Ce gouvernement ne connaît que le dialogue par la matraque!

Communiqué de Quartiers Nord/Quartiers Forts (QNQF)

Marseille, le 25 mars 2016

Ce gouvernement ne connait que le dialogue par la matraque.

Aujourd’hui vendredi 25 mars, nous apprenons que 3 nouvelles arrestations viennent d’avoir lieu lors de la manifestation lycéenne contre la loi El Khomri. Elles s’ajoutent à la dizaine d’arrestations d’hier, lors de la manifestation réunissant salarié.e.s, étudiant.e.s et lycéen.ne.s et qui a réuni près de 4000 personnes. Après qu’une lycéenne ait été arrêtée et mise en garde à vue pendant plus de 24h pour outrage, rébellion et violence sur agent, les enseignant.e.s et élèves de son lycée se sont rassemblés pour demander sa libération immédiate. Voilà une réaction de solidarité importante et qui a permis sa libération.

Drôle de dialogue que celui de ce gouvernement qui, depuis 3 semaines, lance des miettes aux syndicats et des coups de matraques sur les manifestant.e.s. Humiliant que ce « dialogue social » et révoltant que ce déchainement de violences. En suivant de près l’ensemble des violences policières et autres répressions perpétrées au niveau national, il apparait que loin d’être une somme de fait locaux, nous avons à faire à une stratégie du gouvernement : « tabassage » en règle de lycéen.nes, fermetures administratives d’universités, CRS dans les amphithéâtres, poursuites judiciaires dans le cadre de comparution immédiates, prison ferme comme à Nantes (6 mois)… la liste est longue et pas vraiment glorieuse. Les militant.e.s de QNQF, présent.e.s lors des manifestations de Marseille peuvent en témoigner : ces violences sont le fait avant tout de provocations policières, d’arrestations au hasard et d’une stratégie de la tension bien menée, sur fond d’état d’urgence et de chèque en blanc signé aux policiers.

L’Etat « socialiste » au pouvoir, celui qui promettait des mesures contre les contrôles au facies rapidement jetées aux oubliettes, fait donc bien pire, de mémoire de militant.e.s, que les gouvernements au pouvoirs ces dernières années. Jamais un mouvement naissant n’avait eu à affronter telle répression. Leur stratégie est claire : mater toute contestation populaire pour assurer un passage en force d’une loi impopulaire.

La loi (anti-) travail est une atrocité destinée à sceller un rapport de force dans le monde du travail qui soit totalement favorable au patronat, casser les protections collectives des salarié.e.s, leurs acquis sociaux et leurs moyens de se défendre. Loin de créer de l’emploi, cette loi facilitera les licenciements et la précarité. Les lycéen.ne.s, étudiant.e.s, salarié.e.s de nos quartiers populaires et d’ailleurs l’ont bien compris et leur révolte est légitime.

Quartiers Nord/Quartiers Forts tient par ce communiqué à soutenir les arrêté.e.s, réprimé.e.s et leurs proches, le mouvement lycéen et étudiant. Nous nous engageons avant tout à faire notre possible pour informer les habitant.e.s de nos quartiers sur le danger que représente cette loi, car seul un mouvement massif, une alliance entre tous les secteurs du monde du travail, des sans-emplois, des jeunesses, pourra faire reculer ce gouvernement. C’est également en étant nombreux.ses et solidaires dans la rue que nous pourrons faire retirer ce projet de loi et nous protéger face aux violences policières. C’est pourquoi QNQF demande la relaxe immédiate de tou.te.s les inculpé.e.s et appelle à participer massivement à la journée de grèves et de manifestations du 31 mars.

LOI EL KHOMRI, NON MERCI !

Le projet de loi Travail El Khomri est censé, selon la Ministre et le gouvernement, protéger les travailleurs…A la lecture des « réformes » proposées, il nous vient immédiatement à l’esprit la question de savoir qui nous protège de ce gouvernement ? 

Nous ne reviendrons pas sur l’ensemble des mesures qui transforment les salariés en serfs des temps modernes, les organisations syndicales et politiques ont déjà largement décortiqué cet ensemble d’inepties. Plus ce gouvernement proteste de son pragmatisme et de sa démarche indemne de toute idéologie et plus on s’aperçoit que les propositions qui sont faites ne peuvent surgir que du cerveau de fanatiques ultralibéraux.

Il faut pourtant insister sur deux idées étranges qui servent d’arguments aux défenseurs de ce texte :

  • Le premier tient presque de la poésie surréaliste puisque le Medef et le gouvernement prétendent que pour créer des emplois il faut simplifier et faciliter les licenciements! Cet argument absurde et obsolète n’est pas une nouveauté, le CNPF l’utilisait déjà. Mais la façon dont il est assumé par le gouvernement est inédite et démontre sans équivoque que le véritable rédacteur de ce projet n’est autre que Pierre Gattaz. Hollande, Valls, El Khomri et Macron sont les porteurs complices de ce projet de régression sociale sans précédent.
  • Le deuxième argument est plus malhonnête et pernicieux. Il montre que la stratégie employée par le gouvernement pour faire passer son texte dans l’opinion est celle de la division. Coachés par les communicants, les éditorialistes, les têtes d’affiche du gouvernement et les patrons du Medef nous jouent une petite musique désagréable. Cette loi, selon eux, est pleine de philanthropie et serait destinée à rétablir l’égalité réelle face au travail !  Cette loi profiterait, par le biais d’un mécanisme aussi obscur que le premier argument, à faciliter l’accès à l’emploi aux jeunes les moins diplômés! En réalité les mesures contenues dans le projet El Khomri nivellent les droits et la protection des salariés et accélèrent le processus de précarisation de l’ensemble du monde du travail. Ceux qui ont un emploi et celles et ceux qui cherchent un emploi !

Quartiers Nord/Quartiers Forts (QNQF) rappelle que si le gouvernement s’intéressait vraiment au devenir des jeunes les moins diplômés, dont un grand nombre vit ou plutôt survit dans nos quartiers populaires, il lutterait fermement contre l’ensemble des discriminations que rencontre toute une partie de notre jeunesse! Ne prenez pas nos jeunes en otage et n’en faites pas un alibi!

Pour ces raisons, et pour d’autres, QNQF demande le retrait immédiat de ce projet de loi et appelle à la mobilisation dans les rues contre ce texte dès le 9 Mars !

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 5 Mars 2016

Mister No one et Dr Hyde

Logo QNQF 2015

Depuis quelques temps notre sénateur maire s’est rendu plus visible dans nos quartiers. Là où, contrairement à lui, vivent ces administrés. Depuis quelques temps, nous reviennent aux oreilles des scènes que l’on croyait appartenir à l’histoire des pratiques politiques de ces prédécesseurs qu’il a tant décriées. De visites d’associations terrorisées à l’idée de lui refuser l’entrée, à la descente express et en catimini à l’école de la Busserine. De promesses en promesses et de sourires tout en canines en mains serrées, notre sénateur-maire toujours affublé d’une protection policière et de ses sympathiques gardes du corps, entretient avec assiduité cette image sympathique que certains médias lui ont complaisamment construite.

Evidemment Mr RAVIER porte beau, il a une allure sportive, une dentition à plusieurs milliers d’euros, des costumes sur mesures et la raie impeccable à droite (évidemment) de son crâne. L’ensemble dégage une mâle assurance et lui permet de séduire (ceux qui veulent être séduits) les gens au premier abord.

Pourtant Mr RAVIER est au FN par conviction, il admire plus que tout Jean Marie, mais est assez pragmatique pour mettre en œuvre les stratégies protéiformes de « dédiabolisation » de Marine, Louis et Florian…Et c’est là que nous en venons à l’essentiel du message que nous adressons en particulier à nos voisins, à nos familles qui vivent dans ces quartiers. Mr RAVIER ne se soucie pas de vous, de votre confort, de vos espoirs ou de l’amélioration de vos conditions d’existence ! Non Mr RAVIER et le FN nous considèrent comme l’alpha et l’oméga de tous les problèmes de Marseille et de la France. Nous avons beaucoup entendu cette ritournelle effrayante du « Tous pourris » et de son corolaire immédiat qui se matérialise par un relativisme politique éminemment dangereux !

Nous ne sommes pas là pour faire peur, puisqu’apparemment le FN ne fait plus peur, mais alors allons plus avant dans la réflexion et discutons tranquillement des contradictions habilement déguisées en « bon sens » par le parti d’extrême droite.

Lorsque vous le croiserez demandez-lui ce qu’il pensait du cumul des mandats avant et après les avoir cumulés ?

