Le monopole de la violence ou la violence du monopole ?

Le monopole de la violence ou la violence du monopole ? balance-justice1-285x300Amnesty, dans un rapport récent, dénonçait les méthodes d’immobilisation et l’impunité des forces de l’ordre, dans les affaires ayant entraînées la mort de personnes au cours ou à la suite d’interpellations. L’ONG s’appuyait en partie sur le cas de Hakim Ajimi, mort à l’age de 22 ans le 9 mai 2008 à Grasse.

Cette tragédie, parce que ç’en est une, rassemble à elle seule l’ensemble des absurdités et des impasses de notre société. On peut continuer à feindre et à ignorer le problème moral (nous osons le mot) que cette affaire pose à la Démocratie française, au pacte social, au peuple et aux élites, on peut en effet laisser macérer cette injustice et ce déni d’humanité que l’on a fait subir à ce jeune homme, à sa famille et à ses proches…

On peut aussi considérer que c’est un « dommage collatéral »  d’une montée en puissance de la politique sécuritariste que la majorité des français à voulue ardemment en élisant Mr Sarkozy en 2007. On peut euphémiser cette histoire en usant de poncifs écœurant du style « on ne fait pas d’omelette, sans casser d’œufs… » et autres saloperies du genre. Tout ça on peut le faire et d’ailleurs beaucoup le font.

Mais la question que nous pose d’outre-tombe Hakim, continue et continuera de hanter notre inconscient collectif : « Qu’ai je donc fait pour mériter ce traitement ? Quelle est donc cette société qui s’accommode aussi aisément  d’une pareille injustice ? ».

Le mot est lâché, JUSTICE, en gras et en majuscule ! C’est la pierre d’angle sur laquelle on construit l’égalité. Sans la Justice il n’y a pas d’égalité, sans l’égalité il n’y a pas de démocratie. Tout le reste est superflu, billevesées, sophisme et discussion absconses. Tout le reste est douleur absurde, sadisme insoutenable et reniement de ce qui doit faire de nous des êtres humains capables de se regarder encore en face sans cette amertume de la culpabilité qui nous hante, sans cette impardonnable  soumission à l’arbitraire !

La facilité voudrait que nous dénoncions le racisme d’état, nous pourrions le faire, mais il y’a longtemps que nous avons renoncé à la facilité et a la démagogie. Dénoncer l’état comme seul responsable, c’est nous dédouaner de nos responsabilités individuelles et collectives !

L’état français, au final, surtout dans cette démocratie des sondages, légifère au gré  de l’actualité, des phobies et des préjugés de nos concitoyens. Il met progressivement en place un arsenal juridique de plus en plus menaçant et restrictif pour les minorités. Mais il est hélas à l’image de ce qu’est la France aujourd’hui ! Un pays effrayé par lui même, bercé par le chant lancinant de la xénophobie et de l’islamophobie ambiante, recroquevillé sur un héritage fantasmé, refusant de thésauriser sur le potentiel de toute une jeunesse trop basanée, trop noire, trop musulmane, trop…différente.

Incriminer l’état et seulement l’état est  un raccourci puérile, il peut satisfaire un discours ou la construction d’une thématique politique, mais il fait l’économie de la vraie réflexion sur le racisme et la nature raciste d’une société, comme le disait Fanon, il ne peut y avoir de degré dans le racisme.

De plus il permet à nos détracteurs de nous faire passer pour de joyeux débiles avec qui aucune discussion sérieuse n’est soutenable. Il ouvre la porte aux comparaisons foireuses, aux extrapolations improbables et enferme le débat hors de l’essentiel.

Quel est cet essentiel ? : Hakim est mort ! Pourquoi est il mort ? et de quoi est il mort ? Si la justice française répond à ces questions, personne ne pourra soustraire les coupables à leurs peines, parce que le dossier est lourd, les témoignages accablants, la défense confuse et la perte de ce jeune homme irréparable pour sa famille, mais aussi pour toutes celle et ceux qui croient en la justice et qui sentent un frisson dans le dos à chaque fois que l’on évoque ce nom et ce prénom, HAKIM  AJIMI, parce que l’arbitraire aurait pu frapper n’importe qui, n’importe où, surtout dans nos quartiers populaires, Hakim aurait pu être notre voisin, notre frère, notre fils…et de fait il l’est !

C’est pourquoi nous rappelons cette mobilisation incontournable autour du procès à Grasse qui se tiendra du 16 au 20 Janvier 2012, avec en point d’orgue une manifestation de soutien a la famille et au comité Hakim Ajimi le 7 Janvier 2012*.

Soyons nombreux à demander que Justice soit faite !

Quartiers nord/Quartiers Forts.                                                                                                 Marseille, le 21 décembre 2011

* :  Rassemblement samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard
      Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle            .

      Un car au départ de Marseille est prévu, Contacts : Adil    : 06 13 20 51 51

                                                                                               Sonia : 06 26 38 38 01

 

 

Soutien au COMITE JUSTICE ET VERITE POUR HAKIM AJIMI

Soutien au COMITE JUSTICE ET VERITE  POUR HAKIM AJIMI dans National HAKIM-AJIMIJUSTICE POUR HAKIM !
PROCES DES RESPONSABLES DE LA MORT D’HAKIM AJIMI
MOBILISATION GENERALE
Nous avons besoin de votre soutien actif!

ENFIN !!!

Après 4 ans de recours visant à passer entre les mailles du filet, les 7
policiers responsables de la mort de Hakim Ajimi, survenue à Grasse le 9
mai 2008, devront comparaître au Tribunal de Grasse du 16 au 20 janvier
2012 :

• 2 policiers de la BAC (brigade anti criminalité) pour « homicide
involontaire »
• 1 policier municipal et 4 agents de Police Secours pour «non-assistance
à personne en danger»

LA JUSTICE SERA-T-ELLE IMPARTIALE ?

Le Comité Vérité et Justice pour Hakim Ajimi appelle à une mobilisation
active en mémoire de Hakim, en soutien à ses proches et pour unir nos
forces :

• rassemblement samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard
Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle

• forum public pendant la semaine du procès, devant le Tribunal de Grasse :
- lundi 16 janvier à 9h
- chaque jour de 16h à 18h (point-info)
- vendredi 20 janvier toute la journée

RESTONS UNIS!!!

 

Assemblée Publique Printemps des Quartiers

Assemblée Publique Printemps des Quartiers dans National AffichePrintemps2012-verte1

Construction politique : Acte II

Construction politique : Acte II dans National no-n2-150x125Le journalisme actuel* est ainsi fait que même lorsqu’il est exercé avec intégrité, il ne peut s’empêcher d’abdiquer devant la dictature du format, la priorisation subjective des événements et l’étiquetage frénétique des démarches. En gros l’analyse politique de fond est souvent sacrifiée au bénéfice de l’immédiateté.

