan

La Justice est elle vraiment la Justice quant elle
s’acharne à ce point sur un homme et sur son passé ?

Nous ne connaissons de Jean Marc que l’homme
paisible qui travaille et milite jusque dans nos quartiers dans la discrétion
et l’humilité. Jamais nous ne l’avons entendu prononcer de paroles haineuses ou
belliqueuses.

 

Cet homme a déjà passé un tiers de sa vie en
prison, dont sept années en isolement, dans des conditions de vie inhumaines
qui font la spécificité de ce régime carcéral et la honte de ce pays.

Depuis 2007 il s’en tient strictement aux
obligations qui lui sont faîtes et malgré ce le parquet de Paris ne cesse de le
poursuivre de son implacable malveillance.

 

Nous comprenons cet acharnement comme la traduction
littérale du climat anxiogène qui se nourrit
de sa propre matrice. Cette instrumentalisation malhabile ne nous
surprend pas, elle est un des nombreux signes crépusculaires d’un régime qui
convulse, mais qui ne doit pas nous empêcher de maintenir notre dignité et
notre lucidité.  La solidarité avec Jean
Marc Rouillan est un devoir qui s’impose à toutes celles et ceux qui n’acceptent
pas les règles de l’arbitraire.

 

Pour que Justice ne rime pas avec sadisme et pour
que Loi ne soit pas synonyme de torture, nous tenons à assurer notre camarade
Jean Marc, de notre soutien sincère et de notre vigilance à l’égard des suites
de cette persécution politico-judiciaire.

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

18 avril 2012

L’éclat sublime de la médiocrité.

Une analyse politique peut se jauger à l’aune de la
profondeur de la réflexion dont elle est le résultat. Notre époque nous donne
le personnel politique que finalement nous méritons. L’affaire de Toulouse
doit, par sa gravité, nous poser question sur la forme et sur le fond.

Une fois la condamnation des actes abominables perpétrés par
Mohammed Merah unanimement établie, il faudrait que les responsables politiques
se gardent de toutes tentatives de récupération politique de ce drame…dans un
sens comme dans l’autre.

Merah n’est pas un martyr de l’Islam, et le dire c’est déjà
une tentative de justification collective que je regrette parce qu’elle répond
à une mise en cause plus ou moins assumée de toute une communauté.

Lorsque Anders Brejvik à massacré des dizaines d’innocents
personne n’est allé mettre en cause le pape ou les autorités religieuses
protestantes. Pourtant son discours et ses actes étaient aussi décousus
intellectuellement que ceux de Merah…Mais Merah s’appelle Mohamed et de fait,
dans l’esprit de beaucoup, chaque fois qu’un « musulman d’apparence »
(puisque c’est la nouvelle terminologie pour désigner notre altérité) commet
une atrocité il ne fait aucun doute que c’est l’idéologie mortifère de notre religion
qui en est la source, ou notre atavisme violent puisque dès notre plus jeune
âge nous sommes habitués à voir des agneaux égorgés…rappelons aussi que nous
sommes  intrinsèquement des violeurs et
des voleurs, des phallocrates militants et que nous sommes à la pointe de tout
ce que le coté obscur de notre humanité (ou inhumanité ?) peut produire
d’abject, de terrifiant, de monstrueux.

Voilà les bases du débat tel qu’il est posé actuellement.
Comment faire alors pours discuter de ce qui doit l’être, d’homme à homme,
d’égal à égal, dans ces circonstances et dans ce contexte idéologique qui nous
place NOUS les « musulmans d’apparence » dans une situation de
justification permanente et de complicité relative à l’égard de tous les
événements de l’actualité nationale ou internationale, les deux étant
systématiquement liées.

Compliqué, en effet, de répondre à la médiocrité d’un
Longuet qui estimait que les enquêteurs avaient perdu du temps en explorant la
piste de l’extrême droite, parce que pour ce Monsieur comme pour William
Goldnadel il ne faisait aucun doute qu’il ne pouvait s’agir que d’un Musulman.

