• Accueil
  • > Archives pour octobre 2011

Archive mensuelle de octobre 2011

Printemps 2012 : Pour Exister politiquement !

La séquence politique à venir est déjà là toute proche, nous lisons les déclarations, les positionnements, les postures et parfois les impostures. Nous savons que les communicants n’en finissent plus de faire des rapports et de scruter avec fébrilité les quartiers populaires et l’agitation politique qui pourrait en surgir. Nous savons aussi que l’heure des grandes manœuvres à sonnée et que les exécutifs politiques qui ont longtemps méprisée cette vitalité populaire et démocratique ne peuvent plus se payer le luxe de la dédaigner…c’est déjà une victoire en soi !

Mais elle ne suffit pas, pire elle est synonyme de danger pour un mouvement autonome encore en gestation. Le recul de l’histoire nous permet d’être péremptoire et d’affirmer avec force et détermination que nous savons comment et qui a sabordé l’espoir des marcheurs pour l’égalité de 83. Nous savons qui a instrumentalisé cette cause à des fins bassement électoralistes et qui a sciemment saboté toute la dynamique éminemment politique de ce mouvement en l’enfonçant dans un apolitisme infantilisant et facilement manipulable.

Nous avons aussi vu la traîtrise et la lâcheté, le lynchage de toute une génération à qui l’on ne cesse de répéter dans les discours officiels qu’ils/elles sont les fils et les filles de la République, et autres sornettes illusoires qui sont mille fois démenties dans leurs quotidien par les discriminations de masses, les raccourcis médiatiques ravageurs et le populisme crasseux de la Droite et du FN. En 2005 l’insurrection n’a pas été politiquement relayée, parce que ce pays ne se reconnaissait pas dans cette jeunesse et qu’il préfère s’identifier plus volontiers à celle qui défilait contre le CPE. Pourtant les deux méritaient d’être, si ce n’est soutenue, au moins comprise et rassurée ! Pour notre part, épris d’égalité et de justice sociale nous ne les avons jamais opposées ! La fracture sociale est aussi une fracture trans-générationnelle, une fracture de classe que le discours islamophobe souhaite transformer en fracture ethno-religieuse.

Aussi l’Histoire est un éternel bégaiement…pour les amnésiques, les signataires de l’Appel Printemps 2012 ne le sont assurément pas !

SOS Racisme nous à transformé en gentils beurs (terme exécrable) et en gentils blacks sympas et désinvoltes qui veulent juste que les méchants racistes arrêtent des les tirer comme des lapins. Des jeunes gens éternellement jeunes et insouciants qui ne peuvent briguer aucune charge, ni aucune responsabilité s’ils ne se départissent pas de leurs singularités. En d’autres mots pour la jeunesse des quartiers il fallait soit passer sous le bulldozer assimilationniste, soit se voir condamné à vivre en survêt et casquette jusqu’à la retraite, à danser sur du Hip hop ou à jouer au foot. Plus tard NPNS a cité à comparaitre toute la jeunesse masculine de nos quartiers devant les tribunaux de la République, au motif que nos jeunes gens étaient tous potentiellement des violeurs décérébrés et des intégristes phallocrates aux mœurs arriérés et aux comportements archaïques. Mais le plus grand tord que cette officine ait pu faire dans le débat contradictoire qui oppose les forces politiques issues de l’immigration post coloniale aux institutionnels, est l’installation d’un piège idéologique simpliste (mais ô combien efficace) qui consiste à répondre à toutes les aspirations égalitaires légitimes des classes populaires par un rappel à l’ordre Laïciste. Un dialogue de sourd, puisque nous hurlons au droit et à l’égalité et que l’on nous répond Laïcité ! Comme si les deux s’opposaient ! Ce sophisme permet surtout de gagner du temps et de maintenir le mécanisme ségrégationniste en l’état, en gros on discutera avec vous lorsque vous ne battrez plus vos femmes, vous arrêterez d’égorger vos moutons et quand vous finirez tout de même par admettre l’ordre établi et la diversité cosmétique que nous consentons de façon magnanime a vous accorder !