L’article de Politis tente en quelques lignes de faire la synthèse de dizaines d’heures de débats, de 9 mois de préparation, d’échanges sur la forme et sur le fond, de prises de paroles, d’affrontements et de convergences.

L’état d’esprit du journaliste mais aussi de toutes celles et ceux qui pensaient que tout s’articulerait de façon naturelle, sans pierres d’achoppement, sans discussion sur le fond et la forme, dans une sorte d’œcuménisme politique béat infantile, ne manque pas de nous inquiéter.

Évidemment non, rien de tout cela ne pouvait se produire ainsi. Les participants de ces 3ème rencontres sont tous des citoyens engagés, des militants de longue date pour la plupart qui, nourris de leurs réflexions et de leurs expériences individuelles et collectives savent à quel point un processus de construction politique est une démarche complexe, longue et périlleuse.

Évidemment oui, ces militants sont aussi complexes et déterminés que les autres acteurs politiques et associatifs de France et de Navarre, et oui ils discutent et se disputent parce que le débat contradictoire est l’âme de la démocratie, n’en déplaise aux laudateurs du « y’a qu’a, faut qu’on ! ».

Parler d’un demi échec, sous entend aussi que l’on parle d’un demi succès, même si la vision extrêmement réductrice de l’affrontement entre le PIR et le FSQP est une offense faîtes aux nombreux militants présents lors de cette rencontre qui n’appartiennent à aucune de ces deux structures. Cette assertion piétine aussi le dévouement et l’intégrité des organisateurs qui ont dépensés une année entière de leurs vies à la réalisation de cette rencontre. Mais qu’importe le fond du problème est ailleurs.

Les FSQP successifs et les 3 rencontres, celles d’Aniche, de Marseille et de Créteil, font système, elles contribuent à déterminer un ADN politique commun qui synthétise l’ensemble des luttes de l’immigration et des quartiers populaires. C’est un long processus de compilation, d’analyses et de maturation qui progressivement définit notre patrimoine politique commun. On ne peut pas encore parler de Corpus Idéologique, ni de plateforme programmatique. Les débats sur nos orientations sociales, économiques et politiques n’ont pas encore eus lieu de façon formelle. Et si tout le monde s’accorde à dire qu’il y’a nécessité de créer un mouvement politique de l’immigration et des QP, les deux options de la déclaration commune (Acte II) en sont les émanations stratégiques divergentes sur le court terme mais indubitablement convergentes à moyen terme.

Nous devions, au sortir de la séquence politique FSQP (Acte I) et Rencontres (Acte II), valider la création d’un Front Uni, dont le but était de donner une cohérence globale dans l’unité d’action aux mouvements issus de l’immigration et des QP. Cette première pierre posée nous aurait permis de coordonner nos actions locales, de les mutualiser et de court-circuiter toutes les tentatives de préemption des thématiques et des luttes que nous menons. C’était, au dire d’un camarade, « le minimum syndical militant » que tout le monde pouvait signer.  Cela nous permettait d’éviter la focalisation sur les échéances électorales à court terme et la mise en place rapide de 2 ou 3 manifestations d’ampleur nationale qui matérialiseraient la création d’un mouvement politique autonome de l’immigration et des QP. Cela nous permettait aussi de structurer sereinement le futur parti au sein duquel nous souhaitons tous nous retrouver.

Parce que simplicité ne signifie pas simplisme, il faut bien prendre en compte ce que veut dire créer un parti. La démocratie est une discipline très exigeante, et nous ne pouvons pas nous payer le luxe de nous en passer. Pour créer un parti il faut tenir compte des différents niveaux de réflexions, d’implications et de structuration des différentes organisations et individus qui y adhéreront.

Aussi il faut, pour éviter l’enlisement dans les contestations et les frustrations, cadrer au maximum le processus démocratique pour garantir une juste représentation de toutes les sensibilités. Si le rapport de force est une donnée essentielle de la vie politique dans les relations entre exécutifs locaux, régionaux et nationaux, c’est la conviction et la solidarité, le respect et la fraternité qui doivent régir en interne les relations que nous entretiendrons entre nous.

Il faudra donc penser à un congrès fondateur, à des assemblées générales décentralisées pour que les débats aient lieu aussi en région, à des motions d’orientations et des motions ponctuelles qui seront débattues et votées, à l’élection d’exécutifs à tous les échelons, ainsi que l’élection de délégués au futur congrès. Ce congrès au sein duquel sera votée notre ligne politique et nos orientations stratégiques, il faudra nommer des commissions thématiques et des commissions techniques chargées de mettre en application les décisions prises et gérer les investitures pour éviter les usurpations et les conflits, il faudra organiser le secrétariat national et le porte-parolat pour assurer notre lisibilité et notre visibilité…il faudra encore beaucoup de café, de sueur, de cris, de larmes, de rires et d’embrassades pour que nous y arrivions…mais nous y arriverons !

Quartiers Nord/Quartiers Forts, décide d’opter pour la construction du Front Uni de l’Immigration et des QP, nous respectons la décision des structures et des camarades qui souhaitent s’engager dans la création immédiate du mouvement politique de l’immigration et des QP, nous les saluons fraternellement et leur souhaitons avec sincérité le succès dans leur entreprise. Nous leur donnons rendez vous dans les luttes qui nous sont communes et dans lesquelles nous ne manquerons pas de nous retrouver.

« Politiser les masses, ce n’est pas, ce ne peut pas être faire un discours politique. C’est s’acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d’elles, que si nous stagnons c’est de leur faute et que si nous avançons c’est aussi de leur faute, qu’il n’y a pas de démiurge, qu’il n’y a pas d’homme illustre responsable de tout, mais que le démiurge c’est le peuple et que les mains magiciennes ne sont en définitive que celles du peuple. ». Frantz FANON

 

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille, le 2 Décembre 2011

 

 

* Lire article Politis « La création d’un « front uni » des quartiers est reportée » – 28/11/2011

 

