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Archive mensuelle de décembre 2011

Le monopole de la violence ou la violence du monopole ?

Le monopole de la violence ou la violence du monopole ? balance-justice1-285x300Amnesty, dans un rapport récent, dénonçait les méthodes d’immobilisation et l’impunité des forces de l’ordre, dans les affaires ayant entraînées la mort de personnes au cours ou à la suite d’interpellations. L’ONG s’appuyait en partie sur le cas de Hakim Ajimi, mort à l’age de 22 ans le 9 mai 2008 à Grasse.

Cette tragédie, parce que ç’en est une, rassemble à elle seule l’ensemble des absurdités et des impasses de notre société. On peut continuer à feindre et à ignorer le problème moral (nous osons le mot) que cette affaire pose à la Démocratie française, au pacte social, au peuple et aux élites, on peut en effet laisser macérer cette injustice et ce déni d’humanité que l’on a fait subir à ce jeune homme, à sa famille et à ses proches…

On peut aussi considérer que c’est un « dommage collatéral »  d’une montée en puissance de la politique sécuritariste que la majorité des français à voulue ardemment en élisant Mr Sarkozy en 2007. On peut euphémiser cette histoire en usant de poncifs écœurant du style « on ne fait pas d’omelette, sans casser d’œufs… » et autres saloperies du genre. Tout ça on peut le faire et d’ailleurs beaucoup le font.

Mais la question que nous pose d’outre-tombe Hakim, continue et continuera de hanter notre inconscient collectif : « Qu’ai je donc fait pour mériter ce traitement ? Quelle est donc cette société qui s’accommode aussi aisément  d’une pareille injustice ? ».

Le mot est lâché, JUSTICE, en gras et en majuscule ! C’est la pierre d’angle sur laquelle on construit l’égalité. Sans la Justice il n’y a pas d’égalité, sans l’égalité il n’y a pas de démocratie. Tout le reste est superflu, billevesées, sophisme et discussion absconses. Tout le reste est douleur absurde, sadisme insoutenable et reniement de ce qui doit faire de nous des êtres humains capables de se regarder encore en face sans cette amertume de la culpabilité qui nous hante, sans cette impardonnable  soumission à l’arbitraire !

La facilité voudrait que nous dénoncions le racisme d’état, nous pourrions le faire, mais il y’a longtemps que nous avons renoncé à la facilité et a la démagogie. Dénoncer l’état comme seul responsable, c’est nous dédouaner de nos responsabilités individuelles et collectives !

L’état français, au final, surtout dans cette démocratie des sondages, légifère au gré  de l’actualité, des phobies et des préjugés de nos concitoyens. Il met progressivement en place un arsenal juridique de plus en plus menaçant et restrictif pour les minorités. Mais il est hélas à l’image de ce qu’est la France aujourd’hui ! Un pays effrayé par lui même, bercé par le chant lancinant de la xénophobie et de l’islamophobie ambiante, recroquevillé sur un héritage fantasmé, refusant de thésauriser sur le potentiel de toute une jeunesse trop basanée, trop noire, trop musulmane, trop…différente.

Incriminer l’état et seulement l’état est  un raccourci puérile, il peut satisfaire un discours ou la construction d’une thématique politique, mais il fait l’économie de la vraie réflexion sur le racisme et la nature raciste d’une société, comme le disait Fanon, il ne peut y avoir de degré dans le racisme.

De plus il permet à nos détracteurs de nous faire passer pour de joyeux débiles avec qui aucune discussion sérieuse n’est soutenable. Il ouvre la porte aux comparaisons foireuses, aux extrapolations improbables et enferme le débat hors de l’essentiel.

Quel est cet essentiel ? : Hakim est mort ! Pourquoi est il mort ? et de quoi est il mort ? Si la justice française répond à ces questions, personne ne pourra soustraire les coupables à leurs peines, parce que le dossier est lourd, les témoignages accablants, la défense confuse et la perte de ce jeune homme irréparable pour sa famille, mais aussi pour toutes celle et ceux qui croient en la justice et qui sentent un frisson dans le dos à chaque fois que l’on évoque ce nom et ce prénom, HAKIM  AJIMI, parce que l’arbitraire aurait pu frapper n’importe qui, n’importe où, surtout dans nos quartiers populaires, Hakim aurait pu être notre voisin, notre frère, notre fils…et de fait il l’est !

