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Manif Gaza – Samedi 2 Août 2014 – 15H – Vieux Port!

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Gaza, au delà des chiffres et des mots.

1110 victimes palestiniennes, dont 90% de civils; 6550 blessés, 180000 déplacés et à l’heure ou j’écris 53 morts israéliens dont 3 civils. Si l’on recule la perspective et que l’on replace ces massacres dans le contexte plus global de l’agression israélienne sur la bande de Gaza il faut rajouter les chiffres suivants: 7 ans de blocus, plus de 2500 morts coté palestinien, des sanctions économiques, politiques et militaires collectives infligées aux Gazaouis, ce qui au regard du droit international est considéré comme un crime de guerre.

A ce stade du conflit les chiffres sont absurdes, mais plus absurdes encore sont les “excuses” du gouvernement israélien qui continue à parler de “frappes chirurgicales” alors qu’il sait pertinemment que ce terme complaisamment repris par des médias propagandistes est un mythe. Mythe qui, en ce qui concerne la bande de Gaza, confine au ridicule sachant que ce territoire de moins de 400 Km² compte une population de plus de 1,7 millions d’habitants, soit une densité de 4250 habitants au Km². L’une des plus élevée au monde. L’état major israélien ne peut pas ignorer ces paramètres et ne peut se départir de sa lourde responsabilité dans l’étendue du désastre civil et des fameux “dommages collatéraux”.
Tout ça ne tient qu’a la moralité ou plutôt à l’immoralité des responsables politiques et militaires. Le gouvernement israélien est moralement corrompu et ne compte pas en son sein de visionnaires, d’hommes ou de femmes encore capables de faire des concessions et de rechercher une solution politique! Quel que soit l’état d’indigence de l’autorité palestinienne on ne peut pas lui faire le reproche de ne pas avoir fait les efforts demandés par la communauté internationale. On ne peut pas lui faire le reproche de n’avoir pas répondu en temps et en heure aux exigences du dialogue et de la mise en place du processus de paix. La reconnaissance d’Israël, la démilitarisation du Fatah…en contrepartie de quoi??? Quid de la décolonisation? Quid du retour des réfugiés? Quid des prisonniers politiques palestiniens???
En réalité, Israël ne veut pas la paix! Et c’est en toute conscience et en toute lucidité que j’écris ces mots. La stratégie, de longue date, de l’état hébreu est de maintenir en permanence un conflit de “basse intensité” dans la région; un conflit qui alterne entre périodes d’accalmies et pics de violences aveugles et d’agressions disproportionnées! Cette tension permanente imposant un “status quo” favorables aux israéliens, dans la logique inexorable du “fait accompli”. Aussi, dans l’optique des responsables israéliens cet état de fait peut se traduire ainsi: Puisqu’il n’y a pas de “négociation ou d’accord nous continuons le blocus, les spoliations, les frustrations et les humiliations collectives. Systématiquement Israël récuse les interlocuteurs palestiniens successifs ( Fatah, FPLP, FDLP, OLP et aujourd’hui Hamas) pour continuer sa guerre coloniale! Ce sont d’une part les contingences politiques internes d’Israël et les enjeux géopolitiques d’autre part qui imposent la rythmique macabre de cette tragédie! Les histoires de défense des citoyens et du territoire israélien ne sont que des prétextes pour occulter un plan de conquête de Gaza, L’évacuation des colons de Gaza peut, à l’aune des opérations militaires israéliennes qui s’ensuivirent, être lue, non pas comme un signe de bonne volonté mais plutôt comme une précaution pour protéger les colons des bombardements à venir et laisser une plus grande marge de manœuvre à l’armée d’occupation israélienne. Parce qu’il faut aussi décrypter cette succession d’opérations militaires pour ce qu’elles sont: une tentative d’annexion pure et simple de la bande de Gaza. Les ressources en gaz et en pétrole au large de Gaza “valent” bien ces milliers de morts, dans la conception ultracynique que se fait du conflit le gouvernement de coalition Israëlien. Coalition largement dominée par la droite et l’extrême droite israélienne ( Likoud et Israël Beytenou…). Rappel qui n’est pas vain si l’on veut honnêtement comprendre que la société israélienne à abandonné tout espoir d’une paix “juste et durable” en mettant au pouvoir des dirigeants qui n’ont comme perspective que l’annihilation de la Palestine.

Pour ne pas être trop long et éviter les redites que d’autres dans leurs billets auront largement évoquées, je vais articuler la suite de mon papier en 6 points qu’il me semble utile d’aborder. Au delà de l’émotion, de la douleur et de la compassion naturelle que nous éprouvons à l’égard de toutes les victimes, il y’a des arguments, des postures, des mensonges qui ne deviennent pas vérités à force d’être répétés et des décisions ou des indécisions politiques autour desquels le débat citoyen est nécessaire.

1- Dos à Dos???

c’est un réflexe que de renvoyer dos à dos les protagonistes de ce conflit. Un réflexe creux, facile, démagogique et qui dénote au mieux une méconnaissance totale de la question, au pire une malhonnêteté intellectuelle criminelle! Peut on parler de guerre? Peut on parler de conflit? Peut on parler d’Israël contre le Hamas? La réponse à toutes ces questions est Non, Non et encore Non! Si l’on parle de massacre et de crimes de guerre nous nous rapprochons de la réalité. Il suffit de faire un rapide état des lieux des “forces” en présence: d’un coté un état libre, souverain, soutenu par les USA et l’UE, doté d’une armée professionnelle de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, pouvant compter sur la mobilisation quasi instantanée de centaines de milliers de réservistes. Une armée lourdement équipée de chars, de bulldozers, d’hélicoptères, d’avions, de bateaux de guerre, de drones, de missiles conventionnels et non conventionnels (chimique, phosphore blanc etc.), de moyens de communications et de propagande “high tech”, d’un mur de séparation, de miradors et d’un bouclier antimissiles et anti-roquettes quasi impénétrable (Iron Dome). Une armée qui grâce à la générosité du contribuable américain et des consommateurs non averti de la planète se targue d’être la 3ème ou la 4ème au monde!
En face un mouvement, le Hamas, qui au delà de sa couleur politique et de la nécessaire réactualisation de son discours et de sa charte, n’en demeure pas moins un mouvement palestinien de résistance nationale…et c’est ainsi qu’il est perçu! Comment en serait il autrement puisqu’ Israël n’a eu de cesse de discréditer l’autorité palestinienne et les mouvements qui se sont déjà engagés dans les négociations politiques et diplomatiques avec l’état hébreu? Le Hamas et sa branche armée dont les effectifs ne peuvent rivaliser avec l’armée d’occupation. Le Hamas et son armement minimaliste au regard de l’arsenal israélien, le Hamas, ses roquettes Qassam artisanale et ses missiles Grad à la pointe de la technologie militaire au début des années 60. Le Hamas et sa communication incompréhensible pour le public occidental. Le Hamas et ses tunnels que l’état major israélien fait mine de découvrir. Ses tunnels par lesquels transitent des armes, mais surtout des vivres, des médicaments et qui permettent aux gazaouis de survivre à un blocus cruel, suffocant et interminable. Peut on à l’aune de ces considérations établir, de prés ou de loin, une quelconque symétrie?