DECLARATION COMMUNE DES PARTICIPANT-E-S LORS DE LA TROISIEME RENCONTRE DES LUTTES DE L’IMMIGRATION LE DIMANCHE 27 novembre 2011 A CRETEIL

arton677.jpgDepuis des décennies nos quartiers populaires sont paupérisés, précarisés, discriminés, surveillés, contrôlés.
Depuis des décennies les habitant-e-s des quartiers populaires et les populations issues des immigrations sont injuriées, humiliées, méprisées, institués comme ennemi de l’intérieur.
Mais qu’on ne se trompe pas, nous sommes exploités, mais non soumis-e-s, opprimé-e-s mais non résigné-e-s, dominé-e-s mais non dompté-e- s..
Des résistances existent, mais sont éparpillées, les mobilisations sont multiples mais invisibles, les combats ne sont pas nouveaux mais insuffisants à changer réellement le rapport de force.
Cette situation catastrophique de nos quartiers populaires est nous le savons liée à notre absence d’auto-organisation coordonnées pour nos quartiers populaire visible au niveau national, capable de produire les rapports de force sans lequel rien ne peux changer.
Elle est liée à la confiscation de notre parole par les organisations et partis politiques qui ne connaissent rien de notre situation, qui la travestissent, l’instrumentalisent, l’euphémisent.
Pour toutes ces raisons les présent-e-s à l’assemblée s’entendent sur la nécessité du passage au politique pour :

· peser sur le rapport de force, par des mobilisations militantes communes sur l’ensemble du territoire,

· dénoncer et démasquer de manière commune toutes les attaques et tentative de récupération de notre situation et de notre combat,

· Etre présent pendant les prochaines campagnes électorales,

· Préparer les prochaines étapes de notre construction politique.
Pour assurer cette nécessité du passage au politique les débats ont débouché sur 2 options :

· La création immédiate d’un mouvement politique susceptible de représenter les intérêts des QP et des Immigrations. Pour les partisan-ne-s de cette option la situation d’urgence justifie ce passage. Première réunion le 17/12/2011 à Créteil).

· La fondation d’un Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires qui n’a pas vocation à remplacer les organisations existantes mais d’être l’expression politique de notre expression commune. Première réunion le 18/12/2011 à Bagnolet.
Ces deux options ne sont pas contradictoires, mais reflètent l’état de notre situation et de nos débats.
Ces deux options continueront à être débattues entre nous, elles seront toutes les deux mises en œuvre par leurs partisan-ne-s respectifs.
Ensemble nous tirerons le bilan de ces deux expériences. C’est dans l’action que naîtra la forme d’organisation adéquate.

Présent-e-s : Bouamama Saïd, Benameur Nora, Badaoui Kamel, Kawtari Tarek, Ech-Chetouani Zouhair, Kokoreff Michel, Lounis Mohamed et Lounis Malika, Hadji Fatma-Zohra, Hessas Khadra, Kriens Samia, Mechta Besma, Sadaoui Nadia, Benatia Abdellah, Bouhalli Rajette, Bouhalli Henda, Slaouti Omar, Sofi Abdelkader, Malika-Sandrine Charlemagne, Khélifi Amara, Kutlu Evrim, Khélifi Fatiha, Goma Banthoud, Tahiri Moulay , Bouadma Hassen, Deneux G, Mangeot Odile, Zerkaoui Atman, Chik Michaël, Darceaux Christian, Benchourak Ouahiba, Coppin Noémie, Bensaada Mohamed, Klabi Tarek, Chaambi Abdelazziz, Youssef Girard, Achour Nadjib, Devigne Vincent, Chetty Janina Rani, Marie-Cécile Pla, Catherine Krcmar, Driss Nabi, Liedri Ahmed, Mouhajer Ahmed, Bousshour Issam-Eddine, Johsua Nico, Samira Belfaquih, Amara Khelifi, Berrahoui Safia, Milizi Fatiha, Ildefonse Niguèle, Fajry Adil, Djaafri Saïd, Atia Abdelkader, Mohammadi Mustapha, Yadel Zohra, Karim Messaoudi, Alima Boumediene, Hasna Abid, Karim Taharount, Samir Hadj Belgacem, Amghar Rachid, Meddour Zouina, Koskossi Nabil, Djoli Mokoka, Mostefaoui Fatima, Hadj-Chikh, Mostefaoui Nadjma, Ghares Mounir, Cherfi Cherif, Mechmache Mohamed, Dehli Abdel, Bennaï Farid , Ahcen Meharza, Hedi Akkari, Zarguit Ali, Dehbi Fadila, Traore Bila, Bouteldja Houria, Mezzine Hassan, Boussoumah Youssef, Aït Mohamed Abd-El-Kader.

Cette déclaration, dite Acte 2 fait suite à celle adoptée le 11 Novembre 2011 (l’Acte 1) lors du 4ème FSQP à Saint-Denis, disponible ici : http://fsqp.fr/Mouvement-politique-acte-1.html, elle est en ligne sur le site de la 3ème rencontre de l’Immigration là : http://luttesdelimmigration.org/?p=430

Printemps 2012 : Pour Exister politiquement !

La séquence politique à venir est déjà là toute proche, nous lisons les déclarations, les positionnements, les postures et parfois les impostures. Nous savons que les communicants n’en finissent plus de faire des rapports et de scruter avec fébrilité les quartiers populaires et l’agitation politique qui pourrait en surgir. Nous savons aussi que l’heure des grandes manœuvres à sonnée et que les exécutifs politiques qui ont longtemps méprisée cette vitalité populaire et démocratique ne peuvent plus se payer le luxe de la dédaigner…c’est déjà une victoire en soi !

Mais elle ne suffit pas, pire elle est synonyme de danger pour un mouvement autonome encore en gestation. Le recul de l’histoire nous permet d’être péremptoire et d’affirmer avec force et détermination que nous savons comment et qui a sabordé l’espoir des marcheurs pour l’égalité de 83. Nous savons qui a instrumentalisé cette cause à des fins bassement électoralistes et qui a sciemment saboté toute la dynamique éminemment politique de ce mouvement en l’enfonçant dans un apolitisme infantilisant et facilement manipulable.

Nous avons aussi vu la traîtrise et la lâcheté, le lynchage de toute une génération à qui l’on ne cesse de répéter dans les discours officiels qu’ils/elles sont les fils et les filles de la République, et autres sornettes illusoires qui sont mille fois démenties dans leurs quotidien par les discriminations de masses, les raccourcis médiatiques ravageurs et le populisme crasseux de la Droite et du FN. En 2005 l’insurrection n’a pas été politiquement relayée, parce que ce pays ne se reconnaissait pas dans cette jeunesse et qu’il préfère s’identifier plus volontiers à celle qui défilait contre le CPE. Pourtant les deux méritaient d’être, si ce n’est soutenue, au moins comprise et rassurée ! Pour notre part, épris d’égalité et de justice sociale nous ne les avons jamais opposées ! La fracture sociale est aussi une fracture trans-générationnelle, une fracture de classe que le discours islamophobe souhaite transformer en fracture ethno-religieuse.

Aussi l’Histoire est un éternel bégaiement…pour les amnésiques, les signataires de l’Appel Printemps 2012 ne le sont assurément pas !

