Ce que le Capitalisme doit au désespoir (et inversement).

Depuis le Krach financier et depuis que les bourses et les banques se sont refait, en partie, une petite santé, c’est l’économie réelle qui subit désormais l’impact monstrueux de cette crise.

Mais soyons précis tout en revendiquant avec lucidité notre subjectivité, ce n’est pas l’ensemble de l’économie réelle qui amortit ce choc, on se rend compte qu’encore une fois, même s’il faut éviter les raccourcis et les slogans que la note la plus salée est payée par le salariat et plus largement le « précariat ».

Les délocalisations continuent et les licenciements « économiques » battent des records, en France près de 600000 personnes ont perdues leur emploi en 2009, pendant que des grands groupes voyaient le cours de leurs actions s’envoler vers les sommets de l’illusion spéculative.

Si on osait, et en définitive nous osons, nous dirions que le Capitalisme est un système qui prospère sur le malheur de la multitude et qu’il ne profite qu’a une infime minorité de possédants réels ou virtuels. Comme tout le monde nous avons écouté les discours des grands de ce monde et nous avons été très attentifs aux bonnes paroles de notre président Sarkozy, qui revêtant son armure de preux chevalier était parti faire la guerre au « Capitalisme financier » et s’était engagé devant un parterre impressionnant de personnalités du Gotha mondial à moraliser le Capitalisme.

Hélas, trois fois hélas, rien ne vint de son coté, ni d’ailleurs. Non pas que nous attendions grand choses de ces vœux pieux et de cette commisération présidentielle (allez en parler aux camarades de Gandrange), mais notre perplexité est immense devant la complaisance d’une partie de l’opinion et des médias, ainsi que devant l’apathie du plus grand nombre.

Lorsque Mr Sarkozy fait le distinguo entre Capitalisme Financier et Capitalisme tout court il continue à défendre ce système économique basé sur la domination des possédants et la soumission des autres, la vérité c’est que comme la République le Capitalisme est « un et indivisible !»

L’autre escroquerie consiste a nous faire croire que ce système peut être contrôlé, moralisé ou humanisé ; là encore nous rappellerons simplement que le Capitalisme est intrinsèquement barbare  parce que son organisation repose sur la compétition effrénée, l’accaparement des biens et des services, que le libre échangisme commercial exacerbe la concurrence internationale au détriment des productions locales et que le productivisme est un non sens écologique.

Aujourd’hui nous vivons sous le règne du « néo-libéralisme » qui est soit la forme aboutie du Capitalisme si l’on se place du coté de Wall Street, soit l’expression économique d’une phase terminale pour le quidam moyen. Ce néo-libéralisme a vu le jour au tournant des années 80 et il s’est accéléré et décomplexé avec la chute du mur de Berlin et les mandats de Reagan et Thatcher.

Sous ces deux ères politiques l’idée qu’il n’y avait pas d’autres alternatives  s’est imposée, elle est même devenue le crédo absolu du dogme Capitaliste mondial. Le grand prodige c’est qu’avec la chute du mur c’est l’utopie communiste et l’espoir qu’elle pouvait susciter qui a été englouti dans l’effondrement du bloc de l’Est : puisqu’il n’y a pas d’autres solutions ou d’autres systèmes viables tout les excès du Capitalisme sont permis, qu’importe si la planète produit des denrées alimentaires en quantités suffisantes pour nourrir 12 Milliards d’individus (rapport de la FAO 2007) et que dans le même temps 1 Milliard de personnes souffrent de la faim alors que nous ne sommes que 6 Milliards sur Terre !

Qu’importe si des multinationales engrangent des bénéfices colossaux et licencient à tour de bras dans la foulée !

Qu’importe si l’épidémie du SIDA continue de ravager l’Afrique, l’Asie et une partie de l’Amérique du Sud pendant que les grands Trusts pharmaceutiques freinent la production des médicaments génériques moins onéreux pour les populations autochtones !

Qu’importe si le Copyright et le brevetage compulsif et hystérique des semences, du végétal, de l’animal, de la culture et du savoir continue, qu’importe tout a un prix, tout doit être rentable, l’air, l’eau, la santé, la nourriture, les loisirs, la famille et les amis Facebookés ou Twitterisées dans une grande entreprise d’abrutissement collectif. Tout doit se vendre et s’acheter, nos vies doivent être intégralement monétarisées. Jusqu'à l’espoir et au rêve, l’aspiration a une vie meilleure a été remplacée par l’appât du gain, le Loto et l’Euromillion sont devenus les seules échappatoires  a nos vie précarisées par l’aliénation au travail ou a l’absence de travail !