2- Les imprécateurs, Les médias et le terrorisme intellectuel…

A dessein, dans le rapide inventaire de l’armement j’ai parlé des moyens de communication. Et dans ce domaine aussi Israël peut compter sur son”savoir faire”: les journalistes embarqués, qui au contact humain des troupes israéliennes qui les acceuillent, perdent toute objectivité, tout esprit d’indépendance! Des conférences de presse régulières, cadrées, policées dans lesquelles les prises de paroles sont préparées, chaque mot soupesé, chaque argument travaillé, analysé. Chaque élement de langage martelés pour imposer une sémantique et un cadre de débat polémique favorable aux intérêts israélien!
Que l’état major israélien soit dans la désinformation et la manipulation, c’est hélàs aussi son rôle. Mais que les médias “mainstream” soient à ce point serviles et acquis à la cause injuste de l’armée israélienne, est révélateur d’une dérive professionnelle inquiétante. Lorsque les bandeaux sur-incrustés au bas de l’écran des chaînes d’information continue reprennent dans leur intégralité les communiqués de l’armée israélienne, où est l’objectivité? où se trouve le travail journalistique de confrontation des versions et de recoupement des témoignages? Le gouvernement israëlien dispose aussi de “puissants relais intellectuels” partout où les opinions publiques comptentt. En France il y ‘a des figures tutélaires, soutiens indéfectibles aux exactions criminelles de Moshe Dayan ou d’Ariel Sharon, de Tsvi Pili ou de Benjamin Netanyahou. Parmi ces personnalités il y’a des philosophes sans concept, grandiloquents et futiles, emphatiques ad nauséam et prêts à toutes les compromissions morales et intellectuelles lorsqu’il s’agit de défendre Israël…quoiqu’Israël fasse! Il y’a aussi des académiciens agités et névrosés qui lisent la société française par le prisme unique de leur “fidélité” à l’état hébreu. Des intellectuels qui se complaisent dans les imprécations et les anathèmes lancés à la face de toutes celles et ceux qu’ils identifient comme pro palestiniens réels ou supposés. Des intellectuels qui accréditent et instrumentalisent la notion d’antisémitisme plongeant sciemment la société française dans l’inquiétude et la perplexité. Luttant contre une conception toute particulière du communautarisme en ne ciblant dans leurs diatribes que les arabo-musulmans. Des intellectuels qui travaillent quotidiennement à conforter le complexe de Massada plutôt que d’essayer d’apaiser le débat et tisser des passerelles pour expliquer qu’il ne s’agit pas d’un conflit religieux et que les juifs de France ont eux aussi le droit d’être du coté de la justice et du droit international! Des intellectuels qui justifient l’injustifiable, qui qualifient l’inqualifiable et qui soutiennent l’insoutenable!!! Qui osent, malgré le bilan hallucinant dresser des parallèles ignominieux entre les bombardements de Gaza et ceux de Dresde! L’histoire les jugera pour ce qu’ils ont été, pour ce qu’ils auront dit et écrit! Il contribuent en tout cas à l’hystérisation du débat et à la neutralisation des positions qui empêche toute recherche de compromis ou de solution.

3- Antisémitisme et cause palestinienne, la fausse équation!

Je fais partie avec mes camarades de ceux que l’on qualifie très rapidement de “pro-palestinien”, comme pour souligner la partialité de notre jugement et le peu de crédit à accorder à nos arguments. J’aimerais expliquer encore une fois à quel point les gens se leurrent en croyant à la thèse du conflit religieux. D’autres l’ont mieux dit et mieux expliqué que moi et il n’est pas utile d’être un spécialiste de l’histoire d’Israël ou de la Palestine pour comprendre rapidement que dès que l’on dépassionne le débat et qu’on aborde cliniquement, froidement les données de cet interminable conflit, une seule vérité tangible apparaît aux yeux de l’observateur: le continuum colonial. L’expropriation, la spoliation, l’annexion de territoires et la violence illégitime d’un état oppresseur à l’égard d’un peuple opprimé! Et c’est en ce sens que je me sent pro-palestinien, pas parce qu’ils sont arabes comme moi ou majoritairement musulmans comme moi! Mais plutôt à l’instar des millions de personnes qui manifestent pour le respect des droits des palestiniens, je ne peut supporter l’injustice et la violence contre des populations civiles. Je ne peux supporter ces images de mères qui pleurent et ces enfants assassinés! Et parce qu’a mes yeux il n’y a aucune cause, aucune peur, aucune raison politique qui puisse justifier la mort des innocents!!! J’ai pleuré et je pleure encore la mort de toutes les victimes du terrorisme qu’il soit le fait d’un individu comme à l’école Ozar-Attorah ou le fait d’un état comme à Gaza! Chaque enfant qui meure assassiné par la folie d’une idéologie ou la rage vengeresse d’un gouvernement est une défaite pour l’humanité! Chacune de ces vies fauchées est une damnation collective!
Et c’est en cela que la corrélation entre soutien à la Palestine et antisémitisme est malhonnête et sournoise!Les organisateurs et les militants se rassemblent sur la base de mots d’ordre clairs! Des mots d’ordre politique! Qui gênent le gouvernement français en le mettant face à ses responsabilités et qui gênent les extrémistes de tous bords parce que ces slogans ne laissent aucune place à l’équivoque! D’ailleurs il faut bien comprendre que dans ces cortèges il y’a des personnes de toutes les couleurs, de tout âges, de toutes obédiences; Des musulmans, des chrétiens, des athées, des bouddhistes, des animistes, des gens qui croient et d’autres pas, unis sous la bannière de la justice et du droit! Dans ces cortèges, n’en déplaise aux représentants auto-proclamés de la communauté juive de France, il y’a des juifs. Qui sont non seulement les bienvenus, mais qui sont de par leur présence et leur courage affiché, la définition même des mots Honneur de l’humanité!