Demandez-lui de vous parler de ce qu’il appelle avec ses amis l’immigration de peuplement et l’islamisation de la France ? Lisez ses tracts et vous y verrez les grandes lignes de cette thèse raciste du « Grand Remplacement » que Renaud Camus a offert comme contribution idéologique à toute la facho-sphère. Demandez-lui s’il ne s’agit pas d’un appel à la haine raciale qui ne dit pas son nom ?

Demandez-lui s’il pense que l’Islamophobie existe (juste pour rireJ) ?

Demandez à notre sympathique édile de vous expliquer ce qu’est la préférence nationale ? Où elle commence et où elle s’arrête ? Profitez-en pour en apprendre plus sur la différence qu’il fait entre les « Vrais Français » et les « Français de papier ». Il vous répondra, sans doute, qu’il est un authentique patriote. Et il fera là une erreur de vocabulaire parce qu’il n’est qu’un nationaliste (ultra) et que le nationalisme ombrageux n’est que le patriotisme sans l’honneur !

Il vous dira qu’il est républicain, et vous ne manquerez pas de lui faire remarquer sa relation fusionnelle avec ses amis de l’Action française. Il n’y verra peut-être aucune contradiction, même si ces camarades vomissent la République et qu’ils attendent le retour sur le trône de France de Louis 25 ou 26. Il répètera qu’il aime la République et vous aurez à l’esprit les mots de Zola : « La République est envahie par les réactionnaires de tous genres, ils l’adorent d’un brusque et terrible amour. Ils l’embrassent pour l’étouffer. »

Il vous parlera de sécurité et de racailles, ce terme restant assez vague dans sa bouche pour vous y ranger aussi le moment venu ! Il vous dira aussi qu’il est bien reçu partout où il va et qu’il n’a de problèmes qu’avec une poignée d’opposants gauchistes qu’il traite volontiers de « fils de Staline » ou de « Garde Rouge » ! Mais il nous trouvera là pour lui rappeler l’histoire de sa tradition politique et lui dire qu’il devrait se rappeler des dizaines de milliers de communistes et d’étrangers qui ont versé leur sang pour que la France survive au cataclysme nazi ! Il devrait se taire et repenser à ses aïeux politiques (dont il continue de se réclamer) qui ont collaborés avec l’occupant et concentraient leurs efforts sur l’élimination de l’ennemi intérieur. Idée qui est hélas redevenue d’actualité !

Avec ses amis du bloc identitaire, Vous lui direz EGALITE et il vous répondra IDENTITE !

Vous lui direz, enfin que vous n’avez pas oublié les victimes du racisme, et que vous continuez à penser à Rachid Bouaram et à Ibrahim Ali, qui n’avait d’autre tort que d’être arabe ou noir, d’être là au mauvais endroit et au mauvais moment !

Vous lui direz tout ça avec vos mots pour que nos quartiers ne soient plus jamais le mauvais endroit et le mauvais moment, dîtes lui que le FN n’est pas le bienvenu dans nos quartiers !

Bensaada Mohamed

Pour Quartiers Nord/Quartiers Forts!

Communiqué QNQF de soutien aux salariés du Théâtre Le Merlan.


merlanDans la torpeur de l’été, période favorable aux embuscades et autres mauvais coups.
Pendant que les regards sont légitimement braqués vers Gaza qui n’en finit plus de saigner.
Pendant que la Lybie implose, que la Syrie sombre, pendant que le virus Ebola fait des ravages en Afrique.

 Pendant que la courbe du chômage ne s’inverse toujours pas.
Profitant de ces “jours heureux” certains trouvent judicieux de régler leurs comptes “en douce”,  en sanctionnant très durement deux salariés du théâtre du Merlan!
La faute réelle et sérieuse étant de ne s’être pas rendue à une réunion “à caractère non obligatoire”!

Et quelles sanctions !!! La déléguée du personnel, Patricia Plutino, écope d’un avertissement pour “manque de loyauté » envers ses supérieurs. Quant à Zora Berriche, employée du Merlan et figure militante du Grand Saint Barthélemy est, elle, purement et simplement licenciée. Le conflit dure et perdure depuis un certain temps au théâtre du Merlan, l’ambiance entre la direction et les salariés est très nettement dégradée. Et si le(s) prétexte(s) d’insubordination est tout trouvé par la direction pour charger les gens dont elle veut se débarrasser, il ne faut pas être dupe de ces motifs. Zora Berriche, notre camarade, impliquée dans son travail, considérant sincèrement que l’Art et la Culture sont des outils d’épanouissement et d’émancipation individuels et collectifs, n’a eu de cesse de tenter de rapprocher le Merlan “scène Nationale” des habitants des quartiers dans lequel il se situe !

Partant du principe que le fait d’orienter la programmation du théâtre en pensant que la culture de ces quartiers n’est pas une sous culture et qu’elle mérite elle aussi une fenêtre dans ce lieu. Partant du principe que l’Art et la Culture ne se diffuse pas seulement par le haut mais qu’il s’agit d’un échange et d’un enrichissement réciproque, loin des postures élitistes dont la direction n’arrive pas à se débarrasser !

La sanction est inacceptable. Elle est une atteinte au droit d’expression des salariés. Elle est aussi un camouflet cinglant aux habitants de nos quartiers, qui comprennent par cette sanction qu’ils/elles n’ont pas la place dans le monde de la Culture et que comme il existe une économie parallèle il faudra qu’ils/elles se contentent d’une Culture parallèle méprisée, moquée, dépourvue de moyens!

Nous témoignons notre solidarité à ces deux employées injustement sanctionnées ainsi qu’aux autres employés de ce théâtre qui vont devoir se lancer dans un dispositif ARCOLE (dispositif d’aide au dialogue social), dans la crainte réactivée par le Président et la direction intérimaire ! Sanctions dont nous demandons la levée immédiate et sans conditions! Nous assurons les employés du théâtre du Merlan de notre mobilisation à leurs côtés!

Non Mesdames et Messieurs les censeurs ne vous diront pas bonsoir! Mais à très bientôt sous vos fenêtres ou dans vos bureaux!!!

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 1er Août 2014

 

Manif Gaza – Samedi 2 Août 2014 – 15H – Vieux Port!

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Gaza, au delà des chiffres et des mots.

1110 victimes palestiniennes, dont 90% de civils; 6550 blessés, 180000 déplacés et à l’heure ou j’écris 53 morts israéliens dont 3 civils. Si l’on recule la perspective et que l’on replace ces massacres dans le contexte plus global de l’agression israélienne sur la bande de Gaza il faut rajouter les chiffres suivants: 7 ans de blocus, plus de 2500 morts coté palestinien, des sanctions économiques, politiques et militaires collectives infligées aux Gazaouis, ce qui au regard du droit international est considéré comme un crime de guerre.

A ce stade du conflit les chiffres sont absurdes, mais plus absurdes encore sont les “excuses” du gouvernement israélien qui continue à parler de “frappes chirurgicales” alors qu’il sait pertinemment que ce terme complaisamment repris par des médias propagandistes est un mythe. Mythe qui, en ce qui concerne la bande de Gaza, confine au ridicule sachant que ce territoire de moins de 400 Km² compte une population de plus de 1,7 millions d’habitants, soit une densité de 4250 habitants au Km². L’une des plus élevée au monde. L’état major israélien ne peut pas ignorer ces paramètres et ne peut se départir de sa lourde responsabilité dans l’étendue du désastre civil et des fameux “dommages collatéraux”.
Tout ça ne tient qu’a la moralité ou plutôt à l’immoralité des responsables politiques et militaires. Le gouvernement israélien est moralement corrompu et ne compte pas en son sein de visionnaires, d’hommes ou de femmes encore capables de faire des concessions et de rechercher une solution politique! Quel que soit l’état d’indigence de l’autorité palestinienne on ne peut pas lui faire le reproche de ne pas avoir fait les efforts demandés par la communauté internationale. On ne peut pas lui faire le reproche de n’avoir pas répondu en temps et en heure aux exigences du dialogue et de la mise en place du processus de paix. La reconnaissance d’Israël, la démilitarisation du Fatah…en contrepartie de quoi??? Quid de la décolonisation? Quid du retour des réfugiés? Quid des prisonniers politiques palestiniens???
En réalité, Israël ne veut pas la paix! Et c’est en toute conscience et en toute lucidité que j’écris ces mots. La stratégie, de longue date, de l’état hébreu est de maintenir en permanence un conflit de “basse intensité” dans la région; un conflit qui alterne entre périodes d’accalmies et pics de violences aveugles et d’agressions disproportionnées! Cette tension permanente imposant un “status quo” favorables aux israéliens, dans la logique inexorable du “fait accompli”. Aussi, dans l’optique des responsables israéliens cet état de fait peut se traduire ainsi: Puisqu’il n’y a pas de “négociation ou d’accord nous continuons le blocus, les spoliations, les frustrations et les humiliations collectives. Systématiquement Israël récuse les interlocuteurs palestiniens successifs ( Fatah, FPLP, FDLP, OLP et aujourd’hui Hamas) pour continuer sa guerre coloniale! Ce sont d’une part les contingences politiques internes d’Israël et les enjeux géopolitiques d’autre part qui imposent la rythmique macabre de cette tragédie! Les histoires de défense des citoyens et du territoire israélien ne sont que des prétextes pour occulter un plan de conquête de Gaza, L’évacuation des colons de Gaza peut, à l’aune des opérations militaires israéliennes qui s’ensuivirent, être lue, non pas comme un signe de bonne volonté mais plutôt comme une précaution pour protéger les colons des bombardements à venir et laisser une plus grande marge de manœuvre à l’armée d’occupation israélienne. Parce qu’il faut aussi décrypter cette succession d’opérations militaires pour ce qu’elles sont: une tentative d’annexion pure et simple de la bande de Gaza. Les ressources en gaz et en pétrole au large de Gaza “valent” bien ces milliers de morts, dans la conception ultracynique que se fait du conflit le gouvernement de coalition Israëlien. Coalition largement dominée par la droite et l’extrême droite israélienne ( Likoud et Israël Beytenou…). Rappel qui n’est pas vain si l’on veut honnêtement comprendre que la société israélienne à abandonné tout espoir d’une paix “juste et durable” en mettant au pouvoir des dirigeants qui n’ont comme perspective que l’annihilation de la Palestine.

