Archive mensuelle de mai 2009

Un conte moderne : Hicham, la Kalach et les portiques de sécurité…

La campagne européenne devrait battre son plein, nous aurions dû entendre les candidats des différents partis nous expliquer pourquoi et pour qui il faudrait voter, nous aurions dû assister à des débats contradictoires passionnant, à des envolées lyriques sur la place prépondérante de l’Europe dans nos existences, nous aurions aimé avoir une campagne aussi passionnante que celle à laquelle nous avions assistée lors du référendum sur le TCE en 2005.
Au lieu de cela cette campagne se déroule en sourdine, comme si la peur du vote sanction populaire traumatisait tellement les appareils que la stratégie qui est privilégiée est celle de la discrétion. Personne ne s’émeut, outre mesure, de la possibilité d’une abstention record et les discours enflammés sur la participation citoyenne ne semblent plus à l’ordre du jour, au contraire les panneaux d’affichages restent clairsemés, les meetings des grands partis institutionnels se déroulent dans une ambiance feutrées devant des parterres de militants conquis d’avance et ou la contestation démocratique n’a pas lieu d’être.
Pour nous citoyens lambda, ces élections semblent concerner un autre continent, la prétendue complexité de ce scrutin est rédhibitoire et pour un grand nombre d’entre nous faute de maitriser le sujet le choix se fera probablement en faveur des partis « raisonnables », en l’occurrence les partis qui ont contribué à la construction européenne actuelle, la Droite nous propose une moralisation du Capitalisme avec en prime la levée du secret bancaire et la fin des paradis fiscaux, en voilà de bonnes résolutions… mais moraliser le Capitalisme reviens en fait à le vider de sa substance, puisque ce dernier est immoral et qu’il ne repose que sur la maximisation des profits, le libre échangisme et la compétition sans freins, autant essayer de rendre un Pitbull végétarien (essayez voir) ;
Le PS, sachant que lors de la précédente mandature le groupe parlementaire auquel il est rattaché(PSE) a voté 97% des décisions de concert avec le Parti populaire Européen (La droite européenne), veut soudainement changer d’Europe, mais en modifiant à la marge le système capitaliste sans volonté affirmée de le combattre ou de le dépasser…dont acte.
L’offre politique ne se résume heureusement pas à ces deux projets, et le propos de cette « adresse » ne tourne pas autour de la promotion des alternatives, nous avons par ailleurs exprimé nos positions sur la question. Cette interpellation à pour but de recadrer le débat actuel qui semble emprunter une trajectoire déjà connue :
En l’espace de 2 semaines et après un discours récent du chef de l’état, l’accent semble être mis sur la « sécurité ». Alain Badiou dans son ouvrage « De quoi Sarkozy est il le nom », nous explique que le Sarkozysme est la traduction politique d’une peur collective, nationale…et comment ne pas adhérer à cette hypothèse lorsque l’on voit l’ampleur que prennent des faits divers largement relatés et gonflés par la complaisance de certains médias.
Ainsi l’histoire qui nous est contée, en lieu et place du débat sur les Européennes 2009 , est celui de ce terrible criminel de 6 ans et de son complice de 10 ans qui auraient éhontément subtilisé le tricycle d’un camarade de classe, il aura fallu pas moins de 6 courageux policiers pour maitriser les bandits en culottes courtes et les maintenir en garde à vue plus de 2 heures ( il fallait au moins ça , l’un des deux s’appelait Hicham)avant de les libérer faute de preuves !!!
C’est aussi cette histoire plus grave de l’adolescent qui a poignardé sa prof en plein cours et nous ne nous permettrons aucune ironie à ce sujet au vu de la gravité de l’acte, mais que dire de la proposition de Darcos, de ces portiques de sécurité à l’entrée des établissements scolaires, ainsi que de la brigade d’intervention spécialisée chargée de faire régner la loi dans les cours d’écoles ?
Il y’a enfin une hystérie médiatique autour de l’affaire du guet apens tendu par des « jeunes » à des représentants de la force publique, ces derniers auraient été « canardés » à l’arme automatique et nous concevons sans hésitations l’aspect criminel de cette attaque et le traumatisme qu’ont pu ressentir les policiers ; ce qui est plus étonnant c’est l’engouement médiatique qui s’en est suivi et le défilé ininterrompu des experts en sécurité, en guérilla urbaine et en armements sur les antennes radio et les plateaux télé, la plupart nous expliquant que nos quartiers populaires sont sous le contrôle total de bandes armées, de milices paramilitaires et de sociopathes qui ne rêvent que d’en découdre avec les autorités, une experte (sur France 5) expliquait qu’il n’était pas rare de voir des gamins de 12 ans porter des armes de poings dans ces quartiers et que la violence y faisait force de loi ! Une question nous taraude, si cet arsenal impressionnant existait vraiment comment se fait t’il que lors de l’embrasement de 2005 aucun missile ne fut tiré, comment se fait t’il qu’aucun tank caché dans les caves des cités n’a fait irruption face aux cars de CRS et aux hélicos et que seul quelque tirs à la carabine à plombs sont à dénombrer?
Pour ne pas être taxés d’angélisme, nous ne nierons pas le fait que certains réseaux criminels ont en leur possession des armes et qu’ils s’en servent surtout pour maintenir le monopole des trafics illégaux dans ces territoires abandonnés de la république, mais le rôle de l’état n’est il pas de rétablir la loi sur chaque Cm² du territoire et que le gouvernement se soucie peu de son obligation d’assurer cette continuité territoriale puisque ce marasme lui permet de donner l’illusion de la détermination et de l’action à peu de frais ! Pourtant s’il est un domaine où l’illusion aurait du faire place au constat d’échec c’est bien dans celui de la politique sécuritaire de Sarkozy, 13 lois votées depuis qu’il fut ministre de l’intérieur et l’échec du tout répressif est patent, tout comme celui de la disparition de la police de proximité. C’est Victor Hugo qui disait « construisez des écoles, vous fermerez des prisons ». A l’heure ou le gouvernement supprime des postes d’enseignants cette citation devrait faire réfléchir.
Rappelez vous citoyens que le 7 juin prochain les élections européennes auront bien lieue et que vous avez votre mot à dire, nous vous exhortons à faire l’effort de vous plonger dans le débat et de vous l’approprier à nouveau, ne nous laissons pas endormir par les contes que l’on nous sert aux JT.
Encore 15 jours pour savoir quelle europe nous voulons et quelle orientation politique nous souhaitons lui donner !

