Archive mensuelle de juin 2009

L’Europe sans le Peuple?!?

Le 7 juin dernier nous avons été quelques uns à sacrifier une ou deux heures au  grand rituel  de la liturgie républicaine en allant voter. Nous militons depuis des lustres contre l’abstentionnisme et pour une citoyenneté active des habitants des quartiers populaires. Force est de constater que le travail est encore immense mais que la difficulté majeur n’est pas ou n’est plus dans une sorte de rejet des institutions mais dans le ressenti (légitime ?) de nombreux concitoyens de ne plus « être utile » dans le schéma démocratique actuel !

Du Principe de Désignation/Résignation

60% d’abstention lors de ce scrutin, c’est sans conteste, la seule donnée tangible susceptible d’être analysée, quels enseignements peuvent être tirés de cette défaite de la démocratie européenne ?  à tort ou a raison, les électeurs ne se sont pas sentis concernés par les Européennes 2009. A tort parce que le parlement  européen s’arroge de nouvelles prérogatives et que ces pouvoirs augmentent, et que donc un parlement représentatif de l’ensemble de la population européenne pourrait à terme devenir un outil essentiel de contre pouvoir face aux politiques ultra-libérales de la commission et du conseil de l’union. A raison parce que de guerre lasse, les citoyens qui ont cru aux vertus et au respect de la  Démocratie, mesurent à quel point le traité de Lisbonne qui va leur être imposé relève de l’arbitraire oligarchique, et que la souveraineté démocratique du peuple (Vox Populi, Vox Dei) n’est plus qu’une comptine soporifique que l’on ressort pour amuser la galerie et grimer la dérive autoritaire d’atours démocratique. Le 21 Avril, le 29 Mai et le 7 Juin sont autant de dates qui jalonnent désormais les « pics critiques » de la fièvre démocratique qui mine la 5ème République : le 21 Avril fut le paroxysme du vote contestataire dans sa version la plus hideuse, la plus xénophobe ; Le 29 Mai correspond à un sursaut populaire, une tentative désespérée de ré appropriation du débat public ; Le 7 juin et le « non vote » de près des 2/3 du corps électoral sonne comme un glas institutionnel. Si un débat national, sur les institutions et sur la condition du citoyen dans notre démocratie, n’est engagé c’est l’entièreté du pacte républicain qui sera à très court terme remise en cause. La réflexion doit être profonde et englober l’ensemble des problèmes de fonctionnement et « d’ordonnancement »  de la chose publique, le mode de désignation des représentants doit être revu pour permettre une vraie représentativité des minorités visibles et de la majorité sociale (pas un seul ouvrier à l’assemblée nationale…). Le pacte entre les élus et les électeurs doit lui aussi être refonder pour signifier aux premiers que les seconds ne sont pas que des données arithmétiques qu’il s’agit d’empiler pour « peser » politiquement et que l’essence même de leur fonction  réside dans la relation de confiance et dans le respect des promesses électorales, le temps de l’incompétence, du cynisme, l’arrivisme et du clientélisme touche à sa fin. Cette réflexion engagera nécessairement celle sur le statut de l’élu et sur le rôle des partis dans notre république, le vote de Dimanche dernier met aussi en cause l’organisation de notre vie politique autour de la structure partidaire. Crise sociale, économique et démocratique voilà où nous en sommes, le cocktail est hautement explosif, de la résignation au désespoir et à la révolte il n’y a qu’un pas.