4- La double allégeance des binationaux et le lien indéfectible à Israël…

Dans ce contexte hexagonal extrêmement tendu, il y’a toujours des irresponsables et des apprentis sorciers, toujours hélas! Mais paradoxalement c’est aujourd’hui au sommet de l’état français que se trouvent les boutefeux! Le communiqué de soutien sans nuance de l’Elysée à Netanyahou, invoquant le droit d’Israël à se défendre relevait d’une stupidité pathétique! Quel étrange urgence a poussée notre président actuel à encourager les criminels de guerre à redoubler d’effort dans leur oeuvre dévastatrice? Quelle réflexion inachevée à poussé notre désormais inénarrable François Hollande à dégainer aussi vite son soutien plein et entier à Israël sans un mot pour les victimes palestiniennes, sans un mot pour leur familles?
Mais pire encore les déclarations et les sermons de Monsieur Valls, qui en bon pompier pyromane accuse à tour de bras les manifestants d’importer le conflit dans nos rues. Endoctriné ou plutôt gouroutisé par les théories des imprécateurs dont j’ai déjà parlé plus haut, Monsieur le premier ministre de la République Française ne nous épargne aucun raccourci, aucun amalgame. Mélangeant allégrement la menace antisémite (pourtant clairement identifiée) aux manifestations de soutien au peuple de Gaza. Malaxant l’histoire à sa guise en nous faisant accroire que ces rassemblements citoyens et humanistes étaient peuplés de lecteurs assidus des thèses d’Edouard Drumont, d’afficionados de Charles Maurras ou d’adorateurs de Brasillach et de Céline… Comme en écho à la polémique putride soulevée récemment par la présidente du FN au sujet des binationaux Mr Valls désigne à la vindicte publique les tenants du “nouvel antisémitisme”. Et qui désigne t’il? La jeunesse des quartiers populaires majoritairement issue des immigrations post coloniales. Une jeunesse qu’il cible fréquemment, qu’il déteste apparemment et qu’il accable de tous les maux assurément! Mon propos n’est pas ici de nier qu’une partie de cette jeunesse est désorientée par la crise démocratique (dont il est un des grands contributeurs) et les discours de Soral et Dieudonné. Mais comment ne pas se poser la question des signaux que vous envoyez constamment à cette jeunesse en lui expliquant qu’elle est tout juste tolérée, que si elle est discriminée c’est parce que c’est dans l’ordre des choses et que si elle a le tord de s’identifier de près ou de loin à une autre jeunesse opprimée (toutes proportions gardées), elle commet en cela un crime de lèse République. Oui Mr le Président et Mr le 1er Ministre “qui touche à un juif, touche à la France!”, vous devriez juste rajoutez que “qui touche à un français, touche à la France!” qu’il soit juif, musulman, catholique, protestant, athée ou agnostique. C’est vous qui instaurez un sentiment de traitement différencié! Lorsque vous parlez de la lutte contre les jeunes égarés qui parlent ou partent pour “le Djihad” vous avez raison! Lorsque Mme Le Pen jette l’opprobre et la suspicion sur les binationaux Franco-maghrébin en les accusant de n’être pas loyaux envers la France, à rebours de tout ce que l’histoire de ce pays aurait pu lui apprendre, lorsqu’elle sous entend leurs “double allégeance” et évoque à mots couverts “une cinquième colonne”. N’était il pas de votre devoir de défendre cette jeunesse aussi, qui jusqu’a preuve du contraire est une jeunesse française qui souffre et qui va encore souffrir!
Au contraire, vous contribuez à son exclusion du cadre national en essayant de l’empêcher d’exprimer son soutien à Gaza! Mais buvons ensemble le calice jusqu’a la lie, ni vous, ni Mme Le Pen ne parlez des binationaux Franco-Israéliens qui choisissent d’aller accomplir ce qu’ils estiment être leur devoir dans l’armée d’occupation israélienne! Quid de cette question Mr le 1er Ministre? Je connais déjà votre réponse, vos déclarations sont claires et vous protestez publiquement et fréquemment de la sincérité du lien qui vous lie indéfectiblement, selon vos propres mots, à Israël! Laissez moi vous dire à quel point, en tant que citoyen français, je suis choqué par ces déclarations. Que celles ci soient proférées dans le cadre d’une visite officielle en Israël, pourquoi pas, nous aurions pensé qu’il s’agissait d’un exercice de style diplomatique. Mais ici et maintenant, pourquoi Mr le 1er Ministre??? Qui importe le conflit si vous même vous prenez politiquement fait et cause pour un des belligérants???
5- De la criminalisation du syndicalisme à la criminalisation politique…

L’arrivée de François Hollande au pouvoir avait été ressentie comme un soulagement pour beaucoup, tant les années Sarkozy avaient divisées les français. Pourtant, si la Gauche se réjouissait de cette victoire, l’héritage que notre président laissera à cette même Gauche sera l’Histoire d’un cataclysme, d’une abdication, un renoncement à soi et aux valeurs qui l’auront porté jusqu’a l’Elysée. Bien pire que Guy Mollet qui n’avait pas voulu voir le sens de l’Histoire et qui avait renoncé à l’espoir du progrès condamnant la Gauche à 25 années d’opposition. Hollande vient avec l’aide de Valls de trucider son camp, en crachant sur ses discours et ses promesses de campagne. En tournant le dos à celles et ceux qui l’ont élu! Il a rajouter à sa pusillanimité, la lâche inconséquence de son soutien aveugle au gouvernement Israélien, lors même que celui ci se faisait bourreau de populations civiles! Avec votre 1er ministre vous voulez désormais criminaliser l’expression politique, après que Sarkozy ait criminalisé l’action syndicale. C’est, à n’en pas douter, une dérive liberticide! Je tiens ainsi à témoigner de mon soutien et de celui de mes camarades à Alain Pojolat! Laissez moi vous dire, Monsieur le Président, que votre mandat est une douleur et que, en tant qu’homme de Gauche, j’ai mal de vous voir piétiner ce qui était, hier encore, le socle des valeurs et des convictions que nous partagions…Vous aurez beau déposer des gerbes au “Café du Croissant” et invoquer Jaurés, rien n’y fera vous vous êtes condamné aux oubliettes de l’histoire et vous condamnez la Gauche à des décennies d’opposition. Plus rien n’est sauf, pas même l’honneur! Vivement 2017 que vous disparaissiez politiquement…advienne que pourra!

6- Marseille et ses élus, toujours à la pointe du déshonneur, toujours à contresens de l’Histoire!

Quelques mots à l’endroit des élus qui ont participé à la manifestation “de soutien à Israël” qui s’est tenue dimanche dernier à Marseille. Au delà de l’indécence de ce rassemblement, comment expliqueront ils leur présence à cette ineptie partisane? Messieurs Gaudin et Guérini, dire que nous sommes surpris serait faux, vous ne nous décevez jamais. Chaque occasion est bonne pour vous vautrer dans la honte, sans retenue. En tant que citoyens nous ne vous avons pas demandé de venir soutenir par votre présence ou par un mot le peuple martyrisé de Gaza…Non nous ne vous l’avons pas demandé et nous ne vous le demanderons jamais, parce que vous êtes incapable de discerner une cause juste, d’une implication inique! Vous êtes incapables de reconnaître le droit et la justice là où elle se trouve! Vous en êtes incapables parce que dans votre quotidien vous ne les pratiquez pas. Avec mes camarades je vous laisse comparaître au tribunal de vos consciences respectives, si toutefois vous en avez une. La prochaine fois osez la neutralité, vous ne pouvez pas faire pire que ce que vous avez déjà réalisé tous les deux avec l’aide de vos subordonnés, .