Charles Hoareau est libre!

charleshoareau.jpg

Marseille, le21 Mai 2009 

Charles Hoareau n’est pas seulement une figure du syndicalisme, les habitants de nos quartiers connaissent  l’homme qui se bat au coté des sans papiers, des travailleurs sans emplois, des mal logés et qui sur le terrain des luttes sociales ne cède pas un pouce à l’oppression ultralibérale. Sa garde à vue dans le cadre de son implication solidaire au mouvement des salariés d’ADOMA est un signe des temps, déjà des circulaires courent d’association en association pour obliger ces dernières à dénoncer les sans papiers, on criminalise la solidarité et les actions syndicales  en condamnant des grévistes  et des travailleurs en lutte comme ceux de Continental, de Caterpillar, d’EDF et des chantiers navals et l’on essaie d’en faire de même pour toutes les résistances, l’intimidation et la répression sont aujourd’hui les seules réponses que le pouvoir apporte au contexte de crise actuel. Nous sommes consternés par cet état de fait et par la manière dont notre ami Charles a été traité, nous nous réjouissons de sa libération et nous réclamons que justice soit rendue aux salariés d’ADOMA.

Reçois, Charles, l’expression de notre immense affection et de notre indéfectible soutien.

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts 

Appel pour l’élargissement du suffrage universel : VOTATION CITOYENNE LE 3 JUIN à MARSEILLE

Le traité de Maastricht, signé le 5 février 1992, instaure la citoyenneté de l’Union européenne tout en introduisant une discrimination entre résidents étrangers concernant le droit de vote et d’éligibilité.

De ce fait, des hommes et des femmes vivant en Europe depuis de nombreuses années continuent de ne pas pouvoir donner leurs avis sur les affaires publiques qui concernent tous les citoyens de l’UE. Cette discrimination doit cesser.

Toutes les personnes, toutes les organisations pensant qu’il faut encore avancer vers un suffrage réellement universel sont invitées à participer à la nouvelle campagne de votation citoyenne dans les Bouches du Rhône qui aura lieu le mercredi 3 juin à Marseille.

Vous trouverez en PJ le tract d’appel à cette manifesation.

Prochaine réunion du collectif : lundi 11 mai à 18h à la MMDH, 34 cours Julien 13006 Marseille.