Difficile aussi de répondre à notre président et  à son gouvernement quant à leur empathie à
géométrie variable dès lors qu’il s’agit d’honorer la mémoire des victimes. Ainsi
Juppé était présent aux obsèques des victimes juives en Israël, et c’est bien
qu’il y soit, mais personne n’a accompagné le militaire « d’apparence
musulmane » au Maroc sur le lieu de son inhumation…étrange émotion que
celle d’une république qui apparemment ne pleure pas ses enfants de la même
manière et le fait ostensiblement savoir !

La victoire idéologique du FN est totale, parce que le
constat amer que j’énonçais plus haut est l’exact ressenti d’un grand nombre de
personnes dans ce pays. Et que les idées du FN ont percolé insidieusement les
autres formations prétendument républicaine. L’UMP,  mais ce n’est plus à discuter ou à démontrer.
Les faits, les décrets, les lois discriminantes et les discours chauvins et
xénophobes  des responsables de cette formation
sont là pour justifier cette assertion.

Mais la contamination est plus large, le mal plus profond
puisque même à « Gauche » le venin s’est propagé, amalgamé et
progressivement installé dans le cœur et dans les têtes des animateurs de ces
formations en général, et plus particulièrement au PS.

Ainsi, dernièrement Monsieur Valls responsable de la
campagne de François Hollande et (l’espère t’il) probable futur ministre de
l’intérieur, s’est fendu d’une déclaration tonitruante et
« abracadabrantesque » sur les dangers de l’islamisation rampante des
quartiers populaires qui seraient investis par un groupuscule
islamo-salafisto-takfiro-gauchiste du nom de « Printemps des
Quartiers ». Et c’est bien entendu là que la médiocrité politique devient
inversement proportionnelle à la profondeur de la réflexion, à la pertinence de
l’analyse et à la « candeur » de l’objectif.

De quoi s’agit-il ? Le PS ne tient plus
(électoralement) les quartiers populaires, et l’équation reposant sur le dogme
de l’électorat captif semble de plus en plus caduque. La campagne de François
Hollande patinant depuis les attentats de Toulouse et la montée en puissance du
Front de Gauche alarme le staff Hollande qui comprend à nouveau que son salut
viendra (peut être) de ces quartiers populaires que le PS comme l’UMP à relégué
socialement, économiquement et politiquement. Mais le « Printemps des
Quartiers » est une épine dans le pied de cette stratégie opportuniste…Un
communiqué de  Monsieur Valls nous
apprend que : « Depuis plusieurs semaines, des
figures controversées de l’islamisme et du communautarisme sillonnent nos
banlieues sous la bannière du ‘Printemps des Quartiers’ », des meetings et
conférences au cours desquelles « la République est sans cesse attaquée».
L’agressivité
et la gravité de l’accusation peuvent étonner voir ébranler certaines
convictions. Mais ne nous y trompons pas cette réaction ne s’explique que par
la lâcheté intellectuelle et le recours systématique au discours anxiogène sur
l’islamisme et le communautarisme et que l’opinion relie invariablement, par
réflexe pavlovien, au terrorisme, à Al Qaïda, aux talibans etc. Mr Valls sait
pertinemment que si sa mise en accusation malhonnête de ce mouvement rencontre
un écho médiatique et que si elle est reprise par d’autres, cela équivaut à une
mise à mort politique sans autre forme de procès. Le procédé est odieux et les
ficelles sont grosses, bien trop grosses pour que nous nous laissions intimider
par des propos sans fondements.

« Printemps des Quartiers » est une tentative de re-politisation
de nos quartiers populaires, qui ne se fait ni par le biais de l’Islam, ni par
le biais communautaire, la diversité des acteurs et des participants est là
pour en témoigner. Elle se fait de manière farouchement autonome et ne s’est
pas, jusqu’à présent, fait récupérer par qui que ce soit…et c’est ce qui gêne
Mr Valls, parce que la lucidité, la fermeté de ce mouvement et l’écho qu’il
rencontre dans les quartiers affole le PS qui n’a pu réitérer son hold up
politique de 83, en récupérant la « marche pour l’égalité et les droits »
et l’a transformé en « marche des beurs » apolitisée et vidée   de son essence politique  en escamotant le potentiel hautement
subversif des revendications légitimes de cette génération, en les substituant
par toute une cacophonie folklorique paternaliste et infantilisante…remplaçant
les rêves de justice et d’égalité par une petite main jaune et un slogan
tragicomique.

