Construction politique : Acte II

Construction politique : Acte II dans National no-n2-150x125Le journalisme actuel* est ainsi fait que même lorsqu’il est exercé avec intégrité, il ne peut s’empêcher d’abdiquer devant la dictature du format, la priorisation subjective des événements et l’étiquetage frénétique des démarches. En gros l’analyse politique de fond est souvent sacrifiée au bénéfice de l’immédiateté.

L’article de Politis tente en quelques lignes de faire la synthèse de dizaines d’heures de débats, de 9 mois de préparation, d’échanges sur la forme et sur le fond, de prises de paroles, d’affrontements et de convergences.

L’état d’esprit du journaliste mais aussi de toutes celles et ceux qui pensaient que tout s’articulerait de façon naturelle, sans pierres d’achoppement, sans discussion sur le fond et la forme, dans une sorte d’œcuménisme politique béat infantile, ne manque pas de nous inquiéter.

Évidemment non, rien de tout cela ne pouvait se produire ainsi. Les participants de ces 3ème rencontres sont tous des citoyens engagés, des militants de longue date pour la plupart qui, nourris de leurs réflexions et de leurs expériences individuelles et collectives savent à quel point un processus de construction politique est une démarche complexe, longue et périlleuse.

Évidemment oui, ces militants sont aussi complexes et déterminés que les autres acteurs politiques et associatifs de France et de Navarre, et oui ils discutent et se disputent parce que le débat contradictoire est l’âme de la démocratie, n’en déplaise aux laudateurs du « y’a qu’a, faut qu’on ! ».

Parler d’un demi échec, sous entend aussi que l’on parle d’un demi succès, même si la vision extrêmement réductrice de l’affrontement entre le PIR et le FSQP est une offense faîtes aux nombreux militants présents lors de cette rencontre qui n’appartiennent à aucune de ces deux structures. Cette assertion piétine aussi le dévouement et l’intégrité des organisateurs qui ont dépensés une année entière de leurs vies à la réalisation de cette rencontre. Mais qu’importe le fond du problème est ailleurs.

Les FSQP successifs et les 3 rencontres, celles d’Aniche, de Marseille et de Créteil, font système, elles contribuent à déterminer un ADN politique commun qui synthétise l’ensemble des luttes de l’immigration et des quartiers populaires. C’est un long processus de compilation, d’analyses et de maturation qui progressivement définit notre patrimoine politique commun. On ne peut pas encore parler de Corpus Idéologique, ni de plateforme programmatique. Les débats sur nos orientations sociales, économiques et politiques n’ont pas encore eus lieu de façon formelle. Et si tout le monde s’accorde à dire qu’il y’a nécessité de créer un mouvement politique de l’immigration et des QP, les deux options de la déclaration commune (Acte II) en sont les émanations stratégiques divergentes sur le court terme mais indubitablement convergentes à moyen terme.

Nous devions, au sortir de la séquence politique FSQP (Acte I) et Rencontres (Acte II), valider la création d’un Front Uni, dont le but était de donner une cohérence globale dans l’unité d’action aux mouvements issus de l’immigration et des QP. Cette première pierre posée nous aurait permis de coordonner nos actions locales, de les mutualiser et de court-circuiter toutes les tentatives de préemption des thématiques et des luttes que nous menons. C’était, au dire d’un camarade, « le minimum syndical militant » que tout le monde pouvait signer.  Cela nous permettait d’éviter la focalisation sur les échéances électorales à court terme et la mise en place rapide de 2 ou 3 manifestations d’ampleur nationale qui matérialiseraient la création d’un mouvement politique autonome de l’immigration et des QP. Cela nous permettait aussi de structurer sereinement le futur parti au sein duquel nous souhaitons tous nous retrouver.

Parce que simplicité ne signifie pas simplisme, il faut bien prendre en compte ce que veut dire créer un parti. La démocratie est une discipline très exigeante, et nous ne pouvons pas nous payer le luxe de nous en passer. Pour créer un parti il faut tenir compte des différents niveaux de réflexions, d’implications et de structuration des différentes organisations et individus qui y adhéreront.

Aussi il faut, pour éviter l’enlisement dans les contestations et les frustrations, cadrer au maximum le processus démocratique pour garantir une juste représentation de toutes les sensibilités. Si le rapport de force est une donnée essentielle de la vie politique dans les relations entre exécutifs locaux, régionaux et nationaux, c’est la conviction et la solidarité, le respect et la fraternité qui doivent régir en interne les relations que nous entretiendrons entre nous.

Il faudra donc penser à un congrès fondateur, à des assemblées générales décentralisées pour que les débats aient lieu aussi en région, à des motions d’orientations et des motions ponctuelles qui seront débattues et votées, à l’élection d’exécutifs à tous les échelons, ainsi que l’élection de délégués au futur congrès. Ce congrès au sein duquel sera votée notre ligne politique et nos orientations stratégiques, il faudra nommer des commissions thématiques et des commissions techniques chargées de mettre en application les décisions prises et gérer les investitures pour éviter les usurpations et les conflits, il faudra organiser le secrétariat national et le porte-parolat pour assurer notre lisibilité et notre visibilité…il faudra encore beaucoup de café, de sueur, de cris, de larmes, de rires et d’embrassades pour que nous y arrivions…mais nous y arriverons !

Quartiers Nord/Quartiers Forts, décide d’opter pour la construction du Front Uni de l’Immigration et des QP, nous respectons la décision des structures et des camarades qui souhaitent s’engager dans la création immédiate du mouvement politique de l’immigration et des QP, nous les saluons fraternellement et leur souhaitons avec sincérité le succès dans leur entreprise. Nous leur donnons rendez vous dans les luttes qui nous sont communes et dans lesquelles nous ne manquerons pas de nous retrouver.

« Politiser les masses, ce n’est pas, ce ne peut pas être faire un discours politique. C’est s’acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d’elles, que si nous stagnons c’est de leur faute et que si nous avançons c’est aussi de leur faute, qu’il n’y a pas de démiurge, qu’il n’y a pas d’homme illustre responsable de tout, mais que le démiurge c’est le peuple et que les mains magiciennes ne sont en définitive que celles du peuple. ». Frantz FANON

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 2 Décembre 2011

 

 

* Lire article Politis « La création d’un « front uni » des quartiers est reportée » – 28/11/2011

 

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