SOS Racisme nous à transformé en gentils beurs (terme exécrable) et en gentils blacks sympas et désinvoltes qui veulent juste que les méchants racistes arrêtent des les tirer comme des lapins. Des jeunes gens éternellement jeunes et insouciants qui ne peuvent briguer aucune charge, ni aucune responsabilité s’ils ne se départissent pas de leurs singularités. En d’autres mots pour la jeunesse des quartiers il fallait soit passer sous le bulldozer assimilationniste, soit se voir condamné à vivre en survêt et casquette jusqu’à la retraite, à danser sur du Hip hop ou à jouer au foot. Plus tard NPNS a cité à comparaitre toute la jeunesse masculine de nos quartiers devant les tribunaux de la République, au motif que nos jeunes gens étaient tous potentiellement des violeurs décérébrés et des intégristes phallocrates aux mœurs arriérés et aux comportements archaïques. Mais le plus grand tord que cette officine ait pu faire dans le débat contradictoire qui oppose les forces politiques issues de l’immigration post coloniale aux institutionnels, est l’installation d’un piège idéologique simpliste (mais ô combien efficace) qui consiste à répondre à toutes les aspirations égalitaires légitimes des classes populaires par un rappel à l’ordre Laïciste. Un dialogue de sourd, puisque nous hurlons au droit et à l’égalité et que l’on nous répond Laïcité ! Comme si les deux s’opposaient ! Ce sophisme permet surtout de gagner du temps et de maintenir le mécanisme ségrégationniste en l’état, en gros on discutera avec vous lorsque vous ne battrez plus vos femmes, vous arrêterez d’égorger vos moutons et quand vous finirez tout de même par admettre l’ordre établi et la diversité cosmétique que nous consentons de façon magnanime a vous accorder !

Ces grosses associations soutenues par le PS et d’autres jusqu’a la Droite ont finit par institutionnaliser l’antiracisme. Aujourd’hui d’autres tentent de « cadrer » le mouvement issu des quartiers populaires. Tout le danger est là, parce qu’il représente en soi une menace réelle de dévitalisation de la dynamique politique enclenchée.

Entre la xénophobie de Droite, le paternalisme débilitant de Gauche et l’Islamophobie générale, l’espace politique est restreint et nous voguons de Charybde en Scylla. Mais cet espace existe et nous pensons que la démarche de Printemps 2012 arrive au bon moment, au bon endroit et avec les bons acteurs. Cette initiative fait le pari que c’est la solidité de son ancrage populaire et la conséquence de sa base qui lui assureront la réussite. Ainsi le débat ne sera pas confisqué et confiné à des échanges convenus entre « gens de bonne composition ».

Les comptes politiques ne sont pas soldés, loin s’en faut, nous signons cet appel parce que nous voulons reposer les bases du débat sur les quartiers populaires, en utilisant cette fois ci le prisme du ressentiment légitime des habitants de nos quartiers, dont la situation est connue et ne fait plus débat. Mais cette situation mérite des éclaircissements, soit nous habitants des quartiers populaires sommes des citoyens de seconde zone avec des devoirs similaires et des droits diminués de façon officielle, soit nous sommes toutes égaux et libres et jouissons pareillement des mêmes droits et devoirs que nos autres concitoyens. L’interpellation n’est pas anodine, elle rebat les cartes et fait tomber les masques.

Printemps 2012 est une chance unique de mettre en place cette convergence des luttes populaires, de les structurer, de mutualiser les expériences et les compétences de terrain. C’est une chance unique de transformer cette matière militante incandescente en matière politique, une chance d’enfin mettre en pratique les valeurs de solidarité, de partage, de fraternité dont nous nous réclamons. C’est une chance d’étancher enfin notre soif inextinguible de justice sociale, et d’assouvir notre faim d’égalité.

Tous les futurs sont possibles, mais ils dépendent aussi de la façon dont nous les construirons, nous avons la possibilité de nous unir dans le respect de nos divergences et de la plateforme politique que nous établirons collectivement. Mais nous sommes toutes et tous déterminés à exister, et comme disait Sayad « Exister, c’est Exister politiquement ». Nos identités ne sont pas négociables, nos revendications ne sont pas à minorer, et notre sincère dévouement à la cause de nos frères, de nos sœurs et de nos camarades des Quartiers populaires n’a d’égale que notre détermination. A nous maintenant de nous montrer digne de cet espoir !

Quartiers Nord/Quartiers Forts

Marseille le, 29 Octobre 2011

2012 : pour un printemps des quartiers populaires !

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« Nous rendons public cet
« appel à un printemps des quartiers populaires » ce 27 octobre, date de commémoration de la mort de Zyad et Bouna à Clichy-sous-Bois qui a marqué le début des révoltes de 2005. Notre préoccupation est d’amplifier et mutualiser ce qui, du local au national, exprime la légitimité de ces révoltes tout en s’attaquant à leurs causes profondes: les politiques d’un système en crise, qui cherchent à briser tout cadre de résistance collective et solidaire, notamment à diviser sur des bases islamophobes et xénophobes, pour se maintenir.
C’est avec l’objectif de réunir des forces éparpillées pour préparer ensemble un Printemps de la Dignité des Quartiers Populaires en 2012, que nous soutenons le Forum social des quartiers populaires (FSQP) et les Assises des luttes de l’immigration, qui se tiendront de façon coordonnées, respectivement à St Denis les 11-12 et à Créteil les 25-26 et 27 novembre, ainsi que toutes les initiatives ancrées dans la réalité des quartiers et qui aspirent à la convergence des luttes. »

Chacun le sait… ceux qui vivent dans les quartiers populaires, les femmes et les hommes, issus de l’immigration ou pas, souvent musulmans, noirs ou roms sont soumis à la ségrégation, au chômage, au racisme, et au contrôle policier au faciès – et ne trouvent dans les institutions et la vie politique aucun moyen d’exprimer leurs attentes et aspirations. Les oppressions et les résistances qui se tissent dans les banlieues, sont traitées en termes de problème sécuritaire ou de réactivation de l’« identité nationale » – les musulmans d’aujourd’hui étant de plus en plus stigmatisés comme les juifs d’hier. Quel journaliste, quel discours politique voudra prendre à bras le corps ces questions et dénoncer l’islamophobie sur les plateaux de télévision, faire le bilan de toutes les lois répressives contre l’immigration ? Qui confrontera les lectures sectaires de la laïcité et leurs projets liberticides à l’expérience quotidienne de leurs victimes et aux fondements juridiques des droits? Si la nécessité de combattre le racisme est évoquée, pour faire pièce à Marine Le Pen ou à Nicolas Sarkozy, rien n’est fait pour que la lutte contre la ségrégation urbaine, les discriminations raciales et la précarité, soit un axe fondamental de réponse aux exigences portées par les révoltes de 2005 dans les quartiers populaires.