Ce qui gêne Mr Valls et ses amis c’est que, ce n’est pas la
république qui est attaquée  comme il le
prétend, mais bien  les partis politiques
au pouvoir depuis 30 ans, parce que c’est leur  interprétation inégalitaire et discriminante
de la République qui est mise en cause. En outre Mr Valls se réapproprie la
stratégie rhétorique des Le Pen père et fille, lorsqu’il parle de lui il parle
de République, tout comme les Le Pen parle de la France en parlant d’eux même.
Les Le Pen ne sont pas la France ! Leur histoire, leur culture politique
et leur vision de la société en font les héritiers de la collaboration, de
Vichy, de Maurras et de Brashillac…ils ne sont que cette France là !

Tout comme Mr Valls n’est pas l’oracle de la République, et
il est temps que lui comme d’autres arrêtent de se prendre pour les
gardiens  du temple, parce qu’avant de
parler de république il faudra avoir un débat sur ce que lui et ses amis entendent
par ce mot qui dans leurs bouches sonne creux, ils ne sont pas les dépositaires
des vertus de la république, au mieux ils en incarnent quelques vices.

Ce qui incommode Mr Valls c’est qu’il n’y a aucune
mansuétude à l’égard du PS et que la décadence de ce parti est régulièrement rappelée
par les participants du Printemps des Quartiers qui subissent au quotidien le
racisme de l’UMP et  le paternalisme
étouffant du PS. Auquel il faut ajouter  l’affairisme, le clientélisme, le népotisme et
l’instrumentalisation politique de la « diversité ». Dois- je
rappeler à Mr Valls les affaires en cours dans les bouches du Rhône et dans le
Nord ? Dois-je rappeler à Mr Valls l’emprise tutélaire de Guérini, de
Frêche et d’autres barons de la Rose sur leurs fédérations respectives ?
Dois-je lui rappeler les subventions du conseil régional PACA ? Dois-je
lui rappeler de nettoyer devant sa porte avant de jeter des anathèmes et des
sorts au gens que sa formation ne subjugue plus ? Dois-je lui rappeler que
ces quartiers, comme le marché de sa bonne ville d’Evry, sont pleins de non « Blancos
– Whites – Blancs
 »,
comme il aime à s’en émouvoir ? Dois-je
enfin lui rappeler que pour grimper à l’échelle, il vaut mieux avoir son séant
propre ?

Voilà en un mot comme en cent ce que m’inspire la triste
réalité du débat politique français…la nausée devant l’éclat sublime de la
médiocrité.

 

BENSAADA
Mohamed

Acteur
associatif participant au Printemps des Quartiers à Marseille

 

Soutien au COMITE JUSTICE ET VERITE POUR HAKIM AJIMI

Soutien au COMITE JUSTICE ET VERITE  POUR HAKIM AJIMI dans National HAKIM-AJIMIJUSTICE POUR HAKIM !
PROCES DES RESPONSABLES DE LA MORT D’HAKIM AJIMI
MOBILISATION GENERALE
Nous avons besoin de votre soutien actif!

ENFIN !!!

Après 4 ans de recours visant à passer entre les mailles du filet, les 7
policiers responsables de la mort de Hakim Ajimi, survenue à Grasse le 9
mai 2008, devront comparaître au Tribunal de Grasse du 16 au 20 janvier
2012 :

• 2 policiers de la BAC (brigade anti criminalité) pour « homicide
involontaire »
• 1 policier municipal et 4 agents de Police Secours pour «non-assistance
à personne en danger»

LA JUSTICE SERA-T-ELLE IMPARTIALE ?