C’est pourquoi nous rappelons cette mobilisation incontournable autour du procès à Grasse qui se tiendra du 16 au 20 Janvier 2012, avec en point d’orgue une manifestation de soutien a la famille et au comité Hakim Ajimi le 7 Janvier 2012*.

Soyons nombreux à demander que Justice soit faite !

Quartiers nord/Quartiers Forts.                                                                                                 Marseille, le 21 décembre 2011

* :  Rassemblement samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard
      Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle            .

      Un car au départ de Marseille est prévu, Contacts : Adil    : 06 13 20 51 51

                                                                                               Sonia : 06 26 38 38 01

 

 

Soutien au COMITE JUSTICE ET VERITE POUR HAKIM AJIMI

Soutien au COMITE JUSTICE ET VERITE  POUR HAKIM AJIMI dans National HAKIM-AJIMIJUSTICE POUR HAKIM !
PROCES DES RESPONSABLES DE LA MORT D’HAKIM AJIMI
MOBILISATION GENERALE
Nous avons besoin de votre soutien actif!

ENFIN !!!

Après 4 ans de recours visant à passer entre les mailles du filet, les 7
policiers responsables de la mort de Hakim Ajimi, survenue à Grasse le 9
mai 2008, devront comparaître au Tribunal de Grasse du 16 au 20 janvier
2012 :

• 2 policiers de la BAC (brigade anti criminalité) pour « homicide
involontaire »
• 1 policier municipal et 4 agents de Police Secours pour «non-assistance
à personne en danger»

LA JUSTICE SERA-T-ELLE IMPARTIALE ?

Le Comité Vérité et Justice pour Hakim Ajimi appelle à une mobilisation
active en mémoire de Hakim, en soutien à ses proches et pour unir nos
forces :

• rassemblement samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard
Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle

• forum public pendant la semaine du procès, devant le Tribunal de Grasse :
- lundi 16 janvier à 9h
- chaque jour de 16h à 18h (point-info)
- vendredi 20 janvier toute la journée

RESTONS UNIS!!!

 

Assemblée Publique Printemps des Quartiers

Assemblée Publique Printemps des Quartiers dans National AffichePrintemps2012-verte1

Construction politique : Acte II

Construction politique : Acte II dans National no-n2-150x125Le journalisme actuel* est ainsi fait que même lorsqu’il est exercé avec intégrité, il ne peut s’empêcher d’abdiquer devant la dictature du format, la priorisation subjective des événements et l’étiquetage frénétique des démarches. En gros l’analyse politique de fond est souvent sacrifiée au bénéfice de l’immédiateté.

L’article de Politis tente en quelques lignes de faire la synthèse de dizaines d’heures de débats, de 9 mois de préparation, d’échanges sur la forme et sur le fond, de prises de paroles, d’affrontements et de convergences.

L’état d’esprit du journaliste mais aussi de toutes celles et ceux qui pensaient que tout s’articulerait de façon naturelle, sans pierres d’achoppement, sans discussion sur le fond et la forme, dans une sorte d’œcuménisme politique béat infantile, ne manque pas de nous inquiéter.

Évidemment non, rien de tout cela ne pouvait se produire ainsi. Les participants de ces 3ème rencontres sont tous des citoyens engagés, des militants de longue date pour la plupart qui, nourris de leurs réflexions et de leurs expériences individuelles et collectives savent à quel point un processus de construction politique est une démarche complexe, longue et périlleuse.

Évidemment oui, ces militants sont aussi complexes et déterminés que les autres acteurs politiques et associatifs de France et de Navarre, et oui ils discutent et se disputent parce que le débat contradictoire est l’âme de la démocratie, n’en déplaise aux laudateurs du « y’a qu’a, faut qu’on ! ».

Parler d’un demi échec, sous entend aussi que l’on parle d’un demi succès, même si la vision extrêmement réductrice de l’affrontement entre le PIR et le FSQP est une offense faîtes aux nombreux militants présents lors de cette rencontre qui n’appartiennent à aucune de ces deux structures. Cette assertion piétine aussi le dévouement et l’intégrité des organisateurs qui ont dépensés une année entière de leurs vies à la réalisation de cette rencontre. Mais qu’importe le fond du problème est ailleurs.