Le désastre continue pourtant parce que l’individualisation extrême de notre société pousse la logique ultra libérale à l’audace alors que nous nous arque boutons chacun dans notre coin pour défendre le peu que nous avons, au détriment de notre dignité et de notre humanité.

Le Capitalisme n’est pas un humanisme et il tend à l’annihilation  totale du progrès social ! 

Le Capitalisme est anti démocratique car il peut sans problèmes se passer du citoyen, voir même du travailleur, il n’a besoin que du consommateur ! 

Ce que le Capitalisme doit au désespoir et inversement nous le voyons chaque jour autour de nous, ce monde d’une froideur sidérante, cette actualité qui nous révulse et nous révolte : comment peut on encore défendre un système qui pousse des hommes et des femmes à se suicider sur leur lieu de travail ou a cause de leur travail, ou encore parce qu’ils n’ont pas de travail ? Nous avons une pensée ému à l’égard des 25 travailleurs et travailleuses Telecom et nous témoignons de notre sincère sollicitude à l’égard de leurs familles. Quel était la profondeur de leurs détresses respectives pour en arriver là ?  Comment se dégager de cette étreinte asphyxiante ? Le travail est devenu un calvaire pour beaucoup…une souffrance invivable.

 L’autre arme du Capitalisme est l’aliénation à la surconsommation et la dépendance au crédit qui  avec le nombre grandissant des dossiers de surendettement fait lui aussi des victimes et des drames innombrables.

Ces questions nous les vivons dans nos entourages respectifs, ici dans les quartiers populaires de Marseille la misère n’est pas un effet de style ou une tournure littéraire elle est là, glauque et dévastatrice, mais des signes d’espoirs et de résistances commencent à pointer au loin et de manière encore homéopathique, des comités de chômeurs se forment, des marches contre la précarité s’organisent, des associations de locataires se dressent contre les institutions et les bailleurs sociaux, des comités de luttes contre l’expulsion des étrangers et contre les expulsions locatives se battent tous les jours et de collectifs d’associations comme le Collectif d’Action et de Réflexion Populaire (C.R.A.P) que nous avons rejoint tentent de monter des chaînes de solidarité active. Toutes ces initiatives sont comme de minuscules étincelles dans l’immense obscurité, mais elles sont porteuses de cette folie qu’est l’espoir d’un monde meilleur, plus juste, cet espoir qui fait que nous ne nous résoudrons pas à abdiquer.

 

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

 




2ème volet organisation du Forum du Développement social

Vendredi 23 Octobre 2009 – 19H00

A la Kuizin 36, rue Bernard, Belle de mai 13003 Marseille.

 

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Appel C.R.A.P (Collectif de Reflexion et d’Action Populaire)

Le CRAP (Collectif de Réflexion et d’Action Populaire) est un collectif regroupant des habitants, des associations culturelles, sportives, communautaires, d’éducation populaire, des médias alternatifs, des travailleurs sociaux, des syndicats, des partis politiques… qui vivent, travaillent, militent dans les quartiers populaires.
Face à une crise sociale, économique et écologique de plus en plus violente, dont les quartiers populaires sont les premières victimes, face à des institutions populistes, clientélistes, paternalistes et arrogantes, face aux discriminations, à l’exclusion et à l’injustice sociale d’un système dont les pratiques racistes et post-colonial transpirent depuis les harcèlements policiers jusqu’aux sommets de l’Etat, mais aussi face à un «ordre mondial» de plus en plus inégalitaire et meurtrier qui impose par la force et l’argent la domination de quelques puissances occidentales sur le reste du monde au prix des catastrophes humanitaires les plus horribles, les organisations qui composent le CRAP décident de s’inviter sur la scène politique et sociale pour prendre nos vies, et celle de nos quartiers, en main.
Le rôle du CRAP est, d’une part, de mettre en commun les expériences de chacun de ses membres pour répertorier les nombreux problèmes rencontrés dans les quartiers (emploi, discriminations, logements, inégalités, santé, éducation, transports…) et pour réfléchir collectivement aux moyens d’y remédier en élaborant un «plan d’urgence pour les quartiers populaires».
D’autre part, le CRAP entend mettre en place une «chaine de solidarité» basée sur la mobilisation populaire et capable de répondre efficacement aux ravages d’un capitalisme sauvage qui exclut, aux discriminations, aux pratiques mafieuses de certaines institutions, aux expulsions locatives… Le CRAP a l’ambition de contribuer à la conscientisation des populations de nos quartiers en proposant un outil collectif d’éducation populaire.
Le CRAP est un cadre démocratique ouvert à tout-es celles-ceux qui estiment que les notions de liberté, d’égalité, de justice, de tolérance et de solidarité sont trop importantes pour être laissées entre les mains de quelques élus sans scrupule qui considèrent les habitants de nos quartiers, au pire comme des «racailles» et au mieux comme une réserve de voix.
Il est temps de se mobiliser, de s’unir et de rappeler que la Politique n’est pas une affaire de professionnels, mais qu’au contraire, ce sont les habitants eux-mêmes qui sont les mieux placés pour décider, ensemble, de ce qui est bon pour eux.