La misère et les inégalités s’élargissent avec les crises financières et les pseudo plans de « sauvetage » détruisant sur leur passage emplois et acquis sociaux; les Etats renflouent les banques mais veulent supprimer les services publics et rendre les populations coupables et comptables de la crise ; le fossé se creuse entre les minorités privilégiées et la grande masse des populations de plus en plus précarisées, pendant que les puissances impériales poursuivent leur déploiement militaire, semant partout la désolation et la guerre.

Pour notre part, puisant notre énergie et notre inspiration dans la révolte des quartiers en 2005, dans les luttes pour l’égalité réelle, dans l’élan révolutionnaire des peuples du monde arabe et la lutte du peuple palestinien pour ses droits, dans les mobilisations exemplaires en Afrique, à Mayotte et celles des « Indignés » de la Grèce aux Etats-Unis, de l’Espagne au Chili, nous refusons de n’imaginer le futur que sous la forme d’une droite libérale, sécuritaire et raciste ou sous celle d’une gauche gestionnaire d’un ordre admis. Nous sommes convaincus qu’existent des alternatives au désastre. Tout un monde d’oppression n’en finit pas de s’écrouler sous nos yeux qui appelle des solutions radicales qui doivent s’imposer dans les débats et accompagner les prochaines présidentielles.

Nous sommes un regroupement de militants et de personnalités de gauche, d’associations des quartiers, d’organisations politiques ou syndicales anti-racistes et décoloniales, déterminés à forcer le débat notamment durant la campagne présidentielle. Nous voulons aider à l’action et l’expression des populations exclues de tels débats, femmes et hommes, et porter quatre préoccupations :
- contre le racisme, en premier lieu le racisme d’Etat, l’islamophobie, la surexploitation, le harcèlement et l’expulsion des sans papiers ; contre les inégalités, la ségrégation urbaine – en nous revendiquant des droits égalitaires ;
- contre les violences institutionnelles de la police, de la justice, et, de l’école au Pôle Emploi, pour l’invention d’institutions démocratiques au service de toutes et tous ;
- contre les politiques libérales porteuses de la crise économique, en défense des droits sociaux fondamentaux ;
- contre les rapports de domination internationaux et néo-coloniaux en particulier en Palestine et en Afrique ou dans les DOM-TOM, en soutien aux exigences portées par les processus révolutionnaires en cours.

Cette dynamique « commence » le 27 octobre, jour anniversaire de la révolte de 2005.

pour signer l’appel :
2012 : pour un printemps des quartiers populaires !