 

Espoirs et conclusion

Texte long et peut être “cacochyme”, mais il est à la mesure de mon affliction et de l’émoi dans lequel je me trouve! J’espère que, bien plus qu’une énième trêve, les dirigeants israéliens reviendront à la raison et s’engageront véritablement dans la recherche d’une solution politique. A commencer par la levée du blocus, condition préalable à toute négociation: on ne peut pas sérieusement discuter avec celui que l’on étouffe! J’espère que les responsables israéliens auront le courage et l’audace de comprendre que c’est eux qui font la guerre et que c’est eux qui feront la paix. Celui qui détient la puissance militaire détient aussi la clé des négociations. L’apartheid est tombé en Afrique du Sud de par la mobilisation internationale (condition déjà existante aujourd’hui!), l’activisme des militants de l’ANC et leur implication sincère dans le processus de négociation (ce que fait l’Autorité Palestinienne) et l’arrivée providentielle (et pour l’heure hypothétique) d’un Frederik De Klerk israélien qui saisira le sens de l’histoire et engagera Israël dans des discussions sur un vrai processus de paix qui ne fera pas l’économie du traitement des questions sur le retour des réfugiés, les frontières de 67, la libération des prisonniers politiques palestiniens en commencant par les femmes, les enfants et les leaders politiques de l’envergure de Marwan Barghouti!
Une fois ces conditions réunies, l’Autorité Palestinienne pourra aisément infléchir la position du Hamas et des groupes radicaux qui se trouveront marginalisés par les avancées du processus de paix. Ce sont ces avancées qui garantiront la sécurité d’Israël et de la Palestine! En guise de conclusion,c’est plutôt un appel que je fais à mes concitoyens qui se disent “amis d’Israël” pour les mettre en garde contre les discours de haine qui leur font croire qu’ils sont en danger et qu’ils sont seuls ici en France et la bas au proche orient. Un mot pour leur dire que les palestiniens sont aussi des hommes et des femmes, qu’ils pleurent des larmes salées, que les mères palestiniennes portent elles aussi leurs enfants neuf mois dans leurs ventres et qu’elles ne peuvent pas plus que d’autres se résoudre à la mort de leurs enfants. Un mot pour dire à mes concitoyens que les histoires de boucliers humains ne sont que des balivernes auxquelles ne croient même pas les états majors qui les diffusent. Aucun père palestinien ne mettra le corps de son enfant sur la trajectoire d’une balle, aucune mère palestinienne ne fêtera la mort d’un enfant israélien! Un mot pour dire à mes concitoyens “amis d’Israël” d’exercer une pression amicale et salutaire auprès des dirigeants israélien et leur faire comprendre qu’il est temps d’essayer autre chose! D’oser la paix,une paix juste et durable selon la formule consacrée! Il est temps de leur dire que le monde n’en peut plus de cette tragédie, de cet Israël qui a peur et de cette Palestine qui meurt!
Mohamed Bensaada
Quartiers Nord/Quartiers Forts
Marseille, le 31 Juillet 2014

 

Communiqué Palestine

QNQF se joint à l’immense majorité des habitants des
quartiers populaires du nord de Marseille pour exprimer sa tristesse et faire
part de ses condoléances aux familles des victimes de ce conflit.

A notre niveau, il est évident que nous ne pouvons qu’être
révulsés par la brutalité du gouvernement israélien et nous ne pouvons que nous
joindre au concert de protestations internationales…qui hélas ne suffisent pas à
tempérer le cynisme criminel des dirigeants israéliens qui pensent construire
leur réélection sur  des monceaux de
cadavres palestiniens !

Les mots sont importants, presqu’autant que les faits, et
les faits sont les suivants à l’heure ou nous parlons : 138 Palestiniens,
dont 34 enfants, et cinq Israéliens sont morts depuis le début des
affrontements, la disproportion des pertes prouve a elle seule qu’il ne s’agit
pas d’une guerre mais d’un massacre tant l’asymétrie des forces en présence est
évidente ! De plus il ne s’agit pas d’une guerre entre Israël et  les « islamistes » du Hamas, mais
bien de la continuation d’un conflit colonial entre un état,  Israël, et un peuple, les palestiniens.
Peuple, a qui apparemment personne ne reconnait le droit à la sécurité et à la
souveraineté.

De là où nous parlons nous ne pouvons que dire HALTE AU
MASSACRE !

De là où nous parlons nous ne pouvons qu’interpeller les
responsables politiques locaux pour qu’ils prennent conscience de la part de
responsabilité qui est la leur dans ces atrocités ! Nous ne pouvons que
leur dire a quel point chaque fois qu’ils se taisent et détournent les yeux,
ils perdent en crédibilité, en honneur et en humanité. L’honneur est une
futilité nous répondras t’on, nous ne le pensons pas et nos concitoyens leur
tendrons le miroir pour s’y regarder…en temps et en heure.

 

Marseille, le 21 Novembre 2012

Mohamed BENSAADA

Pour Quartiers Nord/Quartiers Forts

Communiqué Remaniement Gouvernemental

Voilà que l’onde de choc des révolutions arabes provoque des remous jusque dans les couloirs de l’Elysée. Nous ne pouvons que nous satisfaire du départ de Mme Alliot-Marie, elle emporte avec elle son incompétence, son incurie et son incompréhension du monde dans lequel elle vit. Nous sommes aussi débarrassés de notre sinistre de l’intérieur et de ces condamnations pour racisme.
Hortefeux est rejeté dans l’ombre mais pas sa xénophobie puisqu’en ressuscitant le ministère de l’Intérieur et de l’Immigration notre Président renoue avec les pages et les dérapages les plus sombres du débat sur l’identité nationale. Preuve supplémentaire que celui-ci assume l’orientation dangereuse de sa politique, la nomination à la défense de Mr Longuet fondateur du groupuscule d’extrême droite « Occident », qui expliquait encore récemment à des journalistes la différence entre Français et Français en glosant sur « le corps traditionnel de la nation » .
Aux affaires étrangères nous avons désormais Mr « le meilleur d’entre nous »qui devra se départir de sa morgue naturelle s’il ne veut pas subir le même sort que Boris Boillon, le chippendale diplomate fraichement nommé ambassadeur à Tunis et déjà conspué.
Dans son allocution, Mr Sarkozy, nous a clairement indiqué les grandes lignes de la future présidentielle. Il ne fait aucun doute que l’Immigration et l’Islam seront les deux boucs émissaires de la prochaine campagne. En choisissant délibérément de chasser sur les terres arides de l’islamophobie, de la xénophobie et de la division, le président en exercice commet une double erreur morale et stratégique.
Dans ce discours sans surprises Mr Sarkozy, n’a aucun remord, pas même l’esquisse d’une tentative de réflexion introspective sur les échecs de la diplomatie française en particulier et de sa politique en général. Au contraire le cadre idéologique du Sarkozysme est défendu, réhabilité par le réajustement entrepris. Comme si le fond restait valide et que seule la forme avait failli ! Notre président prétend avoir compris l’aspiration des peuples arabes, il nous engage à ne pas en avoir peur et nous mets, dans la foulée, en garde contre le Tsunami migratoire qui va nous submerger maintenant que ses amis bien aimés Benali, Moubarak et Kadhafi ne sont plus là pour nous en protéger. Etranges digues, curieux remparts en vérité, mais très éloquents pour le coup. Dans l’esprit de notre chef de l’état la liberté des peuples du Maghreb, du Machrek et d’Afrique entraîne inéluctablement la liberté de venir chez nous sans être massacrés dans le désert libyen, noyés au large de Lampedusa ou dans le détroit de Gibraltar. Mr Sarkozy se réjouit que l’Islam politique ne soit pas le moteur de ces insurrections et s’étonne presque que les leitmotivs des révolutions en cours soient si proches des valeurs universelles qui nous sont si chères. Dans la tête de notre président il semble que cette « universalité » des valeurs est restrictive et qu’elle pourrait être résumée par la formule suivante : « les valeurs universelles occidentales ». Celui qui a écrit ce discours est surement le même que celui qui a rédigé le pathétique discours de Dakar…Incorrigible ! Mr Sarkozy n’a pas manqué de nous resservir son projet néocolonial d’Union Pour la Méditerranée, comme unique perspective de collaboration et de partenariat entre les deux rives. Il oublie simplement que ces interlocuteurs ont changés, que la docilité des dictateurs corrompus est révolue et que les dirigeants de ces pays se sentiront dans l’obligation de faire aux mieux des intérêts de leurs peuples ! Les Accords de Partenariat Economique contenus dans le projet de l’UPM sont univoques et ressemblent à ceux qui ont affamés les peuples de l’Afrique subsaharienne. Inacceptables !