Forum du Developpement Social des Quartiers Populaires (1er volet)

Forum des Associations et des Habitants des Quartiers Populaires

A l’heure où les uns débattent de la nécessité de primaires à gauche et que les autres continuent à enterrer le peu d’acquis sociaux restant aux couches populaires, aux salariés et aux précaires tout nous porte à croire que l’urgence pour nos quartiers réside dans une prise en main déterminée et organisée de notre avenir collectif.

La solidarité, la justice sociale, l’égalité des droits et la citoyenneté pleine et entière sont des valeurs qui ne sont plus reconnues pour les habitants de nos quartiers, a défaut d’être assumée par la classe politique cette réalité est effective dans notre quotidien !

Nous réclamons un égal accès à l’éducation, à la culture, à l’emploi, à la santé et au logement, nous réclamons une réhabilitation sociale d’ampleur de nos quartiers pour que nous puissions y vivre dans la dignité, la sécurité et le respect mutuel.

Le Forum Social des Quartiers populaires s’articulera autour de réunions citoyennes qui traiteront chacune de thématiques spécifiques :

Cadre de vie (logements, transports, services publics…)

Accès à l’emploi (formation, zones franches…)

Education populaire et Solidarités associatives

Finances publiques et Politiques associatives

Lutte contre les discriminations

Accès à la culture et reconnaissance des cultures urbaines

Quartiers populaires et Politique internationale

Ces thématiques recouvrent de façon non exhaustive les problématiques auxquelles sont confrontés nos publics et elles constituent une part non négligeable du travail de terrain des acteurs associatifs de nos quartiers, la démarche du Forum comme son intitulé l’indique consiste a créer un espace démocratique de réflexion ouvert à tous les types d’expertises possibles mais plus particulièrement à celle des habitants, parce qu’il s’agit d’élaborer une analyse et des propositions qui ne soient pas des réflexions « hors sol » coupée de la réalité. Le Forum prône l’Éducation Populaire comme moteur de sa réflexion, en rappelant que ce concept ne vaut que si la transmission pédagogique est multipolaire et réciproque, il ne s’agit pas d’éduquer les gens mais de réfléchir ensemble à nos problèmes et aux alternatives que nous trouverons pour les dépasser.

Nous appelons tous les camarades militants associatifs et politiques, ainsi que toutes les personnes, jeunes et vieux qui se sentent concernés par le devenir de nos quartiers et qui ne se résignent pas à nous rejoindre dans ce projet et a construire ensemble l’émergence d’une véritable prise de conscience populaire capable de renverser la dynamique négative dans laquelle nos quartiers ont été enfermés depuis des décennies.

1er volet du FSQP le Vendredi 11 Septembre 2009 à 18H30- Local Picon - 218 Chemin de Ste Marthe Campagne Picon bat F2 - 13014 Marseille

Collectif de Réflexion et d’Action Populaire

fsqpmarseille@yahoo.fr




L’Europe sans le Peuple?!?

Le 7 juin dernier nous avons été quelques uns à sacrifier une ou deux heures au  grand rituel  de la liturgie républicaine en allant voter. Nous militons depuis des lustres contre l’abstentionnisme et pour une citoyenneté active des habitants des quartiers populaires. Force est de constater que le travail est encore immense mais que la difficulté majeur n’est pas ou n’est plus dans une sorte de rejet des institutions mais dans le ressenti (légitime ?) de nombreux concitoyens de ne plus « être utile » dans le schéma démocratique actuel !