Ces grosses associations soutenues par le PS et d’autres jusqu’a la Droite ont finit par institutionnaliser l’antiracisme. Aujourd’hui d’autres tentent de « cadrer » le mouvement issu des quartiers populaires. Tout le danger est là, parce qu’il représente en soi une menace réelle de dévitalisation de la dynamique politique enclenchée.

Entre la xénophobie de Droite, le paternalisme débilitant de Gauche et l’Islamophobie générale, l’espace politique est restreint et nous voguons de Charybde en Scylla. Mais cet espace existe et nous pensons que la démarche de Printemps 2012 arrive au bon moment, au bon endroit et avec les bons acteurs. Cette initiative fait le pari que c’est la solidité de son ancrage populaire et la conséquence de sa base qui lui assureront la réussite. Ainsi le débat ne sera pas confisqué et confiné à des échanges convenus entre « gens de bonne composition ».

Les comptes politiques ne sont pas soldés, loin s’en faut, nous signons cet appel parce que nous voulons reposer les bases du débat sur les quartiers populaires, en utilisant cette fois ci le prisme du ressentiment légitime des habitants de nos quartiers, dont la situation est connue et ne fait plus débat. Mais cette situation mérite des éclaircissements, soit nous habitants des quartiers populaires sommes des citoyens de seconde zone avec des devoirs similaires et des droits diminués de façon officielle, soit nous sommes toutes égaux et libres et jouissons pareillement des mêmes droits et devoirs que nos autres concitoyens. L’interpellation n’est pas anodine, elle rebat les cartes et fait tomber les masques.

Printemps 2012 est une chance unique de mettre en place cette convergence des luttes populaires, de les structurer, de mutualiser les expériences et les compétences de terrain. C’est une chance unique de transformer cette matière militante incandescente en matière politique, une chance d’enfin mettre en pratique les valeurs de solidarité, de partage, de fraternité dont nous nous réclamons. C’est une chance d’étancher enfin notre soif inextinguible de justice sociale, et d’assouvir notre faim d’égalité.

Tous les futurs sont possibles, mais ils dépendent aussi de la façon dont nous les construirons, nous avons la possibilité de nous unir dans le respect de nos divergences et de la plateforme politique que nous établirons collectivement. Mais nous sommes toutes et tous déterminés à exister, et comme disait Sayad « Exister, c’est Exister politiquement ». Nos identités ne sont pas négociables, nos revendications ne sont pas à minorer, et notre sincère dévouement à la cause de nos frères, de nos sœurs et de nos camarades des Quartiers populaires n’a d’égale que notre détermination. A nous maintenant de nous montrer digne de cet espoir !

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille le, 29 Octobre 2011

2012 : pour un printemps des quartiers populaires !

amandierfleurs.jpg
« Nous rendons public cet
« appel à un printemps des quartiers populaires » ce 27 octobre, date de commémoration de la mort de Zyad et Bouna à Clichy-sous-Bois qui a marqué le début des révoltes de 2005. Notre préoccupation est d’amplifier et mutualiser ce qui, du local au national, exprime la légitimité de ces révoltes tout en s’attaquant à leurs causes profondes: les politiques d’un système en crise, qui cherchent à briser tout cadre de résistance collective et solidaire, notamment à diviser sur des bases islamophobes et xénophobes, pour se maintenir.
C’est avec l’objectif de réunir des forces éparpillées pour préparer ensemble un Printemps de la Dignité des Quartiers Populaires en 2012, que nous soutenons le Forum social des quartiers populaires (FSQP) et les Assises des luttes de l’immigration, qui se tiendront de façon coordonnées, respectivement à St Denis les 11-12 et à Créteil les 25-26 et 27 novembre, ainsi que toutes les initiatives ancrées dans la réalité des quartiers et qui aspirent à la convergence des luttes. »