Premiers signataires

Mohammad AKBAR, travailleur social, militant associatif, Mulhouse
Eve ALDRIDGE, Limousin
Zahra ALI, doctorante en sociologie, Al Houda,CEPT, Rennes
Sylvette AMESTOY, Maire adjointe Courdimanche 95, élue EELV
Omar ALSOUMI, ex Pt Génération Palestine GP
Houssen AMODE, retraité, St Denis, La Réunion
Mouloud AOUNIT, militant anti-raciste
Janie ARNEGUY, militante associative, Les Alternatifs, DNSI
Siham ANDAlOUCI, Militante associative, Lille
AXIOM, rappeur, Lille
Laziza BAKKALI AJC’REVé, Avignon
Alain BALTHAZARD, adhérent EELV 95
Stefan BEKIER, Interprète de conférence, NPA 95
Adda BEKKOUCHE,juriste, militant associatif, Colombes 92
Nora BENAMEUR, AJC’REVé, Avignon
Tarek BEN HIBA, militant associatif ancien conseiller régional Ile-de-France
Sarah BENICHOU, MTE, DNSI, NPA 75
Mohamed BENSAADA, Quartiers Nord/Quartiers Forts » QNQF- Marseille
Jean-Christophe BERCHE, Educateur en prévention, Nancy – NPA 54
Thierry BONHOMME, NPA 54 Sud
Martine BOUDET,enseignante, Attac, Toulouse
Alima BOUMEDIENE-THIERY, juriste, responsable associative, ex-parlementaire, Paris
Mahmoud BOURRASSI, Militant associatif Ile-de-France, CMF
Youssef BOUSSOUMAH, militant du PIR, Clichy la Garenne
Houria BOUTELDJA, PIR
Jean BRAFMAN, ancien conseiller régional, FASE
Youcef BRAKNI, militant associatif Bagnolet,PIR
François BRUN, DNSI, NPA75
Claude CALAME, historien, EHESS, ATTAC, LDH, NPA 75
Khadija CASSAM, professeur d’université, St Pierre, La Réunion
Fathia CHAARI, militante féministe
Malika-Sandrine CHARLEMAGNE, militante associative, Paris
Antoine CHAUVEL, Génération Palestine, NPA Le Mans
Nouh CHEBBAÏ, militant associatif, Paris
Mouhieddine CHERBIB (FTCR)
Mamode CHOTIA, Professeur de Lycée, Tampon, La Réunion
Ismahane CHOUDER (CFPE, MTE, PSM),
Marie-Pascale COUTTAUSSE (éducatrice spécialisée, militante associative, Toulouse)
Marie COSNAY (écrivain, enseignante)
Monique CRINON (CFPE, MTE, Cedetim),
Philippe CORCUFF (enseignant-chercheur en sciences politiques, Lyon, altermondialiste)
Thomas COUTROT (économiste, militant associatif)
Nadir DENDOUNE, journaliste et écrivain
Kamel DJELLAL (MJCiqp),
Bernard DREANO, Cedetim (centre d’études d’initiatives de
solidarité internationale)
Driss ELKERCHY (Pt ATMF),
Abdallah EL MARBATI (association parents d’élèves Argenteuil)
Abdelkhalek ELMODEN (responsable associatif, Bagneux)
Fadila EL MIRI, militante associative, Marseille
Nabil ENNASRI (Pt CMF),
Mireille FANON- MENDES-FRANCE (membre de la fondation Franz Fanon)
Sonia FAYMAN (UJFP)
Adil FAJRY (animateur territorial militant associatif et politique au NPA)
Patrick FARBIAZ, Sortir du Colonialisme
Gisèle FELHENDLER, Sortir du Colonialisme, NPA 75
Amaël FRANCOIS, Ehess/Sciences Po, ex porte-parole SUD Etudiant, NPA.
Véronique GALLAIS, socio-économiste, membre du CS d’Attac 75
Vanina GIUDICELLI, commission anti-raciste du NPA, DNSI, Montreuil, 93,
Serge GUICHARD, PCF, Association de solidarité en Essonne aux familles Roms
Hamé, du groupe LA RUMEUR
Fouzia HAMHAMI, ATMF, Argenteuil
Moustafa HASSANALY, directeur de société, St Denis, La réunion
Omar HATIA, retraité Education nationale, Tampon, La Réunion
Françoise HICKEL, éducatrice PJJ, Montreuil-sous-bois, 93
Iqbal INGAR, Gérant de société, St Denis, La Réunion
Amode ISMAE DAOUDJEE, Mèdecin, St Pierre, La Réunion
Sulliman ISSOP,journaliste, St Pierre, La Réunion
Aïcha JABRANE, Prte de l’observatoire de la diversité, membre du conseil fédéral d’EELV
Abdoul KASSOU, retraité, St Denis, La Réunion
Marie-Céline KASSOU, retraitée, St Denis, La Réunion
Sarah KASSOU, fonctionnaire, St Denis, La Réunion
Virginie LAGHRIB, Al Houda, Rennes
Jean-Marc LAMARRE, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation à Nantes, NPA 72
Chamous LARISSE, Al Houda, MTE, CFPE,
Catherine LEBRUN, syndicaliste
Olivier LE COUR GRANDMAISON, historien,DNSI
Laurent LEVY, essayiste, CEPT
Elisabeth LONGUENESSE, sociologue
Karim LOUCHENE, CMF, Lyon
Bernard MACKALAND, La Martinique
Yamin MAKRI, Editeur, militant associatif, Lyon
Abdoul Kader MAMOODJEE, Employé de commerce, Tampon, La Réunion
Chaïda MAMOODJEE, Adjointe administrative, Tampon, La Réunion
Réhane MAMOODJEE, technicien, Le Port, La Réunion
Mohamed MAOIHIBOU, Agent territorial, Le Port, La Réunion
Béatrice MARTIN, Al Houda, Rennes
Marwan MUHAMMAD, Foul Express
Gustave MASSIAH, économiste, CMIL -cercle migrations et libertés
Odile MAURIN, militante associative du champ du handicap, Toulouse
Lisette M’BAIREH, PIR
Sofiane MEZZIANI, Lille, Pt Citoyens de la réforme, CMF,
Younous MOGALIA, Employé de commerce, St Denis, La Réunion
Rosa Mollet, Lille
Bénédicte MONVILLE-De CECCO, anthropologue/enseignante
Salim MOTARA, Directeur de département, St Denis, Réunion
Sonia MOUSSAOUI, CFPE, étudiante, St Etienne,
Danièle OBONO, militante antiraciste et altermondialiste
Laurent OTT, philosophe, Association Intermèdes, Robinson
Abdoul Rahman PATEL, chef d’entreprise, St Louis, La Réunion
Anis PATEL, étudiant, Tampon, La Réunion
Anwar PATEL, fonctionnaire territorial, Tampon, La Réunion
Nazir PATEL, professeur de Lycée, Tampon, La Réunion
Nazemir PATEL, professeur de lycée, Tampon, La Réunion
Jan PAUWELS, infirmier, syndicaliste, MRAP, NPA, Lille
Ndella PAYE, CFPE, MTE, PSM
Denis POULAIN, enseignant,Réseau de vigilance citoyenne, NPA La Rochelle
Marc PRUNIER, syndicaliste, Conseiller Municipal 94, militant solidarité « Palestine », NPA
Yves QUINTAL, directeur d’école, association egalité toulouse mirail 31
Tariq RAMADAN, universaire
Sonia RABAHI, enseignante 93
Ali RAHNI, membre EELV, CMF
Julien RIVOIRE, Militant solidarité palestine
Marguerite ROLLINDE, militante associative 93,
André ROSEVEGUE,co- Prt de l’UJFP
Jean-Marc ROUILLAN, écrivain, NPA Marseille
Khaled ROUMO, auteur et poète, Paris
Farah SADAOUI, Génération Palestine, Saint-Denis (93)
SAÏDOU, rappeur, ZEP – MAP
Harbia SAIFI, Réflexion13, Marseille
Catherine SAMARY, économiste, CFPE, MTE, NPA, altermondialiste
Miguel SEGUI, Animateur de quartier NPA 92
Geneviève SELLIER, Professeure en études cinématographique – Bordeaux 3
Michèle SIBONY, co-pte de l’UJFP
Pablo SEBAN, collectif Générations Spontanées, Toulouse),
Omar SLAOUTI, Militant associatif 95, NPA
SKALPEL, rappeur, Collectif bboykonsiant, Paris
Djamila SONZONI, élue Europe Ecologie les Verts
Saléha SOVEL, ajointe administrative, St Denis, La Réunion
Pierre STAMBUL, UJFP, Marseille
Romain TELLIEZ, Universitaire, Aulnay-sous-Bois (93)
Martine TESSARD, enseignante retraitée, militante auprès des Sans Papiers, NPA Paris Centre
Emmanuel TERRAY, anthropologue
Pierre TEVANIAN, MTE, LMSI
Gerard Trainoir, enseignant et adhérent EELV, Argenteuil
Fayzal VALY, Imam, La Réunion
Georges VEYET, retraité, militant altermondialiste, Grenoble
Dominique VIDAL, historien et journaliste
Abdel ZAHIRI, AJC’REVé, Avignon
Saâd ZOUITEN, Comité La Courneuve-Palestine

Associations, collectifs, organisations politiques ou syndicales

Association Ensemble à Bagnolet, Al Houda (association des Femmes musulmanes de Rennes), Association REDA (Réflexion, Echanges et Débats en Alsace) ; AJC’REV (Agir pour la justice contre le racisme, l’exclusion et la violence), Avignon ; Collectif Générations Spontanées contre le racisme et l’islamophobie (Toulouse), Citoyens de la réforme, Lille ; D’ailleurs Nous Sommes d’Ici (DNSI), Melun ; Groupe Frantz Fanon Bagnolet ; Quartiers Nord-Quartiers Forts (QNQF) Marseille ; L’Art de la Paix – Bagnolet ;

Association des Marocains en France (AMF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Collectif des Musulmans de France (CMF), Fédérations des Associations de Solidarité avec les Travailleurs/leuses Immigré.e.s (FASTI) ; Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fondation Franz Fanon, Nouveau parti anti-capitaliste (NPA), Parti des Indigènes de la république (PIR), Union juive française pour la paix (UJFP)

Marseille comme on l’aime, Marseille comme elle est !