Pour ne pas être trop long et éviter les redites que d’autres dans leurs billets auront largement évoquées, je vais articuler la suite de mon papier en 6 points qu’il me semble utile d’aborder. Au delà de l’émotion, de la douleur et de la compassion naturelle que nous éprouvons à l’égard de toutes les victimes, il y’a des arguments, des postures, des mensonges qui ne deviennent pas vérités à force d’être répétés et des décisions ou des indécisions politiques autour desquels le débat citoyen est nécessaire.

1- Dos à Dos???

c’est un réflexe que de renvoyer dos à dos les protagonistes de ce conflit. Un réflexe creux, facile, démagogique et qui dénote au mieux une méconnaissance totale de la question, au pire une malhonnêteté intellectuelle criminelle! Peut on parler de guerre? Peut on parler de conflit? Peut on parler d’Israël contre le Hamas? La réponse à toutes ces questions est Non, Non et encore Non! Si l’on parle de massacre et de crimes de guerre nous nous rapprochons de la réalité. Il suffit de faire un rapide état des lieux des “forces” en présence: d’un coté un état libre, souverain, soutenu par les USA et l’UE, doté d’une armée professionnelle de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, pouvant compter sur la mobilisation quasi instantanée de centaines de milliers de réservistes. Une armée lourdement équipée de chars, de bulldozers, d’hélicoptères, d’avions, de bateaux de guerre, de drones, de missiles conventionnels et non conventionnels (chimique, phosphore blanc etc.), de moyens de communications et de propagande “high tech”, d’un mur de séparation, de miradors et d’un bouclier antimissiles et anti-roquettes quasi impénétrable (Iron Dome). Une armée qui grâce à la générosité du contribuable américain et des consommateurs non averti de la planète se targue d’être la 3ème ou la 4ème au monde!
En face un mouvement, le Hamas, qui au delà de sa couleur politique et de la nécessaire réactualisation de son discours et de sa charte, n’en demeure pas moins un mouvement palestinien de résistance nationale…et c’est ainsi qu’il est perçu! Comment en serait il autrement puisqu’ Israël n’a eu de cesse de discréditer l’autorité palestinienne et les mouvements qui se sont déjà engagés dans les négociations politiques et diplomatiques avec l’état hébreu? Le Hamas et sa branche armée dont les effectifs ne peuvent rivaliser avec l’armée d’occupation. Le Hamas et son armement minimaliste au regard de l’arsenal israélien, le Hamas, ses roquettes Qassam artisanale et ses missiles Grad à la pointe de la technologie militaire au début des années 60. Le Hamas et sa communication incompréhensible pour le public occidental. Le Hamas et ses tunnels que l’état major israélien fait mine de découvrir. Ses tunnels par lesquels transitent des armes, mais surtout des vivres, des médicaments et qui permettent aux gazaouis de survivre à un blocus cruel, suffocant et interminable. Peut on à l’aune de ces considérations établir, de prés ou de loin, une quelconque symétrie?

2- Les imprécateurs, Les médias et le terrorisme intellectuel…

A dessein, dans le rapide inventaire de l’armement j’ai parlé des moyens de communication. Et dans ce domaine aussi Israël peut compter sur son”savoir faire”: les journalistes embarqués, qui au contact humain des troupes israéliennes qui les acceuillent, perdent toute objectivité, tout esprit d’indépendance! Des conférences de presse régulières, cadrées, policées dans lesquelles les prises de paroles sont préparées, chaque mot soupesé, chaque argument travaillé, analysé. Chaque élement de langage martelés pour imposer une sémantique et un cadre de débat polémique favorable aux intérêts israélien!
Que l’état major israélien soit dans la désinformation et la manipulation, c’est hélàs aussi son rôle. Mais que les médias “mainstream” soient à ce point serviles et acquis à la cause injuste de l’armée israélienne, est révélateur d’une dérive professionnelle inquiétante. Lorsque les bandeaux sur-incrustés au bas de l’écran des chaînes d’information continue reprennent dans leur intégralité les communiqués de l’armée israélienne, où est l’objectivité? où se trouve le travail journalistique de confrontation des versions et de recoupement des témoignages? Le gouvernement israëlien dispose aussi de “puissants relais intellectuels” partout où les opinions publiques comptentt. En France il y ‘a des figures tutélaires, soutiens indéfectibles aux exactions criminelles de Moshe Dayan ou d’Ariel Sharon, de Tsvi Pili ou de Benjamin Netanyahou. Parmi ces personnalités il y’a des philosophes sans concept, grandiloquents et futiles, emphatiques ad nauséam et prêts à toutes les compromissions morales et intellectuelles lorsqu’il s’agit de défendre Israël…quoiqu’Israël fasse! Il y’a aussi des académiciens agités et névrosés qui lisent la société française par le prisme unique de leur “fidélité” à l’état hébreu. Des intellectuels qui se complaisent dans les imprécations et les anathèmes lancés à la face de toutes celles et ceux qu’ils identifient comme pro palestiniens réels ou supposés. Des intellectuels qui accréditent et instrumentalisent la notion d’antisémitisme plongeant sciemment la société française dans l’inquiétude et la perplexité. Luttant contre une conception toute particulière du communautarisme en ne ciblant dans leurs diatribes que les arabo-musulmans. Des intellectuels qui travaillent quotidiennement à conforter le complexe de Massada plutôt que d’essayer d’apaiser le débat et tisser des passerelles pour expliquer qu’il ne s’agit pas d’un conflit religieux et que les juifs de France ont eux aussi le droit d’être du coté de la justice et du droit international! Des intellectuels qui justifient l’injustifiable, qui qualifient l’inqualifiable et qui soutiennent l’insoutenable!!! Qui osent, malgré le bilan hallucinant dresser des parallèles ignominieux entre les bombardements de Gaza et ceux de Dresde! L’histoire les jugera pour ce qu’ils ont été, pour ce qu’ils auront dit et écrit! Il contribuent en tout cas à l’hystérisation du débat et à la neutralisation des positions qui empêche toute recherche de compromis ou de solution.

3- Antisémitisme et cause palestinienne, la fausse équation!