Chacun le sait… ceux qui vivent dans les quartiers populaires, les femmes et les hommes, issus de l’immigration ou pas, souvent musulmans, noirs ou roms sont soumis à la ségrégation, au chômage, au racisme, et au contrôle policier au faciès – et ne trouvent dans les institutions et la vie politique aucun moyen d’exprimer leurs attentes et aspirations. Les oppressions et les résistances qui se tissent dans les banlieues, sont traitées en termes de problème sécuritaire ou de réactivation de l’« identité nationale » – les musulmans d’aujourd’hui étant de plus en plus stigmatisés comme les juifs d’hier. Quel journaliste, quel discours politique voudra prendre à bras le corps ces questions et dénoncer l’islamophobie sur les plateaux de télévision, faire le bilan de toutes les lois répressives contre l’immigration ? Qui confrontera les lectures sectaires de la laïcité et leurs projets liberticides à l’expérience quotidienne de leurs victimes et aux fondements juridiques des droits? Si la nécessité de combattre le racisme est évoquée, pour faire pièce à Marine Le Pen ou à Nicolas Sarkozy, rien n’est fait pour que la lutte contre la ségrégation urbaine, les discriminations raciales et la précarité, soit un axe fondamental de réponse aux exigences portées par les révoltes de 2005 dans les quartiers populaires.

La misère et les inégalités s’élargissent avec les crises financières et les pseudo plans de « sauvetage » détruisant sur leur passage emplois et acquis sociaux; les Etats renflouent les banques mais veulent supprimer les services publics et rendre les populations coupables et comptables de la crise ; le fossé se creuse entre les minorités privilégiées et la grande masse des populations de plus en plus précarisées, pendant que les puissances impériales poursuivent leur déploiement militaire, semant partout la désolation et la guerre.

Pour notre part, puisant notre énergie et notre inspiration dans la révolte des quartiers en 2005, dans les luttes pour l’égalité réelle, dans l’élan révolutionnaire des peuples du monde arabe et la lutte du peuple palestinien pour ses droits, dans les mobilisations exemplaires en Afrique, à Mayotte et celles des « Indignés » de la Grèce aux Etats-Unis, de l’Espagne au Chili, nous refusons de n’imaginer le futur que sous la forme d’une droite libérale, sécuritaire et raciste ou sous celle d’une gauche gestionnaire d’un ordre admis. Nous sommes convaincus qu’existent des alternatives au désastre. Tout un monde d’oppression n’en finit pas de s’écrouler sous nos yeux qui appelle des solutions radicales qui doivent s’imposer dans les débats et accompagner les prochaines présidentielles.

Nous sommes un regroupement de militants et de personnalités de gauche, d’associations des quartiers, d’organisations politiques ou syndicales anti-racistes et décoloniales, déterminés à forcer le débat notamment durant la campagne présidentielle. Nous voulons aider à l’action et l’expression des populations exclues de tels débats, femmes et hommes, et porter quatre préoccupations :
- contre le racisme, en premier lieu le racisme d’Etat, l’islamophobie, la surexploitation, le harcèlement et l’expulsion des sans papiers ; contre les inégalités, la ségrégation urbaine – en nous revendiquant des droits égalitaires ;
- contre les violences institutionnelles de la police, de la justice, et, de l’école au Pôle Emploi, pour l’invention d’institutions démocratiques au service de toutes et tous ;
- contre les politiques libérales porteuses de la crise économique, en défense des droits sociaux fondamentaux ;
- contre les rapports de domination internationaux et néo-coloniaux en particulier en Palestine et en Afrique ou dans les DOM-TOM, en soutien aux exigences portées par les processus révolutionnaires en cours.

Cette dynamique « commence » le 27 octobre, jour anniversaire de la révolte de 2005.

pour signer l’appel :
2012 : pour un printemps des quartiers populaires !