Du Principe de Désignation/Résignation

60% d’abstention lors de ce scrutin, c’est sans conteste, la seule donnée tangible susceptible d’être analysée, quels enseignements peuvent être tirés de cette défaite de la démocratie européenne ?  à tort ou a raison, les électeurs ne se sont pas sentis concernés par les Européennes 2009. A tort parce que le parlement  européen s’arroge de nouvelles prérogatives et que ces pouvoirs augmentent, et que donc un parlement représentatif de l’ensemble de la population européenne pourrait à terme devenir un outil essentiel de contre pouvoir face aux politiques ultra-libérales de la commission et du conseil de l’union. A raison parce que de guerre lasse, les citoyens qui ont cru aux vertus et au respect de la  Démocratie, mesurent à quel point le traité de Lisbonne qui va leur être imposé relève de l’arbitraire oligarchique, et que la souveraineté démocratique du peuple (Vox Populi, Vox Dei) n’est plus qu’une comptine soporifique que l’on ressort pour amuser la galerie et grimer la dérive autoritaire d’atours démocratique. Le 21 Avril, le 29 Mai et le 7 Juin sont autant de dates qui jalonnent désormais les « pics critiques » de la fièvre démocratique qui mine la 5ème République : le 21 Avril fut le paroxysme du vote contestataire dans sa version la plus hideuse, la plus xénophobe ; Le 29 Mai correspond à un sursaut populaire, une tentative désespérée de ré appropriation du débat public ; Le 7 juin et le « non vote » de près des 2/3 du corps électoral sonne comme un glas institutionnel. Si un débat national, sur les institutions et sur la condition du citoyen dans notre démocratie, n’est engagé c’est l’entièreté du pacte républicain qui sera à très court terme remise en cause. La réflexion doit être profonde et englober l’ensemble des problèmes de fonctionnement et « d’ordonnancement »  de la chose publique, le mode de désignation des représentants doit être revu pour permettre une vraie représentativité des minorités visibles et de la majorité sociale (pas un seul ouvrier à l’assemblée nationale…). Le pacte entre les élus et les électeurs doit lui aussi être refonder pour signifier aux premiers que les seconds ne sont pas que des données arithmétiques qu’il s’agit d’empiler pour « peser » politiquement et que l’essence même de leur fonction  réside dans la relation de confiance et dans le respect des promesses électorales, le temps de l’incompétence, du cynisme, l’arrivisme et du clientélisme touche à sa fin. Cette réflexion engagera nécessairement celle sur le statut de l’élu et sur le rôle des partis dans notre république, le vote de Dimanche dernier met aussi en cause l’organisation de notre vie politique autour de la structure partidaire. Crise sociale, économique et démocratique voilà où nous en sommes, le cocktail est hautement explosif, de la résignation au désespoir et à la révolte il n’y a qu’un pas.

De la Tectonique des plaques politiques

Encore une fois s’il est un chiffre à retenir c’est celui de l’abstention, 60% des électeurs n’ont pas souhaité s’exprimer, c’est la formule consacrée des lendemains d’élections et si au contraire l’abstention massive était devenue l’ultime expression populaire d’un désaveu, d’une désaffection voir d’un mépris de la politique (et non pas du politique).Pour autant cette soirée électorale aura été marquée par le maintien de l’UMP et par l’auto satisfecit révoltant des ténors de la droite qui tire hâtivement la conclusion que les français leur ont signifier par ce vote leur confiance et de fait leur octroient un blanc seing pour  poursuivre les politiques nationales et supra nationales de déréglementation, de casse et de régression sociale…Il faut un certain toupet pour se réjouir de cette victoire à la Pyrrhus : 30% de 40% du corps électoral soit 3 électeurs sur 25 ont réellement fait confiance à la majorité présidentielle, inutile de vous faire un dessin sur le poids réel des autres formations en lice à cette élection. Pour remettre en perspective les résultats de la soirée il faut les comparer, toute comparaison étant subjective choisissons par exemple de les comparer au nombre de voix obtenues au 1er tour de la présidentielle de 2007 et c’est la que le concept de victoire ou de défaite prend tout son relief ; ainsi par rapport à cette élection l’UMP perd plus de 6 millions de voix. Le PS, plus de 5 millions. Le Modem, le FN perdent aussi des électeurs, les listes d’Europe Ecologie sont les grandes bénéficiaires de ces élections, le Front de Gauche réussi à tirer son épingle du jeu en  faisant 400000 voix de plus que le PC en 2007. Faut il encore regretter que le NPA n’ai pas fait partie de ce Front de Gauche ? La réponse est clairement oui, les scores cumulés du NPA et du FDG donne une moyenne nationale voisine des 11%, cette réalité complètement occultée par les commentateurs est une donnée a prendre en compte sur l’ensemble de l’échiquier politique, si les mouvements les plus spectaculaires se sont organisés entre les listes du Modem, du PS et d’Europe Ecologie, la « volatilité » de ce vote empêche toute projection sérieuse sur le vrai rapport de force politique entre ces protagonistes, en revanche la gauche de la gauche peut déjà considérer que, dans un contexte très défavorable du fait de la grande démobilisation des quartiers populaires, la progression et l’enracinement du vote progressiste et anticapitaliste encourage et oblige les appareils des différentes organisations a revoir leurs stratégies personnelles et a imaginer une nouvelle redistribution de la donne politique. Le paysage politique français après ce 7 juin peut être succinctement et très subjectivement dépeint comme tel : Une droite conservatrice et ultralibérale stable (30%) capable de mobiliser son électorat sans faire campagne et sans avoir de projet, une extrême droite réduite à sa partie congrue électoralement narcoleptique mais idéologiquement vivace, ses thématiques de prédilection serve de socle aux politiques sociales et internationales (immigration, sécurité…) du gouvernement. Une gauche sociale-démocrate (ou sociale-libérale ?) très affaiblie (16%) en panne d’orientation, d’identité, vérolée par les luttes intestines et les égos qui tiennent lieu de programme. Un Modem siphonnée par la vague écologiste et victime de l’obsession présidentielle de son leader (8.5%)…Le centre existe-t-il vraiment ? Une Gauche écologiste grande bénéficiaire du vote de l’émotion (16%), nous en reparlerons plus bas ; Enfin une gauche anticapitaliste qui pèse 13% des voix exprimées et dont nous consacrons un autre chapitre ci-dessous.