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Mme Manelli, dans un article paru dans la Provence en date du 26/09/11, s’en prenait violement au rapport intitulé « Les Marseillais Musulmans » publié par Françoise Lorcerie et Vincent Geisser.
Passons sur le titre et la « mise en scène » cousue de fils blanc de l’article dont le but est une évidente disqualification des auteurs de l’étude, un réquisitoire destiné à éloigner les curieux et à les dissuader de lire le travail de ces deux sociologues reconnus. Sans parler de la conclusion méprisante au possible de la journaliste : «une étude de cours élémentaire réalisée par deux chercheurs égarés. ».
Nous ne reviendrons pas sur l’attaque en « scientificité » de l’étude, la Provence ne sort pas grandie en publiant des articles dont l’argumentation est si pauvre et le manichéisme si caricatural !
De plus cet article est tourné comme une critique de film à la façon « j’aime/j’aime pas », nous rappelons juste qu’il s’agit d’une étude sociologique et que le fait d’aimer ou de ne pas aimer ce que l’on lit ou ce que l’on entend ne change en rien le contenu, la substance, l’essence de cette étude.
Le problème de cette étude est éminemment politique et sociétal, elle tend un miroir à la face de tous les marseillais, en disant voila ce qu’une partie non négligeable de vos concitoyens vit dans notre bonne ville de Marseille.
Cette étude est cruelle pour les tenants de la Marseille cosmopolite, creuset du multiculturalisme, porte de l’Orient, parce qu’elle donne la parole à celles et ceux dont personne ne se préoccupe (en dehors des campagnes électorales).
Pour notre part cette étude est un pas en avant utile pour la prise en compte de nombreuses problématiques longtemps remisées au placard des priorités sociales et politiques de cette ville, ce que nous y lisons c’est l’extraordinaire soif de justice sociale et d’égalité de traitement de nos concitoyens musulmans qui se vivent, pour la plupart, comme des citoyens de seconde zone.
Faut-il hurler pour se faire entendre ? Et dire que le roman municipal du « plus belle la vie » est une imposture sur papier glacé. Non Marseille pour beaucoup ce n’est pas ça !
Marseille vue des quartiers populaires, c’est un hyper-centre de moins en moins accessible, des quartiers minés par le chômage, dans certains « grands ensembles » le taux de chômage des moins de 25 ans atteint les 50%.
Marseille vue de nos quartiers c’est un développement économique vampirisé par le périmètre Euro méditerranée, au détriment des quartiers populaires du nord et du centre qui n’en finissent plus de sombrer dans la précarité et la relégation sociale.
La jeunesse de nos quartiers est parquée au pied des immeubles sans perspectives et sans espoirs discriminée, disqualifiée et stigmatisée. Comme le furent les indiens dans les réserves, elle se meurt à petit feu détruite par le Cannabis (notre eau de feu), les trafics et la violence.
Les musulmans de Marseille ne seraient pas heureux de leur sort ? La belle affaire ! Dans une ville où cette immense minorité ne dispose toujours pas d’une Grande mosquée, ce vieux serpent de mer qu’aucun dirigeant politique n’a le courage de mener à terme, pour des raisons bassement électoraliste, parce que dans notre ville si fraternelle 30% de nos voisins, de nos concitoyens, de nos collègues de travail votent FN !
Les musulmans de Marseille ne sont pas satisfaits parce que la pratique de leur foi est entravée pour mille et une raisons ! Pas de site d’abattage suffisant pour l’Aïd, pas de « carrés musulmans » susceptible de faire face à la demande croissante des ensevelissements…
Mais évidemment on peut passer à coté de ces problèmes là, les minorer voire les nier, ils n’en demeurent pas moins pour autant ! A ne s’occuper que du Marseille qui brille on oublie le Marseille qui souffre, qui trime, travaille et se débrouille, ce Marseille populaire qui est au cœur même de l’identité marseillaise.
A la table du festin cette étude à le mérite de tendre le micro vers celles et ceux qui picorent les miettes tombées par terre, n’en déplaise à Mme Manelli et à la Provence.
Et pourtant nous l’aimons cette ville, presque malgré elle ! Dans les séries B américaines il y’a toujours un bal de fin d’année et une reine du bal. Marseille est cette reine du bal et nous sommes dans ce bal cet amoureux transi qui ne danse jamais avec elle.
Mohamed Bensaada
Quartiers Nord/Quartiers Forts

De Rage et d’Amertume.