Je fais partie avec mes camarades de ceux que l’on qualifie très rapidement de “pro-palestinien”, comme pour souligner la partialité de notre jugement et le peu de crédit à accorder à nos arguments. J’aimerais expliquer encore une fois à quel point les gens se leurrent en croyant à la thèse du conflit religieux. D’autres l’ont mieux dit et mieux expliqué que moi et il n’est pas utile d’être un spécialiste de l’histoire d’Israël ou de la Palestine pour comprendre rapidement que dès que l’on dépassionne le débat et qu’on aborde cliniquement, froidement les données de cet interminable conflit, une seule vérité tangible apparaît aux yeux de l’observateur: le continuum colonial. L’expropriation, la spoliation, l’annexion de territoires et la violence illégitime d’un état oppresseur à l’égard d’un peuple opprimé! Et c’est en ce sens que je me sent pro-palestinien, pas parce qu’ils sont arabes comme moi ou majoritairement musulmans comme moi! Mais plutôt à l’instar des millions de personnes qui manifestent pour le respect des droits des palestiniens, je ne peut supporter l’injustice et la violence contre des populations civiles. Je ne peux supporter ces images de mères qui pleurent et ces enfants assassinés! Et parce qu’a mes yeux il n’y a aucune cause, aucune peur, aucune raison politique qui puisse justifier la mort des innocents!!! J’ai pleuré et je pleure encore la mort de toutes les victimes du terrorisme qu’il soit le fait d’un individu comme à l’école Ozar-Attorah ou le fait d’un état comme à Gaza! Chaque enfant qui meure assassiné par la folie d’une idéologie ou la rage vengeresse d’un gouvernement est une défaite pour l’humanité! Chacune de ces vies fauchées est une damnation collective!
Et c’est en cela que la corrélation entre soutien à la Palestine et antisémitisme est malhonnête et sournoise!Les organisateurs et les militants se rassemblent sur la base de mots d’ordre clairs! Des mots d’ordre politique! Qui gênent le gouvernement français en le mettant face à ses responsabilités et qui gênent les extrémistes de tous bords parce que ces slogans ne laissent aucune place à l’équivoque! D’ailleurs il faut bien comprendre que dans ces cortèges il y’a des personnes de toutes les couleurs, de tout âges, de toutes obédiences; Des musulmans, des chrétiens, des athées, des bouddhistes, des animistes, des gens qui croient et d’autres pas, unis sous la bannière de la justice et du droit! Dans ces cortèges, n’en déplaise aux représentants auto-proclamés de la communauté juive de France, il y’a des juifs. Qui sont non seulement les bienvenus, mais qui sont de par leur présence et leur courage affiché, la définition même des mots Honneur de l’humanité!

4- La double allégeance des binationaux et le lien indéfectible à Israël…

Dans ce contexte hexagonal extrêmement tendu, il y’a toujours des irresponsables et des apprentis sorciers, toujours hélas! Mais paradoxalement c’est aujourd’hui au sommet de l’état français que se trouvent les boutefeux! Le communiqué de soutien sans nuance de l’Elysée à Netanyahou, invoquant le droit d’Israël à se défendre relevait d’une stupidité pathétique! Quel étrange urgence a poussée notre président actuel à encourager les criminels de guerre à redoubler d’effort dans leur oeuvre dévastatrice? Quelle réflexion inachevée à poussé notre désormais inénarrable François Hollande à dégainer aussi vite son soutien plein et entier à Israël sans un mot pour les victimes palestiniennes, sans un mot pour leur familles?
Mais pire encore les déclarations et les sermons de Monsieur Valls, qui en bon pompier pyromane accuse à tour de bras les manifestants d’importer le conflit dans nos rues. Endoctriné ou plutôt gouroutisé par les théories des imprécateurs dont j’ai déjà parlé plus haut, Monsieur le premier ministre de la République Française ne nous épargne aucun raccourci, aucun amalgame. Mélangeant allégrement la menace antisémite (pourtant clairement identifiée) aux manifestations de soutien au peuple de Gaza. Malaxant l’histoire à sa guise en nous faisant accroire que ces rassemblements citoyens et humanistes étaient peuplés de lecteurs assidus des thèses d’Edouard Drumont, d’afficionados de Charles Maurras ou d’adorateurs de Brasillach et de Céline… Comme en écho à la polémique putride soulevée récemment par la présidente du FN au sujet des binationaux Mr Valls désigne à la vindicte publique les tenants du “nouvel antisémitisme”. Et qui désigne t’il? La jeunesse des quartiers populaires majoritairement issue des immigrations post coloniales. Une jeunesse qu’il cible fréquemment, qu’il déteste apparemment et qu’il accable de tous les maux assurément! Mon propos n’est pas ici de nier qu’une partie de cette jeunesse est désorientée par la crise démocratique (dont il est un des grands contributeurs) et les discours de Soral et Dieudonné. Mais comment ne pas se poser la question des signaux que vous envoyez constamment à cette jeunesse en lui expliquant qu’elle est tout juste tolérée, que si elle est discriminée c’est parce que c’est dans l’ordre des choses et que si elle a le tord de s’identifier de près ou de loin à une autre jeunesse opprimée (toutes proportions gardées), elle commet en cela un crime de lèse République. Oui Mr le Président et Mr le 1er Ministre “qui touche à un juif, touche à la France!”, vous devriez juste rajoutez que “qui touche à un français, touche à la France!” qu’il soit juif, musulman, catholique, protestant, athée ou agnostique. C’est vous qui instaurez un sentiment de traitement différencié! Lorsque vous parlez de la lutte contre les jeunes égarés qui parlent ou partent pour “le Djihad” vous avez raison! Lorsque Mme Le Pen jette l’opprobre et la suspicion sur les binationaux Franco-maghrébin en les accusant de n’être pas loyaux envers la France, à rebours de tout ce que l’histoire de ce pays aurait pu lui apprendre, lorsqu’elle sous entend leurs “double allégeance” et évoque à mots couverts “une cinquième colonne”. N’était il pas de votre devoir de défendre cette jeunesse aussi, qui jusqu’a preuve du contraire est une jeunesse française qui souffre et qui va encore souffrir!
Au contraire, vous contribuez à son exclusion du cadre national en essayant de l’empêcher d’exprimer son soutien à Gaza! Mais buvons ensemble le calice jusqu’a la lie, ni vous, ni Mme Le Pen ne parlez des binationaux Franco-Israéliens qui choisissent d’aller accomplir ce qu’ils estiment être leur devoir dans l’armée d’occupation israélienne! Quid de cette question Mr le 1er Ministre? Je connais déjà votre réponse, vos déclarations sont claires et vous protestez publiquement et fréquemment de la sincérité du lien qui vous lie indéfectiblement, selon vos propres mots, à Israël! Laissez moi vous dire à quel point, en tant que citoyen français, je suis choqué par ces déclarations. Que celles ci soient proférées dans le cadre d’une visite officielle en Israël, pourquoi pas, nous aurions pensé qu’il s’agissait d’un exercice de style diplomatique. Mais ici et maintenant, pourquoi Mr le 1er Ministre??? Qui importe le conflit si vous même vous prenez politiquement fait et cause pour un des belligérants???
5- De la criminalisation du syndicalisme à la criminalisation politique…

L’arrivée de François Hollande au pouvoir avait été ressentie comme un soulagement pour beaucoup, tant les années Sarkozy avaient divisées les français. Pourtant, si la Gauche se réjouissait de cette victoire, l’héritage que notre président laissera à cette même Gauche sera l’Histoire d’un cataclysme, d’une abdication, un renoncement à soi et aux valeurs qui l’auront porté jusqu’a l’Elysée. Bien pire que Guy Mollet qui n’avait pas voulu voir le sens de l’Histoire et qui avait renoncé à l’espoir du progrès condamnant la Gauche à 25 années d’opposition. Hollande vient avec l’aide de Valls de trucider son camp, en crachant sur ses discours et ses promesses de campagne. En tournant le dos à celles et ceux qui l’ont élu! Il a rajouter à sa pusillanimité, la lâche inconséquence de son soutien aveugle au gouvernement Israélien, lors même que celui ci se faisait bourreau de populations civiles! Avec votre 1er ministre vous voulez désormais criminaliser l’expression politique, après que Sarkozy ait criminalisé l’action syndicale. C’est, à n’en pas douter, une dérive liberticide! Je tiens ainsi à témoigner de mon soutien et de celui de mes camarades à Alain Pojolat! Laissez moi vous dire, Monsieur le Président, que votre mandat est une douleur et que, en tant qu’homme de Gauche, j’ai mal de vous voir piétiner ce qui était, hier encore, le socle des valeurs et des convictions que nous partagions…Vous aurez beau déposer des gerbes au “Café du Croissant” et invoquer Jaurés, rien n’y fera vous vous êtes condamné aux oubliettes de l’histoire et vous condamnez la Gauche à des décennies d’opposition. Plus rien n’est sauf, pas même l’honneur! Vivement 2017 que vous disparaissiez politiquement…advienne que pourra!

6- Marseille et ses élus, toujours à la pointe du déshonneur, toujours à contresens de l’Histoire!

Quelques mots à l’endroit des élus qui ont participé à la manifestation “de soutien à Israël” qui s’est tenue dimanche dernier à Marseille. Au delà de l’indécence de ce rassemblement, comment expliqueront ils leur présence à cette ineptie partisane? Messieurs Gaudin et Guérini, dire que nous sommes surpris serait faux, vous ne nous décevez jamais. Chaque occasion est bonne pour vous vautrer dans la honte, sans retenue. En tant que citoyens nous ne vous avons pas demandé de venir soutenir par votre présence ou par un mot le peuple martyrisé de Gaza…Non nous ne vous l’avons pas demandé et nous ne vous le demanderons jamais, parce que vous êtes incapable de discerner une cause juste, d’une implication inique! Vous êtes incapables de reconnaître le droit et la justice là où elle se trouve! Vous en êtes incapables parce que dans votre quotidien vous ne les pratiquez pas. Avec mes camarades je vous laisse comparaître au tribunal de vos consciences respectives, si toutefois vous en avez une. La prochaine fois osez la neutralité, vous ne pouvez pas faire pire que ce que vous avez déjà réalisé tous les deux avec l’aide de vos subordonnés, .