Le Comité Vérité et Justice pour Hakim Ajimi appelle à une mobilisation
active en mémoire de Hakim, en soutien à ses proches et pour unir nos
forces :

• rassemblement samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard
Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle

• forum public pendant la semaine du procès, devant le Tribunal de Grasse :
- lundi 16 janvier à 9h
- chaque jour de 16h à 18h (point-info)
- vendredi 20 janvier toute la journée

RESTONS UNIS!!!

 

Assemblée Publique Printemps des Quartiers

Assemblée Publique Printemps des Quartiers dans National AffichePrintemps2012-verte1

Construction politique : Acte II

Construction politique : Acte II dans National no-n2-150x125Le journalisme actuel* est ainsi fait que même lorsqu’il est exercé avec intégrité, il ne peut s’empêcher d’abdiquer devant la dictature du format, la priorisation subjective des événements et l’étiquetage frénétique des démarches. En gros l’analyse politique de fond est souvent sacrifiée au bénéfice de l’immédiateté.

L’article de Politis tente en quelques lignes de faire la synthèse de dizaines d’heures de débats, de 9 mois de préparation, d’échanges sur la forme et sur le fond, de prises de paroles, d’affrontements et de convergences.

L’état d’esprit du journaliste mais aussi de toutes celles et ceux qui pensaient que tout s’articulerait de façon naturelle, sans pierres d’achoppement, sans discussion sur le fond et la forme, dans une sorte d’œcuménisme politique béat infantile, ne manque pas de nous inquiéter.

Évidemment non, rien de tout cela ne pouvait se produire ainsi. Les participants de ces 3ème rencontres sont tous des citoyens engagés, des militants de longue date pour la plupart qui, nourris de leurs réflexions et de leurs expériences individuelles et collectives savent à quel point un processus de construction politique est une démarche complexe, longue et périlleuse.

Évidemment oui, ces militants sont aussi complexes et déterminés que les autres acteurs politiques et associatifs de France et de Navarre, et oui ils discutent et se disputent parce que le débat contradictoire est l’âme de la démocratie, n’en déplaise aux laudateurs du « y’a qu’a, faut qu’on ! ».

Parler d’un demi échec, sous entend aussi que l’on parle d’un demi succès, même si la vision extrêmement réductrice de l’affrontement entre le PIR et le FSQP est une offense faîtes aux nombreux militants présents lors de cette rencontre qui n’appartiennent à aucune de ces deux structures. Cette assertion piétine aussi le dévouement et l’intégrité des organisateurs qui ont dépensés une année entière de leurs vies à la réalisation de cette rencontre. Mais qu’importe le fond du problème est ailleurs.

Les FSQP successifs et les 3 rencontres, celles d’Aniche, de Marseille et de Créteil, font système, elles contribuent à déterminer un ADN politique commun qui synthétise l’ensemble des luttes de l’immigration et des quartiers populaires. C’est un long processus de compilation, d’analyses et de maturation qui progressivement définit notre patrimoine politique commun. On ne peut pas encore parler de Corpus Idéologique, ni de plateforme programmatique. Les débats sur nos orientations sociales, économiques et politiques n’ont pas encore eus lieu de façon formelle. Et si tout le monde s’accorde à dire qu’il y’a nécessité de créer un mouvement politique de l’immigration et des QP, les deux options de la déclaration commune (Acte II) en sont les émanations stratégiques divergentes sur le court terme mais indubitablement convergentes à moyen terme.

Nous devions, au sortir de la séquence politique FSQP (Acte I) et Rencontres (Acte II), valider la création d’un Front Uni, dont le but était de donner une cohérence globale dans l’unité d’action aux mouvements issus de l’immigration et des QP. Cette première pierre posée nous aurait permis de coordonner nos actions locales, de les mutualiser et de court-circuiter toutes les tentatives de préemption des thématiques et des luttes que nous menons. C’était, au dire d’un camarade, « le minimum syndical militant » que tout le monde pouvait signer.  Cela nous permettait d’éviter la focalisation sur les échéances électorales à court terme et la mise en place rapide de 2 ou 3 manifestations d’ampleur nationale qui matérialiseraient la création d’un mouvement politique autonome de l’immigration et des QP. Cela nous permettait aussi de structurer sereinement le futur parti au sein duquel nous souhaitons tous nous retrouver.

Parce que simplicité ne signifie pas simplisme, il faut bien prendre en compte ce que veut dire créer un parti. La démocratie est une discipline très exigeante, et nous ne pouvons pas nous payer le luxe de nous en passer. Pour créer un parti il faut tenir compte des différents niveaux de réflexions, d’implications et de structuration des différentes organisations et individus qui y adhéreront.

Aussi il faut, pour éviter l’enlisement dans les contestations et les frustrations, cadrer au maximum le processus démocratique pour garantir une juste représentation de toutes les sensibilités. Si le rapport de force est une donnée essentielle de la vie politique dans les relations entre exécutifs locaux, régionaux et nationaux, c’est la conviction et la solidarité, le respect et la fraternité qui doivent régir en interne les relations que nous entretiendrons entre nous.

Il faudra donc penser à un congrès fondateur, à des assemblées générales décentralisées pour que les débats aient lieu aussi en région, à des motions d’orientations et des motions ponctuelles qui seront débattues et votées, à l’élection d’exécutifs à tous les échelons, ainsi que l’élection de délégués au futur congrès. Ce congrès au sein duquel sera votée notre ligne politique et nos orientations stratégiques, il faudra nommer des commissions thématiques et des commissions techniques chargées de mettre en application les décisions prises et gérer les investitures pour éviter les usurpations et les conflits, il faudra organiser le secrétariat national et le porte-parolat pour assurer notre lisibilité et notre visibilité…il faudra encore beaucoup de café, de sueur, de cris, de larmes, de rires et d’embrassades pour que nous y arrivions…mais nous y arriverons !

Quartiers Nord/Quartiers Forts, décide d’opter pour la construction du Front Uni de l’Immigration et des QP, nous respectons la décision des structures et des camarades qui souhaitent s’engager dans la création immédiate du mouvement politique de l’immigration et des QP, nous les saluons fraternellement et leur souhaitons avec sincérité le succès dans leur entreprise. Nous leur donnons rendez vous dans les luttes qui nous sont communes et dans lesquelles nous ne manquerons pas de nous retrouver.

« Politiser les masses, ce n’est pas, ce ne peut pas être faire un discours politique. C’est s’acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d’elles, que si nous stagnons c’est de leur faute et que si nous avançons c’est aussi de leur faute, qu’il n’y a pas de démiurge, qu’il n’y a pas d’homme illustre responsable de tout, mais que le démiurge c’est le peuple et que les mains magiciennes ne sont en définitive que celles du peuple. ». Frantz FANON

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 2 Décembre 2011

 

 

* Lire article Politis « La création d’un « front uni » des quartiers est reportée » – 28/11/2011

 

DECLARATION COMMUNE DES PARTICIPANT-E-S LORS DE LA TROISIEME RENCONTRE DES LUTTES DE L’IMMIGRATION LE DIMANCHE 27 novembre 2011 A CRETEIL

arton677.jpgDepuis des décennies nos quartiers populaires sont paupérisés, précarisés, discriminés, surveillés, contrôlés.
Depuis des décennies les habitant-e-s des quartiers populaires et les populations issues des immigrations sont injuriées, humiliées, méprisées, institués comme ennemi de l’intérieur.
Mais qu’on ne se trompe pas, nous sommes exploités, mais non soumis-e-s, opprimé-e-s mais non résigné-e-s, dominé-e-s mais non dompté-e- s..
Des résistances existent, mais sont éparpillées, les mobilisations sont multiples mais invisibles, les combats ne sont pas nouveaux mais insuffisants à changer réellement le rapport de force.
Cette situation catastrophique de nos quartiers populaires est nous le savons liée à notre absence d’auto-organisation coordonnées pour nos quartiers populaire visible au niveau national, capable de produire les rapports de force sans lequel rien ne peux changer.
Elle est liée à la confiscation de notre parole par les organisations et partis politiques qui ne connaissent rien de notre situation, qui la travestissent, l’instrumentalisent, l’euphémisent.
Pour toutes ces raisons les présent-e-s à l’assemblée s’entendent sur la nécessité du passage au politique pour :

· peser sur le rapport de force, par des mobilisations militantes communes sur l’ensemble du territoire,

· dénoncer et démasquer de manière commune toutes les attaques et tentative de récupération de notre situation et de notre combat,

· Etre présent pendant les prochaines campagnes électorales,

· Préparer les prochaines étapes de notre construction politique.
Pour assurer cette nécessité du passage au politique les débats ont débouché sur 2 options :

· La création immédiate d’un mouvement politique susceptible de représenter les intérêts des QP et des Immigrations. Pour les partisan-ne-s de cette option la situation d’urgence justifie ce passage. Première réunion le 17/12/2011 à Créteil).

· La fondation d’un Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires qui n’a pas vocation à remplacer les organisations existantes mais d’être l’expression politique de notre expression commune. Première réunion le 18/12/2011 à Bagnolet.
Ces deux options ne sont pas contradictoires, mais reflètent l’état de notre situation et de nos débats.
Ces deux options continueront à être débattues entre nous, elles seront toutes les deux mises en œuvre par leurs partisan-ne-s respectifs.
Ensemble nous tirerons le bilan de ces deux expériences. C’est dans l’action que naîtra la forme d’organisation adéquate.

Présent-e-s : Bouamama Saïd, Benameur Nora, Badaoui Kamel, Kawtari Tarek, Ech-Chetouani Zouhair, Kokoreff Michel, Lounis Mohamed et Lounis Malika, Hadji Fatma-Zohra, Hessas Khadra, Kriens Samia, Mechta Besma, Sadaoui Nadia, Benatia Abdellah, Bouhalli Rajette, Bouhalli Henda, Slaouti Omar, Sofi Abdelkader, Malika-Sandrine Charlemagne, Khélifi Amara, Kutlu Evrim, Khélifi Fatiha, Goma Banthoud, Tahiri Moulay , Bouadma Hassen, Deneux G, Mangeot Odile, Zerkaoui Atman, Chik Michaël, Darceaux Christian, Benchourak Ouahiba, Coppin Noémie, Bensaada Mohamed, Klabi Tarek, Chaambi Abdelazziz, Youssef Girard, Achour Nadjib, Devigne Vincent, Chetty Janina Rani, Marie-Cécile Pla, Catherine Krcmar, Driss Nabi, Liedri Ahmed, Mouhajer Ahmed, Bousshour Issam-Eddine, Johsua Nico, Samira Belfaquih, Amara Khelifi, Berrahoui Safia, Milizi Fatiha, Ildefonse Niguèle, Fajry Adil, Djaafri Saïd, Atia Abdelkader, Mohammadi Mustapha, Yadel Zohra, Karim Messaoudi, Alima Boumediene, Hasna Abid, Karim Taharount, Samir Hadj Belgacem, Amghar Rachid, Meddour Zouina, Koskossi Nabil, Djoli Mokoka, Mostefaoui Fatima, Hadj-Chikh, Mostefaoui Nadjma, Ghares Mounir, Cherfi Cherif, Mechmache Mohamed, Dehli Abdel, Bennaï Farid , Ahcen Meharza, Hedi Akkari, Zarguit Ali, Dehbi Fadila, Traore Bila, Bouteldja Houria, Mezzine Hassan, Boussoumah Youssef, Aït Mohamed Abd-El-Kader.

Cette déclaration, dite Acte 2 fait suite à celle adoptée le 11 Novembre 2011 (l’Acte 1) lors du 4ème FSQP à Saint-Denis, disponible ici : http://fsqp.fr/Mouvement-politique-acte-1.html, elle est en ligne sur le site de la 3ème rencontre de l’Immigration là : http://luttesdelimmigration.org/?p=430

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