De l’Ecologie Politique au Capitalisme Vert

La grande, l’énorme surprise est donc venue des listes emmenées par le trio improbable mais efficace, Dany Cohn Bendit, Eva Joly et José Bové. Nous ne pensons pas que Europe Ecologie fut la seule à parler d’Europe, ou la seule a avoir un projet, ces allégations catégoriques et enthousiastes convaincront peut être a force d’être martelé, mais très humblement nous pensons que le succès de ces listes tient à l’ère du temps, au besoin de renouvellement et de fraicheur politique dont une grande partie de la classe moyenne appelait de ses vœux. Ce vote nous est éminemment sympathique mais il n’est pas un vote d’adhésion, de conviction et de détermination (mis a part pour les Verts politisés) ; La peur du lendemain planétaire apocalyptique, la certitude de faire partie de la dernière génération « bienheureuse » et inconsciente, le traitement médiatique permanent autour de la question climatique et environnementale, l’irruption dans le débat public de la gestion des déchets, de l’épuisement des ressources fossiles, des grandes questions de santé publique ; mais aussi (il faut en dire un mot) le succès des films d’Al Gore ou de Yann Arthus-Bertrand sont les ingrédients de la réussite d’Europe Ecologie. C’est un vote de l’émotion, de la préoccupation, c’est un vote convenu très « politiquement correct », un vote citoyen (comme disent certains) traduction directe de l’angoisse existentielle qui étreint tous les Homo Sapiens de ce début de 3ème millénaire. Le projet d’Europe Ecologie parle de conversion ou de transformation écologique de l’économie et le pêché est peut être déjà là à l’ origine même de ce « D-Day » de l’écologie politique, tout comme la social-démocratie le projet de Cohn-Bendit ne remet pas en cause le capitalisme, il tente de le transformer, d’en minorer les impacts sociétaux et environnementaux, en somme il confirme le capitalisme comme unique alternative, remisant pour l’heure des débats de fonds nettement moins « lisse » sur la décroissance ou le nucléaire, sur la place qu’occupe le volet social dans le projet politique global de l’écologie politique. Nous sommes convaincus que l’écologie politique est un humanisme et qu’il est par essence indubitablement anticapitaliste, DCB et ses amis devront trancher ces questions au risque de se désavouer…Un mot sur la forme de ce succès, nous nous réjouissons particulièrement de l’élection à la députation de Mme Benarab-Attou et de Mme Delli, si nous étions cyniques nous pourrions penser que cette élection fut une surprise totale…même pour l’état major d’Europe Ecologie (si ils avaient penser faire un tel score, ces personnes auraient elles figurées en si bonne place ?), mais bon accordons le bénéfice du doute aux verts qui en matière de « Diversité » n’ont de leçons à recevoir de personne ! L’émergence de cette sphère écologiste dans le paysage politique permet aussi de contester de manière plus nette encore l’hégémonisme du PS, en effet le parti de la rose ne pourra pas empêcher les velléités d’autonomie  de ces partenaires habituels, la configuration politique de la gauche plurielle a vécu, le PS n’est plus le centre de gravitation de la gauche française. Les combinaisons seront a géométrie variable mais c’est le fond du débat et la confrontation des divergences qui régleront l’architecture stratégique des alliances.