Premiers signataires

Mohammad AKBAR, travailleur social, militant associatif, Mulhouse
Eve ALDRIDGE, Limousin
Zahra ALI, doctorante en sociologie, Al Houda,CEPT, Rennes
Sylvette AMESTOY, Maire adjointe Courdimanche 95, élue EELV
Omar ALSOUMI, ex Pt Génération Palestine GP
Houssen AMODE, retraité, St Denis, La Réunion
Mouloud AOUNIT, militant anti-raciste
Janie ARNEGUY, militante associative, Les Alternatifs, DNSI
Siham ANDAlOUCI, Militante associative, Lille
AXIOM, rappeur, Lille
Laziza BAKKALI AJC’REVé, Avignon
Alain BALTHAZARD, adhérent EELV 95
Stefan BEKIER, Interprète de conférence, NPA 95
Adda BEKKOUCHE,juriste, militant associatif, Colombes 92
Nora BENAMEUR, AJC’REVé, Avignon
Tarek BEN HIBA, militant associatif ancien conseiller régional Ile-de-France
Sarah BENICHOU, MTE, DNSI, NPA 75
Mohamed BENSAADA, Quartiers Nord/Quartiers Forts » QNQF- Marseille
Jean-Christophe BERCHE, Educateur en prévention, Nancy – NPA 54
Thierry BONHOMME, NPA 54 Sud
Martine BOUDET,enseignante, Attac, Toulouse
Alima BOUMEDIENE-THIERY, juriste, responsable associative, ex-parlementaire, Paris
Mahmoud BOURRASSI, Militant associatif Ile-de-France, CMF
Youssef BOUSSOUMAH, militant du PIR, Clichy la Garenne
Houria BOUTELDJA, PIR
Jean BRAFMAN, ancien conseiller régional, FASE
Youcef BRAKNI, militant associatif Bagnolet,PIR
François BRUN, DNSI, NPA75
Claude CALAME, historien, EHESS, ATTAC, LDH, NPA 75
Khadija CASSAM, professeur d’université, St Pierre, La Réunion
Fathia CHAARI, militante féministe
Malika-Sandrine CHARLEMAGNE, militante associative, Paris
Antoine CHAUVEL, Génération Palestine, NPA Le Mans
Nouh CHEBBAÏ, militant associatif, Paris
Mouhieddine CHERBIB (FTCR)
Mamode CHOTIA, Professeur de Lycée, Tampon, La Réunion
Ismahane CHOUDER (CFPE, MTE, PSM),
Marie-Pascale COUTTAUSSE (éducatrice spécialisée, militante associative, Toulouse)
Marie COSNAY (écrivain, enseignante)
Monique CRINON (CFPE, MTE, Cedetim),
Philippe CORCUFF (enseignant-chercheur en sciences politiques, Lyon, altermondialiste)
Thomas COUTROT (économiste, militant associatif)
Nadir DENDOUNE, journaliste et écrivain
Kamel DJELLAL (MJCiqp),
Bernard DREANO, Cedetim (centre d’études d’initiatives de
solidarité internationale)
Driss ELKERCHY (Pt ATMF),
Abdallah EL MARBATI (association parents d’élèves Argenteuil)
Abdelkhalek ELMODEN (responsable associatif, Bagneux)
Fadila EL MIRI, militante associative, Marseille
Nabil ENNASRI (Pt CMF),
Mireille FANON- MENDES-FRANCE (membre de la fondation Franz Fanon)
Sonia FAYMAN (UJFP)
Adil FAJRY (animateur territorial militant associatif et politique au NPA)
Patrick FARBIAZ, Sortir du Colonialisme
Gisèle FELHENDLER, Sortir du Colonialisme, NPA 75
Amaël FRANCOIS, Ehess/Sciences Po, ex porte-parole SUD Etudiant, NPA.
Véronique GALLAIS, socio-économiste, membre du CS d’Attac 75
Vanina GIUDICELLI, commission anti-raciste du NPA, DNSI, Montreuil, 93,
Serge GUICHARD, PCF, Association de solidarité en Essonne aux familles Roms
Hamé, du groupe LA RUMEUR
Fouzia HAMHAMI, ATMF, Argenteuil
Moustafa HASSANALY, directeur de société, St Denis, La réunion
Omar HATIA, retraité Education nationale, Tampon, La Réunion
Françoise HICKEL, éducatrice PJJ, Montreuil-sous-bois, 93
Iqbal INGAR, Gérant de société, St Denis, La Réunion
Amode ISMAE DAOUDJEE, Mèdecin, St Pierre, La Réunion
Sulliman ISSOP,journaliste, St Pierre, La Réunion
Aïcha JABRANE, Prte de l’observatoire de la diversité, membre du conseil fédéral d’EELV