Premiers signataires participants à cette votation citoyenne : LDH, La Fédération13, LES VERTS, NPA, PCF, Quartiers Nord/Quartiers Forts

PROCHAINE REUNION DU COLLECTIF : LUNDI 11 MAI  18h à la MMDH, 34 cours Julien, 13006

CLIQUEZ CI DESSOUS POUR TELECHARGER LE TRACT:

Appel pour l’élargissement du suffrage universel : VOTATION CITOYENNE LE 3 JUIN à MARSEILLE  dans L'Etincelle pdf votationcitoyennetract.pdf

L’Europe Du Peuple !

Contribution au débat des Européennes 2009 

Nice, Maastricht, Lisbonne autant de noms de villes qui symbolisent désormais l’implacable logique ultralibérale et sa traduction politique comme autant de traités iniques imposés aux peuples européens. Le sens de l’histoire aurait voulu  que l’humanisme soit un des socles fondateurs de l’Europe politique et au contraire c’est le mercantilisme qui prévaut, ce à quoi nous conduit la ratification « scélérate » du traité de Lisbonne est la négation absolue du principe de souveraineté du peuple : en effet si l’idée de départ est bonne et si l’échelon européen est judicieux pour appréhender les problèmes macro économiques que pose la mondialisation, il semble que le logiciel européen ne soit pas configuré de la bonne manière ;  ce n’est pas l’Europe qui pose problème c’est l’idée que s’en font les responsables  européens engoncés dans la certitude absolue que l’Europe n’est qu’un rouage « technique » de la mondialisation néolibérale et qu’elle est de fait entièrement assujettie aux règles du Marché. C’est ce suivisme coupable, cette incurie atavique et cette incapacité à imaginer l’Europe comme une solution aux dérèglements planétaires  induits par la cinétique destructrice de la barbarie capitaliste, qu’il faut combattre.

Nous ne pouvons pas faire abstraction du contexte dans lequel se déroulera ce scrutin, la crise financière s’est muée en crise économique d’une ampleur sans précédent, certains experts estiment que celle-ci détruira entre 50 et 70 millions d’emplois dans les « pays développés », en France  les plans sociaux se succèdent à une vitesse vertigineuse jetant dans le marasme et l’incertitude du lendemain des centaines de milliers de foyers comme autant de drames et de destins sacrifiés à la logique anthropophage du néolibéralisme. 

Les europé ennes 2009 seront un nouveau test pour l’ensemble de la gauche progressiste et altermondialiste, un test pour savoir si nous sommes désormais plus nombreux à refuser l’enfer  des dérèglementations  économiques, le « tout marchand » placé au dessus de l’homme, les dogmes absurdes de la croissance, de la surconsommation et de la centralité de la valeur Travail dans nos sociétés. Serons-nous assez nombreux pour faire reculer le crédo du désespoir que véhiculent les hordes ultralibérales galvanisées par la certitude qu’il n’y a pas d’autre alternative ?

I.  L’Europe,  Gouvernance & citoyenneté. 

Les distances qui séparent  Bruxelles et Strasbourg de nos quartiers semblent incommensurables et l’impact des directives et des décrets qui y sont promulgués  minime, pourtant cet ensemble de décisions régissent notre quotidien et modifient indéniablement nos habitudes de consommation et de production, c’est sans doute dans le monde du travail que la transformation est la plus spectaculaire, parfois dans le bon sens, souvent dans le mauvais. C’est le décalage entre la réflexion technocratique et la réalité culturelle ou économique des territoires  et des domaines d’activités dans lesquels ils seront appliqués qui incite à la défiance et à l’euroscepticisme.

La tendance lourde de la gestion des politiques européennes confine à l’homogénéité et a l’uniformisation des us et coutumes, or les peuples tiennent en général à ce qui fait leur identité, non pas en terme de Nation mais en terme groupe culturel. Cette réalité est partiellement occultée par l’administration européenne et conduit à mettre en place des méthodologies de travail, des Process industriels inapplicables ou a la remise en cause du patrimoine culturel de tel ou tel territoire  (produits du terroir…). C’est, bien évidemment, la logique commerciale et la soumission à la « loi du Marché » qui engendre cette dérive.