De la Tectonique des plaques politiques

Encore une fois s’il est un chiffre à retenir c’est celui de l’abstention, 60% des électeurs n’ont pas souhaité s’exprimer, c’est la formule consacrée des lendemains d’élections et si au contraire l’abstention massive était devenue l’ultime expression populaire d’un désaveu, d’une désaffection voir d’un mépris de la politique (et non pas du politique).Pour autant cette soirée électorale aura été marquée par le maintien de l’UMP et par l’auto satisfecit révoltant des ténors de la droite qui tire hâtivement la conclusion que les français leur ont signifier par ce vote leur confiance et de fait leur octroient un blanc seing pour  poursuivre les politiques nationales et supra nationales de déréglementation, de casse et de régression sociale…Il faut un certain toupet pour se réjouir de cette victoire à la Pyrrhus : 30% de 40% du corps électoral soit 3 électeurs sur 25 ont réellement fait confiance à la majorité présidentielle, inutile de vous faire un dessin sur le poids réel des autres formations en lice à cette élection. Pour remettre en perspective les résultats de la soirée il faut les comparer, toute comparaison étant subjective choisissons par exemple de les comparer au nombre de voix obtenues au 1er tour de la présidentielle de 2007 et c’est la que le concept de victoire ou de défaite prend tout son relief ; ainsi par rapport à cette élection l’UMP perd plus de 6 millions de voix. Le PS, plus de 5 millions. Le Modem, le FN perdent aussi des électeurs, les listes d’Europe Ecologie sont les grandes bénéficiaires de ces élections, le Front de Gauche réussi à tirer son épingle du jeu en  faisant 400000 voix de plus que le PC en 2007. Faut il encore regretter que le NPA n’ai pas fait partie de ce Front de Gauche ? La réponse est clairement oui, les scores cumulés du NPA et du FDG donne une moyenne nationale voisine des 11%, cette réalité complètement occultée par les commentateurs est une donnée a prendre en compte sur l’ensemble de l’échiquier politique, si les mouvements les plus spectaculaires se sont organisés entre les listes du Modem, du PS et d’Europe Ecologie, la « volatilité » de ce vote empêche toute projection sérieuse sur le vrai rapport de force politique entre ces protagonistes, en revanche la gauche de la gauche peut déjà considérer que, dans un contexte très défavorable du fait de la grande démobilisation des quartiers populaires, la progression et l’enracinement du vote progressiste et anticapitaliste encourage et oblige les appareils des différentes organisations a revoir leurs stratégies personnelles et a imaginer une nouvelle redistribution de la donne politique. Le paysage politique français après ce 7 juin peut être succinctement et très subjectivement dépeint comme tel : Une droite conservatrice et ultralibérale stable (30%) capable de mobiliser son électorat sans faire campagne et sans avoir de projet, une extrême droite réduite à sa partie congrue électoralement narcoleptique mais idéologiquement vivace, ses thématiques de prédilection serve de socle aux politiques sociales et internationales (immigration, sécurité…) du gouvernement. Une gauche sociale-démocrate (ou sociale-libérale ?) très affaiblie (16%) en panne d’orientation, d’identité, vérolée par les luttes intestines et les égos qui tiennent lieu de programme. Un Modem siphonnée par la vague écologiste et victime de l’obsession présidentielle de son leader (8.5%)…Le centre existe-t-il vraiment ? Une Gauche écologiste grande bénéficiaire du vote de l’émotion (16%), nous en reparlerons plus bas ; Enfin une gauche anticapitaliste qui pèse 13% des voix exprimées et dont nous consacrons un autre chapitre ci-dessous.