Abdoul KASSOU, retraité, St Denis, La Réunion
Marie-Céline KASSOU, retraitée, St Denis, La Réunion
Sarah KASSOU, fonctionnaire, St Denis, La Réunion
Virginie LAGHRIB, Al Houda, Rennes
Jean-Marc LAMARRE, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation à Nantes, NPA 72
Chamous LARISSE, Al Houda, MTE, CFPE,
Catherine LEBRUN, syndicaliste
Olivier LE COUR GRANDMAISON, historien,DNSI
Laurent LEVY, essayiste, CEPT
Elisabeth LONGUENESSE, sociologue
Karim LOUCHENE, CMF, Lyon
Bernard MACKALAND, La Martinique
Yamin MAKRI, Editeur, militant associatif, Lyon
Abdoul Kader MAMOODJEE, Employé de commerce, Tampon, La Réunion
Chaïda MAMOODJEE, Adjointe administrative, Tampon, La Réunion
Réhane MAMOODJEE, technicien, Le Port, La Réunion
Mohamed MAOIHIBOU, Agent territorial, Le Port, La Réunion
Béatrice MARTIN, Al Houda, Rennes
Marwan MUHAMMAD, Foul Express
Gustave MASSIAH, économiste, CMIL -cercle migrations et libertés
Odile MAURIN, militante associative du champ du handicap, Toulouse
Lisette M’BAIREH, PIR
Sofiane MEZZIANI, Lille, Pt Citoyens de la réforme, CMF,
Younous MOGALIA, Employé de commerce, St Denis, La Réunion
Rosa Mollet, Lille
Bénédicte MONVILLE-De CECCO, anthropologue/enseignante
Salim MOTARA, Directeur de département, St Denis, Réunion
Sonia MOUSSAOUI, CFPE, étudiante, St Etienne,
Danièle OBONO, militante antiraciste et altermondialiste
Laurent OTT, philosophe, Association Intermèdes, Robinson
Abdoul Rahman PATEL, chef d’entreprise, St Louis, La Réunion
Anis PATEL, étudiant, Tampon, La Réunion
Anwar PATEL, fonctionnaire territorial, Tampon, La Réunion
Nazir PATEL, professeur de Lycée, Tampon, La Réunion
Nazemir PATEL, professeur de lycée, Tampon, La Réunion
Jan PAUWELS, infirmier, syndicaliste, MRAP, NPA, Lille
Ndella PAYE, CFPE, MTE, PSM
Denis POULAIN, enseignant,Réseau de vigilance citoyenne, NPA La Rochelle
Marc PRUNIER, syndicaliste, Conseiller Municipal 94, militant solidarité « Palestine », NPA
Yves QUINTAL, directeur d’école, association egalité toulouse mirail 31
Tariq RAMADAN, universaire
Sonia RABAHI, enseignante 93
Ali RAHNI, membre EELV, CMF
Julien RIVOIRE, Militant solidarité palestine
Marguerite ROLLINDE, militante associative 93,
André ROSEVEGUE,co- Prt de l’UJFP
Jean-Marc ROUILLAN, écrivain, NPA Marseille
Khaled ROUMO, auteur et poète, Paris
Farah SADAOUI, Génération Palestine, Saint-Denis (93)
SAÏDOU, rappeur, ZEP – MAP
Harbia SAIFI, Réflexion13, Marseille
Catherine SAMARY, économiste, CFPE, MTE, NPA, altermondialiste
Miguel SEGUI, Animateur de quartier NPA 92
Geneviève SELLIER, Professeure en études cinématographique – Bordeaux 3
Michèle SIBONY, co-pte de l’UJFP
Pablo SEBAN, collectif Générations Spontanées, Toulouse),
Omar SLAOUTI, Militant associatif 95, NPA
SKALPEL, rappeur, Collectif bboykonsiant, Paris
Djamila SONZONI, élue Europe Ecologie les Verts
Saléha SOVEL, ajointe administrative, St Denis, La Réunion
Pierre STAMBUL, UJFP, Marseille
Romain TELLIEZ, Universitaire, Aulnay-sous-Bois (93)
Martine TESSARD, enseignante retraitée, militante auprès des Sans Papiers, NPA Paris Centre
Emmanuel TERRAY, anthropologue
Pierre TEVANIAN, MTE, LMSI
Gerard Trainoir, enseignant et adhérent EELV, Argenteuil
Fayzal VALY, Imam, La Réunion
Georges VEYET, retraité, militant altermondialiste, Grenoble
Dominique VIDAL, historien et journaliste
Abdel ZAHIRI, AJC’REVé, Avignon
Saâd ZOUITEN, Comité La Courneuve-Palestine