Les parlementaires européens se retrouvent souvent en première ligne pour défendre tel ou tel produit local, mais c’est là que le bât blesse, le parlement européen ne joue souvent qu’un rôle consultatif, symbolique. Le pouvoir législatif des institutions européennes est constitué par le Parlement, le Conseil de l’Union et la Commission européenne, le parlement européen a pour lui la légitimité démocratique puisque ses membres sont élus au suffrage universel directe, le conseil est formé des ministres des pays de l’UE et les membres de la commission sont nommés ;

Si l’on définit la Démocratie comme étant le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, nous assistons là a une véritable usurpation des prérogatives démocratiques et a un affaiblissement du parlementarisme représentatif.

Le fonctionnement du corps législatif  Européen est  à réformer incessamment, il est le pendant  des  basses manœuvres politiciennes qui nous ont menées du Non au référendum du 29 Mai 2005 jusqu’au traité de Lisbonne.

Nous militons pour une réforme institutionnelle européenne qui redonnerait du sens à l’implication citoyenne en remettant l’intégralité  de l’arsenal législatif entre les mains des parlementaires européens et pour  l’introduction et la mise en place constitutionnelle du Référendum d’Initiative Populaire. II. L’Europe et les Quartiers Populaires. 

La France est  entrée en récession, ainsi que ses voisins européens, depuis cette année et la crise est devenue une réalité tangible, sinistre et omniprésente dans le quotidien de la majorité de nos concitoyens, les annonces de plans sociaux et les fermetures d’entreprises se succèdent comme une  terrible litanie médiatique  qui ne masque plus une réalité individuelle et collective dramatique ;

L’impasse économique, le manque de débouchés, le chômage endémique, la baisse du pouvoir d’achat sont autant de maux que les quartiers populaires subissent depuis 30 ans. Cette crise fait partie intégrante de la vie des habitants de nos quartiers, elle détermine même la façon de se comporter,  d’être et de se percevoir dans la société, dans la Nation et dans l’Europe, ou plutôt la façon de « ne pas être ». La désaffection des quartiers populaires pour la chose publique est patente, elle n’est plus a démontrer, il est nécessaire de l’analyser et de tenter de l’interpréter.

Depuis 30 ans ces quartiers sont abandonnés par les pouvoirs publics, les investisseurs et les décideurs financiers ; Souvent la variante « ethnique » est mise en avant pour schématiser, caricaturer et couper court à toutes velléités de dialogue constructif et de recherche de solutions globales et durables.

L’insurrection de 2005  est un exemple douloureux pour les populations qui vivent dans nos quartiers, la révolte de jeunes Français est née du sentiment d’injustice et d’abandon, du désœuvrement et de la misère, la mort tragique de deux innocents a mis le feu à la poudrière sur laquelle l’ensemble de la société française est assise ; Rien n’a été fait depuis et ni la politique répressive de Sarkozy, ni le plan banlieue ridicule de Fadela Amara (500 million d’€, a mettre en perspective avec les Milliards alloués au Banques responsables du chaos financier actuel) ne ramèneront la concorde dans ces quartiers. Nous parlons d’insurrection parce que telle fut la réalité de cette crise sociétale, la jeunesse des quartiers populaires fut accablé par l’ensemble de la classe médiatique et  politique, les termes révulsant de « barbares », d’émeutes « ethniques » et de « complot islamiste » furent utilisés a dessein pour effrayer le reste de la population Française et désolidariser ce mouvement des autres classes sociales. La revendication première des émeutiers était que la justice soit la même pour tous, la deuxième était que la république reconnaissent les habitants des quartiers populaires et cette jeunesse comme faisant partie intégrante de la Nation, cette revendication s’exprimait au travers du geste mille fois répété par les jeunes gens qui brandissaient leurs cartes d’identités lorsque des caméras les filmaient.  En Mai 68 c’est la convergence des luttes estudiantines et ouvrières qui a embrasé le pays et a profondément changé l’histoire du pays ; en 2005 cette convergence n’a pas eu lieu, bien au contraire, la désinformation ayant réussie a rendre les combats trop « dissemblant » et même a dresser toute une partie de l’opinion publique contre la jeunesse des quartiers. Les mots reviennent dans l’histoire et nous donnent à réfléchir, Adolphe Thiers et les Versaillais traitaient les  communards de racaille, Sarkozy fit de même avant la révolte de 2005. Les politiques de la ville successives, ne font pas du développement de nos quartiers une priorité  et depuis que la droite est au pouvoir, les maigres avancées obtenues sont disputées âprement et le recul est global. La faiblesse des moyens nationaux engagés dans la « réhabilitation » de nos quartiers traduit le peu d’intérêt du pouvoir actuel au sujet de cette question, l’Europe peut elle se saisir de cette problématique et mettre en place une Politique de la Ville Européenne ? C’est en  réinvestissant massivement dans ces quartiers que le changement se produira, réinvestir dans tous les secteurs d’activités économiques et sociales : La santé, l’Education, les Transports, la Culture, la Vie associative, l’Environnement, le Logement et surtout l’Emploi. Un train de mesure complet qui aboutisse a réelle souveraineté économique des quartiers populaires ; Si une politique ambitieuse est suffisamment dotée est initiée, c’est la cohésion sociale, le dynamisme économique et la salubrité démocratique qui seront restaurés.