Les FSQP successifs et les 3 rencontres, celles d’Aniche, de Marseille et de Créteil, font système, elles contribuent à déterminer un ADN politique commun qui synthétise l’ensemble des luttes de l’immigration et des quartiers populaires. C’est un long processus de compilation, d’analyses et de maturation qui progressivement définit notre patrimoine politique commun. On ne peut pas encore parler de Corpus Idéologique, ni de plateforme programmatique. Les débats sur nos orientations sociales, économiques et politiques n’ont pas encore eus lieu de façon formelle. Et si tout le monde s’accorde à dire qu’il y’a nécessité de créer un mouvement politique de l’immigration et des QP, les deux options de la déclaration commune (Acte II) en sont les émanations stratégiques divergentes sur le court terme mais indubitablement convergentes à moyen terme.

Nous devions, au sortir de la séquence politique FSQP (Acte I) et Rencontres (Acte II), valider la création d’un Front Uni, dont le but était de donner une cohérence globale dans l’unité d’action aux mouvements issus de l’immigration et des QP. Cette première pierre posée nous aurait permis de coordonner nos actions locales, de les mutualiser et de court-circuiter toutes les tentatives de préemption des thématiques et des luttes que nous menons. C’était, au dire d’un camarade, « le minimum syndical militant » que tout le monde pouvait signer.  Cela nous permettait d’éviter la focalisation sur les échéances électorales à court terme et la mise en place rapide de 2 ou 3 manifestations d’ampleur nationale qui matérialiseraient la création d’un mouvement politique autonome de l’immigration et des QP. Cela nous permettait aussi de structurer sereinement le futur parti au sein duquel nous souhaitons tous nous retrouver.

Parce que simplicité ne signifie pas simplisme, il faut bien prendre en compte ce que veut dire créer un parti. La démocratie est une discipline très exigeante, et nous ne pouvons pas nous payer le luxe de nous en passer. Pour créer un parti il faut tenir compte des différents niveaux de réflexions, d’implications et de structuration des différentes organisations et individus qui y adhéreront.

Aussi il faut, pour éviter l’enlisement dans les contestations et les frustrations, cadrer au maximum le processus démocratique pour garantir une juste représentation de toutes les sensibilités. Si le rapport de force est une donnée essentielle de la vie politique dans les relations entre exécutifs locaux, régionaux et nationaux, c’est la conviction et la solidarité, le respect et la fraternité qui doivent régir en interne les relations que nous entretiendrons entre nous.

Il faudra donc penser à un congrès fondateur, à des assemblées générales décentralisées pour que les débats aient lieu aussi en région, à des motions d’orientations et des motions ponctuelles qui seront débattues et votées, à l’élection d’exécutifs à tous les échelons, ainsi que l’élection de délégués au futur congrès. Ce congrès au sein duquel sera votée notre ligne politique et nos orientations stratégiques, il faudra nommer des commissions thématiques et des commissions techniques chargées de mettre en application les décisions prises et gérer les investitures pour éviter les usurpations et les conflits, il faudra organiser le secrétariat national et le porte-parolat pour assurer notre lisibilité et notre visibilité…il faudra encore beaucoup de café, de sueur, de cris, de larmes, de rires et d’embrassades pour que nous y arrivions…mais nous y arriverons !

Quartiers Nord/Quartiers Forts, décide d’opter pour la construction du Front Uni de l’Immigration et des QP, nous respectons la décision des structures et des camarades qui souhaitent s’engager dans la création immédiate du mouvement politique de l’immigration et des QP, nous les saluons fraternellement et leur souhaitons avec sincérité le succès dans leur entreprise. Nous leur donnons rendez vous dans les luttes qui nous sont communes et dans lesquelles nous ne manquerons pas de nous retrouver.

« Politiser les masses, ce n’est pas, ce ne peut pas être faire un discours politique. C’est s’acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d’elles, que si nous stagnons c’est de leur faute et que si nous avançons c’est aussi de leur faute, qu’il n’y a pas de démiurge, qu’il n’y a pas d’homme illustre responsable de tout, mais que le démiurge c’est le peuple et que les mains magiciennes ne sont en définitive que celles du peuple. ». Frantz FANON

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 2 Décembre 2011

 

 

* Lire article Politis « La création d’un « front uni » des quartiers est reportée » – 28/11/2011

 




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