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L’Europe sans le Peuple?!?

Le 7 juin dernier nous avons été quelques uns à sacrifier une ou deux heures au  grand rituel  de la liturgie républicaine en allant voter. Nous militons depuis des lustres contre l’abstentionnisme et pour une citoyenneté active des habitants des quartiers populaires. Force est de constater que le travail est encore immense mais que la difficulté majeur n’est pas ou n’est plus dans une sorte de rejet des institutions mais dans le ressenti (légitime ?) de nombreux concitoyens de ne plus « être utile » dans le schéma démocratique actuel !

Du Principe de Désignation/Résignation

60% d’abstention lors de ce scrutin, c’est sans conteste, la seule donnée tangible susceptible d’être analysée, quels enseignements peuvent être tirés de cette défaite de la démocratie européenne ?  à tort ou a raison, les électeurs ne se sont pas sentis concernés par les Européennes 2009. A tort parce que le parlement  européen s’arroge de nouvelles prérogatives et que ces pouvoirs augmentent, et que donc un parlement représentatif de l’ensemble de la population européenne pourrait à terme devenir un outil essentiel de contre pouvoir face aux politiques ultra-libérales de la commission et du conseil de l’union. A raison parce que de guerre lasse, les citoyens qui ont cru aux vertus et au respect de la  Démocratie, mesurent à quel point le traité de Lisbonne qui va leur être imposé relève de l’arbitraire oligarchique, et que la souveraineté démocratique du peuple (Vox Populi, Vox Dei) n’est plus qu’une comptine soporifique que l’on ressort pour amuser la galerie et grimer la dérive autoritaire d’atours démocratique. Le 21 Avril, le 29 Mai et le 7 Juin sont autant de dates qui jalonnent désormais les « pics critiques » de la fièvre démocratique qui mine la 5ème République : le 21 Avril fut le paroxysme du vote contestataire dans sa version la plus hideuse, la plus xénophobe ; Le 29 Mai correspond à un sursaut populaire, une tentative désespérée de ré appropriation du débat public ; Le 7 juin et le « non vote » de près des 2/3 du corps électoral sonne comme un glas institutionnel. Si un débat national, sur les institutions et sur la condition du citoyen dans notre démocratie, n’est engagé c’est l’entièreté du pacte républicain qui sera à très court terme remise en cause. La réflexion doit être profonde et englober l’ensemble des problèmes de fonctionnement et « d’ordonnancement »  de la chose publique, le mode de désignation des représentants doit être revu pour permettre une vraie représentativité des minorités visibles et de la majorité sociale (pas un seul ouvrier à l’assemblée nationale…). Le pacte entre les élus et les électeurs doit lui aussi être refonder pour signifier aux premiers que les seconds ne sont pas que des données arithmétiques qu’il s’agit d’empiler pour « peser » politiquement et que l’essence même de leur fonction  réside dans la relation de confiance et dans le respect des promesses électorales, le temps de l’incompétence, du cynisme, l’arrivisme et du clientélisme touche à sa fin. Cette réflexion engagera nécessairement celle sur le statut de l’élu et sur le rôle des partis dans notre république, le vote de Dimanche dernier met aussi en cause l’organisation de notre vie politique autour de la structure partidaire. Crise sociale, économique et démocratique voilà où nous en sommes, le cocktail est hautement explosif, de la résignation au désespoir et à la révolte il n’y a qu’un pas.

De la Tectonique des plaques politiques

Encore une fois s’il est un chiffre à retenir c’est celui de l’abstention, 60% des électeurs n’ont pas souhaité s’exprimer, c’est la formule consacrée des lendemains d’élections et si au contraire l’abstention massive était devenue l’ultime expression populaire d’un désaveu, d’une désaffection voir d’un mépris de la politique (et non pas du politique).Pour autant cette soirée électorale aura été marquée par le maintien de l’UMP et par l’auto satisfecit révoltant des ténors de la droite qui tire hâtivement la conclusion que les français leur ont signifier par ce vote leur confiance et de fait leur octroient un blanc seing pour  poursuivre les politiques nationales et supra nationales de déréglementation, de casse et de régression sociale…Il faut un certain toupet pour se réjouir de cette victoire à la Pyrrhus : 30% de 40% du corps électoral soit 3 électeurs sur 25 ont réellement fait confiance à la majorité présidentielle, inutile de vous faire un dessin sur le poids réel des autres formations en lice à cette élection. Pour remettre en perspective les résultats de la soirée il faut les comparer, toute comparaison étant subjective choisissons par exemple de les comparer au nombre de voix obtenues au 1er tour de la présidentielle de 2007 et c’est la que le concept de victoire ou de défaite prend tout son relief ; ainsi par rapport à cette élection l’UMP perd plus de 6 millions de voix. Le PS, plus de 5 millions. Le Modem, le FN perdent aussi des électeurs, les listes d’Europe Ecologie sont les grandes bénéficiaires de ces élections, le Front de Gauche réussi à tirer son épingle du jeu en  faisant 400000 voix de plus que le PC en 2007. Faut il encore regretter que le NPA n’ai pas fait partie de ce Front de Gauche ? La réponse est clairement oui, les scores cumulés du NPA et du FDG donne une moyenne nationale voisine des 11%, cette réalité complètement occultée par les commentateurs est une donnée a prendre en compte sur l’ensemble de l’échiquier politique, si les mouvements les plus spectaculaires se sont organisés entre les listes du Modem, du PS et d’Europe Ecologie, la « volatilité » de ce vote empêche toute projection sérieuse sur le vrai rapport de force politique entre ces protagonistes, en revanche la gauche de la gauche peut déjà considérer que, dans un contexte très défavorable du fait de la grande démobilisation des quartiers populaires, la progression et l’enracinement du vote progressiste et anticapitaliste encourage et oblige les appareils des différentes organisations a revoir leurs stratégies personnelles et a imaginer une nouvelle redistribution de la donne politique. Le paysage politique français après ce 7 juin peut être succinctement et très subjectivement dépeint comme tel : Une droite conservatrice et ultralibérale stable (30%) capable de mobiliser son électorat sans faire campagne et sans avoir de projet, une extrême droite réduite à sa partie congrue électoralement narcoleptique mais idéologiquement vivace, ses thématiques de prédilection serve de socle aux politiques sociales et internationales (immigration, sécurité…) du gouvernement. Une gauche sociale-démocrate (ou sociale-libérale ?) très affaiblie (16%) en panne d’orientation, d’identité, vérolée par les luttes intestines et les égos qui tiennent lieu de programme. Un Modem siphonnée par la vague écologiste et victime de l’obsession présidentielle de son leader (8.5%)…Le centre existe-t-il vraiment ? Une Gauche écologiste grande bénéficiaire du vote de l’émotion (16%), nous en reparlerons plus bas ; Enfin une gauche anticapitaliste qui pèse 13% des voix exprimées et dont nous consacrons un autre chapitre ci-dessous.