Du Front de Gauche et de l’extension de l’unité.

Plus qu’une analyse, c’est par un appel réitéré à l’unité des forces de la gauche anticapitaliste que nous terminerons, pour reprendre en partie la démonstration de JL Mélenchon sur le cumul des résultats du FDG et du NPA, imaginez un instant que dans notre circonscription du Grand Sud-Est , 12% des voix en ne tenant compte que de la logique arithmétique et en ne préjugeant pas d’un effet de dynamique quelconque, la gauche anticapitaliste aurait obtenue un euro député de plus et aurait barré la route de Strasbourg à Jean Marie Lepen, quelle victoire symbolique c’eut été ! Hortefeux aussi serait résté à la maison etc. Avec des si vous savez tout ce qu’on peut faire, mais les débats d’hier sur l’unité d’action et l’unité électorale sont ils encore de mise ? D’autres échéances se profilent et (jusqu'à preuve du contraire) la seule façon de modifier le cours des choses en démocratie c’est de remporter des élections et d’appliquer d’autres orientations ; La vraie question, presque « métaphysique » qui se pose a la gauche anticapitaliste c’est : voulons nous vraiment changer les choses ? La formulation peut paraître brutale mais la question n’en reste pas moins essentielle. La convergence des luttes et des objectifs, l’ampleur de la crise et l’échec global de la gauche nous met face à nos responsabilités individuelles et collectives. Le temps de la contestation et du folklore protestataire doit laisser place au temps de la construction et de la transformation de cette immense aspiration populaire à un autre présent et a un autre avenir. Pour être clair et moins emphatique il faut une traduction politique au mouvement social et au frémissement salutaire obtenu dans les urnes par les listes du FDG et du NPA, sans quoi ces deux projets si proches ne resteront que de utopies sans lendemains et nous serons donc aussi en partie responsable de la marche en avant du néolibéralisme dévastateur que nous subissons et qui par nature ne cessera d’avancer (lui). Nous avons participé en tant que soutien du FDG lors de cette campagne, mais plus que jamais nous renouvelons nos appels à un élargissement de ce front pour construire ensemble un projet de société alternatif recentré autour de l’humain et non du capital, un projet dont les piliers seraient la solidarité, la justice sociale, la défense des travailleurs et des acquis sociaux, la lutte pour le maintien de services publics de qualité et accessible à tous. Nous exhortons avec détermination nos camarades du NPA et du FDG à discuter et à trouver une issue à cette trop longue désunion, débarrassez vous de la lourdeur de vos appareils respectifs et engageons nous ensemble dans ce formidable projet d’Union de la Gauche, héritier en ligne directe du temps où la gauche essayait de changer le monde.

L’Europe ne peut pas se faire sans le peuple, le monde et la France non plus, les abstentionnistes ne reviendront que si nous en valons la peine.

Ne les décevons pas !

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Vendredi 26 juin 2009

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Vincent Geisser et les oripeaux du néo Maccarthysme.

Si l’islamophobie est une réalité âprement combattue par tout un pan de l’intelligentsia qui nie son existence et les effets sociétaux qu’elle produit, l’affaire Geisser nous prouve que les mêmes détracteurs de ce concept s’accommodent beaucoup plus aisément  du « délit d’Islamophilie ».

Comme chacun sait Vincent Geisser est chercheur au CNRS affecté à l’IREMAM, dans le cadre de son domaine de compétence il a réalisé une enquête quantitative sur les enseignants-chercheurs d’origine maghrébine, initiative qui lui a valu l’attention toute particulière d’un fonctionnaire sécurité défense (FSD). Par ailleurs Vincent Geisser publie à intervalles réguliers des ouvrages de sociologie et de politologie dans lesquels il fait état de ses travaux d’investigations sociologiques et de réflexions d’ordre plus global et plus personnel , on citera par exemple « La nouvelle Islamophobie » ou « Discriminer pour mieux régner » entre autres. Progressivement l’attention du FSD s’est transformée en travail de surveillance et de fichage compulsif des écrits et des propos de Vincent Geisser. Il est aujourd’hui victime d’une procédure disciplinaire du CNRS diligentée à l’instigation du FSD. La question qui se pose et du domaine de la liberté d’opinion et du droit à la « subjectivité », Vincent Geisser a pris des positions publiques courageuses quant il s’agissait de dénoncer les dictatures africaines, l’autoritarisme politique dans le monde arabo musulman mais aussi lors de l’affaire du voile ou de la place des « musulmans » dans l’espace républicain. Ce qui fait l’essence même du débat démocratique c’est la confrontation des idées, le fait même de connoter les travaux de Vincent Geisser comme étant « sensibles » (selon la terminologie du ministère de la défense) reviens à les étiqueter comme subversif sans tenir compte de leur intérêt purement scientifique.