Quartiers Nord/Quartiers Forts 27 Février 2011

Révoluti on Tunisienne, ce que ça change.

tunisierevolutionmondearabe1295531101.pngLorsque le 9 novembre 1989 le mur de Berlin s’effondrait inéluctablement, peu nombreux étaient ceux qui prédisaient la chute de l’empire soviétique dans la décennie suivante. Peu nombreux étaient ceux qui mesuraient la portée symbolique et les répercussions irréversibles de la destruction de ce mur de la honte. Rétrospectivement il est toujours évident de tirer des conclusions et de clamer sa préscience des événements,   tout comme au lendemain des libérations et des révolutions les opposants et résistants de la veille se retrouvent noyés au milieu d’un fleuve de combattants de la 25ème heure.
En vérité, seuls les militants d’une cause juste ont l’espoir fou que les choses peuvent changer…et ils/elles sont peu nombreux. Mohamed Bouazizi  en s’immolant par le feu ce 17 Décembre 2010 ne savait pas qu’il allait par son sacrifice déclencher un ouragan révolutionnaire qui emporterait le régime de Ben Ali. Il ne le savait pas et personne ne le savait, beaucoup  l’espérait !
Pendant plusieurs semaines, pendant que l’effervescence tunisienne mobilisait l’attention du monde arabe, de l’Afrique et des militants et sympathisants des causes populaires à travers le monde, la novlangue médiatico-politique récitait sont lamentable couplet sur « les émeutes en Tunisie ». Evidemment, dans l’esprit des tenants de ce discours il ne faisait aucun doute que des arabes ne pouvaient pas, ne devaient pas être capable de faire une révolution. Ce complexe de supériorité  néocolonial témoigne de la complaisance intellectuelle d’une partie de nos élites à l’égard des pouvoirs, de quelque nature qu’il soit. Il témoigne de cette docilité à l’égard « du pouvoir » en général, aussi odieux et caricatural fut il ! Et puis, parlons franchement, l’Histoire est là pour témoigner de la capacité de certains peuples à s’émanciper, et  sur l’inaptitude d’autres peuples à la liberté et à la Démocratie.
L’odeur enivrante de la Liberté.
J’ai la chance d’être arabophone, et lorsque ce 14 Janvier 2011 vers  18H, en zappant frénétiquement d’une chaîne à l’autre, je suis tombé sur l’allocution de Mohamed Ghanouchi qui annonçait en direct sur Al Jazeera que Ben Ali était dans l’incapacité de « présider » pour cause de fuite honteuse vers une destination inconnue, je me suis mis à pleurer de joie, cette joie rare dans la vie des hommes, cette joie qui submerge et soulage, une joie transcendantale et rédemptrice. Ce genre de sensation qui vous rend tout possible. Une joie emplie de fierté et d’admiration à l’égard de ce peuple Tunisien qui venait de mettre à bas, envers et contre tout, une des dictatures les plus implacables de la planète. J’ai pleuré comme un enfant, époustouflé par ce que les tunisiens, au prix d’une lutte héroïque et exemplaire, venait d’accomplir. Je me suis mis à appeler tout mon petit monde pour partager cet instant d’éternité avec eux et j’ai entendu le souffle court de mes interlocuteurs téléphoniques, j’ai senti la tension dans leurs paroles et cette douce incrédulité de la victoire, j’ai entendu leurs cœurs battre au diapason du mien et du peuple tunisien. La rue arabe venait de prouver à la face du monde que tout est encore possible même à celles et ceux qui dans le concert des nations tiennent lieu de parias, d’attardés, de relégués ! Une joie qui effaçait à elle seule des lustres de frustration, d’oppression, de sous développement, d’analphabétisme, de pauvreté, de tyrannie et d’injustice. Une joie qui prenait sa revanche sur des années de condescendance, de mépris et de paternalisme. Une revanche symbolique sans méchanceté, sans amertume contre l’histoire et ses outrages, contre les regards en biais, contre le racisme et cette faculté qu’il a de nous démontrer notre « infériorité » et celle qu’il a de conforter les autres dans leur  « supériorité ». Dans mon panthéon le peuple tunisien vient de s’arroger une place éminente et dans l’esprit de tous les militants de la liberté il doit s’y retrouver.
La rue Arabe? Vous avez dit Arabe?
Ce vieux père de la nation arabe, Hussein Ibn Ali, à laisser à la postérité la mémoire de sa lutte contre l’impérialisme ottoman et l’idée d’une communauté de destin des peuples arabes. De cet héritage de nombreux intellectuels et hommes politiques façonnèrent au gré de leurs combats et de leurs réflexions, le concept du panarabisme. Concept culturel et politique qui transcende la diversité religieuse pour ne retenir que l’appartenance ou le sentiment d’appartenance à la culture et à la civilisation arabe. De la chute de l’empire Ottoman à la colonisation et aux luttes pour l’émancipation des peuples du Maghreb jusqu’au Machrek les combattants de la libération y ont puisé une partie de leur inspiration et de leur légitimité. Sa traduction politique se retrouve dans le parti Baas en Syrie et en Irak, le Nassérisme en est aussi une déclinaison. Bien entendu, cette filiation n’a pas été à la hauteur de l’espoir de ces peuples et les dérives dictatoriales ont succédées au joug colonial. Le panarabisme subsiste pourtant encore dans le fait que (par exemple) tous les arabes se reconnaissent dans le calvaire du peuple palestinien, et si l’idée n’est plus de réorganiser la nation arabe à l’image de ce qu’elle fût au VIIème siècle, la langue arabe parlée de Nouakchott à Aman, de Damas à Tunis et du Caire à Rabat, donne un consistance à ce sentiment. Evidemment ce sentiment panarabe fait partie d’un état d’esprit atavique où la nostalgie désuète sert de bouée de sauvetage à des millions d’hommes et de femmes en prise directe avec une réalité bien moins reluisante que ce glorieux passé tant fantasmé. Cette réalité est faite de sous développement,  de restriction, de corruption, d’aliénation des libertés individuelles et collectives, de brimades. Elle est faite d’injustice et d’inégalité, d’une féodalité basée sur la force, la peur et l’argent. Dans tous les pays arabes, avant la révolution tunisienne et excepté la Palestine où la démocratie s’exprime malgré l’occupation Israélienne, les régimes en place sont des autocraties autoritaires au mieux, dictatoriales au pire. Dans tout le monde arabe les gouvernements sont accrochés à leurs pouvoirs respectifs comme d’indélogeables arapèdes. Chaque mouvement géopolitique majeur est pour eux le prétexte pour re-légitimer indéfiniment leurs longévités à la tête de leurs états. L’indépendance et le rôle qu’ils ont pour la plupart joué dans ces luttes constitue souvent le socle de leurs accession au pouvoir. Ensuite vinrent les alignements (ou les non alignements) respectifs au bloc Est et ouest, puis les conflits frontaliers qui mobilisent et canalisent la fureur du peuple sur le voisin. Le choc de la révolution iranienne et  le « danger islamiste » qui fut la marotte des années 80/ 90, aujourd’hui « La guerre contre le Terrorisme » sert de paravent à toutes les critiques et justifie à elle seule que les aspirations du peuple soient sacrifiées sur l’autel sécuritaire. Cet assujettissement de l’ensemble des peuples arabes par des oligarchies décadentes et corrompues, ne sachant répondre, aux populations dont ils ont la charge, que par la répression, la censure et la brutalité, a fini par faire accroire même aux plus déterminés que cette « Hoggra » (injustice-mépris) était une fatalité et que la Démocratie, la liberté et  l’égalité ne pouvait pas s’appliquer aux nations arabes ! Le choix politique se résumait à deux alternatives : l’Islam politique radical ou le régime autoritaire et liberticide. Les tunisiens viennent de réinventer un autre possible pour la rue arabe, et cette perspective doit hanter les jours et les nuits de tous les dirigeants arabes, parce que tout les peuples arabes se sont reconnus dans la lutte tunisienne et que tous les arabes se sont sentis tunisiens, comme nous nous sentons tous palestiniens ! De l’autre coté tous les chefs d’états arabes se sont reconnus en Ben Ali; Tous savent maintenant qu’ils font partie du passé et que le schéma politique actuel, en cours dans ces pays, est révolu! Tous savent que l’Histoire est enfin en marche de ce coté ci de la Méditerranée, et que la façon dont se produiront les changements ne tient finalement qu’a leur intelligence…parce que les changements se feront! Avec ou sans eux! Avec ou contre eux!