De l’Ecologie Politique au Capitalisme Vert

La grande, l’énorme surprise est donc venue des listes emmenées par le trio improbable mais efficace, Dany Cohn Bendit, Eva Joly et José Bové. Nous ne pensons pas que Europe Ecologie fut la seule à parler d’Europe, ou la seule a avoir un projet, ces allégations catégoriques et enthousiastes convaincront peut être a force d’être martelé, mais très humblement nous pensons que le succès de ces listes tient à l’ère du temps, au besoin de renouvellement et de fraicheur politique dont une grande partie de la classe moyenne appelait de ses vœux. Ce vote nous est éminemment sympathique mais il n’est pas un vote d’adhésion, de conviction et de détermination (mis a part pour les Verts politisés) ; La peur du lendemain planétaire apocalyptique, la certitude de faire partie de la dernière génération « bienheureuse » et inconsciente, le traitement médiatique permanent autour de la question climatique et environnementale, l’irruption dans le débat public de la gestion des déchets, de l’épuisement des ressources fossiles, des grandes questions de santé publique ; mais aussi (il faut en dire un mot) le succès des films d’Al Gore ou de Yann Arthus-Bertrand sont les ingrédients de la réussite d’Europe Ecologie. C’est un vote de l’émotion, de la préoccupation, c’est un vote convenu très « politiquement correct », un vote citoyen (comme disent certains) traduction directe de l’angoisse existentielle qui étreint tous les Homo Sapiens de ce début de 3ème millénaire. Le projet d’Europe Ecologie parle de conversion ou de transformation écologique de l’économie et le pêché est peut être déjà là à l’ origine même de ce « D-Day » de l’écologie politique, tout comme la social-démocratie le projet de Cohn-Bendit ne remet pas en cause le capitalisme, il tente de le transformer, d’en minorer les impacts sociétaux et environnementaux, en somme il confirme le capitalisme comme unique alternative, remisant pour l’heure des débats de fonds nettement moins « lisse » sur la décroissance ou le nucléaire, sur la place qu’occupe le volet social dans le projet politique global de l’écologie politique. Nous sommes convaincus que l’écologie politique est un humanisme et qu’il est par essence indubitablement anticapitaliste, DCB et ses amis devront trancher ces questions au risque de se désavouer…Un mot sur la forme de ce succès, nous nous réjouissons particulièrement de l’élection à la députation de Mme Benarab-Attou et de Mme Delli, si nous étions cyniques nous pourrions penser que cette élection fut une surprise totale…même pour l’état major d’Europe Ecologie (si ils avaient penser faire un tel score, ces personnes auraient elles figurées en si bonne place ?), mais bon accordons le bénéfice du doute aux verts qui en matière de « Diversité » n’ont de leçons à recevoir de personne ! L’émergence de cette sphère écologiste dans le paysage politique permet aussi de contester de manière plus nette encore l’hégémonisme du PS, en effet le parti de la rose ne pourra pas empêcher les velléités d’autonomie  de ces partenaires habituels, la configuration politique de la gauche plurielle a vécu, le PS n’est plus le centre de gravitation de la gauche française. Les combinaisons seront a géométrie variable mais c’est le fond du débat et la confrontation des divergences qui régleront l’architecture stratégique des alliances.

Du Front de Gauche et de l’extension de l’unité.

Plus qu’une analyse, c’est par un appel réitéré à l’unité des forces de la gauche anticapitaliste que nous terminerons, pour reprendre en partie la démonstration de JL Mélenchon sur le cumul des résultats du FDG et du NPA, imaginez un instant que dans notre circonscription du Grand Sud-Est , 12% des voix en ne tenant compte que de la logique arithmétique et en ne préjugeant pas d’un effet de dynamique quelconque, la gauche anticapitaliste aurait obtenue un euro député de plus et aurait barré la route de Strasbourg à Jean Marie Lepen, quelle victoire symbolique c’eut été ! Hortefeux aussi serait résté à la maison etc. Avec des si vous savez tout ce qu’on peut faire, mais les débats d’hier sur l’unité d’action et l’unité électorale sont ils encore de mise ? D’autres échéances se profilent et (jusqu’à preuve du contraire) la seule façon de modifier le cours des choses en démocratie c’est de remporter des élections et d’appliquer d’autres orientations ; La vraie question, presque « métaphysique » qui se pose a la gauche anticapitaliste c’est : voulons nous vraiment changer les choses ? La formulation peut paraître brutale mais la question n’en reste pas moins essentielle. La convergence des luttes et des objectifs, l’ampleur de la crise et l’échec global de la gauche nous met face à nos responsabilités individuelles et collectives. Le temps de la contestation et du folklore protestataire doit laisser place au temps de la construction et de la transformation de cette immense aspiration populaire à un autre présent et a un autre avenir. Pour être clair et moins emphatique il faut une traduction politique au mouvement social et au frémissement salutaire obtenu dans les urnes par les listes du FDG et du NPA, sans quoi ces deux projets si proches ne resteront que de utopies sans lendemains et nous serons donc aussi en partie responsable de la marche en avant du néolibéralisme dévastateur que nous subissons et qui par nature ne cessera d’avancer (lui). Nous avons participé en tant que soutien du FDG lors de cette campagne, mais plus que jamais nous renouvelons nos appels à un élargissement de ce front pour construire ensemble un projet de société alternatif recentré autour de l’humain et non du capital, un projet dont les piliers seraient la solidarité, la justice sociale, la défense des travailleurs et des acquis sociaux, la lutte pour le maintien de services publics de qualité et accessible à tous. Nous exhortons avec détermination nos camarades du NPA et du FDG à discuter et à trouver une issue à cette trop longue désunion, débarrassez vous de la lourdeur de vos appareils respectifs et engageons nous ensemble dans ce formidable projet d’Union de la Gauche, héritier en ligne directe du temps où la gauche essayait de changer le monde.