 

Espoirs et conclusion

Texte long et peut être “cacochyme”, mais il est à la mesure de mon affliction et de l’émoi dans lequel je me trouve! J’espère que, bien plus qu’une énième trêve, les dirigeants israéliens reviendront à la raison et s’engageront véritablement dans la recherche d’une solution politique. A commencer par la levée du blocus, condition préalable à toute négociation: on ne peut pas sérieusement discuter avec celui que l’on étouffe! J’espère que les responsables israéliens auront le courage et l’audace de comprendre que c’est eux qui font la guerre et que c’est eux qui feront la paix. Celui qui détient la puissance militaire détient aussi la clé des négociations. L’apartheid est tombé en Afrique du Sud de par la mobilisation internationale (condition déjà existante aujourd’hui!), l’activisme des militants de l’ANC et leur implication sincère dans le processus de négociation (ce que fait l’Autorité Palestinienne) et l’arrivée providentielle (et pour l’heure hypothétique) d’un Frederik De Klerk israélien qui saisira le sens de l’histoire et engagera Israël dans des discussions sur un vrai processus de paix qui ne fera pas l’économie du traitement des questions sur le retour des réfugiés, les frontières de 67, la libération des prisonniers politiques palestiniens en commencant par les femmes, les enfants et les leaders politiques de l’envergure de Marwan Barghouti!
Une fois ces conditions réunies, l’Autorité Palestinienne pourra aisément infléchir la position du Hamas et des groupes radicaux qui se trouveront marginalisés par les avancées du processus de paix. Ce sont ces avancées qui garantiront la sécurité d’Israël et de la Palestine! En guise de conclusion,c’est plutôt un appel que je fais à mes concitoyens qui se disent “amis d’Israël” pour les mettre en garde contre les discours de haine qui leur font croire qu’ils sont en danger et qu’ils sont seuls ici en France et la bas au proche orient. Un mot pour leur dire que les palestiniens sont aussi des hommes et des femmes, qu’ils pleurent des larmes salées, que les mères palestiniennes portent elles aussi leurs enfants neuf mois dans leurs ventres et qu’elles ne peuvent pas plus que d’autres se résoudre à la mort de leurs enfants. Un mot pour dire à mes concitoyens que les histoires de boucliers humains ne sont que des balivernes auxquelles ne croient même pas les états majors qui les diffusent. Aucun père palestinien ne mettra le corps de son enfant sur la trajectoire d’une balle, aucune mère palestinienne ne fêtera la mort d’un enfant israélien! Un mot pour dire à mes concitoyens “amis d’Israël” d’exercer une pression amicale et salutaire auprès des dirigeants israélien et leur faire comprendre qu’il est temps d’essayer autre chose! D’oser la paix,une paix juste et durable selon la formule consacrée! Il est temps de leur dire que le monde n’en peut plus de cette tragédie, de cet Israël qui a peur et de cette Palestine qui meurt!
Mohamed Bensaada
Quartiers Nord/Quartiers Forts
Marseille, le 31 Juillet 2014

 

Manif 1er Juin 2013 – 14H Escaliers Gare St Charles

Manif 1er Juin 2013 - 14H Escaliers Gare St Charles dans Local stopviolence1-150x140« NON A TOUTES LES FORMES DE VIOLENCE : Nous aussi nous aimons nos enfants, et nous sommes fatigués de les accompagner jusqu’à leurs tombes ! » Nous ne supportons plus d’être montrés du doigt, d’être assimilés à l’image des violences, des mafias et des assassinats qui endeuillent notre ville et nos vies à jamais. Au-delà de l’émotion et de la douleur, le constat est partagé : la dérive et la banalisation de la violence ne sont que la résultante d’un profond malaise social.

« Egalité des Droits, Egalité de traitement, JUSTICE POUR TOUS et PARTOUT ! »

Nous ne supportons plus les discriminations à notre égard et celui de nos enfants. Nous ne supportons pas les inégalités face à l’école et la formation des jeunes, l’emploi, la maladie et les difficultés de la vie, simplement parce que nous vivons dans des quartiers qui ont été volontairement abandonnés et qui se sont transformés en ghettos, engloutissant notre confiance et nos combats !

« Un Avenir pour nos Enfants, MAINTENANT ! »

Nous ne sommes pas responsables du chômage, de la pauvreté, de l’échec scolaire, des logements délabrés, des quartiers délaissés, des services publics dépassés, de l’absence de jardins d’enfants, d’équipements sportifs et culturels pour les adolescents, de l’absence de traitement adapté pour lutter contre le chômage et pour la formation des jeunes de nos quartiers ; autant de violences quotidiennes.

« Nous voulons l’Etat de Droit même dans nos quartiers populaires ! »

Nous refusons toutes les violences qui endeuillent nos quartiers. La République de l’égalité, de la fraternité, de la vraie liberté de vivre en sécurité, a abandonné nos quartiers ; nous demandons un vrai plan d’urgence pour ramener tous les services publics, en concertation avec les habitants, et dès maintenant !

« La Police OUI, pour nous Protéger, pas pour nous Enfermer ! »

Nous ne supportons plus les trafics de drogue sans aucun moyen de prévenir, de résister et de soigner. Nous ne supportons plus que la seule réponse soit le déploiement de forces de police agressives qui déplacent le problème sans jamais le résoudre. Nous voulons une police exemplaire et de proximité.

« Nous sommes des citoyens pas des victimes ni des complices ! »

NOUS LES FAMILLES, nous voulons parler, nous voulons comprendre, nous voulons des réponses, nous voulons être entendues, nous voulons agir. Nous avons des demandes précises, élaborées en commun avec les acteurs de terrain, et nous voulons les faire entendre pour qu’elles soient mises en œuvre.

Nous sommes des citoyens responsables et nous disons ensemble, « ce n’est plus possible » !

C’est pourquoi nous marcherons le 1° Juin de la gare St Charles à la préfecture. Et nous appelons tous, les marseillaises et les marseillais qui veulent vivre ensemble dans la paix et la diversité, à nous rejoindre.

RENDEZ-VOUS SAMEDI 1° JUIN à 14H30 AUX ESCALIERS DE LA GARE St CHARLES Appel des collectifs d’Habitants des quartiers populaires Pour nous rejoindre, participer, soutenir : <collectif1erjuin@gmail.com>

 

Pour signer cet appel en ligne : http://www.petitionduweb.com/Petition_egalite_de_droit_pour_les_quartiers_populaires-1001083.html

ASSEMBLEE POPULAIRE A L’AGORA MERCREDI 15 MAI A 18H

ASSEMBLEE POPULAIRE A L'AGORA MERCREDI 15 MAI A 18H dans Local aff-agora1

Political Buisness – Critique de la relation consanguine Politique/Affaires.