L’Europe des Peuples ne se fera pas sans le Peuple des Quartiers Populaires ! III. L’Europe et le Monde 

Quelle  est la place de l’Europe dans le monde ? Si l’on s’en tient à ce qu’elle est aujourd’hui elle n’est pour l’heure qu’un énorme marché commercial dans lequel la liberté de circulation n’est octroyée qu’aux marchandises, n’ayant aucune existence politique réelle elle n’influe pas sur la mondialisation mais tente seulement de suivre le rythme et la logique infernale de la maximisation des profits.

L’Europe ne serait donc plus en capacité de proposer une alternative au capitalisme et a la dictature du marché. Pourtant partout dans le monde la résistance s’organise, en Inde, en Afrique, en Europe ou les salariés s’organisent en coopérative et surtout en Amérique du sud, au Venezuela, en Bolivie un vent nouveau se lève, un vent qui souffle des principes que nous avions crus ensevelis à jamais.

Là bas on parle de nationalisation des ressources et des grandes entreprises, on parle de solidarité, de dignité du peuple, de préservation de la biodiversité, là bas les concepts de lutte de classe et de politique de classe sont assumés sans complexes, là bas on ne se contente pas de rêver d’un autre monde…ils le font, dans la douleur, la lutte et l’espoir qu’un jour les gens pourrons vivre de leur travail, éduquer leurs enfants, les nourrir, les vêtir et les soigner décemment ! Ce monde, renverserait l’actuel si l’Europe s’y mettait aussi ; mais l’Europe politique reste encore à construire et le tocsin n’a pas encore sonné pour mettre fin au règne de l’individualisme néolibéral.

Cette Europe politique, économique, fiscale, administrative qui serait mue par la volonté farouche de promouvoir l’égalité, la justice et la solidarité comme piliers de sa construction, une Europe qui mettrait tout en œuvre pour   imposer une nouvelle gouvernance  planétaire, une Europe qui éliminerait le FMI et l’OMC et doterait le monde d’organismes de régulation des flux économiques équitables dont l’unique objet serait de garantir aux être humains sans distinction d’âge, de sexe, d’origine ou d’obédience les droits et les besoins  les plus élémentaires qui soient : se nourrir, s’habiller, se soigner, travailler et être rétribué dignement, s’éduquer, étudier, s’exprimer…en un mot vivre et non pas survivre, Utopie ? La FAO dans un rapport récent indique qu’en l’état actuel des techniques l’agriculture mondiale pourrait nourrir 12 Milliards d’humains, nous sommes 6 Milliards et des millions d’hommes meurent de faim chaque année ! Est-ce tolérable ? Est-ce acceptable ?

L’Utopie habite plutôt l’esprit des laudateurs du capitalisme lorsqu’ils croient continuer à penser et agir dans un système infini alors que les ressources s’épuisent et que la détérioration de notre planète semble irréversible. L’Union européenne doit devenir la traduction politique de cet ensemble de luttes et s’ériger en modèle sociétal pour le reste du monde. C’est le vœu que nous formulons pour un avenir que nous espérons proche. Pour l’heure nous souhaitons que l’Europe se remette en adéquation avec les déclarations de principes promulguées à longueur de temps par les responsables européens en prenant des mesures « d’urgences » :

Ø  Nous militons pour l’annulation de la dette des pays pauvres et nous souhaitons que l’UE incite les états membres a renoncer à ce carcan impérialiste dont les conséquences sont effarantes sur la vie des habitants des pays du sud. L’ordre mondial ne peut plus reposer sur cette injustice !

Ø  Nous souhaitons que l’UE suspende immédiatement tous les programmes de coopération, les accords commerciaux et les subventions alloués à l’état d’Israël  jusqu’à ce que ce dernier respecte enfin le droit international, que les crimes de guerres soient punis et les criminels traduit devant la CPI, la justice est une et il ne peut y avoir d’état d’exception !