L’Europe ne peut pas se faire sans le peuple, le monde et la France non plus, les abstentionnistes ne reviendront que si nous en valons la peine.

Ne les décevons pas !

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Un conte moderne : Hicham, la Kalach et les portiques de sécurité…

La campagne européenne devrait battre son plein, nous aurions dû entendre les candidats des différents partis nous expliquer pourquoi et pour qui il faudrait voter, nous aurions dû assister à des débats contradictoires passionnant, à des envolées lyriques sur la place prépondérante de l’Europe dans nos existences, nous aurions aimé avoir une campagne aussi passionnante que celle à laquelle nous avions assistée lors du référendum sur le TCE en 2005.
Au lieu de cela cette campagne se déroule en sourdine, comme si la peur du vote sanction populaire traumatisait tellement les appareils que la stratégie qui est privilégiée est celle de la discrétion. Personne ne s’émeut, outre mesure, de la possibilité d’une abstention record et les discours enflammés sur la participation citoyenne ne semblent plus à l’ordre du jour, au contraire les panneaux d’affichages restent clairsemés, les meetings des grands partis institutionnels se déroulent dans une ambiance feutrées devant des parterres de militants conquis d’avance et ou la contestation démocratique n’a pas lieu d’être.
Pour nous citoyens lambda, ces élections semblent concerner un autre continent, la prétendue complexité de ce scrutin est rédhibitoire et pour un grand nombre d’entre nous faute de maitriser le sujet le choix se fera probablement en faveur des partis « raisonnables », en l’occurrence les partis qui ont contribué à la construction européenne actuelle, la Droite nous propose une moralisation du Capitalisme avec en prime la levée du secret bancaire et la fin des paradis fiscaux, en voilà de bonnes résolutions… mais moraliser le Capitalisme reviens en fait à le vider de sa substance, puisque ce dernier est immoral et qu’il ne repose que sur la maximisation des profits, le libre échangisme et la compétition sans freins, autant essayer de rendre un Pitbull végétarien (essayez voir) ;
Le PS, sachant que lors de la précédente mandature le groupe parlementaire auquel il est rattaché(PSE) a voté 97% des décisions de concert avec le Parti populaire Européen (La droite européenne), veut soudainement changer d’Europe, mais en modifiant à la marge le système capitaliste sans volonté affirmée de le combattre ou de le dépasser…dont acte.
L’offre politique ne se résume heureusement pas à ces deux projets, et le propos de cette « adresse » ne tourne pas autour de la promotion des alternatives, nous avons par ailleurs exprimé nos positions sur la question. Cette interpellation à pour but de recadrer le débat actuel qui semble emprunter une trajectoire déjà connue :
En l’espace de 2 semaines et après un discours récent du chef de l’état, l’accent semble être mis sur la « sécurité ». Alain Badiou dans son ouvrage « De quoi Sarkozy est il le nom », nous explique que le Sarkozysme est la traduction politique d’une peur collective, nationale…et comment ne pas adhérer à cette hypothèse lorsque l’on voit l’ampleur que prennent des faits divers largement relatés et gonflés par la complaisance de certains médias.
Ainsi l’histoire qui nous est contée, en lieu et place du débat sur les Européennes 2009 , est celui de ce terrible criminel de 6 ans et de son complice de 10 ans qui auraient éhontément subtilisé le tricycle d’un camarade de classe, il aura fallu pas moins de 6 courageux policiers pour maitriser les bandits en culottes courtes et les maintenir en garde à vue plus de 2 heures ( il fallait au moins ça , l’un des deux s’appelait Hicham)avant de les libérer faute de preuves !!!
C’est aussi cette histoire plus grave de l’adolescent qui a poignardé sa prof en plein cours et nous ne nous permettrons aucune ironie à ce sujet au vu de la gravité de l’acte, mais que dire de la proposition de Darcos, de ces portiques de sécurité à l’entrée des établissements scolaires, ainsi que de la brigade d’intervention spécialisée chargée de faire régner la loi dans les cours d’écoles ?
Il y’a enfin une hystérie médiatique autour de l’affaire du guet apens tendu par des « jeunes » à des représentants de la force publique, ces derniers auraient été « canardés » à l’arme automatique et nous concevons sans hésitations l’aspect criminel de cette attaque et le traumatisme qu’ont pu ressentir les policiers ; ce qui est plus étonnant c’est l’engouement médiatique qui s’en est suivi et le défilé ininterrompu des experts en sécurité, en guérilla urbaine et en armements sur les antennes radio et les plateaux télé, la plupart nous expliquant que nos quartiers populaires sont sous le contrôle total de bandes armées, de milices paramilitaires et de sociopathes qui ne rêvent que d’en découdre avec les autorités, une experte (sur France 5) expliquait qu’il n’était pas rare de voir des gamins de 12 ans porter des armes de poings dans ces quartiers et que la violence y faisait force de loi ! Une question nous taraude, si cet arsenal impressionnant existait vraiment comment se fait t’il que lors de l’embrasement de 2005 aucun missile ne fut tiré, comment se fait t’il qu’aucun tank caché dans les caves des cités n’a fait irruption face aux cars de CRS et aux hélicos et que seul quelque tirs à la carabine à plombs sont à dénombrer?
Pour ne pas être taxés d’angélisme, nous ne nierons pas le fait que certains réseaux criminels ont en leur possession des armes et qu’ils s’en servent surtout pour maintenir le monopole des trafics illégaux dans ces territoires abandonnés de la république, mais le rôle de l’état n’est il pas de rétablir la loi sur chaque Cm² du territoire et que le gouvernement se soucie peu de son obligation d’assurer cette continuité territoriale puisque ce marasme lui permet de donner l’illusion de la détermination et de l’action à peu de frais ! Pourtant s’il est un domaine où l’illusion aurait du faire place au constat d’échec c’est bien dans celui de la politique sécuritaire de Sarkozy, 13 lois votées depuis qu’il fut ministre de l’intérieur et l’échec du tout répressif est patent, tout comme celui de la disparition de la police de proximité. C’est Victor Hugo qui disait « construisez des écoles, vous fermerez des prisons ». A l’heure ou le gouvernement supprime des postes d’enseignants cette citation devrait faire réfléchir.
Rappelez vous citoyens que le 7 juin prochain les élections européennes auront bien lieue et que vous avez votre mot à dire, nous vous exhortons à faire l’effort de vous plonger dans le débat et de vous l’approprier à nouveau, ne nous laissons pas endormir par les contes que l’on nous sert aux JT.
Encore 15 jours pour savoir quelle europe nous voulons et quelle orientation politique nous souhaitons lui donner !