J’écris rarement en mon nom propre.  Par humilité, par sens du collectif et par respect de mes camarades dont je formalise les idées, les convictions et les propositions.Pourtant  la colère qui m’anime au moment où je rédige ce billet vient des profondeurs les plus noires de ma conscience politique et…ce que j’ai à dire n’est pas forcément partagé par tous les membres de mon association. Ou en tout cas je ne trouve aucun moyen de « randomiser » nos analyses concernant le sujet qui suit.Le contexte politique actuel et les conséquences de l’affaire Cahuzac, nous oblige tous a réagir. A l’évidence les seuls à qui profite cette « Berezina » se trouvent à l’extrême droite de l’échiquier politique. Ils ont d’ailleurs bien compris que plus ils étaient discrets et plus ils étaient susceptibles d’apparaitre comme une « alternative crédible au système ».Mais revenons au cœur du problème, je crois pour ma part que le FN est le fossoyeur de la démocratie et qu’il ne prospère que sur la crise, l’ignorance  et le déficit éthique de nos responsables. Le cœur du problème se situe dans la façon dont « nous » faisons de la politique. La Vème République  et l’omnipotence des partis politiques (les deux principaux) ont dévoyé, avec le temps, la mécanique du cursus qui mène au pouvoir. Le pouvoir est devenu une fin en soi et l’ambition l’unique moteur des carrières politiques. Carrières politiques qui tendent à être de plus en plus des professions à part entière. J’en veux pour preuve les résistances (doux euphémisme) que rencontre le projet de loi concernant le non cumul des mandats. Mais aussi la gloutonnerie obscène de celles et ceux qui s’obstinent à nous faire croire qu’ils/elles peuvent  correctement faire leur boulot d’élu Local/Régional/National, siéger dans des commissions diverses et variées, statuer et prendre des décisions tout en répondant avidement aux sollicitations médiatiques sans risquer le « nervous breakdown » qui devrait poindre au bout du deuxième mois de travail à un rythme de 142H hebdomadaire. Mais bizarrement, nos élus sont globalement en bonne forme physique, toujours souriants, frais et dispos  contrairement à la majorité des français qui (pour ceux qui ont la chance d’avoir un travail) ne peuvent pas en dire autant sur leur santé physique et morale. Le pouvoir est donc devenu une fin en soi, aussi infinitésimal soit-il, sa simple conservation devient l’objet de focalisation unique de l’énergie de l’élu et de son équipe. Les programmes, les promesses électorales et les postures ne sont là que pour le « décorum ». Le renoncement, le reniement sont devenues quasiment obligatoires dans la « check-list » du kit de survie politique électoral. Comment ne pas hurler de rage devant les promesses non tenues par Hollande et son gouvernement ? Comment ne pas être atterré par le flegme et l’apathie de notre premier ministre ? Comment  ne pas être révolté par l’inconscience suicidaire et  le sentiment d’invulnérabilité qui a du animé Jérôme Cahuzac lorsqu’il a accepté le maroquin qu’on lui offrait ?  Parce que l’horreur est là, elle est dans cette impunité réelle ou supposée, dans cette façon qu’ont les « puissants » à s’estimer au dessus de la loi, lors même que dans leurs bouches ils assènent au peuple les mots de République, de Démocratie et de justice continuellement. Sur le fond de l’affaire je n’ai pas grand-chose à rajouter sur le torrent de révélations qui nous entraîne dans un monde de connivence, de copinage et de corruption morale nauséabond. Non sur ça je reste cois, comme groggy en mesurant l’étendue des dégâts.  Mais je souhaite tout de même « relativiser » cette histoire en réorientant le débat vers l’endroit où il doit être. A mon sens, ce n’est pas la « fraude » qui est monstrueuse, 80 milliards d’€/an échappent au Fisc, Cahuzac n’est donc pas le seul en France à pratiquer ce sport. Ce qui est inouïe c’est que c’est que c’est le ministre du budget qui est pris la main dans le sac. Et ça, même les scénaristes les plus audacieux n’y avaient pas pensé ! Cahuzac l’a fait !

L’autre problème c’est le « Timing » de cette rocambolesque histoire. Hollande n’a été élu que par un extraordinaire concours de circonstances et  le début de son mandat nous prouve à quel point cet homme n’avait que l’ambition pour programme. Tout ce qu’il fait n’est qu’hésitations, reniements, calculs médiocres et esquives. Il doit aussi sa place au fait que le fauteuil été occupé avant lui par un autre danger public notoire et que c’est le rejet de Sarkozy, de Fillon et des affaires Woerth, Bettencourt, Karachi…qui a décidé une partie des français à se détourner des gesticulations épileptiques de notre ancien président. Il ne le doit qu’à ça et a rien d’autre !!! Les  Français, durement impactés par la crise avaient un besoin physique d’exemplarité, de probité, d’intégrité, cette fameuse République exemplaire  dont François Hollande s’était fait le champion. En lieu et place nous avons la République des Tartuffes ! Une République implacable à l’égard du citoyen lambda, terrible pour le « voleur de poule », accusatrice et pleine de reproches contre les sans emplois, les sans papiers, les sans droits et pleine de tendresse de compréhension et de complaisance à l’égard des grands, des forts, des puissants. Cela ne peut plus durer ! Cela ne doit pas durer !

Je me permets une petite digression pour replacer cette invraisemblable affaire dans son contexte si singulier pour la plupart et si familier pour certaines sphères décisionnels. C’est la diversité des protagonistes de cette histoire qui me laisse pantois : il y’a la boite vocale d’un élu RPR/UMP, le « socialiste » Cahuzac et le très à droite Penninque (FN/ex GUD)…cet attelage baroque pourrait nous faire sourire, mais il est symptomatique des dérives structurelles de notre façon de faire de la politique et de la relation de subordination directe qui existe entre le monde des affaires et le monde politique ! D’ailleurs le refrain du FN « Tous Pourris ! » et en passe de se substituer au triptyque républicain  tant il est repris à la cantonade par les éditocrates de tout bord. Mais je tiens à rappeler le paradoxe de la poule qui a pondu l’œuf et qui se met à hurler. Les dirigeants et les cadres  du FN sont amusants de par leur manque total de recul et d’autocritique. Les Le Pen père/fille/petite fille  sont les premiers à cracher sur les institutions de la Vème République et l’Europe, pourtant leurs mandats successifs et simultanés (cumul des mandats quand tu nous tiens !) les ont fait prospérer plus que de mesure, de même que les sordides histoires d’héritages. Jean Marie et Marine vouent aux gémonies le parlement européen, mais s’y font élire  n’y siègent quasiment pas et y perçoivent des émoluments conséquents. Le système démocratique actuel est hautement corrosif et les cadres du FN sont eux aussi des « pros » de la politique, sans formation pour la plupart, ce qui explique l’ascension fulgurante de personnalités au profil étrange, dont la compétence est inversement proportionnelle à leur énervement. Ce qui contrecarre indubitablement la logique du « Tous Pourris ! » c’est l’existence d’alternative à la gauche du PS, ce que j’appelle personnellement « La Vraie Gauche », on constatera son absence systématique des scandales politico-financiers et sa présence systématique dans les luttes sociales, la solidarité et le rehaussement du débat politique. Mais cette « déclaration d’amour » s’accompagne d’une mise en garde : Dans les quartiers et ailleurs beaucoup de monde considère que le ralliement au second tour des « forces de Gauche » est incompréhensible ! On ne peut pas passer notre temps à critiquer le PS et la gauche gestionnaire, tout en appelant à voter aux seconds tours pour ceux que nous critiquions la veille ! Nous devons y réfléchir, nous devons mettre en place un cordon sanitaire politique et ELECTORAL autour du PS, tant que celui-ci ne changera ni de méthode de fonctionnement, ni d’orientation politique !

 

Mais revenons au sujet principal, je suis un psychologue de bazar, et j’ai une tendance naturelle à l’empathie. Qu’est il passé par la tête de Cahuzac lorsque le ministère lui a été proposé ? Ne se souvenait il pas des squelettes qu’il avait dans ces placards ? Je crois que oui, mais les ors de la République et le pouvoir qui en suinte ont dû exercer une attractivité irrépressible. Et puis une fois ministre ou secrétaire d’état qui peut vous atteindre ? D’ailleurs continuons ensemble sur cette veine là de la psychologie de bazar. Le pouvoir est grisant, à tous les niveaux, Président de la République ou président de l’entente bouliste de la Saint Glinglin, les mêmes ressorts mentaux peuvent être mis en évidence chez l’un comme chez l’autre. C’est  l’échelle qui est différente et l’impact des décisions qui n’est pas la même. De l’échelon national, descendons aux affaires locales.