De l’Ecologie Politique au Capitalisme Vert

La grande, l’énorme surprise est donc venue des listes emmenées par le trio improbable mais efficace, Dany Cohn Bendit, Eva Joly et José Bové. Nous ne pensons pas que Europe Ecologie fut la seule à parler d’Europe, ou la seule a avoir un projet, ces allégations catégoriques et enthousiastes convaincront peut être a force d’être martelé, mais très humblement nous pensons que le succès de ces listes tient à l’ère du temps, au besoin de renouvellement et de fraicheur politique dont une grande partie de la classe moyenne appelait de ses vœux. Ce vote nous est éminemment sympathique mais il n’est pas un vote d’adhésion, de conviction et de détermination (mis a part pour les Verts politisés) ; La peur du lendemain planétaire apocalyptique, la certitude de faire partie de la dernière génération « bienheureuse » et inconsciente, le traitement médiatique permanent autour de la question climatique et environnementale, l’irruption dans le débat public de la gestion des déchets, de l’épuisement des ressources fossiles, des grandes questions de santé publique ; mais aussi (il faut en dire un mot) le succès des films d’Al Gore ou de Yann Arthus-Bertrand sont les ingrédients de la réussite d’Europe Ecologie. C’est un vote de l’émotion, de la préoccupation, c’est un vote convenu très « politiquement correct », un vote citoyen (comme disent certains) traduction directe de l’angoisse existentielle qui étreint tous les Homo Sapiens de ce début de 3ème millénaire. Le projet d’Europe Ecologie parle de conversion ou de transformation écologique de l’économie et le pêché est peut être déjà là à l’ origine même de ce « D-Day » de l’écologie politique, tout comme la social-démocratie le projet de Cohn-Bendit ne remet pas en cause le capitalisme, il tente de le transformer, d’en minorer les impacts sociétaux et environnementaux, en somme il confirme le capitalisme comme unique alternative, remisant pour l’heure des débats de fonds nettement moins « lisse » sur la décroissance ou le nucléaire, sur la place qu’occupe le volet social dans le projet politique global de l’écologie politique. Nous sommes convaincus que l’écologie politique est un humanisme et qu’il est par essence indubitablement anticapitaliste, DCB et ses amis devront trancher ces questions au risque de se désavouer…Un mot sur la forme de ce succès, nous nous réjouissons particulièrement de l’élection à la députation de Mme Benarab-Attou et de Mme Delli, si nous étions cyniques nous pourrions penser que cette élection fut une surprise totale…même pour l’état major d’Europe Ecologie (si ils avaient penser faire un tel score, ces personnes auraient elles figurées en si bonne place ?), mais bon accordons le bénéfice du doute aux verts qui en matière de « Diversité » n’ont de leçons à recevoir de personne ! L’émergence de cette sphère écologiste dans le paysage politique permet aussi de contester de manière plus nette encore l’hégémonisme du PS, en effet le parti de la rose ne pourra pas empêcher les velléités d’autonomie  de ces partenaires habituels, la configuration politique de la gauche plurielle a vécu, le PS n’est plus le centre de gravitation de la gauche française. Les combinaisons seront a géométrie variable mais c’est le fond du débat et la confrontation des divergences qui régleront l’architecture stratégique des alliances.

Du Front de Gauche et de l’extension de l’unité.

Plus qu’une analyse, c’est par un appel réitéré à l’unité des forces de la gauche anticapitaliste que nous terminerons, pour reprendre en partie la démonstration de JL Mélenchon sur le cumul des résultats du FDG et du NPA, imaginez un instant que dans notre circonscription du Grand Sud-Est , 12% des voix en ne tenant compte que de la logique arithmétique et en ne préjugeant pas d’un effet de dynamique quelconque, la gauche anticapitaliste aurait obtenue un euro député de plus et aurait barré la route de Strasbourg à Jean Marie Lepen, quelle victoire symbolique c’eut été ! Hortefeux aussi serait résté à la maison etc. Avec des si vous savez tout ce qu’on peut faire, mais les débats d’hier sur l’unité d’action et l’unité électorale sont ils encore de mise ? D’autres échéances se profilent et (jusqu’à preuve du contraire) la seule façon de modifier le cours des choses en démocratie c’est de remporter des élections et d’appliquer d’autres orientations ; La vraie question, presque « métaphysique » qui se pose a la gauche anticapitaliste c’est : voulons nous vraiment changer les choses ? La formulation peut paraître brutale mais la question n’en reste pas moins essentielle. La convergence des luttes et des objectifs, l’ampleur de la crise et l’échec global de la gauche nous met face à nos responsabilités individuelles et collectives. Le temps de la contestation et du folklore protestataire doit laisser place au temps de la construction et de la transformation de cette immense aspiration populaire à un autre présent et a un autre avenir. Pour être clair et moins emphatique il faut une traduction politique au mouvement social et au frémissement salutaire obtenu dans les urnes par les listes du FDG et du NPA, sans quoi ces deux projets si proches ne resteront que de utopies sans lendemains et nous serons donc aussi en partie responsable de la marche en avant du néolibéralisme dévastateur que nous subissons et qui par nature ne cessera d’avancer (lui). Nous avons participé en tant que soutien du FDG lors de cette campagne, mais plus que jamais nous renouvelons nos appels à un élargissement de ce front pour construire ensemble un projet de société alternatif recentré autour de l’humain et non du capital, un projet dont les piliers seraient la solidarité, la justice sociale, la défense des travailleurs et des acquis sociaux, la lutte pour le maintien de services publics de qualité et accessible à tous. Nous exhortons avec détermination nos camarades du NPA et du FDG à discuter et à trouver une issue à cette trop longue désunion, débarrassez vous de la lourdeur de vos appareils respectifs et engageons nous ensemble dans ce formidable projet d’Union de la Gauche, héritier en ligne directe du temps où la gauche essayait de changer le monde.

L’Europe ne peut pas se faire sans le peuple, le monde et la France non plus, les abstentionnistes ne reviendront que si nous en valons la peine.

Ne les décevons pas !

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Vendredi 26 juin 2009

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Vincent Geisser et les oripeaux du néo Maccarthysme.

Si l’islamophobie est une réalité âprement combattue par tout un pan de l’intelligentsia qui nie son existence et les effets sociétaux qu’elle produit, l’affaire Geisser nous prouve que les mêmes détracteurs de ce concept s’accommodent beaucoup plus aisément  du « délit d’Islamophilie ».

Comme chacun sait Vincent Geisser est chercheur au CNRS affecté à l’IREMAM, dans le cadre de son domaine de compétence il a réalisé une enquête quantitative sur les enseignants-chercheurs d’origine maghrébine, initiative qui lui a valu l’attention toute particulière d’un fonctionnaire sécurité défense (FSD). Par ailleurs Vincent Geisser publie à intervalles réguliers des ouvrages de sociologie et de politologie dans lesquels il fait état de ses travaux d’investigations sociologiques et de réflexions d’ordre plus global et plus personnel , on citera par exemple « La nouvelle Islamophobie » ou « Discriminer pour mieux régner » entre autres. Progressivement l’attention du FSD s’est transformée en travail de surveillance et de fichage compulsif des écrits et des propos de Vincent Geisser. Il est aujourd’hui victime d’une procédure disciplinaire du CNRS diligentée à l’instigation du FSD. La question qui se pose et du domaine de la liberté d’opinion et du droit à la « subjectivité », Vincent Geisser a pris des positions publiques courageuses quant il s’agissait de dénoncer les dictatures africaines, l’autoritarisme politique dans le monde arabo musulman mais aussi lors de l’affaire du voile ou de la place des « musulmans » dans l’espace républicain. Ce qui fait l’essence même du débat démocratique c’est la confrontation des idées, le fait même de connoter les travaux de Vincent Geisser comme étant « sensibles » (selon la terminologie du ministère de la défense) reviens à les étiqueter comme subversif sans tenir compte de leur intérêt purement scientifique.

La pratique du « fichage » mise en évidence dans cette affaire est elle aussi effrayante, elle nous renvoie à des pratiques et a des épisodes sombres de l’histoire contemporaine, elle nous interpelle, en tant que citoyen, sur la nature du régime démocratique dans lequel nous vivons.

Nous condamnons avec force  l’utilisation du flicage des chercheurs, des militants associatifs et politiques, des artistes et des citoyens comme méthode de gouvernance.

La liberté d’expression et l’indépendance des chercheurs sont au cœur de cette affaire. Nous sommes déterminés et vigilants quant à la suite de cette affaire et nous n’accepterons pas que Vincent Geisser soit victime d’une « chasse aux sorcières ».

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Gazastrophe

Samir Abdallah et Kheridine Mabrouk seront prochainement à Marseille et donneront une conférence cinématographique autour d’épisodes de leur film en construction GAZA-Strophe.

La projection/débat aura lieu au Cinéma Le Prado (36 avenue du Prado)
le jeudi 18 juin à 20h

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