La pratique du « fichage » mise en évidence dans cette affaire est elle aussi effrayante, elle nous renvoie à des pratiques et a des épisodes sombres de l’histoire contemporaine, elle nous interpelle, en tant que citoyen, sur la nature du régime démocratique dans lequel nous vivons.

Nous condamnons avec force  l’utilisation du flicage des chercheurs, des militants associatifs et politiques, des artistes et des citoyens comme méthode de gouvernance.

La liberté d’expression et l’indépendance des chercheurs sont au cœur de cette affaire. Nous sommes déterminés et vigilants quant à la suite de cette affaire et nous n’accepterons pas que Vincent Geisser soit victime d’une « chasse aux sorcières ».

Quartiers Nord/Quartiers Forts




Gazastrophe

Samir Abdallah et Kheridine Mabrouk seront prochainement à Marseille et donneront une conférence cinématographique autour d’épisodes de leur film en construction GAZA-Strophe.

La projection/débat aura lieu au Cinéma Le Prado (36 avenue du Prado)
le jeudi 18 juin à 20h

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Un conte moderne : Hicham, la Kalach et les portiques de sécurité…

La campagne européenne devrait battre son plein, nous aurions dû entendre les candidats des différents partis nous expliquer pourquoi et pour qui il faudrait voter, nous aurions dû assister à des débats contradictoires passionnant, à des envolées lyriques sur la place prépondérante de l’Europe dans nos existences, nous aurions aimé avoir une campagne aussi passionnante que celle à laquelle nous avions assistée lors du référendum sur le TCE en 2005.
Au lieu de cela cette campagne se déroule en sourdine, comme si la peur du vote sanction populaire traumatisait tellement les appareils que la stratégie qui est privilégiée est celle de la discrétion. Personne ne s’émeut, outre mesure, de la possibilité d’une abstention record et les discours enflammés sur la participation citoyenne ne semblent plus à l’ordre du jour, au contraire les panneaux d’affichages restent clairsemés, les meetings des grands partis institutionnels se déroulent dans une ambiance feutrées devant des parterres de militants conquis d’avance et ou la contestation démocratique n’a pas lieu d’être.
Pour nous citoyens lambda, ces élections semblent concerner un autre continent, la prétendue complexité de ce scrutin est rédhibitoire et pour un grand nombre d’entre nous faute de maitriser le sujet le choix se fera probablement en faveur des partis « raisonnables », en l’occurrence les partis qui ont contribué à la construction européenne actuelle, la Droite nous propose une moralisation du Capitalisme avec en prime la levée du secret bancaire et la fin des paradis fiscaux, en voilà de bonnes résolutions… mais moraliser le Capitalisme reviens en fait à le vider de sa substance, puisque ce dernier est immoral et qu’il ne repose que sur la maximisation des profits, le libre échangisme et la compétition sans freins, autant essayer de rendre un Pitbull végétarien (essayez voir) ;
Le PS, sachant que lors de la précédente mandature le groupe parlementaire auquel il est rattaché(PSE) a voté 97% des décisions de concert avec le Parti populaire Européen (La droite européenne), veut soudainement changer d’Europe, mais en modifiant à la marge le système capitaliste sans volonté affirmée de le combattre ou de le dépasser…dont acte.
L’offre politique ne se résume heureusement pas à ces deux projets, et le propos de cette « adresse » ne tourne pas autour de la promotion des alternatives, nous avons par ailleurs exprimé nos positions sur la question. Cette interpellation à pour but de recadrer le débat actuel qui semble emprunter une trajectoire déjà connue :
En l’espace de 2 semaines et après un discours récent du chef de l’état, l’accent semble être mis sur la « sécurité ». Alain Badiou dans son ouvrage « De quoi Sarkozy est il le nom », nous explique que le Sarkozysme est la traduction politique d’une peur collective, nationale…et comment ne pas adhérer à cette hypothèse lorsque l’on voit l’ampleur que prennent des faits divers largement relatés et gonflés par la complaisance de certains médias.
Ainsi l’histoire qui nous est contée, en lieu et place du débat sur les Européennes 2009 , est celui de ce terrible criminel de 6 ans et de son complice de 10 ans qui auraient éhontément subtilisé le tricycle d’un camarade de classe, il aura fallu pas moins de 6 courageux policiers pour maitriser les bandits en culottes courtes et les maintenir en garde à vue plus de 2 heures ( il fallait au moins ça , l’un des deux s’appelait Hicham)avant de les libérer faute de preuves !!!