L’Europe Du Peuple !

Contribution au débat des Européennes 2009 

Nice, Maastricht, Lisbonne autant de noms de villes qui symbolisent désormais l’implacable logique ultralibérale et sa traduction politique comme autant de traités iniques imposés aux peuples européens. Le sens de l’histoire aurait voulu  que l’humanisme soit un des socles fondateurs de l’Europe politique et au contraire c’est le mercantilisme qui prévaut, ce à quoi nous conduit la ratification « scélérate » du traité de Lisbonne est la négation absolue du principe de souveraineté du peuple : en effet si l’idée de départ est bonne et si l’échelon européen est judicieux pour appréhender les problèmes macro économiques que pose la mondialisation, il semble que le logiciel européen ne soit pas configuré de la bonne manière ;  ce n’est pas l’Europe qui pose problème c’est l’idée que s’en font les responsables  européens engoncés dans la certitude absolue que l’Europe n’est qu’un rouage « technique » de la mondialisation néolibérale et qu’elle est de fait entièrement assujettie aux règles du Marché. C’est ce suivisme coupable, cette incurie atavique et cette incapacité à imaginer l’Europe comme une solution aux dérèglements planétaires  induits par la cinétique destructrice de la barbarie capitaliste, qu’il faut combattre.

Nous ne pouvons pas faire abstraction du contexte dans lequel se déroulera ce scrutin, la crise financière s’est muée en crise économique d’une ampleur sans précédent, certains experts estiment que celle-ci détruira entre 50 et 70 millions d’emplois dans les « pays développés », en France  les plans sociaux se succèdent à une vitesse vertigineuse jetant dans le marasme et l’incertitude du lendemain des centaines de milliers de foyers comme autant de drames et de destins sacrifiés à la logique anthropophage du néolibéralisme. 

Les europé ennes 2009 seront un nouveau test pour l’ensemble de la gauche progressiste et altermondialiste, un test pour savoir si nous sommes désormais plus nombreux à refuser l’enfer  des dérèglementations  économiques, le « tout marchand » placé au dessus de l’homme, les dogmes absurdes de la croissance, de la surconsommation et de la centralité de la valeur Travail dans nos sociétés. Serons-nous assez nombreux pour faire reculer le crédo du désespoir que véhiculent les hordes ultralibérales galvanisées par la certitude qu’il n’y a pas d’autre alternative ?

I.  L’Europe,  Gouvernance & citoyenneté. 

Les distances qui séparent  Bruxelles et Strasbourg de nos quartiers semblent incommensurables et l’impact des directives et des décrets qui y sont promulgués  minime, pourtant cet ensemble de décisions régissent notre quotidien et modifient indéniablement nos habitudes de consommation et de production, c’est sans doute dans le monde du travail que la transformation est la plus spectaculaire, parfois dans le bon sens, souvent dans le mauvais. C’est le décalage entre la réflexion technocratique et la réalité culturelle ou économique des territoires  et des domaines d’activités dans lesquels ils seront appliqués qui incite à la défiance et à l’euroscepticisme.

La tendance lourde de la gestion des politiques européennes confine à l’homogénéité et a l’uniformisation des us et coutumes, or les peuples tiennent en général à ce qui fait leur identité, non pas en terme de Nation mais en terme groupe culturel. Cette réalité est partiellement occultée par l’administration européenne et conduit à mettre en place des méthodologies de travail, des Process industriels inapplicables ou a la remise en cause du patrimoine culturel de tel ou tel territoire  (produits du terroir…). C’est, bien évidemment, la logique commerciale et la soumission à la « loi du Marché » qui engendre cette dérive.

Les parlementaires européens se retrouvent souvent en première ligne pour défendre tel ou tel produit local, mais c’est là que le bât blesse, le parlement européen ne joue souvent qu’un rôle consultatif, symbolique. Le pouvoir législatif des institutions européennes est constitué par le Parlement, le Conseil de l’Union et la Commission européenne, le parlement européen a pour lui la légitimité démocratique puisque ses membres sont élus au suffrage universel directe, le conseil est formé des ministres des pays de l’UE et les membres de la commission sont nommés ;

Si l’on définit la Démocratie comme étant le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, nous assistons là a une véritable usurpation des prérogatives démocratiques et a un affaiblissement du parlementarisme représentatif.

Le fonctionnement du corps législatif  Européen est  à réformer incessamment, il est le pendant  des  basses manœuvres politiciennes qui nous ont menées du Non au référendum du 29 Mai 2005 jusqu’au traité de Lisbonne.

Nous militons pour une réforme institutionnelle européenne qui redonnerait du sens à l’implication citoyenne en remettant l’intégralité  de l’arsenal législatif entre les mains des parlementaires européens et pour  l’introduction et la mise en place constitutionnelle du Référendum d’Initiative Populaire. II. L’Europe et les Quartiers Populaires. 

La France est  entrée en récession, ainsi que ses voisins européens, depuis cette année et la crise est devenue une réalité tangible, sinistre et omniprésente dans le quotidien de la majorité de nos concitoyens, les annonces de plans sociaux et les fermetures d’entreprises se succèdent comme une  terrible litanie médiatique  qui ne masque plus une réalité individuelle et collective dramatique ;

L’impasse économique, le manque de débouchés, le chômage endémique, la baisse du pouvoir d’achat sont autant de maux que les quartiers populaires subissent depuis 30 ans. Cette crise fait partie intégrante de la vie des habitants de nos quartiers, elle détermine même la façon de se comporter,  d’être et de se percevoir dans la société, dans la Nation et dans l’Europe, ou plutôt la façon de « ne pas être ». La désaffection des quartiers populaires pour la chose publique est patente, elle n’est plus a démontrer, il est nécessaire de l’analyser et de tenter de l’interpréter.

Depuis 30 ans ces quartiers sont abandonnés par les pouvoirs publics, les investisseurs et les décideurs financiers ; Souvent la variante « ethnique » est mise en avant pour schématiser, caricaturer et couper court à toutes velléités de dialogue constructif et de recherche de solutions globales et durables.

L’insurrection de 2005  est un exemple douloureux pour les populations qui vivent dans nos quartiers, la révolte de jeunes Français est née du sentiment d’injustice et d’abandon, du désœuvrement et de la misère, la mort tragique de deux innocents a mis le feu à la poudrière sur laquelle l’ensemble de la société française est assise ; Rien n’a été fait depuis et ni la politique répressive de Sarkozy, ni le plan banlieue ridicule de Fadela Amara (500 million d’€, a mettre en perspective avec les Milliards alloués au Banques responsables du chaos financier actuel) ne ramèneront la concorde dans ces quartiers. Nous parlons d’insurrection parce que telle fut la réalité de cette crise sociétale, la jeunesse des quartiers populaires fut accablé par l’ensemble de la classe médiatique et  politique, les termes révulsant de « barbares », d’émeutes « ethniques » et de « complot islamiste » furent utilisés a dessein pour effrayer le reste de la population Française et désolidariser ce mouvement des autres classes sociales. La revendication première des émeutiers était que la justice soit la même pour tous, la deuxième était que la république reconnaissent les habitants des quartiers populaires et cette jeunesse comme faisant partie intégrante de la Nation, cette revendication s’exprimait au travers du geste mille fois répété par les jeunes gens qui brandissaient leurs cartes d’identités lorsque des caméras les filmaient.  En Mai 68 c’est la convergence des luttes estudiantines et ouvrières qui a embrasé le pays et a profondément changé l’histoire du pays ; en 2005 cette convergence n’a pas eu lieu, bien au contraire, la désinformation ayant réussie a rendre les combats trop « dissemblant » et même a dresser toute une partie de l’opinion publique contre la jeunesse des quartiers. Les mots reviennent dans l’histoire et nous donnent à réfléchir, Adolphe Thiers et les Versaillais traitaient les  communards de racaille, Sarkozy fit de même avant la révolte de 2005. Les politiques de la ville successives, ne font pas du développement de nos quartiers une priorité  et depuis que la droite est au pouvoir, les maigres avancées obtenues sont disputées âprement et le recul est global. La faiblesse des moyens nationaux engagés dans la « réhabilitation » de nos quartiers traduit le peu d’intérêt du pouvoir actuel au sujet de cette question, l’Europe peut elle se saisir de cette problématique et mettre en place une Politique de la Ville Européenne ? C’est en  réinvestissant massivement dans ces quartiers que le changement se produira, réinvestir dans tous les secteurs d’activités économiques et sociales : La santé, l’Education, les Transports, la Culture, la Vie associative, l’Environnement, le Logement et surtout l’Emploi. Un train de mesure complet qui aboutisse a réelle souveraineté économique des quartiers populaires ; Si une politique ambitieuse est suffisamment dotée est initiée, c’est la cohésion sociale, le dynamisme économique et la salubrité démocratique qui seront restaurés.

L’Europe des Peuples ne se fera pas sans le Peuple des Quartiers Populaires ! III. L’Europe et le Monde 

Quelle  est la place de l’Europe dans le monde ? Si l’on s’en tient à ce qu’elle est aujourd’hui elle n’est pour l’heure qu’un énorme marché commercial dans lequel la liberté de circulation n’est octroyée qu’aux marchandises, n’ayant aucune existence politique réelle elle n’influe pas sur la mondialisation mais tente seulement de suivre le rythme et la logique infernale de la maximisation des profits.

L’Europe ne serait donc plus en capacité de proposer une alternative au capitalisme et a la dictature du marché. Pourtant partout dans le monde la résistance s’organise, en Inde, en Afrique, en Europe ou les salariés s’organisent en coopérative et surtout en Amérique du sud, au Venezuela, en Bolivie un vent nouveau se lève, un vent qui souffle des principes que nous avions crus ensevelis à jamais.

Là bas on parle de nationalisation des ressources et des grandes entreprises, on parle de solidarité, de dignité du peuple, de préservation de la biodiversité, là bas les concepts de lutte de classe et de politique de classe sont assumés sans complexes, là bas on ne se contente pas de rêver d’un autre monde…ils le font, dans la douleur, la lutte et l’espoir qu’un jour les gens pourrons vivre de leur travail, éduquer leurs enfants, les nourrir, les vêtir et les soigner décemment ! Ce monde, renverserait l’actuel si l’Europe s’y mettait aussi ; mais l’Europe politique reste encore à construire et le tocsin n’a pas encore sonné pour mettre fin au règne de l’individualisme néolibéral.

Cette Europe politique, économique, fiscale, administrative qui serait mue par la volonté farouche de promouvoir l’égalité, la justice et la solidarité comme piliers de sa construction, une Europe qui mettrait tout en œuvre pour   imposer une nouvelle gouvernance  planétaire, une Europe qui éliminerait le FMI et l’OMC et doterait le monde d’organismes de régulation des flux économiques équitables dont l’unique objet serait de garantir aux être humains sans distinction d’âge, de sexe, d’origine ou d’obédience les droits et les besoins  les plus élémentaires qui soient : se nourrir, s’habiller, se soigner, travailler et être rétribué dignement, s’éduquer, étudier, s’exprimer…en un mot vivre et non pas survivre, Utopie ? La FAO dans un rapport récent indique qu’en l’état actuel des techniques l’agriculture mondiale pourrait nourrir 12 Milliards d’humains, nous sommes 6 Milliards et des millions d’hommes meurent de faim chaque année ! Est-ce tolérable ? Est-ce acceptable ?

L’Utopie habite plutôt l’esprit des laudateurs du capitalisme lorsqu’ils croient continuer à penser et agir dans un système infini alors que les ressources s’épuisent et que la détérioration de notre planète semble irréversible. L’Union européenne doit devenir la traduction politique de cet ensemble de luttes et s’ériger en modèle sociétal pour le reste du monde. C’est le vœu que nous formulons pour un avenir que nous espérons proche. Pour l’heure nous souhaitons que l’Europe se remette en adéquation avec les déclarations de principes promulguées à longueur de temps par les responsables européens en prenant des mesures « d’urgences » :

Ø  Nous militons pour l’annulation de la dette des pays pauvres et nous souhaitons que l’UE incite les états membres a renoncer à ce carcan impérialiste dont les conséquences sont effarantes sur la vie des habitants des pays du sud. L’ordre mondial ne peut plus reposer sur cette injustice !

Ø  Nous souhaitons que l’UE suspende immédiatement tous les programmes de coopération, les accords commerciaux et les subventions alloués à l’état d’Israël  jusqu’à ce que ce dernier respecte enfin le droit international, que les crimes de guerres soient punis et les criminels traduit devant la CPI, la justice est une et il ne peut y avoir d’état d’exception !

Ø  Nous nous insurgeons contre la directive du retour dite directive de la honte qui instaure à l’échelon européen la criminalisation de l’immigration, nous revendiquons la citoyenneté   universelle et l’arrêt des dispositifs paramilitaires de type Frontex qui transforme l’Europe en citadelle, l’immigration n’est pas un problème, elle n’est qu’une conséquence de l’iniquité mondiale.

Ø  Nous souhaitons l’entrée de la Turquie dans l’UE, l’ouverture sur le monde musulman serait un signe symbolique  fort en accord avec l’universalisme européen, ce serait de plus une décision économiquement pertinente, n’en déplaise  a l’instrumentalisation électoraliste malsaine qu’en a fait Sarkozy.

IV.L’Europe, La Gauche et la responsabilité des Partis 

Il ne suffit plus de défiler lors des manifestations unitaires et le 1er Mai pour signifier son appartenance  à la gauche, c’est pourquoi notre propos sera destiné à l’ensemble des forces progressistes. Face à nous muré dans son autisme notre gouvernement veut accélérer le « train des réformes » le gouvernement Sarkozy – Fillon continue donc sa politique pyromane de destruction des acquis sociaux et de protection de l’actionnariat, de la finance et des privilégiés (bouclier fiscal).

Le déni de réalité et le parti pris évident en défaveur des couches moyennes et défavorisées conduisent a une prise de conscience populaire massive et à une réprobation unanime de cette politique. Pour autant ce vaste mouvement social ne trouve pas de traduction politique « sérieuse ».

Non pas que les projets n’existent pas, au contraire, le Front de Gauche, le NPA, la fédération, Utopia, les Alter écolos proposent chacun des projets de société alternatifs séduisants, crédibles et viables.

Les divergences de fond existent et il ne faut pas les remiser, il faut en discuter en recherchant les compromis acceptables (et non pas la compromission), nous sommes sûrs que les barrières « artificielles » que ces organisations politiques dressent entre elles sont franchissables et qu’elles ne deviennent  des préalables de négociations qu’a partir du moment où les stratégies partisanes sont arrêtées ! Les séquences électorales se suivent et se ressemblent désespérément, parce que la maladie incurable dont souffre la vraie Gauche  est double, son manque d’unité et l’emprise tutélaire qu’exerce le PS sur une partie de cette Gauche ! L’union a tout prix est un non sens, mais nous défions quiconque osera prétendre que la somme des divergences qui existent entre les positions des ces partis est supérieure au centième de la somme des convergences qui les rassemblent.

Nous avons milité dans le sens de cette union parce que dans nos quartiers ces querelles picrocholines discréditent la vraie gauche et la fait passer aux yeux du plus grand nombre comme une hypothèse « romantique ». La dureté de la Droite, la faillite de la gauche sociale démocrate et l’ampleur de la crise aurait du nous mener à cette union. Nous sommes une association citoyenne et notre périmètre d’influence est limité, mais nous reprendrons les mots de Marat qui disait : « Quelquefois les plus petits ressorts font mouvoir les plus grandes machines. ». Dans cette bataille des européennes 2009 nous avons l’ambition d’être un de ces petits ressorts !

V. Pour une Europe du Peuple !

En conséquence de quoi nous nous inscrivons dans la logique du Front de Gauche, parce que même si l’union n’est pas aussi large que nous l’aurions souhaité et en dépit de l’argumentaire qui consiste à opposer unité électorale et unité d’action, ce en quoi nous ne voyons aucune antinomie, nous pensons que l’ouverture qu’offre le PC et le Parti de Gauche doit être saluée et encouragée. Nous restons cependant vigilant et nous continuerons à militer pour que ce Front de Gauche ne soit pas une comète politique  et que l’avenir des organisations qui le compose se fasse dans la cohérence et la continuité !Nous avons donc  l’espoir que ces listes envoient au parlement un maximum de députés, démocratiquement mandatés par le peuple pour le représenter et faire entendre cet appel  à Strasbourg, un autre monde, une autre Europe est possible ! Une Europe d’hommes et de femmes libres et égaux, une Europe où l’humain prévaudrait sur les considérations financières, une Europe solidaire et  généreuse. Une Europe dans laquelle le peuple serait la préoccupation première des dirigeants …

Une Europe du peuple !  Quartiers Nord/Quartiers Forts. 

 

Du « ni droite ni gauche » au « et gauche et droite»

Les Verts : Une ouverture vraiment « tous » azimuts  Nous apprenions récemment d’un Vert « historique » des Alpes Maritimes qu’il devait en être fini de « l’enfermement des Verts dans une gauche » qui ne sait décidément porter que ces valeurs d’une croissance dont « les catastrophes humaines que porte la crise écologique » montrent aujourd’hui toute l’obsolescence (son texte du 10 février : Gauche– Réflexions – Précisions).  

  Toutes raisons pour lesquelles, toujours selon ce rédacteur, les Verts, résolument « ouverts », doivent désormais ouvrir la voie d’un renouveau fondamental en ….. discutant avec tout le monde !, notamment la droite modérée et l’UMP … modéré !? (il est précisé « sauf le FN », ce qui tombe à pic en ce moment même où il rend ses derniers soupirs dans les bras de l’UMP).  

  Considérant le caractère profondément innovant (?!) de cette déclaration, nous avons décidé d’y réagir par les commentaires suivants : 

  Nous-mêmes ex Verts « très » engagés (nos partenaires politiques de tous bords pourront en témoigner), ex Verts « Alter Ekolo » fondateurs du premier courant « ouvert » des Verts, nous avons eu l’occasion de participer en profondeur à ces débats historiques qui ont fondé ce que l’on nomme l’« Ecologie politique ». 

  Nous sommes aujourd’hui fondateurs, à l’échelle départementale (06) et bientôt régionale (Paca) de la représentation territoriale d’« Utopia », un mouvement national, Altermondialiste & Ecologiste, affichant désormais son caractère résolument « transpartis » (de gauche !),  

  et nous considérons, en le lisant, que notre rédacteur a parfaitement raison. Tout au moins sur un point : Les Verts, et lui-même donc, sont aujourd’hui effectivement enfermés dans « un espace illisible de gauche (un bocal) », sauf qu’ils ont entièrement fabriqué ce bocal par eux-mêmes avant de plonger dedans et de s’y enfermer à double tour. 

  Ce qui demande quelques explications :  

  Du « ni droite ni gauche » au « et gauche et droite». 

Les Verts, qui incarnaient précédemment ce fameux « ni-ni » (ni droite – ni gauche) de Waechter, ont décidé en 93, à Chambéry, de se rallier à la gauche (on en est encore a chercher aujourd’hui, chez leurs apparatchiks, d’autres raisons que le seul « appât du gain »).  Et bien, en seize années de réflexions approfondies, ils se sont trouvés absolument incapables de fonder leur identité au sein de cette gauche. On a bien eu Cohn Bendit, Mamère et d’autres pour penser la « troisième gauche », la « troisième voie », … , mais au delà du slogan, leurs outres étaient décidemment si vieilles (ou pleines !) qu’elle ne surent accueillir le vin nouveau attendu !   

L’enjeu était pourtant relativement simple :   conjuguer l’écologie à la première personne du social.  Il suffisait de définir, reconnaître, faire valoir et faire savoir le caractère profondément « social » des vraies valeurs écologiques, ou dit autrement, être ceux là même qui établiraient le lien étroit fondamental entre la crise sociale et la crise écologique. C’est ce lien que nous commencions pour notre part à promouvoir dès 1998 dans les cercles de pensée Verts ou alternatifs de gauche, avec une première grande expression publique en 2000 lors du contre sommet de Nice (100.000 manifestants). 

  Rencontrer le peuple. 

Sauf que, établir ce lien supposait pour des Verts finalement très « libéraux-libertaires » de revenir à ce fondement marxiste de l’analyse du capitalisme : à savoir que la première grande concentration du capital, préalable obligé de la révolution industrielle, n’a pu s’établir que par un processus prémédité d’épuisement simultané des forces de travail du peuple « et » de la nature.   

Alors même que dans ces années là, le PS, le PC,
la LCR, … trouvaient que l’écologie était bien trop risquée pour eux, si ce n’est sans enjeux (?!), eh bien les Verts (plus précisément leurs apparatchiks socio-démocrates), eux, s’interdirent absolument pour leur part de revenir, ne serait-ce qu’à une « analyse » (on ne
leur demandait pas plus) reconnaissant le caractère antagonique des relations « capital-travail » et « capital-nature » de la société globale.  

Mais cela aurait supposé qu’ils se « salissent les mains » auprès « du peuple » et de ses travailleurs, de Renault par exemple, pour leur montrer combien, avec ce fameux capitalisme, leur situation sociale était en rapport étroit avec la situation écologique.   

Quand c’est raté, c’est pour toujours. C’est ainsi que les Verts ont raté ce cap historique qui les eût définitivement placés « dans le sens de l’histoire ». Malgré tous nos efforts (nous reconnaissons là notre propre échec), le cap de « leur disparition historique » fut passé lors du vote sur le TCE (aboutissement d’un processus de recomposition des forces de gauche entamé à Nice), où, alors que la majorité des Verts de base étaient avec nous pour le NON, les apparatchiks verts parisiens et européens firent que les militants Verts  votèrent pour le OUI à très peu de voix près, comme on l’a vu dans un autre parti de gauche. 

  Mais il y a plus grave encore :  

Quand les Verts reconnaissent que Hulot est plus vert qu’eux ! 

Non seulement incapables de trouver leur identité de gauche en 16 ans de réflexion collective intensive, les Verts ont fait plus fort ensuite. Lors des présidentielles de 2007, ils se sont carrément « suicidés en public », quand un certain Monsieur Hulot leur a demandé de signer « son » pacte écologique et de développement « du rab ».    

Symbole incarné de leur immaturité profonde, il y eut à ce moment des adhérents chez les Verts pour considérer que Hulot était plus Vert qu’eux !, et donc signer son pacte, et se faire du même coup « caniche donnant la papate à son maître ». Dans la foulée, pourquoi un Sarkosy ne pouvait-il lui même s’approprier ce patrimoine historique des Verts, conquis de si « haute lutte », si les Verts eux-mêmes s’avéraient si incapables de le défendre !  Ce qui fut donc fait, et finalement bien fait … pour Les Verts !,  qui avaient signé là la fin de l’écologie politique.     

Quand la boucle est bouclée, l’horizon est bouché. La boucle était ainsi bouclée : après avoir jeté les Verts dans les bras de la gauche sans avoir conclut un pacte d’autonomie contractuelle digne de ce nom, une même Dominique Voynet, 14 ans plus tard,  jetait les Verts et tout leur patrimoine écologique, conquête si laborieuse de leurs militants « de terrain », dans les bras de Hulot, et avec lui la droite et qui voudrait s’acheter une étiquette écologique pour pas un rond !  

  Après bien sûr on fit la fine bouche à propos du Grenelle…  pour se donner l’air d’avoir encore des idées…  

Démence politique à ce point si profonde que désormais, aujourd’hui même, comme en témoigne cet appel, le nouveau mot d’ordre des Verts, se parant de lubrifiant médiatique, n’est rien d’autre que celui qu’ils avaient jeté aux orties quinze années auparavant.    

On appelle cela l’écologie politique, où encore la constance politique ! Risée de tout un peuple et honte profonde des militants vrais !   

Synthèse morale de l’histoire :  Fascinés par la vue de leur nombril, les Verts ont perdu le sens qu’ils étaient censés donner « à la gauche ». Enfants trop gâtés de l’histoire, incapables de fonder leur vocation, d’exiger leur reconnaissance, ils n’ont su accomplir et garder leur identité, au point que « la droite », comme elle a toujours si bien su le faire, s’est approprié leur patrimoine. 

  Alors oui certes ils étouffent dans ce si petit réduit de gauche où ils se trouvent enfermés, mais ils en sont eux-mêmes les responsables, ayant réduit l’emprise de leur autorité « en se donnant à Hulot ».  