J’ai appris que notre inénarrable président du conseil général des Bouches-du-Rhône avait fait voter  la prise en charge de ces frais de justice par le conseil général et donc par le contribuable ! Je rappelle, pour ceux qui ne le savent pas que Jean-Noël Guérini est mis en examen depuis le 5 mars 2013 pour « détournement de fonds publics », mais aussi depuis le 8 septembre 2011 pour « complicité d’obstacle à la manifestation de la vérité », « prise illégale d’intérêts », « trafic d’influence » et « association de malfaiteurs en vue du trafic d’influence et recel de trafic ». Une question me vient à l’esprit, ce matin là en se rasant JNG s’est dit tiens je vais me faire payer mes frais de justice, c’est une bonne idée ça, non ? Un de ses conseillers expert en flagornerie a dû lui dire que c’était génial ! Le groupe PS et affiliés du CG13 s’est surement réuni pour un débrief…et personne n’a pu dire : non Président ce n’est pas possible, les Français nous regardent, les Marseillais sont à bout, le FN n’attend que ça, nous ne pouvons pas ! Non personne ne lui a rien dit, même ses opposants PS se sont juste abstenus !!! Je crois que même ma psychologie de bazar ne peut rien pour eux, il y’a là une urgence psychiatrique à résoudre et vite ! La folie s’est elle emparée du PS local ? Je le crois, qu’est ce qui expliquerait autrement que malgré les affaires Cahuzac, Andrieux, Guérini, Bettencourt, Woerth et Sarkozy  en cours une assemblée saine d’esprit puisse sortir une résolution pareille ??? La présomption d’innocence ? Soit, mais pourquoi celle-ci ne semble revêtir un caractère sacré que lorsqu’il s’agit de personnalités du spectacle ou de la politique ? Pourquoi lorsque des gosses de nos quartiers se font faucher par des rafales de mitraillettes, peu nombreux sont celles et ceux qui les considèrent comme victimes et pas comme coupables ayant reçu un juste châtiment ??? La présomption d’innocence est un droit inaliénable, mais elle n’a de sens que si elle est systématiquement invoquée ! La présomption d’innocence est dévoyée, c’est une arme de plus pour celui qui en a les moyens pour gagner du temps, organiser sa défense, se faire oublier des médias et des citoyens (Tiberi, Balkany…). La présomption d’innocence est une prostituée de luxe que seuls les riches et les puissants peuvent se payer ! Poujade me voilà ? Non surement pas, mon discours n’est pas anti élite, mon propos ne vise qu’a rétablir l’égalité, la justice sociale et à faire entendre un autre son de cloche que celui  de cette ineptie individualiste qui coupe les élites du peuple et le peuple des élites. L’élite de la République n’a de sens que si elle consacre toute son énergie au bien être du peuple (pour ne pas utiliser le mot révolutionnaire de bonheur). Cette élite n’a de légitimité que si elle est directement issue dudit peuple. Elle doit se remettre à réfléchir à son statut, à sa condition et a sa fonction. Les élus doivent garder à l’esprit que la politique n’est pas une carrière, une aubaine professionnelle ou un tremplin social ! La représentation doit porter dignement son nom et même si le mandat impératif n’existe pas, elle doit se consacrer à remplir les conditions du pacte social qui la lie au peuple ! Ces questions sont ardentes, nos concitoyens ne souffrent plus les atermoiements et les reculades, l’heure de la Justice sociale est arrivée. A défaut du « changement, c’est maintenant ! » nous réclamons la « justice pour tous, Maintenant ! », « l’Egalité pour tous, Maintenant ! ».

La République doit se débarrasser de ces privilèges, de ces passe-droits, de ces injustices, elle ne peut pas simplement détourner le regard et feindre l’ignorance. La République doit se débarrasser de ces oripeaux de la monarchie pour être définitivement égalitaire, définitivement juste. Sans cela, Saint Just aura toujours raison : « on ne peut régner (ou gouverner) innocemment ! ».

BENSAADA Mohamed

Marseille, le 7 Avril 2013

Chronique des jours de Sang

Il n’ya ni fatalité, ni malédiction, ni processus irrationnel en action dans les quartiers nord de Marseille qui explique les « flambées de violences »récurrentes que la cité phocéenne essuie à intervalles réguliers.

Il y’a au contraire une logique économique et politique implacable qui régit ce macabre théâtre des opérations :

La logique économique est semblable à celle qui régule le « Marché », il s’agit d’une compétition à mort (au sens propre du terme) qui a pour but de conquérir des parts de marché et le contrôle des points de vente. A l’image des traders, des fonds de pensions et autres  agences de notations, sinistres ambassadeurs de la dérégulation des échanges et de la subjugation des peuples, les cartels de la drogue des quartiers nord se sont, tout comme leurs modèles précédemment cités, affranchis des règles de la morale la plus élémentaire de vie en société. La fin (ou la faim) justifiant tous les moyens. Apparemment la cupidité sans limite, l’ambition et le goût obsessionnel du pouvoir de ces petits groupes revêt avec appétence les uniformes de la brutalité. Une brutalité bestiale, préhistorique ou post apocalyptique. Une brutalité qui réduit les relations sociales à la loi du plus fort, du plus inconscient…du plus fou.

Mais cette logique est aussi fondamentalement raffermie par l’inadéquation des réponses que les pouvoirs publics lui opposent. Nous avons déjà déroulé dans un autre texte₁ la mise en scène quasi pavlovienne de la réponse du gouvernement et des politiques locaux face à ce drame humain qui impacte le quotidien de nos concitoyens. La communication l’a emporté sur le volontarisme politique…depuis longtemps hélas ! Les renforts de police systématiquement envoyé sur Marseille à chaque nouveau « règlement de compte », ne changent rien et les postures de Matamore de nos ministres de l’intérieur successifs ont fait long feu. Cette impuissance, cette incurie, cette vaine obstination et ce manque de courage politique et d’imagination devient ridicule et dénué de sens ! Continuer à croire que quelques centaines de policiers de plus changeront la donne du problème Marseillais, c’est au dire même des policiers, un emplâtre sur une jambe de bois.

Il y’a des solutions, et elles sont connues de tous. Mais elles sont politiquement ou plutôt électoralement très couteuses. Dans cette effroyable série de crimes, il n’y a qu’un seul et unique vainqueur politique : le FN ! A tel point qu’il n’a même plus besoin de polluer les quartiers d’affiches de candidats à la posture baroque et au sourire carnassier. A droite comme à gauche (la gauche de gouvernement) cette donnée électorale est au centre de toutes les réflexions. Elle fige toutes les velléités d’audace, d’autocritique et tue dans l’œuf les propositions alternatives. Pourtant c’est le pseudo « bon sens » et la « raison »dont se réclament la quasi-totalité des responsables institutionnels. Où est donc passé ce « bon sens »proverbial ? Lorsqu’il s’agit de reconnaitre que certaines solutions sont erronées, qu’elles conduisent à une impasse. Parce que c’est ce dont nous parlons ! Quel est le bilan de ces années de politique répressive ? Quel impact à t’elle eue sur la diminution de la violence ? Nous entendons aussi la demande légitime de sécurité de nos concitoyens des quartiers populaires. Dans nos quartiers cette « insécurité » n’est pas vécue par procuration, elle conditionne les relations sociales et s’ajoute à toutes les autres oppressions. La sécurité dans nos quartiers passe par les points que nous développons ci-dessous :

1) Attractivité Lucrative et Prohibition.

On ne combat le crime organisé que d’une seule manière. D’une part en tarissant à la source l’approvisionnement du produit autour duquel s’organise le trafic. Mais pour cela il faut passer des gesticulations pseudo-sécuritaires aux résolutions internationales. Et pour se faire il faudrait réorienter les politiques Nord/Sud en basant les relations sur des principes de « vraie » coopération et non plus sur des échanges économiques largement au bénéfice de l’Europe et au détriment des peuples du sud.

D’autre part il faut se poser les vraies questions au sujet des substances arbitrairement classées comme illicites. C’est une législation pragmatique et dénuée de préjugés culturels qui permettra en légalisant le Cannabis de mettre fin à l’attractivité lucrative mortifère inhérente à ce « buisness de la terreur».Comme l’on déjà compris de nombreux pays d’Amérique du sud, mais aussi les états de Washington et du Colorado aux USA. Oui le mot de légalisation est lâché et nous l’assumons, surement pas pour promouvoir la culture et la consommation du Cannabis. Nous savons que ce produit est toxique, au même titre que d’autres drogues en vente libre (Alcool, Tabac, Junk food…). Nous savons aussi qu’il est « l’eau de feu » de nos quartiers populaires, cette fumée qui anesthésie une partie de notre jeunesse, l’entrave dans sa conscientisation, détruit ses rêves et compromet son avenir. Nous ne le savons que trop ! Nous le vivons dans nos familles, nous le subissons dans notre entourage et dans le regard vitreux de gens que nous aimons. Et c’est donc en conscience que, devant le fléau de cette compétition meurtrière qui fauche les vies de nos enfants, de nos petits frères, nos neveux, nos cousins, nos amis que nous en sommes arrivés à la ferme conviction que rien n’arrêtera ce déchainement de violence. En tout cas rien de ce que l’état propose actuellement ! Nous le répétons, si la formidable pompe à finance que représente le commerce illicite du Cannabis n’est pas désamorcée, si l’état ne prend pas ses responsabilités en l’encadrant et en y adjoignant les moyens de prévention pédagogiques et sanitaires suffisant, demain les mêmes drames se répéteront, les mêmes larmes couleront et les mêmes gros titres nous donneront à nouveau la nausée ! Nous reprenons à notre compte la déclaration d’Otto Perez président du Guatemala : « 50 ans d’échec du combat contre le narcotrafic, Les pays doivent chercher de nouvelles voies pour combattre le narcotrafic d’une façon plus efficace et réduire la violence que provoquent les organisations criminelles. » Les temps changent et l’idéologie ne doit pas entrer dans la réflexion qui s’impose, nous devons nous poser la question de l’intérêt commun. Dans cette histoire le seuil de violence tolérable est depuis longtemps dépassé, nous ne pouvons plus nous satisfaire des solutions (qui n’en sont pas) en vigueur ! Il faut bien comprendre que rien ne peut empêcher, en l’état actuel des choses, des « équipes » de se remonter spontanément après chaque vague de meurtres ! Le commerce est trop juteux, pour que des jeunes insuffisamment structurés puissent lui résister ou plutôt lui échapper. Le risque est énorme, il est coûteux en vies humaines, il détruit des familles, des quartiers, il mine le moral des populations. Mais il est là où aucune autre économie ne perdure, là où l’état à abandonné, là où les gens se sont résignés ! Ce qui anime notre collectif c’est la défense des quartiers populaires et de ses habitants et nous nous devons de dénoncer un traitement de l’urgence asymétrique : au risque de choquer, faut il attendre que les fusillades aient lieue dans des quartiers plus cossus de Marseille ? Faut-il attendre que les victimes changent de profil sociologique ? Nous accusons l’état et les collectivités de non assistance à peuple en danger !