Ø  Nous nous insurgeons contre la directive du retour dite directive de la honte qui instaure à l’échelon européen la criminalisation de l’immigration, nous revendiquons la citoyenneté   universelle et l’arrêt des dispositifs paramilitaires de type Frontex qui transforme l’Europe en citadelle, l’immigration n’est pas un problème, elle n’est qu’une conséquence de l’iniquité mondiale.

Ø  Nous souhaitons l’entrée de la Turquie dans l’UE, l’ouverture sur le monde musulman serait un signe symbolique  fort en accord avec l’universalisme européen, ce serait de plus une décision économiquement pertinente, n’en déplaise  a l’instrumentalisation électoraliste malsaine qu’en a fait Sarkozy.

IV.L’Europe, La Gauche et la responsabilité des Partis 

Il ne suffit plus de défiler lors des manifestations unitaires et le 1er Mai pour signifier son appartenance  à la gauche, c’est pourquoi notre propos sera destiné à l’ensemble des forces progressistes. Face à nous muré dans son autisme notre gouvernement veut accélérer le « train des réformes » le gouvernement Sarkozy – Fillon continue donc sa politique pyromane de destruction des acquis sociaux et de protection de l’actionnariat, de la finance et des privilégiés (bouclier fiscal).

Le déni de réalité et le parti pris évident en défaveur des couches moyennes et défavorisées conduisent a une prise de conscience populaire massive et à une réprobation unanime de cette politique. Pour autant ce vaste mouvement social ne trouve pas de traduction politique « sérieuse ».

Non pas que les projets n’existent pas, au contraire, le Front de Gauche, le NPA, la fédération, Utopia, les Alter écolos proposent chacun des projets de société alternatifs séduisants, crédibles et viables.

Les divergences de fond existent et il ne faut pas les remiser, il faut en discuter en recherchant les compromis acceptables (et non pas la compromission), nous sommes sûrs que les barrières « artificielles » que ces organisations politiques dressent entre elles sont franchissables et qu’elles ne deviennent  des préalables de négociations qu’a partir du moment où les stratégies partisanes sont arrêtées ! Les séquences électorales se suivent et se ressemblent désespérément, parce que la maladie incurable dont souffre la vraie Gauche  est double, son manque d’unité et l’emprise tutélaire qu’exerce le PS sur une partie de cette Gauche ! L’union a tout prix est un non sens, mais nous défions quiconque osera prétendre que la somme des divergences qui existent entre les positions des ces partis est supérieure au centième de la somme des convergences qui les rassemblent.

Nous avons milité dans le sens de cette union parce que dans nos quartiers ces querelles picrocholines discréditent la vraie gauche et la fait passer aux yeux du plus grand nombre comme une hypothèse « romantique ». La dureté de la Droite, la faillite de la gauche sociale démocrate et l’ampleur de la crise aurait du nous mener à cette union. Nous sommes une association citoyenne et notre périmètre d’influence est limité, mais nous reprendrons les mots de Marat qui disait : « Quelquefois les plus petits ressorts font mouvoir les plus grandes machines. ». Dans cette bataille des européennes 2009 nous avons l’ambition d’être un de ces petits ressorts !

V. Pour une Europe du Peuple !

En conséquence de quoi nous nous inscrivons dans la logique du Front de Gauche, parce que même si l’union n’est pas aussi large que nous l’aurions souhaité et en dépit de l’argumentaire qui consiste à opposer unité électorale et unité d’action, ce en quoi nous ne voyons aucune antinomie, nous pensons que l’ouverture qu’offre le PC et le Parti de Gauche doit être saluée et encouragée. Nous restons cependant vigilant et nous continuerons à militer pour que ce Front de Gauche ne soit pas une comète politique  et que l’avenir des organisations qui le compose se fasse dans la cohérence et la continuité !Nous avons donc  l’espoir que ces listes envoient au parlement un maximum de députés, démocratiquement mandatés par le peuple pour le représenter et faire entendre cet appel  à Strasbourg, un autre monde, une autre Europe est possible ! Une Europe d’hommes et de femmes libres et égaux, une Europe où l’humain prévaudrait sur les considérations financières, une Europe solidaire et  généreuse. Une Europe dans laquelle le peuple serait la préoccupation première des dirigeants …

Une Europe du peuple !  Quartiers Nord/Quartiers Forts. 

 




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