Elargissons la perspective.
Fraîchement libéré des griffes de sa gracieuse Majesté et de son Empire Britannique, Kwame Nkrumah eut une vision: celle d’une Afrique forte, libre, souveraine et solidaire. Lors de la 7ème Conférence panafricaine à Accra il entonna un retentissant “United States of Africa, NOW!!!”. En le disant il savait que le chemin serait long et tortueux, qu’il passerait par l’étape des fédérations régionales et qu’il faudrait dépasser les nationalismes ombrageux, les calculs personnels, les rivalités ethniques pour parvenir à l’élaboration d’une Politique africaine Commune. Il le savait tout comme d’autres, qui à la veille et au lendemain des indépendances des pays du Maghreb, se mirent à rêver d’un Maghreb uni à 3 ou à 5 entités. Les Ben Barka, Ben Bella et Bourguiba se le promirent au nom de cette fraternité maghrébine qui avait été le ciment du soutien indéfectible que les marocains et tunisiens, déjà libérés (de la puissance coloniale), avait offert aux frères algériens dans leur lutte tragique et sublime face à la métropole. Les lendemains qui chantent sont rares, et l’histoire du Maghreb post colonial est là pour nous le rappeler. Mais la révolution tunisienne, même s’il faut être prudent, ressuscite brusquement ce rêve enterré depuis 50 ans. Ce qui change c’est que si les peuples du Maghreb accèdent tous à la Démocratie réelle, ils seront à même de comprendre que leur avenir passe par l’unité du Maghreb et l’unité Africaine. Ce que les dirigeants ont été incapables de réaliser, par incompétence, lâcheté ou mesquinerie nationaliste, les peuples eux  le feront. Les peuples du Maghreb ont compris que leur intérêt n’est pas d’adhérer à l’Union Pour la Méditerranée, et que comme Ben Ali, les autres chefs d’états  ont bradé leur pays en participant à cette entreprise néocoloniale. Tout comme pour  l’Afrique subsaharienne les Accords de Partenariat Economique sont univoques et ne profitent qu’aux multinationales du nord et aux oligarchies du Sud au détriment des populations. Le Maghreb uni n’est pas une chimère irréalisable, c’est même l’échelon efficient pour commencer à rééquilibrer les pressions de la mondialisation, sachant que la mondialisation, n’est pas seulement un effet de la libéralisation du marché, mais aussi et surtout une nouvelle forme d’impérialisme qui a pour ultime objectif d’accaparer l’ensemble des richesses et des ressources du monde au profit d’une minorité possédante et qui tend à devenir omni-possédante. Un Maghreb uni c’est choisir de reprendre en main le destin du peuple, s’ouvrir des perspectives économiques en interne et assurer un essor économique suffisant pour subvenir aux besoins de la population en termes d’emploi, de logement, de santé, d’éducation et de culture. Rehausser l’indice de développement humain des peuples du Maghreb c’est parier sur l’immense réservoir de talent de la jeunesse nord africaine.  Ce pari doit être relevé, si l’on veut vraiment rentrer de plein pied dans une nouvelle ère de Démocratie et de prospérité.

 

Ce que ça change ici.

La mobilisation contre la réforme des retraites démontre à tous ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, que l’envie de résister est là intacte, formidablement puissante. Mais la fin du conflit nous montre aussi, que de ce coté ci de la grande mer intérieur, la résignation est aussi là pour marquer les limites de cette mobilisation. C’est comme si les manifs, les grèves, les actes de désobéissance civile et tout ce capital d’indignation se heurtait au mur infranchissable de la détermination ultralibérale du gouvernement. Cette résignation qui nous pousse à croire que les combats que nous menons sont perdus d’avance et que, après tout, nous avons fait ce que nous devions…et tant pis pour nous tous !