2) Rétablissement de l’Autorité.

a) Autorité de l’état:

Aucune société viable ne peut se concevoir sans sécurité. Mais il y’a plusieurs manières d’appréhender cette thématique. Celle que nos responsables politiques utilisent pour nos quartiers est celle qui est la plus spectaculaire, la plus inégalitaire et la moins efficace de ces approches. Spectaculaire dans le sens péjoratif du terme, parce qu’elle ne répond qu’a l’urgence médiatique, sans avoir d’effet direct ou indirect sur le fond du problème. Inégalitaire parce qu’elle donne une indication fiable sur le statut octroyé par l’état aux populations des quartiers populaires. Les camions de CRS qui bouclent des quartiers, peuvent donner une sensation étrange de sécurité. Sensation ambiguë oscillant entre la « satisfaction » qu’engendre momentanément la disparition du trafic et le sentiment oppressant de « couvre feu » permanent. Ce que demandent nos concitoyens c’est l’égalité de traitement y compris en terme de sécurité. Et nous pensons que la mise en place de commissariats de proximité dans certains quartiers serait une réponse plus appropriée à ce marasme. Ces commissariats devront rester ouverts 24/24 et devront fonctionner avec des effectifs formés, expérimentés et intégrés dans le quartier. La sécurisation de nos quartiers populaires doit se faire dans la normalisation des relations entre l’état et les habitants. Elle ne doit plus se faire dans le spectacle, la punition collective et les rodomontades hypocrites.

L’autorité ne s’acquiert que par l’exemple. Alors, comment ne pas s’émouvoir du message calamiteux qu’une partie de notre représentation nationale et locale propage de par son manque d’intégrité ou d’honnêteté. Que dire aux délinquants sur le vice et la vertu lors même que Marseille est (re)devenue une citadelle de l’affairisme, du clientélisme, du népotisme et des combinazzione entre amis? La logique voudrait que les appareils politiques se penchent sur cette calamité et sanctionne courageusement toutes les « brebis galleuses ». Mais ce n’est, hélas, pas le cas, au moment même ou il faudrait plus encore que ces mesures urgentes de salubrité politique. Oui, c’est  un changement de logiciel comportemental qu’il faut installer dans toutes les sphères décisionnelles. Redisons des « gros mots », reparlons d’éthique et de morale. Cette vérité vaut également pour la police, parce qu’il faut aussi déterminer le « type » de police que nous voulons, l’actualité récente nous met en garde contre les dérives.

b) Autorité des familles:

Le constat est quasi unanimement partagé, c’est sur l’interprétation de l’analyse dudit constat que les divergences apparaissent. Pour notre part  nous sommes attentifs à la dérive individualiste de notre société. Le libéralisme est un postulat que nous soutenons lorsqu’il s’agit de défendre les libertés individuelles. Mais la variante péjorative et dévoyée de ce concept nous interpelle à plusieurs titres. L’ultra libéralisme s’appuie sur la promotion dogmatique du consumérisme et de l’individualisme.

Le consumérisme nous fait croire que l’unique but de nos existences se résume à la consommation frénétique des biens et des services dont notre modernité nous donne la « jouissance ». Cette propension de notre société à tout dévorer, produit sur les populations une névrose globale qui tend à confiner le bien ou le bonheur à la seule vacuité de nos achats compulsifs. Nous existons donc parce que nous consommons, et pour consommer il nous faut de l’argent. De fait, nous n’existons que si nous avons de l’argent!

L’individualisme, autre mamelle de l’ultra libéralisme, réduit la perception de notre environnement à la simple expression de notre égo. Cette vision étriquée du monde dans lequel nous vivons entrave notre capacité à l’empathie, elle brise les chaînes de solidarités naturelles et atomise la société jusqu’au sein des familles. Elle permet à l’individu de ne plus se comporter comme un animal grégaire (ce que nous restons intrinsèquement). Elle permet à ce même individu de faire sauter les verrous psychologiques qui limitent le recours à la violence. L’individualisme participe de cette déshumanisation de nos relations, ne plus voir en l’autre un autre soi permet de se dédouaner à bon compte de nos responsabilités réciproques.

Il y’a donc un travail de fond à organiser en terme d’éducation, de redéfinition de projet commun. Un travail de longue haleine que les mesures populistes de sanctions des familles ne peuvent en aucun cas résoudre.  Mais puisqu’il faut émettre un avis sur l’autorité des familles, il faut re-contextualiser celui ci dans le cadre des crises multiples qui ravagent notre société. Si la reconquête de l’autorité de l’état ne se fera que par le biais simultané de l’exemplarité et de son investissement dans les quartiers. L’autorité des familles ne se fera, pour sa part, que de par le rétablissement de la souveraineté économique d’une multitude de familles. On ne peut continuer à dénoncer « l’économie parallèle », si d’un autre coté « l’économie légale » continue à fonctionner sur des piliers comme la discrimination de masse, l’apolitisation des classes populaires, le démantèlement des services publics, la déréglementation du travail (flexi-sécurisation), la précarisation des salariés et des sans emplois, et l’inégal accès au logement, à la santé et à l’éducation! Pour que l’éducation puisse s’appuyer sur un modèle social efficient il faut rétablir, par la lutte contre toutes ces inégalités et aussi contre le chômage et la précarité, l’harmonie au sein de la cellule sociale de base qu’est la famille. Et cela on ne peut y parvenir que par des mesures énergiques de relance de l’emploi et d’éducation dans les quartiers populaires.

3) La Justice pour tous !

Quitte à radoter, nous répéterons inlassablement que l’égalité est le ciment de la démocratie. Sans elle rien de solide ne peut être construit. Une société qui produit autant de contradictions dans la façon dont elle juge les faits et les personnes ne peut être vouée qu’à la faillite et à l’anarchie. Rien, nous disons bien rien, n’est plus révoltant que l’injustice sociale ! Cette injustice est le ferment de toutes les colères, de tous les renoncements. Sans entrer dans le débat sur le déterminisme, le contexte violent favorise la violence. L’injustice et les inégalités favorisent les comportements déviants. Une société qui tolère l’injustice creuse sa propre tombe ! Une victime est une victime, sans distinction de race, d’âge, de sexe, d’appartenance religieuse ou de classe sociale ! De la même manière nous rappelons qu’un assassin est un assassin…fût il policier dans l’exercice de ces fonctions ou en dehors de son service ! Et il doit être jugé en tant que tel ! Si l’on transige avec cette loi inaliénable, c’est l’ensemble de l’édifice qui s’écroule ! Nous faisons ainsi notre cette antienne de la lutte pour les droits civiques : « Pas de Justice, Pas de Paix ! ». Nous ne sommes pas juristes mais cette vérité est fondamentale, rien ne saurait être discuté sans la ratification de ce préalable !

Pour finir, cette « guerre » qui ne dit pas son nom est avant toutes choses un immense gâchis humains. Nos pensées vont aux familles et aux amis de ceux qui sont tombés. Qu’ils reposent en paix ! Nous souhaitons par nos paroles et par nos actes témoigner de notre accablement et nous assurons les proches que nous ne laisserons pas leurs disparus êtres salis, désincarnés, déshumanisés ! Nous sommes accablés et nous nous demandons : « combien de fois encore allons nous accompagner nos proches jusqu’à leurs tombes ? Combien de temps encore allons-nous accepter que les nôtres tombent ? »₂.

A ces questions nous demandons des réponses aux pouvoirs publics, mais nous nous tournons aussi vers nos quartiers pour leur dire qu’il est temps de faire quelque chose pour nous même, pour nos familles, nos amis, nos voisins. Seule la solidarité, la conscience et la confiance dans notre communauté de destin rendra nos vies plus sûres et donnera un avenir à nos enfants !

 

 

BENSAADA Mohamed Pour

 Quartiers nord/Quartiers Forts

 

Marseille, le 21/03/13

 

 

« Bienvenue à Gotham City » – 10/10/2012- QNQF

 « Ministère Amer » -  Prélude au Réveil – 95200 – 1994

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