C’est aussi cette histoire plus grave de l’adolescent qui a poignardé sa prof en plein cours et nous ne nous permettrons aucune ironie à ce sujet au vu de la gravité de l’acte, mais que dire de la proposition de Darcos, de ces portiques de sécurité à l’entrée des établissements scolaires, ainsi que de la brigade d’intervention spécialisée chargée de faire régner la loi dans les cours d’écoles ?
Il y’a enfin une hystérie médiatique autour de l’affaire du guet apens tendu par des « jeunes » à des représentants de la force publique, ces derniers auraient été « canardés » à l’arme automatique et nous concevons sans hésitations l’aspect criminel de cette attaque et le traumatisme qu’ont pu ressentir les policiers ; ce qui est plus étonnant c’est l’engouement médiatique qui s’en est suivi et le défilé ininterrompu des experts en sécurité, en guérilla urbaine et en armements sur les antennes radio et les plateaux télé, la plupart nous expliquant que nos quartiers populaires sont sous le contrôle total de bandes armées, de milices paramilitaires et de sociopathes qui ne rêvent que d’en découdre avec les autorités, une experte (sur France 5) expliquait qu’il n’était pas rare de voir des gamins de 12 ans porter des armes de poings dans ces quartiers et que la violence y faisait force de loi ! Une question nous taraude, si cet arsenal impressionnant existait vraiment comment se fait t’il que lors de l’embrasement de 2005 aucun missile ne fut tiré, comment se fait t’il qu’aucun tank caché dans les caves des cités n’a fait irruption face aux cars de CRS et aux hélicos et que seul quelque tirs à la carabine à plombs sont à dénombrer?
Pour ne pas être taxés d’angélisme, nous ne nierons pas le fait que certains réseaux criminels ont en leur possession des armes et qu’ils s’en servent surtout pour maintenir le monopole des trafics illégaux dans ces territoires abandonnés de la république, mais le rôle de l’état n’est il pas de rétablir la loi sur chaque Cm² du territoire et que le gouvernement se soucie peu de son obligation d’assurer cette continuité territoriale puisque ce marasme lui permet de donner l’illusion de la détermination et de l’action à peu de frais ! Pourtant s’il est un domaine où l’illusion aurait du faire place au constat d’échec c’est bien dans celui de la politique sécuritaire de Sarkozy, 13 lois votées depuis qu’il fut ministre de l’intérieur et l’échec du tout répressif est patent, tout comme celui de la disparition de la police de proximité. C’est Victor Hugo qui disait « construisez des écoles, vous fermerez des prisons ». A l’heure ou le gouvernement supprime des postes d’enseignants cette citation devrait faire réfléchir.
Rappelez vous citoyens que le 7 juin prochain les élections européennes auront bien lieue et que vous avez votre mot à dire, nous vous exhortons à faire l’effort de vous plonger dans le débat et de vous l’approprier à nouveau, ne nous laissons pas endormir par les contes que l’on nous sert aux JT.
Encore 15 jours pour savoir quelle europe nous voulons et quelle orientation politique nous souhaitons lui donner !

Charles Hoareau est libre!

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Marseille, le21 Mai 2009 

Charles Hoareau n’est pas seulement une figure du syndicalisme, les habitants de nos quartiers connaissent  l’homme qui se bat au coté des sans papiers, des travailleurs sans emplois, des mal logés et qui sur le terrain des luttes sociales ne cède pas un pouce à l’oppression ultralibérale. Sa garde à vue dans le cadre de son implication solidaire au mouvement des salariés d’ADOMA est un signe des temps, déjà des circulaires courent d’association en association pour obliger ces dernières à dénoncer les sans papiers, on criminalise la solidarité et les actions syndicales  en condamnant des grévistes  et des travailleurs en lutte comme ceux de Continental, de Caterpillar, d’EDF et des chantiers navals et l’on essaie d’en faire de même pour toutes les résistances, l’intimidation et la répression sont aujourd’hui les seules réponses que le pouvoir apporte au contexte de crise actuel. Nous sommes consternés par cet état de fait et par la manière dont notre ami Charles a été traité, nous nous réjouissons de sa libération et nous réclamons que justice soit rendue aux salariés d’ADOMA.

Reçois, Charles, l’expression de notre immense affection et de notre indéfectible soutien.

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts