Marseille comme on l’aime, Marseille comme elle est !

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Mme Manelli, dans un article paru dans la Provence en date du 26/09/11, s’en prenait violement au rapport intitulé « Les Marseillais Musulmans » publié par Françoise Lorcerie et Vincent Geisser.
Passons sur le titre et la « mise en scène » cousue de fils blanc de l’article dont le but est une évidente disqualification des auteurs de l’étude, un réquisitoire destiné à éloigner les curieux et à les dissuader de lire le travail de ces deux sociologues reconnus. Sans parler de la conclusion méprisante au possible de la journaliste : «une étude de cours élémentaire réalisée par deux chercheurs égarés. ».
Nous ne reviendrons pas sur l’attaque en « scientificité » de l’étude, la Provence ne sort pas grandie en publiant des articles dont l’argumentation est si pauvre et le manichéisme si caricatural !
De plus cet article est tourné comme une critique de film à la façon « j’aime/j’aime pas », nous rappelons juste qu’il s’agit d’une étude sociologique et que le fait d’aimer ou de ne pas aimer ce que l’on lit ou ce que l’on entend ne change en rien le contenu, la substance, l’essence de cette étude.
Le problème de cette étude est éminemment politique et sociétal, elle tend un miroir à la face de tous les marseillais, en disant voila ce qu’une partie non négligeable de vos concitoyens vit dans notre bonne ville de Marseille.
Cette étude est cruelle pour les tenants de la Marseille cosmopolite, creuset du multiculturalisme, porte de l’Orient, parce qu’elle donne la parole à celles et ceux dont personne ne se préoccupe (en dehors des campagnes électorales).
Pour notre part cette étude est un pas en avant utile pour la prise en compte de nombreuses problématiques longtemps remisées au placard des priorités sociales et politiques de cette ville, ce que nous y lisons c’est l’extraordinaire soif de justice sociale et d’égalité de traitement de nos concitoyens musulmans qui se vivent, pour la plupart, comme des citoyens de seconde zone.
Faut-il hurler pour se faire entendre ? Et dire que le roman municipal du « plus belle la vie » est une imposture sur papier glacé. Non Marseille pour beaucoup ce n’est pas ça !
Marseille vue des quartiers populaires, c’est un hyper-centre de moins en moins accessible, des quartiers minés par le chômage, dans certains « grands ensembles » le taux de chômage des moins de 25 ans atteint les 50%.
Marseille vue de nos quartiers c’est un développement économique vampirisé par le périmètre Euro méditerranée, au détriment des quartiers populaires du nord et du centre qui n’en finissent plus de sombrer dans la précarité et la relégation sociale.
La jeunesse de nos quartiers est parquée au pied des immeubles sans perspectives et sans espoirs discriminée, disqualifiée et stigmatisée. Comme le furent les indiens dans les réserves, elle se meurt à petit feu détruite par le Cannabis (notre eau de feu), les trafics et la violence.
Les musulmans de Marseille ne seraient pas heureux de leur sort ? La belle affaire ! Dans une ville où cette immense minorité ne dispose toujours pas d’une Grande mosquée, ce vieux serpent de mer qu’aucun dirigeant politique n’a le courage de mener à terme, pour des raisons bassement électoraliste, parce que dans notre ville si fraternelle 30% de nos voisins, de nos concitoyens, de nos collègues de travail votent FN !
Les musulmans de Marseille ne sont pas satisfaits parce que la pratique de leur foi est entravée pour mille et une raisons ! Pas de site d’abattage suffisant pour l’Aïd, pas de « carrés musulmans » susceptible de faire face à la demande croissante des ensevelissements…
Mais évidemment on peut passer à coté de ces problèmes là, les minorer voire les nier, ils n’en demeurent pas moins pour autant ! A ne s’occuper que du Marseille qui brille on oublie le Marseille qui souffre, qui trime, travaille et se débrouille, ce Marseille populaire qui est au cœur même de l’identité marseillaise.
A la table du festin cette étude à le mérite de tendre le micro vers celles et ceux qui picorent les miettes tombées par terre, n’en déplaise à Mme Manelli et à la Provence.
Et pourtant nous l’aimons cette ville, presque malgré elle ! Dans les séries B américaines il y’a toujours un bal de fin d’année et une reine du bal. Marseille est cette reine du bal et nous sommes dans ce bal cet amoureux transi qui ne danse jamais avec elle.
Mohamed Bensaada
Quartiers Nord/Quartiers Forts

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