Associations, collectifs, organisations politiques ou syndicales

Association Ensemble à Bagnolet, Al Houda (association des Femmes musulmanes de Rennes), Association REDA (Réflexion, Echanges et Débats en Alsace) ; AJC’REV (Agir pour la justice contre le racisme, l’exclusion et la violence), Avignon ; Collectif Générations Spontanées contre le racisme et l’islamophobie (Toulouse), Citoyens de la réforme, Lille ; D’ailleurs Nous Sommes d’Ici (DNSI), Melun ; Groupe Frantz Fanon Bagnolet ; Quartiers Nord-Quartiers Forts (QNQF) Marseille ; L’Art de la Paix – Bagnolet ;

Association des Marocains en France (AMF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Collectif des Musulmans de France (CMF), Fédérations des Associations de Solidarité avec les Travailleurs/leuses Immigré.e.s (FASTI) ; Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fondation Franz Fanon, Nouveau parti anti-capitaliste (NPA), Parti des Indigènes de la république (PIR), Union juive française pour la paix (UJFP)

Marseille comme on l’aime, Marseille comme elle est !

qn.jpg
Mme Manelli, dans un article paru dans la Provence en date du 26/09/11, s’en prenait violement au rapport intitulé « Les Marseillais Musulmans » publié par Françoise Lorcerie et Vincent Geisser.
Passons sur le titre et la « mise en scène » cousue de fils blanc de l’article dont le but est une évidente disqualification des auteurs de l’étude, un réquisitoire destiné à éloigner les curieux et à les dissuader de lire le travail de ces deux sociologues reconnus. Sans parler de la conclusion méprisante au possible de la journaliste : «une étude de cours élémentaire réalisée par deux chercheurs égarés. ».
Nous ne reviendrons pas sur l’attaque en « scientificité » de l’étude, la Provence ne sort pas grandie en publiant des articles dont l’argumentation est si pauvre et le manichéisme si caricatural !
De plus cet article est tourné comme une critique de film à la façon « j’aime/j’aime pas », nous rappelons juste qu’il s’agit d’une étude sociologique et que le fait d’aimer ou de ne pas aimer ce que l’on lit ou ce que l’on entend ne change en rien le contenu, la substance, l’essence de cette étude.
Le problème de cette étude est éminemment politique et sociétal, elle tend un miroir à la face de tous les marseillais, en disant voila ce qu’une partie non négligeable de vos concitoyens vit dans notre bonne ville de Marseille.
Cette étude est cruelle pour les tenants de la Marseille cosmopolite, creuset du multiculturalisme, porte de l’Orient, parce qu’elle donne la parole à celles et ceux dont personne ne se préoccupe (en dehors des campagnes électorales).
Pour notre part cette étude est un pas en avant utile pour la prise en compte de nombreuses problématiques longtemps remisées au placard des priorités sociales et politiques de cette ville, ce que nous y lisons c’est l’extraordinaire soif de justice sociale et d’égalité de traitement de nos concitoyens musulmans qui se vivent, pour la plupart, comme des citoyens de seconde zone.
Faut-il hurler pour se faire entendre ? Et dire que le roman municipal du « plus belle la vie » est une imposture sur papier glacé. Non Marseille pour beaucoup ce n’est pas ça !
Marseille vue des quartiers populaires, c’est un hyper-centre de moins en moins accessible, des quartiers minés par le chômage, dans certains « grands ensembles » le taux de chômage des moins de 25 ans atteint les 50%.
Marseille vue de nos quartiers c’est un développement économique vampirisé par le périmètre Euro méditerranée, au détriment des quartiers populaires du nord et du centre qui n’en finissent plus de sombrer dans la précarité et la relégation sociale.
La jeunesse de nos quartiers est parquée au pied des immeubles sans perspectives et sans espoirs discriminée, disqualifiée et stigmatisée. Comme le furent les indiens dans les réserves, elle se meurt à petit feu détruite par le Cannabis (notre eau de feu), les trafics et la violence.
Les musulmans de Marseille ne seraient pas heureux de leur sort ? La belle affaire ! Dans une ville où cette immense minorité ne dispose toujours pas d’une Grande mosquée, ce vieux serpent de mer qu’aucun dirigeant politique n’a le courage de mener à terme, pour des raisons bassement électoraliste, parce que dans notre ville si fraternelle 30% de nos voisins, de nos concitoyens, de nos collègues de travail votent FN !
Les musulmans de Marseille ne sont pas satisfaits parce que la pratique de leur foi est entravée pour mille et une raisons ! Pas de site d’abattage suffisant pour l’Aïd, pas de « carrés musulmans » susceptible de faire face à la demande croissante des ensevelissements…
Mais évidemment on peut passer à coté de ces problèmes là, les minorer voire les nier, ils n’en demeurent pas moins pour autant ! A ne s’occuper que du Marseille qui brille on oublie le Marseille qui souffre, qui trime, travaille et se débrouille, ce Marseille populaire qui est au cœur même de l’identité marseillaise.
A la table du festin cette étude à le mérite de tendre le micro vers celles et ceux qui picorent les miettes tombées par terre, n’en déplaise à Mme Manelli et à la Provence.
Et pourtant nous l’aimons cette ville, presque malgré elle ! Dans les séries B américaines il y’a toujours un bal de fin d’année et une reine du bal. Marseille est cette reine du bal et nous sommes dans ce bal cet amoureux transi qui ne danse jamais avec elle.
Mohamed Bensaada
Quartiers Nord/Quartiers Forts

De Rage et d’Amertume.

octobre1961ph1720.jpg
L’immigration post coloniale n’est pas « cérebrolésée » ! En guise d’introduction cette affirmation peut être perçue comme incongrue et si ce n’était ce qui suit j’en conviendrais volontiers. Le terme n’est pas très usité et il sort tout droit du jargon des psychologues qui parlent aussi de mémoire cognitive et de courbe de l’oubli. Ces concepts définissent la façon dont nous encodons, nous stockons et nous récupérons les souvenirs et la représentation mentale que nous nous faisons de nous-mêmes individuellement ou collectivement.
Cette immigration post coloniale hérite d’une mémoire des luttes, faîtes de drames et de souffrances, de spoliation et de regrets, de trahisons et de lâchetés…de rage et d’amertume.
Mais elle est aussi faite de grandeurs et de victoires, de courage et d’abnégation, de sublimes sacrifices et d’héroïsmes insensés, d’honneur et d’espoir (ce mal incurable).
Personne n’est propriétaire de cette mémoire là et personne ne peut s’en déclarer unique dépositaire. Cette mémoire appartient en fait à toute l’humanité, elle est une partie de son histoire, elle nourrit le souffle de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté. Elle forge la conviction et la détermination de toutes celles et ceux qui n’abdiquent pas, ne se résignent pas et ne troquent pas la dignité qu’elle leur confère contre les enjeux de l’immédiateté, contre le quotidien, le court terme qui oblitère le recul et la mise en perspective.
La mémoire de l’immigration post coloniale est donc de fait une histoire universelle mais subjective ! Elle est un parti pris, les 3ème rencontre des luttes de l’immigration qui se tiendront fin Novembre à Paris le rappelleront par ailleurs.
Mais la mémoire, en terme de militantisme, ne peut être réduite à sa simple expression commémorative, elle n’a d’efficience qu’a partir du moment ou elle devient (ou redevient) un outil de connaissance et d’émancipation ! Saïd Bouamama a mis le doigt sur un des obstacles majeurs de la conscientisation politique des quartiers populaires : « le militantisme des générations spontanées.» Cette véritable damnation qui fait que la transmission du savoir politique et culturel ne se fait que de manière sporadique, discontinue, au gré des individus et de leurs motivations et histoires personnelles. Peut être parce que nombre d’enfants et petits enfants d’immigrés ne se projette socialement que par le biais de l’histoire officielle et le roman national que l’école républicaine lui enseigne, quitte à vivre cela comme une dénégation ou une ablation d’une partie de leur identité.
Ainsi, peu nombreux sont celles et ceux qui s’impliquent dans la conservation, la réhabilitation et la diffusion de cette mémoire…mais ils/elles existent. L’enjeu n’est pas de rentrer dans une quelconque logique de « mémoire concurrentielle », ni même d’ériger la victimisation en posture à défaut d’autres arguments. Non la mémoire doit se transmettre de façon linéaire d’une génération à l’autre de manière à assurer une continuité de l’action politique émancipatrice. Le colonialisme est présent dans notre société, il n’est pas éradiqué, même si en surface le racialisme colonial n’est plus assumé, il perdure par le biais des projections que la majorité se fait des « minorités visibles ». Il continue d’inspirer tous les processus discriminatoires et maintient les inégalités en dépit de la loi et de la constitution.
C’est pourquoi cette mémoire ne doit pas être bradée ou instrumentalisée, elle ne doit pas devenir une longue suite de commémorations à bas coût politique ! Cette mémoire n’est pas un folklore, elle doit servir d’exemple pour les luttes d’aujourd’hui et de demain. Le 8 Mai 45, le 17 Octobre 61, la Guerre d’Algérie, la Guerre du Rif, les guerres de libérations des anciennes colonies, l’Etoile Nord Africaine, le Mouvement des Travailleurs Arabes, les figures emblématiques de Kwamé N’Kruhma, Ahmed Ben Bella, Amilcar Cabral, Thomas Sankara, l’émir Abdel Kader, Toussaint Louverture, Abdelkrim Khattabi, Ben Barka, Menelik II et tant d’autres encore doivent servir à l’édification intellectuelle de notre jeunesse, pour que celle-ci ne grandisse pas dans le ressentiment et la schizophrénie. Cette mémoire est un bien précieux et elle doit nous aider à faire tomber les murs qui nous séparent encore de la justice sociale vraie et absolue, de l’égalité inconditionnelle et de la dignité inaliénable !
La séquence politique à venir ne manquera pas de nous fournir dans nos luttes de vrais et de faux amis, à nous de savoir faire le tri. A nous de soutenir des gens qui mettent en danger leur nom, leur intégrité morale et physique. Des gens qui comme, Houria Bouteldja, sont les fervents défenseurs de cette mémoire et des populations de nos quartiers populaires, et qui sont harcelés et trainés devant la justice par des gens qui rêvent encore du temps béni des colonies, des gens qui, comble de l’ironie l’attaquent pour « incitation à la haine raciale » !!! Le 12 octobre prochain devant le TGI ces grotesques accusations voleront en éclat, nous lui témoignons au passage tout notre soutien et notre fraternité ; c’est un fait la parole libre ne doit pas être criminalisée !
Pour résumer notre pensée je n’ai rien trouvé de mieux que cette citation de Léon Trotsky :
« Celui qui ne sait défendre les vieilles conquêtes n’en fera jamais de nouvelles. »
Une citation à méditer si nous ne voulons pas que notre avenir ne soit fait que de Rage et d’Amertume.
Mohamed Bensaada
QNQF




Bienvenue sur le blog du RC... |
Section du Parti socialiste... |
Le Nouveau Centre Montbard |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | MARS Centrafrique
| Bling-bang-blog du 6 mai
| Le vécu Algérien