  Nobliaux ruinés, ils en sont désormais ramenés à « vendre leur titre de noblesse », si ce n’est se vendre eux-mêmes (cf : leur nouvelle liste des européennes). 

  Nos vieux textes religieux ne sont-ils pas remplis d’histoires de ce type ? 

  Morale de l’histoire : Les Verts sont désormais si lamentables qu’ils sont même incapables de tirer la morale de leur propre histoire ! 

  Pour Utopia 06 

Richard Loiret Ex membre du Conseil National des Verts 

Je vote donc je suis!

Citoyen, un terme galvaudé par son utilisation permanente et souvent erronée.

Le mot signifiait Dans l’antiquité : personne qui jouissait du droit de cité ;

De nos jours cemot est souvent utilisé pour désigner un type de comportement, plus qu’un quelconque privilège.

La citoyenneté est un privilège, même si cette assertion est malheureusement démentie par l’abstentionnisme endémique de ses dernières années :

On parle fréquemment de crise de la citoyenneté sans mesurer à quelle point le consumérisme a pris le pas sur le civisme, il s’agit d’une véritable crise identitaire globale qui frappe tous les pans de la société , mais le mal atteint son paroxysme dans les quartiers dits « défavorisés ».

La question qui nous vient tout de suite à l’esprit est pourquoi ?

Qu’est ce qui pousse les gens à se désintéresser à ce point de la politique, ou plutôt pourquoi la politique n’intéresse plus une grande partie de nos concitoyens ?

C’est la même question posée de deux façons différentes : la première cependant met en cause le citoyen, qui ne l’est plus tout à fait puisque même si le vote n’est pas obligatoire, il n’en demeure pas moins un droit inaliénable dudit citoyen, or ne pas voter c’est une manière de renoncer a ce droit ; par conséquent la dimension citoyenne de l’individu se trouve ipso facto enfouie profondément sous la réalité quotidienne du contribuable et du consommateur.

De la même façon l’argument selon lequel l’abstention traduirait un mécontentement est contredite par le bon sens, car tout le monde connaît le vieil adage « Qui ne dit mot, consent ».Oui le mutisme ne peut en aucun cas être constructif, au contraire il donne libre champ aux opinions minoritaires et aux démagogues les plus dangereux, le 21 Avril est là pour en témoigner, le désintérêt et l’indifférence face à la chose publique ne peuvent que nuire à l’ensemble de la population et donc détériorer les conditions d’existence de tous les concitoyens.

Malgré cela, il faut aussi se poser la question comme énoncé plus haut, quelles sont les pratiques, les habitudes et les attitudes de nos élus qui décrédibilisent la politique et amenuisent son impact sur le peuple ?

Les raisons sont nombreuses, mais on peut en citer quelques unes :

La politique a été dévoyée de sa fonction naturelle, qui est de prendre les décisions qui s’imposent au moment ou elles s’imposent, avec comme unique objectif l’intérêt général et sans que des motivations électoralistes en arrière plan ne viennent entacher le processus décisionnel. L’exercice est très difficile, et les outils modernes de mesures statistiques de l’opinion, en un mot les sondages, paralysent toutes les velléités de réforme, car ces pseudos réformes visent toujours les mêmes catégories socio professionnelles, en l’occurrence les couches les plus fragiles, comme si le « progrès social » ne pouvait être obtenu qu’au détriment de celles et ceux qui possèdent le moins et qui se défendent le plus mal, en cela le concept de « lutte des classes » n’est pas caduque dans l’esprit des fanatiques ultra libéraux.

L’homme politique moderne est perçu, souvent à raison, comme une espèce d’équilibriste dont la motivation essentielle serait de ne pas déplaire à son électorat et de réfléchir constamment au moyen qu’il lui faudra mettre en œuvre pour assurer sa réélection.

La distance qui s’est installée entre la classe politique (ou médiatico-politique) et le peuple constitue une autre donnée importante du problème, pour citer l’inénarrable Raffarin, la « France d’en bas » ne se sent plus en adéquation avec « ses élites » :

La fameuse fracture sociale est loin d’être consolidée, au contraire elle se transforme en ligne de clivage politique dans le sens de l’appréhension du monde dans lequel nous vivons, depuis des années on répète aux électeurs qu’on veut faire leur bien et même malgré eux, et là on touche a un stade supérieur du mépris qui consiste a expliquer que l’individu lambda n’est pas capable de savoir ce qui est important et bénéfique pour son propre avenir et qu’i faut être pédagogue et patient pour expliquer telle ou telle mesure ; cette posture infantilisante qu’adopte les politiciens vis-à-vis de l’électeur est devenu un fait établi et récurrent , l’exemple le plus significatif en est le scrutin référendaire du 29 mai 2005, mais les municipales 2008 peuvent elles aussi faire figure d’exemple: le résultat global est un désaveu cinglant du sarko-populisme et pourtant la stratégie de communication multi facettes du président et de son gouvernement nous explique que le mécontentement provient du fait que les « réformes » ne vont pas assez vite!

Diantre , en quelques mois seulement les dégâts occasionnés et ceux annoncés Font frémir, où est donc passer le président du pouvoir d’achat et du parler vrai,

celui qui se voulait proche du peuple et qui une fois a l’Elysée remercie son électorat populaire en faisant un cadeau fiscal de près de 15 Milliards d’€ aux plus aisés.

Il voulait donner une image moderne et dynamique de la fonction présidentielle et il est devenu sa propre caricature, il a promis que Gandrange ne fermerait pas…et Gandrange va fermer!

Mais laissons là notre cher président, nous y reviendrons prochainement.

Pour en revenir a l’échelon local on peut aussi mettre en avant les méthodes clientélistes et communautaristes de nombreux élus qui épousent les convictions des uns et des autres en fonction de leurs auditoires et qui oublient bien souvent que les mots on le sens qu’on entend leur donner, d’où le sentiment de duplicité que ressentent beaucoup de nos concitoyens. Il faut repenser le pacte républicain qui lie l’élu a ses électeurs, faute de quoi, c’est la démocratie représentative qui en pâtira, car personne ne peut honnêtement arguer de sa légitimité s’il n’est élu que par une petite partie du corps électoral.

A suivre…

BENSAADA Mohamed

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