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L’immigration post coloniale n’est pas « cérebrolésée » ! En guise d’introduction cette affirmation peut être perçue comme incongrue et si ce n’était ce qui suit j’en conviendrais volontiers. Le terme n’est pas très usité et il sort tout droit du jargon des psychologues qui parlent aussi de mémoire cognitive et de courbe de l’oubli. Ces concepts définissent la façon dont nous encodons, nous stockons et nous récupérons les souvenirs et la représentation mentale que nous nous faisons de nous-mêmes individuellement ou collectivement.
Cette immigration post coloniale hérite d’une mémoire des luttes, faîtes de drames et de souffrances, de spoliation et de regrets, de trahisons et de lâchetés…de rage et d’amertume.
Mais elle est aussi faite de grandeurs et de victoires, de courage et d’abnégation, de sublimes sacrifices et d’héroïsmes insensés, d’honneur et d’espoir (ce mal incurable).
Personne n’est propriétaire de cette mémoire là et personne ne peut s’en déclarer unique dépositaire. Cette mémoire appartient en fait à toute l’humanité, elle est une partie de son histoire, elle nourrit le souffle de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté. Elle forge la conviction et la détermination de toutes celles et ceux qui n’abdiquent pas, ne se résignent pas et ne troquent pas la dignité qu’elle leur confère contre les enjeux de l’immédiateté, contre le quotidien, le court terme qui oblitère le recul et la mise en perspective.
La mémoire de l’immigration post coloniale est donc de fait une histoire universelle mais subjective ! Elle est un parti pris, les 3ème rencontre des luttes de l’immigration qui se tiendront fin Novembre à Paris le rappelleront par ailleurs.
Mais la mémoire, en terme de militantisme, ne peut être réduite à sa simple expression commémorative, elle n’a d’efficience qu’a partir du moment ou elle devient (ou redevient) un outil de connaissance et d’émancipation ! Saïd Bouamama a mis le doigt sur un des obstacles majeurs de la conscientisation politique des quartiers populaires : « le militantisme des générations spontanées.» Cette véritable damnation qui fait que la transmission du savoir politique et culturel ne se fait que de manière sporadique, discontinue, au gré des individus et de leurs motivations et histoires personnelles. Peut être parce que nombre d’enfants et petits enfants d’immigrés ne se projette socialement que par le biais de l’histoire officielle et le roman national que l’école républicaine lui enseigne, quitte à vivre cela comme une dénégation ou une ablation d’une partie de leur identité.
Ainsi, peu nombreux sont celles et ceux qui s’impliquent dans la conservation, la réhabilitation et la diffusion de cette mémoire…mais ils/elles existent. L’enjeu n’est pas de rentrer dans une quelconque logique de « mémoire concurrentielle », ni même d’ériger la victimisation en posture à défaut d’autres arguments. Non la mémoire doit se transmettre de façon linéaire d’une génération à l’autre de manière à assurer une continuité de l’action politique émancipatrice. Le colonialisme est présent dans notre société, il n’est pas éradiqué, même si en surface le racialisme colonial n’est plus assumé, il perdure par le biais des projections que la majorité se fait des « minorités visibles ». Il continue d’inspirer tous les processus discriminatoires et maintient les inégalités en dépit de la loi et de la constitution.
C’est pourquoi cette mémoire ne doit pas être bradée ou instrumentalisée, elle ne doit pas devenir une longue suite de commémorations à bas coût politique ! Cette mémoire n’est pas un folklore, elle doit servir d’exemple pour les luttes d’aujourd’hui et de demain. Le 8 Mai 45, le 17 Octobre 61, la Guerre d’Algérie, la Guerre du Rif, les guerres de libérations des anciennes colonies, l’Etoile Nord Africaine, le Mouvement des Travailleurs Arabes, les figures emblématiques de Kwamé N’Kruhma, Ahmed Ben Bella, Amilcar Cabral, Thomas Sankara, l’émir Abdel Kader, Toussaint Louverture, Abdelkrim Khattabi, Ben Barka, Menelik II et tant d’autres encore doivent servir à l’édification intellectuelle de notre jeunesse, pour que celle-ci ne grandisse pas dans le ressentiment et la schizophrénie. Cette mémoire est un bien précieux et elle doit nous aider à faire tomber les murs qui nous séparent encore de la justice sociale vraie et absolue, de l’égalité inconditionnelle et de la dignité inaliénable !
La séquence politique à venir ne manquera pas de nous fournir dans nos luttes de vrais et de faux amis, à nous de savoir faire le tri. A nous de soutenir des gens qui mettent en danger leur nom, leur intégrité morale et physique. Des gens qui comme, Houria Bouteldja, sont les fervents défenseurs de cette mémoire et des populations de nos quartiers populaires, et qui sont harcelés et trainés devant la justice par des gens qui rêvent encore du temps béni des colonies, des gens qui, comble de l’ironie l’attaquent pour « incitation à la haine raciale » !!! Le 12 octobre prochain devant le TGI ces grotesques accusations voleront en éclat, nous lui témoignons au passage tout notre soutien et notre fraternité ; c’est un fait la parole libre ne doit pas être criminalisée !
Pour résumer notre pensée je n’ai rien trouvé de mieux que cette citation de Léon Trotsky :
« Celui qui ne sait défendre les vieilles conquêtes n’en fera jamais de nouvelles. »
Une citation à méditer si nous ne voulons pas que notre avenir ne soit fait que de Rage et d’Amertume.
Mohamed Bensaada
QNQF

Communiqué Remaniement Gouvernemental

Voilà que l’onde de choc des révolutions arabes provoque des remous jusque dans les couloirs de l’Elysée. Nous ne pouvons que nous satisfaire du départ de Mme Alliot-Marie, elle emporte avec elle son incompétence, son incurie et son incompréhension du monde dans lequel elle vit. Nous sommes aussi débarrassés de notre sinistre de l’intérieur et de ces condamnations pour racisme.
Hortefeux est rejeté dans l’ombre mais pas sa xénophobie puisqu’en ressuscitant le ministère de l’Intérieur et de l’Immigration notre Président renoue avec les pages et les dérapages les plus sombres du débat sur l’identité nationale. Preuve supplémentaire que celui-ci assume l’orientation dangereuse de sa politique, la nomination à la défense de Mr Longuet fondateur du groupuscule d’extrême droite « Occident », qui expliquait encore récemment à des journalistes la différence entre Français et Français en glosant sur « le corps traditionnel de la nation » .
Aux affaires étrangères nous avons désormais Mr « le meilleur d’entre nous »qui devra se départir de sa morgue naturelle s’il ne veut pas subir le même sort que Boris Boillon, le chippendale diplomate fraichement nommé ambassadeur à Tunis et déjà conspué.
Dans son allocution, Mr Sarkozy, nous a clairement indiqué les grandes lignes de la future présidentielle. Il ne fait aucun doute que l’Immigration et l’Islam seront les deux boucs émissaires de la prochaine campagne. En choisissant délibérément de chasser sur les terres arides de l’islamophobie, de la xénophobie et de la division, le président en exercice commet une double erreur morale et stratégique.
Dans ce discours sans surprises Mr Sarkozy, n’a aucun remord, pas même l’esquisse d’une tentative de réflexion introspective sur les échecs de la diplomatie française en particulier et de sa politique en général. Au contraire le cadre idéologique du Sarkozysme est défendu, réhabilité par le réajustement entrepris. Comme si le fond restait valide et que seule la forme avait failli ! Notre président prétend avoir compris l’aspiration des peuples arabes, il nous engage à ne pas en avoir peur et nous mets, dans la foulée, en garde contre le Tsunami migratoire qui va nous submerger maintenant que ses amis bien aimés Benali, Moubarak et Kadhafi ne sont plus là pour nous en protéger. Etranges digues, curieux remparts en vérité, mais très éloquents pour le coup. Dans l’esprit de notre chef de l’état la liberté des peuples du Maghreb, du Machrek et d’Afrique entraîne inéluctablement la liberté de venir chez nous sans être massacrés dans le désert libyen, noyés au large de Lampedusa ou dans le détroit de Gibraltar. Mr Sarkozy se réjouit que l’Islam politique ne soit pas le moteur de ces insurrections et s’étonne presque que les leitmotivs des révolutions en cours soient si proches des valeurs universelles qui nous sont si chères. Dans la tête de notre président il semble que cette « universalité » des valeurs est restrictive et qu’elle pourrait être résumée par la formule suivante : « les valeurs universelles occidentales ». Celui qui a écrit ce discours est surement le même que celui qui a rédigé le pathétique discours de Dakar…Incorrigible ! Mr Sarkozy n’a pas manqué de nous resservir son projet néocolonial d’Union Pour la Méditerranée, comme unique perspective de collaboration et de partenariat entre les deux rives. Il oublie simplement que ces interlocuteurs ont changés, que la docilité des dictateurs corrompus est révolue et que les dirigeants de ces pays se sentiront dans l’obligation de faire aux mieux des intérêts de leurs peuples ! Les Accords de Partenariat Economique contenus dans le projet de l’UPM sont univoques et ressemblent à ceux qui ont affamés les peuples de l’Afrique subsaharienne. Inacceptables !

Quartiers Nord/Quartiers Forts 27 Février 2011