Cette détestable inéluctabilité des « Réformes » apparaît comme la seule issue du combat, parce qu’idéologiquement, les psycho-sociopathes capitaliste ont gagné la bataille depuis les années 80.Depuis Reagan et Thatcher (« There Is No Alternative »), le capitalisme triomphant a remodelé les esprits, dans le sens d’une éradication des valeurs de solidarité, d’équité et de justice sociale. Tout a été mis en œuvre pour annihiler l’instinct grégaire de l’Homme. Tout a été fait pour flatter l’hédonisme, le consumérisme et la compétition pour aboutir à une atomisation sociale dont l’hyper-individualisme est le symptôme le plus significatif. Le gout et l’intérêt pour les autres ne se retrouve que dans la virtualité des « réseaux sociaux » du Net. Cet isolement interdit toutes les prises de conscience collective et permet à l’arrogance des gouvernants de devenir insultante : « En France, quand on fait la grève, plus personne ne s’en aperçoit », phrase assassine de notre président. Mais  l’arrogance et le mépris ont des limites, la France a répondu cet outrage…pas assez ! Pourtant à bien y réfléchir la Tunisie est un espoir pour tous les peuples du monde, pour tous ceux qui refusent l’ordre établi, les marchés financiers, la bourse, les délocalisations, le FMI, les plans sociaux, les licenciements boursiers, la financiarisation tous azimuts, les plans de restructurations, les arrangements d’en haut et les condamnations d’en bas, l’injustice, l’obscénité des golden parachutes, les subventions octroyés aux entreprises qui licencient, les sans papiers que l’on chasse, les ministres condamnés et sans honneurs qui s’accrochent à leurs maroquins comme la misère s’accroche au monde, les ministres qui propose l’aide de la police française aux dictateurs en perdition, les Bettencourt et les Bannier, les Woerth et les Sarkozy, les MAM et les Hortefeux, ceux qui donnent des leçons de démocratie à la Cote d’Ivoire et feignent d’ignorer leurs amis d’Afrique du Nord, du Gabon, du Congo, du Burkina ou d’Egypte. Pour celles et ceux là, la Tunisie marque un tournant, donne une réponse, une gifle magistrale : rien n’est acquis !!! Et si Warren Buffet triomphait en renversant le concept de lutte des classes et affirmait avec ostentation l’écrasement des classes populaires, les tunisiens viennent de tout remettre à plat ! Rien n’est définitif et oui c’est la rue, le peuple qui gouverne quoiqu’en dise notre sinistre Fillon !!! Les esprits chagrins m’objecteront que rien n’est encore fait en Tunisie et que si le dictateur est chassé, la Démocratie n’est pas encore instaurée. Et après, combien de temps a-t-il fallut à la France pour se débarrasser définitivement de la Monarchie et de l’Empire ? La Tunisie vient de remettre au gout du jour une vérité fondamentale, on ne peut pas gouverner dans l’injustice sociale, aussi petite soit elle.

Je ne me permettrais pas de porter un jugement sur le cours des événements en Tunisie, sur la nature du gouvernement transitoire, la démission de certains  ministres, sur le rôle de l’UGTT, et le manque de place accordé à la jeunesse qui a porté cette révolution à bout de bras et l’a payé chèrement de son sang. J’ai confiance en la maturité des Tunisiennes et des Tunisiens et je suis convaincu qu’ils/elles sauront se débarrasser des remugles de la dictature, du RCD et de tous ceux qui ont du sang tunisien sur les mains. Je vois la colère dans les rues du Caire et je sais que Moubarak n’est pas seul à trembler ! Au « Indignez-vous ! » de Stephane Hessel, les tunisiens nous envoient un message autrement plus subversif : INSURGEZ VOUS !!!

Mohamed BENSAADA

Pour Quartiers Nord/ Quartiers Forts

27 Janvier 2011

Manifestation samedi 15 janvier 2011 à 14h30

Manif Tunisie Janvier 2011
Album : Manif Tunisie Janvier 2011

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UNE JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LES MASSACRES EN TUNISIE 

Manifestation samedi 15 janvier 2011 à 14h30  Aux Mobiles en haut de la Canebière  Solidarité avec le mouvement social en Tunisie !
Halte à la répression ! A bas la dictature ! 
Pour le droit au Travail, à la Dignité, à la Liberté et à la Démocratie ! 

A l’appel du collectif  Solidarité Maghreb :     Nous affirmons notre solidarité sans faille avec le formidable mouvement de contestation que connait la Tunisie ainsi qu’avec les mots d’ordre de la révolte initiée à Sidi Bouzid.  Nous dénonçons l’attitude du pouvoir qui répond aux Tunisiennes et aux Tunisiens par les balles, les arrestations, l’intimidation et la répression.  Nous appelons à la libération immédiate et à l’arrêt des poursuites à l’encontre de tous les emprisonnés de ce mouvement comme de ceux qui l’ont précédé, notamment celui des révoltés du bassin minier de Gafsa, ainsi que les étudiants emprisonnés en raison de leur activité syndicale.  

Nous réclamons que les responsables de la répression, des violences à l’encontre de la population qui ont causé la mort et des blessures graves parmi les manifestants soient traduits en justice.  Nous appelons à une mobilisation nationale et internationale d’ampleur en soutien à la révolte du peuple tunisien initiée par les habitants de Sidi Bouzid.  Nous faisons nôtres les mots d’ordre scandés dans les manifestations à travers toute la Tunisie :   Pour le droit au travail et le droit de gagner sa vie dignement ; 

Pour une juste répartition des richesses ; Contre la corruption et le népotisme.  Nous maintiendrons une mobilisation vigilante pour soutenir toutes les victimes de la répression, pour faire échec à l’entreprise de criminalisation de la contestation, pour répondre aux agressions qui visent les syndicalistes, les avocats, les média indépendants du pouvoir, les associations et partis solidaires de la révolte tunisienne.  Solidarité totale avec les luttes du peuple tunisien   Premiers signataires : Alternative Libertaire-Marseille (AL) – Association des Travailleurs Maghrébins de France(ATMF) – Association des Tunisiens en France (ATF) – ATTAC Marseille – Cap Méditerranée – Collectif Solidarité Maghreb (CSM) – Confédération Nationale du Travail (CNT) – Europe Ecologie – Fédération pour une Alternative Ecologique et Sociale (FASE) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) – Femmes en noir – Gauche Unitaire – Ligue des Droits de l’Homme (L.D.H.13) – Mouvement ETTAJDID de Tunisie – Mouvement contre le Racisme pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP 13) – Nouveau Parti Anticapitaliste (N.P.A.13) – Parti Communiste Français (PCF13) – Parti de Gauche (PG) – Parti des Indigènes de la République (P.I.R Marseille) – Quartiers Nord/Quartiers Forts (QNQF) - Rassemblement pour une Algérie Progressiste (RAP Marseille) – Radio Kalima – Rouge Vif 13 – Solidaires 13 – Survie –  

 

Soutien Tunisie

Curieux tropisme que ce réflexe répressif que les chefs arabes s’obstinent  à utiliser chaque fois que le peuple réclame de quoi vivre, chaque fois que les droits les plus élémentaires sont revendiqués.

Comment oser prétendre que cette Intifada tunisienne  est le fait de groupuscule terroriste ? Lors même que le sacrifice du jeune Mohamed Bouazizi ne peut souffrir aucune explication, ni aucune contestation, tant il s’inscrit dans un contexte de désespérance sociale et de macération des rancunes. Parce que les tunisiens se sont longtemps tus, les tunisiens ont longtemps remisés leurs espoirs et leur aspiration à une vie meilleure. Parce qu’a force d’être brimés, humiliés, relégués par un régime mafieux, qui pour s’établir n’a reculé devant aucune brutalité, aucune corruption, aucune injustice. Ce même régime qui en moins d’un mois a piloté la répression directement du  palais de Carthage, et a fait plusieurs dizaines de morts, des blessés par centaines, des arrestations arbitraires, des familles brutalisées jusque dans leurs domiciles et une police de Benali qui tire sur l’avenir de la Tunisie et qui tue sa propre jeunesse.

Nous adressons au peuple tunisien nos sincères condoléances et nous partageons son affliction et sa rage. Cette rage de vivre et cette volonté d’arracher cette dignité que ce gouvernement et une partie de la communauté internationale continue à lui refuser.

Nous condamnons ce gouvernement et ses affidés et nous les vouons aux gémonies, nous réclamons que les responsables des massacres soient prochainement traduits devant la justice internationale.

Nous espérons que, pour nos frères et nos sœurs tunisiens, ces jours sombres soient annonciateur de lendemain démocratique, égalitaire et solidaire, qu’enfin l’indépendance arrachée en 1956 devienne réalité.

Nous condamnons la complaisance médiatico-politique de l’Europe en général et de la France en particulier. Certains parlent de réaction mesurée et de neutralité et nous les convoquons à comparaitre devant le tribunal de leurs propres consciences. En leur posant la question suivante : si un gouvernement occidental ouvrait le feu à balle réelle contre des manifestants et provoquait la mort de plusieurs dizaines de personnes, cette « mesure »et cette  « neutralité »serait elle toujours de mise ? Ou bien cette indignation à géométrie variable trouverait elle des raisons plus insidieuses et beaucoup moins avouables. Pire,  notre Garde des Sceaux vient de proposer des renforts à  la police de Benali, en vantant le savoir faire de la police française en matière sécuritaire.

Benali est un tyran pour son peuple et rien ne doit justifier qu’il soit soutenu par les puissances étrangères. Les prétextes fallacieux qui le campent comme un rempart contre une menace intégriste en Tunisie ne cachent plus la vérité. Cette révolte est sociale et populaire, elle est l’expression d’un peuple harassé et exaspéré par plusieurs décennies de népotisme, de corruption, de clientélisme et d’inégalité ! Cette insurrection est légitime et exemplaire et elle s’inscrit dans le cadre de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1793 et de son article 35:   « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Par ce communiqué nous témoignons notre admiration à nos frères et nos sœurs de Tunisie et nous leur apportons notre soutien total dans cette lutte émancipatrice.

Vive La Tunisie Libre, Vive le Peuple Tunisien !

Quartiers nord/Quartiers Forts

Marseille le 12 Janvier 2011

Vendredi 26 juin 2009

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Gazastrophe

Samir Abdallah et Kheridine Mabrouk seront prochainement à Marseille et donneront une conférence cinématographique autour d’épisodes de leur film en construction GAZA-Strophe.

La projection/débat aura lieu au Cinéma Le Prado (36 avenue du Prado)
le jeudi 18 juin à 20h

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« Appel des 108 »

Nous sommes 108 à nous être rendus en Israël et en Palestine du 11 au 15 avril pour participer à « Un Avion pour la Paix », à l’initiative de l’ANECR et de l’AJPF . Parmi nous 85 élus nationaux et territoriaux (sénateurs, conseillers municipaux, régionaux et généraux, maires…) accompagnés de représentants du monde politique, syndical et associatif, de journalistes, dont le directeur de l’Humanité, Patrick le Hyaric et d’une équipe de télévision, du cinéaste Robert Guédiguian, du photographe Pierre Trovel et d’un documentariste.
Notre délégation est ainsi représentative d’une grande diversité de territoires, répartis dans toute la France, et de plusieurs sensibilités de gauche.

Après le massacre de Gaza, nos objectifs étaient de :
. porter au peuple palestinien la solidarité qui s’était exprimée avec force en France pendant l’agression de l’armée israélienne,
. rencontrer des citoyens palestiniens et israéliens qui ont en commun l’attachement aux droits humains et à la paix au Proche-Orient sur le principe « deux peuples, deux Etats »,
. susciter de nouveaux projets de coopération avec des collectivités et des camps de réfugiés palestiniens, et donner une nouvelle ampleur aux partenariats déjà existants.

Nous avons eu de multiples rencontres, notamment avec l’Autorité palestinienne et des pacifistes israéliens à Ramallah et Tel Aviv, mais l’entrée à Gaza nous a été refusée. Nos visites à Jérusalem, Nazareth, Bethléem et dans les camps de réfugiés, l’expérience que nous avons vécue sur le terrain et nos observations personnelles nous conduisent à faire part de notre profonde indignation.

En effet, comment accepter la poursuite de la colonisation, planifiée à tous les niveaux par les autorités israéliennes, en Cisjordanie et à Jérusalem Est, qui remet en cause de fait la création d’un Etat palestinien avec sa continuité territoriale ?
Comment accepter que des milliers d’habitants de Jérusalem, parce qu’ils sont arabes, voient leur maison détruite par les autorités israéliennes ?
Comment accepter le Mur de la honte qui contribue à l’installation d’une véritable situation d’apartheid et viole le droit élémentaire des Palestiniens à circuler ?
Comment accepter le blocus de la bande de Gaza ?
Comment accepter l’emprisonnement de 11000 militants politiques palestiniens, dont le tiers des membres du Parlement ?
Comment accepter le refus du droit au retour pour les 9 millions de réfugiés palestiniens ?

Devant cette situation intolérable, nous avons décidé d’appeler à :
. peser sur le gouvernement français, le Parlement et le Conseil européens pour que l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël soit suspendu tant que cet état viole le droit international et les droits de l’homme ;
.mener une grande campagne de témoignages et d’actions pour mettre un terme à l’occupation et créer un état palestinien souverain, aux côtés de l’Etat d’Israël ;
. multiplier les projets de coopération entre collectivités françaises et villes et camps de réfugiés palestiniens.

Nous appelons les élus et les citoyens de France et de l’Union européenne à mener ensemble ce combat pour une paix juste et durable en Israël et en Palestine, le respect du droit international et du droit à la justice et à la liberté pour le peuple palestinien.

Jérusalem, le 15 avril 2009

Pour soutenir cet appel
anecr@elunet.org ou Ftuil.montataire@wanadoo.fr

1 Association nationale des élus communistes et républicains / Association pour les jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises

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